Ecologie et nature, qu’en dit la Bible ?

Connaissez-vous les 10 commandements suivants ?

  • Tu éteindras la lumière lorsque tu seras le dernier à quitter une pièce.
  • Tu prendras des douches courtes et non des bains.
  • Tu chaufferas ta maison à 19° dans les pièces principales et à 17° dans les chambres.
  • Tu achèteras des produits avec le moins d’emballage possible.
  • Tu n’utiliseras plus de lingettes jetables.
  • Tu trieras tes déchets.
  • Tu achèteras des fruits et légumes de saison, de préférence bio et local.
  • Pour les produits importés, tu achèteras équitable.
  • Tu iras chez le fromager avec ton Tupperware pour limiter les emballages.
  • Tu n’utiliseras plus ta voiture, mais tu prendras les transports en commun.

Depuis plusieurs années, les pays riches prennent conscience que nous polluons la terre et que nous épuisons ses ressources. On nous invite à des gestes « écolos » pour préserver la nature le plus possible, ou plutôt pour limiter les dégâts irréversibles déjà causés par l’homme. Qu’est-ce que la Bible nous enseigne à propos de la nature ? Le chrétien et l’Église ont-ils un rôle à jouer pour la préservation de l’environnement ?

  1. La nature est un cadeau de Dieu pour l’humanité

Voici ce que nous pouvons lire dans le livre de la Genèse, au chapitre 2, les versets 5 à 17 :

5 Lorsque l’Eternel Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs ne poussait encore, car l’Eternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.
6 Cependant, une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol.
7 L’Eternel Dieu façonna l’homme avec la poussière de la terre. Il insuffla un souffle de vie dans ses narines et *l’homme devint un être vivant.
8 L’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’est, et il y mit l’homme qu’il avait façonné.
9 L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute sorte, agréables à voir et porteurs de fruits bons à manger. Il fit pousser l’arbre de la vie au milieu du jardin, ainsi que l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
11 Le nom du premier est Pishon: il entoure tout le pays de Havila où se trouve l’or. 12 L’or de ce pays est pur. On y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.
13 Le nom du deuxième fleuve est Guihon: il entoure tout le pays de Cush.
14 Le nom du troisième est le Tigre: il coule à l’est de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
15 L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde.
16 L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme: «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin,
17, mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain.» 

La nature a été créée avant l’homme, mais elle n’avait pas encore donné de fruits et légumes, car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir et l’homme n’était pas encore là pour cultiver le sol. Une fois l’homme créé, Dieu plante le jardin d’Eden et il y place l’homme. Ensuite, Dieu fait pleuvoir sur la terre et pousser des arbres qui donnent des fruits. Voici l’une des premières paroles de Dieu au verset 16 : «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin ».

La suite du verset est une restriction, Dieu interdit le fruit d’un seul arbre. Mais avant la restriction, Dieu donne tous les autres fruits à l’homme. La nature est un cadeau de Dieu. Dieu plante un jardin pour l’homme afin que celui-ci se nourrisse. Ce constat nous invite à la reconnaissance. La plus grande partie de notre consommation alimentaire nous vient de la terre : le blé, le riz, les pommes de terre, les fruits et légumes, etc. Toutes ces choses ont été créées par Dieu et offertes à l’humanité.

  1. La nature est un bien confié à l’humanité

La nature est un cadeau, et l’homme en est responsable. Au verset 15 nous lisons : « L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde. » L’homme reçoit la responsabilité de garder le jardin, il a comme un rôle de gardien. Nous sommes invités à traiter la terre comme un cadeau précieux. Voici comment Dieu parle de la terre dans un autre passage de la Bible. Dans le Lévitique, chapitre 25, versets 3 à 7 :

3 Pendant 6 ans tu ensemenceras ton champ, pendant 6 ans tu tailleras ta vigne et tu en récolteras le produit. 4, Mais la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel: tu n’ensemenceras pas ton champ et tu ne tailleras pas ta vigne, 5 tu ne moissonneras pas ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson et tu ne vendangeras pas les raisins de ta vigne non taillée. Ce sera une année de repos pour la terre.

Je ne suis pas spécialiste en agronomie. Certains diront certainement que c’est une bonne chose pour la terre de ne pas tout le temps être exploitée. Mais c’est intéressant de voir que Dieu parle de repos pour la terre. Dans la suite du passage, nous comprenons que le repos de la terre implique le repos de l’être humain. Dieu invite son peuple à s’arrêter et à constater que Dieu continue de pourvoir à ses besoins.

L’homme doit travailler pour se nourrir, mais attention, évitons de penser que notre salaire est le fruit de notre unique effort, c’est avant tout Dieu qui prend soin de nous. La nature est un cadeau et l’homme en est responsable, il doit respecter la nature.

  1. La nature souffre à cause de l’être humain

Tout a commencé avec Adam et Ève, au moment de la chute, c’est à dire, le moment où Adam et Ève désobéissent à Dieu en mangeant le seul fruit défendu. Dieu les avait prévenus, cette désobéissance aura pour conséquence la mort. C’est un peu comme quand on débranche un appareil électrique. Quand on se débranche de Dieu, on est voué à la mort, parce que c’est Dieu qui donne la vie.

Lorsqu’Adam et Ève désobéissent, toute la création subit un déséquilibre. À l’origine, le créateur, la création et les créatures étaient en harmonie. Mais une fois cette harmonie brisée, toutes les relations sont abîmées : la relation entre Dieu et l’humanité, la relation entre les humains, et même la relation entre l’être humain et la nature.

Imaginez que vous cassiez le pied d’une chaise. Vous ne vous dites pas : « c’est pas grave, il y a encore les trois autres ». Un pied cassé déséquilibre toute la chaise. Le péché d’Adam et Ève a déséquilibré toute l’harmonie présente dans le jardin d’Eden, si bien que Dieu a dû les chasser du jardin. La première conséquence du péché, c’était la mort. Mais voici une autre conséquence (Genèse, chapitre 3, versets 17 à 19) :

17 Il dit à l’homme: «Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.
18 Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs. 19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.»

À cause de la désobéissance de l’homme, la nature est maudite, elle produit des mauvaises herbes et elle donne difficilement des fruits et des légumes. Il est toujours possible de cultiver des tomates ! Mais cela demande un travail plus pénible. La terre est envahie par les mauvaises herbes et des maladies menacent les plantations, sans parler des rongeurs ou des insectes qui viennent manger le fruit sur le plant.

C’est à cause de ces difficultés qu’aujourd’hui les cultivateurs préfèrent utiliser toutes sortes de produits chimiques, afin de faciliter le travail. Suite à la chute, le travail de la terre est devenu difficile et l’homme essaie de contourner ces difficultés, mais cela se fait généralement au détriment de la nature et de la santé des hommes. Avant de voir comment la terre peut retrouver un équilibre, j’aimerais encore mentionner un autre point sur la nature.

  1. La nature est une révélation de Dieu

La nature étant un élément de la création, elle porte la signature du créateur. Tout être humain perçoit la création d’une manière ou d’une autre. Pour l’apôtre Paul, cette révélation suffit pour que l’être humain prenne conscience de Dieu. Voici comment il parle de ceux qui refusent de croire au créateur, il est assez direct dans ses propos (Romains 1.18-21):

18 La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière,
19 car ce qu’on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître.
20 En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu’il a fait. Ils sont donc inexcusables,
21 puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu’il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur coeur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.

L’apôtre Paul affirme que tout le monde a conscience que Dieu existe puisqu’il se manifeste à toute l’humanité par sa création. Mais au lieu de glorifier Dieu, l’être humain se détourne de lui. On en revient encore au problème du péché. Je conclus par mon cinquième point qui fait le lien avec tous les autres points déjà mentionnés.

  1. La nature attend une restauration avec l’homme

L’homme a un devoir de prendre soin de la nature, mais attention de ne pas tomber dans la divinisation de celle-ci. La nature a été offerte à l’homme et on pas l’homme offert à la nature.

Nous avons un devoir de prendre soin de ce cadeau de Dieu, mais ne tombons pas dans une sorte d’adoration ou de religion où l’on s’estime être quelqu’un de bien juste parce que l’on trie ses déchets. Faire le bien, c’est bien plus que cela, c’est obéir à Dieu et c’est l’adorer LUI.

Le plus gros problème de l’homme, ce n’est pas la pollution, ce n’est pas la déforestation, ce n’est pas le pillage des ressources naturelles. Le plus gros problème de l’homme, c’est le péché. C’est à cause du péché que nous mourrons. C’est à cause du péché que la nature souffre. C’est à cause du péché que l’homme exploite de manière irresponsable la terre que Dieu lui a confiée. Quelle est la solution ?

Nous pouvons bien sûr adopter des gestes écologiques pour limiter les dégâts, mais comme mentionné plus haut, les dégâts sont irréversibles. La population mondiale va bientôt atteindre 10 milliards de personnes, les ressources de la terre sont de plus en plus endommagées et de plus en plus limitées. Que faire?

La Bible nous demande premièrement de nous tourner vers Jésus, car c’est lui qui règle le problème du péché, en nous pardonnant et en nous envoyant son esprit pour nous aider à obéir. Enfin, ce n’est pas l’homme qui va sauver la nature, c’est Dieu. L’homme doit prendre soin de la nature, mais il ne sauvera pas l’humanité ainsi.

Voici ce que nous lisons dans le livre de l’apocalypse, chapitre 21, versets 1 à 5 :

1 Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu et la mer n’existait plus.
2 Je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une mariée qui s’est faite belle pour son époux.
3 J’entendis une voix forte venant du ciel qui disait: «Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes! Il habitera avec eux, ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, [il sera leur Dieu].
4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu.»
5 Celui qui était assis sur le trône dit: «Voici que je fais toutes choses nouvelles.» Il ajouta: «Écris cela, car ces paroles sont dignes de confiance et vraies.»

Ceux qui ont accepté la vie offerte par Jésus se retrouveront sur une nouvelle terre avec un nouveau corps. L’équilibre entre Dieu, l’être humain et la nature sera retrouvé. Face à la mort, au péché et à la destruction de la nature, nous avons cette espérance que Dieu  lui-même restaurera toute la création.

Christian Huy




Comment Dieu nous parle-t-il ? (Genèse 21.22-34)

Comment Dieu nous parle-t-il ?Dans cette série de prédication, nous suivons l’histoire d’Abraham, l’ancêtre du peuple Juif. Dans son parcours, Dieu lui a souvent parlé, notamment pour lui faire des promesses : il aura une grande descendance, Dieu leur donnera un pays, et cette descendance sera une bénédiction pour toutes les familles de la terre.

La plupart du temps, Dieu s’adresse directement à Abraham. Dans le passage que nous allons lire ce matin, Dieu utilise un moyen inattendu pour lui apprendre des leçons. Il ne s’est pas adressé à lui directement, il n’a pas envoyé d’ange, ni de songe, il n’a pas fait de miracle particulier. Pourtant, ce qu’Abraham va vivre sera une expérience très instructive et je pense que cela a contribué à la croissance spirituelle d’Abraham.

Lisons ce passage dans le livre de la Genèse, chapitre 21, versets 22 à 34.

22 A cette époque-là, Abimélec, accompagné de Picol, le chef de son armée, dit à Abraham: «Dieu est avec toi dans tout ce que tu fais.
23 Jure-moi maintenant ici, au nom de Dieu, que tu ne me tromperas pas, ni moi, ni mes enfants, ni mes petits-enfants, et que tu feras preuve envers moi et envers le pays où tu séjournes de la même bonté que moi envers toi.»
24 Abraham dit: «Je le jurerai.» 25 Il fit toutefois des reproches à Abimélec au sujet d’un puits dont les serviteurs d’Abimélec s’étaient emparés de force. 26 Abimélec répondit: «J’ignore qui a fait cela. Tu ne m’en avais pas informé et moi-même, je n’en entends parler qu’aujourd’hui.»
27 Abraham prit des brebis et des boeufs qu’il donna à Abimélec, et ils conclurent tous les deux une alliance.
28 Abraham mit à part sept jeunes brebis. 29 Abimélec dit à Abraham: «Qu’est-ce que ces sept jeunes brebis que tu as mises à part?» 30 Il répondit: «Tu accepteras ces sept brebis de ma part, afin que cela me serve de témoignage que j’ai creusé ce puits.»
31 C’est pourquoi on appelle cet endroit Beer-Shéba: parce que c’est là qu’ils prêtèrent tous les deux serment.
32 Ils conclurent donc une alliance à Beer-Shéba. Puis Abimélec se leva avec Picol, le chef de son armée, et ils retournèrent dans le pays des Philistins.
33 Abraham planta des tamaris à Beer-Shéba, et là il fit appel au nom de l’Eternel, le Dieu d’éternité.
34 Abraham séjourna longtemps dans le pays des Philistins.

Ce texte parait anodin. Pendant mes deux semaines de vacances, j’ai régulièrement pensé à ce texte parce que je savais que c’était le prochain texte de prédication. Pendant longtemps, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir en tirer. Dans la plupart des commentaires bibliques, on ne dit pas grand-chose de ce passage.

Ce qui intéresse souvent les lecteurs, c’est la naissance d’Isaac et tous les évènements qui ont lieu autour de cet enfant. Mais on oublie parfois que ce qui intéresse Dieu. Dieu se soucie du parcours d’Abraham, de sa progression dans la foi. Dieu souhaite qu’Abraham grandisse dans sa confiance en lui, qu’il apprenne à le connaître toujours plus et qu’il agisse selon sa volonté. Ce passage est riche en enseignement. Je pense que ce n’est pas pour rien que cet épisode se situe entre la naissance d’Isaac et la mise à l’épreuve d’Abraham. Entre ces deux évènements, Abraham a appris beaucoup de choses.

Cette rencontre avec Abimélec a certainement contribué à sa compréhension de l’Évangile, c’est-à-dire de la Bonne Nouvelle concernant le salut en Jésus-Christ. Je parle d’Évangile car c’est bien de cela qu’il s’agit. Jésus ne viendra que bien plus tard, par la descendance d’Abraham et d’Isaac, mais l’Évangile est déjà préfiguré ici. Je vois au moins 4 points intéressants à relever.

Premièrement : Abraham apprend la gratitude, le fait d’être reconnaissant.

[1. Gratitude]

Abraham a eu un fils dans sa vieillesse alors que sa femme Sarah était stérile. C’est un miracle, il a de quoi se réjouir. Mais avons-nous la même joie lorsque que nous accueillons un enfant dans notre jeunesse ou dans notre vieillesse ?

Abraham a dû attendre 25 ans que sa femme donne naissance à Isaac. Entre temps, il a eu un premier enfant avec Agar, la servante de Sarah. Un enfant dont il a dû se séparer. Sarah le lui a demandé afin qu’Isaac soit le seul héritier. Cette séparation a été très douloureuse pour lui.

Abraham a aussi vécut dans la peur pendant ces 25 années. Il était migrant. Les étrangers ne sont pas toujours bien perçus, on se méfie des gens qui viennent d’ailleurs. Abraham disait lui-même qu’il avait peur car il pensait que personne n’avait de respect pour Dieu autour de lui. C’est pour cela qu’il était inquiet à chaque fois qu’il se rendait dans un territoire. Il craignait qu’on le tue pour enlever sa femme tellement elle était belle. C’est pour cette raison qu’il faisait passer sa femme pour sa sœur partout où il se rendait. Je ne sais pas comment Abraham a vécu son appel. Dieu lui a fait des promesses et il a obéit par la foi. Mais savait-il que son fils n’allait naître que 25 ans plus tard et que l’installation dans le pays promis ne sera que pour ses descendants. Savait-il qu’il allait rencontrer toute sorte de difficultés liées à sa vie de migrants ?

Abraham rendait-il grâce à Dieu pour sa situation, sachant que sa vie n’était pas facile ? Voyait-il la main de Dieu dans son quotidien ? Nous ne connaissons pas tous les détails, mais nous savons que le roi Abimélec s’en rendait compte.

Verset 22 : « À cette époque-là, Abimélec, accompagné de Picol, le chef de son armée, dit à Abraham: « Dieu est avec toi dans tout ce que tu fais. » »

C’est la première chose que le roi lui dit. J’imagine qu’Abraham a dû être agréablement surpris par cette remarque : « Dieu est avec toi dans tout ce que tu fais. »  Abraham était vieux, il s’est séparé de son premier enfant, il était migrant. Mais Dieu était avec lui dans tout ce qu’il faisait. Si Abraham ne s’en rendait pas compte, cette affirmation du roi Abimelec a dû le faire réfléchir. Je pense même que cette remarque a dû lui faire l’effet d’une claque. Comme si Dieu lui disait à travers un païen : il t’arrive de passer par des moments douloureux et difficiles, mais je suis toujours avec toi dans tout ce que tu fais. C’est une invitation à voir l’action de Dieu dans sa vie plutôt que de voir les difficultés.

Et nous ? Voyons-nous la main de Dieu dans votre quotidien ? Vous avez probablement des inquiétudes, comme Abraham. Vous avez peut-être perdu un être cher, comme Abraham. Vous êtes peut-être victime de discrimination, comme Abraham. La santé que vous aviez dans votre jeunesse commence peut-être à vous faire défaut, comme Abraham. Mais si vous avez fait le choix d’appartenir à Dieu, ne doutez pas de sa présence dans votre vie.

« Dieu est avec toi », ce rappel du roi Abimelec invite Abraham à la gratitude, à voir ce que Dieu fait dans sa vie plutôt que de voir ce qui ne va pas. Nous aussi, soyons dans la reconnaissance pour ce que Dieu fait pour nous. Deuxièmement, Abraham apprend l’humilité.

[2. L’humilité]

Pourquoi Abimelec va voir Abraham ? Pour lui proposer une alliance, un marché.

Verset 23 : Jure-moi maintenant ici, au nom de Dieu, que tu ne me tromperas pas, ni moi, ni mes enfants, ni mes petits-enfants, et que tu feras preuve envers moi et envers le pays où tu séjournes de la même bonté que moi envers toi.»

Abimélec reconnait la puissance de Dieu et voit qu’Abraham est béni. Alors il préfère être dans le même camp. Voici sa première demande : « Jure-moi maintenant ici, au nom de Dieu, que tu ne me tromperas pas ».

Abimelec ne veut plus être trompé par Abraham. En effet, quelques années plutôt, il avait fait passer sa femme pour sa sœur et Dieu était intervenu pour mettre en garde Abimelec afin qu’il ne pêche pas. Abimelec affirme ne plus vouloir de mensonge. Je trouve  cette situation un peu embarrassante. D’une part, Abimelec respectait le Dieu d’Abraham. D’autre part, il doutait de la crédibilité d’Abraham. Il le voit comme un trompeur et il lui demande d’être désormais honnête avec lui.

La première demande d’Abimelec met en évidence qu’Abraham était un mauvais témoin d’un Dieu bon. Là encore, Abraham a dû recevoir cette remarque comme une claque de la part de Dieu. Sa vie témoignait de la puissance de Dieu, mais lui-même était un témoin défaillant à cause de sa tromperie.

De notre côté nous pouvons réfléchir au témoignage de nos Églises qui peut parfois être un contre témoignage. Et pourtant Dieu amène des gens à lui et il fait croitre son Église. Malgré les désaccords doctrinaux au sein du christianisme, malgré le manque de patience et de tolérance que l’on peut parfois trouver dans nos milieux, l’Église grandit. Est-ce dû à notre beau témoignage ou est-ce dû à la bonté de Dieu ? Il me semble qu’il y a de quoi se laisser interpeller.

Dieu utilise des hommes et des femmes imparfaits pour accomplir son plan parfait. Il a tenu sa promesse et il a été bon envers Abraham malgré ses erreurs. C’est l’Évangile, c’est la grâce. Dieu n’attend pas que nous méritions son amour pour nous aimer. Il nous aime comme ses enfants malgré nos imperfections. Cela dit, ce n’est pas une excuse pour continuer nos erreurs.

Abraham est invité à la gratitude et à la l’humilité. Troisièmement, il est invité à changer.

[3. Le changement]

Abimelec demande à Abraham de ne plus le tromper comme il l’a fait auparavant. Il était un mauvais témoin du Dieu bon, mais il est invité à devenir plus honnête, plus digne de confiance.  L’Évangile, c’est la grâce. Dieu nous pardonne, nous aime et nous béni alors que nous ne le méritons pas. Mais ce n’est pas une raison pour continuer de vivre comme bon nous semble.

Parfois, j’entends des gens auto justifier leur caractère irrespectueux. Ils se permettent de dire des remarques déplacées, sans prendre en compte que cela peut blesser des gens. Et quand on leur fait remarquer ils disent : « ah oui mais moi je suis franc, je dis ce que je pense ». Il y a là une grande confusion sur ce qu’est être franc. Être franc ce n’est pas être impertinent. Ce n’est pas non plus dire tout ce que l’on pense, mais c’est penser ce qu’on dit. Et cela n’empêche pas de dire les choses avec douceur et respect.

Ou alors, quand on met en avant un de nos défauts, certaines personnes disent : je suis comme ça il faut l’accepter. C’est aux autres de se faire à eux, mais eux ne sont pas prêts de changer. Ce n’est pas une attitude ouverte, mais plutôt centrée sur soi.

On entend aussi parler de « péchés mignons ». Mais le péché n’a rien de mignon. Aucun péché n’est anodin, au contraire, ça peut faire l’effet d’un levain qui se répand et qui contamine toute la pâte.

Parfois, des personnes ont aussi tendance à faire intervenir l’amour de Dieu pour se justifier. J’ai fait quelque chose de regrettable, mais de toute façon Dieu m’aime quand même.

Toutes ces attitudes vont à l’encontre de la grâce. La grâce n’est pas un joker qui nous permet de continuer à vivre comme bon nous semble. La grâce nous est offerte au prix de la vie de Jésus, elle n’est pas à prendre à la légère. La grâce nous invite à changer.

Abraham bénéficie de la bonté de Dieu, mais ce n’est pas une raison pour continuer de tromper les autres. Il est invité à changer pour être un témoin de Dieu digne de confiance. Sommes-nous des témoins de Dieu crédibles ? Reflétons-nous la bonté de Dieu ? Reflétons-nous sa patience, sa douceur et sa bienveillance ? Grâce à Abimelec, Dieu veut apprendre à Abraham la gratitude, l’humilité, le changement et quatrièmement, la confiance.

[4. La confiance]

En arrivant dans le pays d’Abilémec, Abraham avait peur que personne ne craigne Dieu. C’est notamment pour cela qu’il faisait passer sa femme pour sa sœur. Ici, Abimelec témoigne d’une grande crainte pour Dieu. C’est d’ailleurs pour cela qu’il souhaite faire alliance avec lui. Finalement les inquiétudes d’Abraham étaient injustifiées. Il a passé 25 ans de sa vie à vivre dans la peur.

Non seulement Abimelec n’avait pas l’intention de le tuer pour prendre sa femme, mais en plus, il ne lui prendrait même pas un puits situé sur ses propres terres. Dieu est en train de montrer à Abraham que la plupart de ses craintes étaient injustifiées. En tant qu’enfant de Dieu, il n’a pas à vivre dans la peur, mais dans la confiance.

Je pense que nos craintes à nous aussi sont souvent injustifiées. La crainte vis-à-vis de notre avenir ou celle de l’Église. Dieu nous invite à avoir foi en sa protection et en son action. Il intervient en temps voulu, toujours au bon moment.

[Conclusion]

Pour conclure, je pense que cette rencontre avec Abimelec a dû faire réfléchir Abraham et nous devrions nous aussi nous remettre en question. Gratitude, humilité, changement, confiance. Dieu a accompagné Abraham petit à petit, avec patience, afin qu’il progresse dans sa foi.

C’est le cas pour nous aussi :

  • Dieu souhaite que nous apprenions à être reconnaissants même dans l’épreuve.
  • Il veut nous faire prendre conscience que son Église grandit par sa grâce et non pas parce que nous sommes des témoins exemplaires de son amour.
  • Il nous invite à changer pour lui ressembler.
  • Enfin, il nous invite à exercer notre foi. Ne craignons rien, car le Seigneur est avec nous.

Christian Huy




Compte sur moi (Genèse 21.1-21)

Sur qui peut-on compter ?

Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’étais dépendant de mes parents et je comptais sur eux. En y repensant aujourd’hui, je me rends compte que je leur demandais beaucoup et qu’ils ont fait énormément pour moi. Même si les rapports ont changé depuis que j’ai quitté la maison, je sais que je peux encore compter sur eux.

Dans cette série de prédications, nous suivons l’histoire d’Abraham, l’ancêtre du peuple juif. Dieu a voulu se former un peuple et il a choisi sa descendance. Quelle est la première chose que Dieu lui a demandée ? « Quitte ton pays, ta patrie et ta famille, va à l’endroit que je t’indiquerai et je ferai de toi une grande nation. Ta descendance sera une source de bénédiction pour toutes les familles de la terre. » (Paraphrase.)

Autrement dit : « Quitte tout ce que tu as, en particulier tes parents et ta famille, va parcourir le désert et ne compte plus que sur moi, tu verras, tu ne seras pas déçu. »

À ce moment-là Abraham était déjà marié et il ne dépendait plus de ses parents, mais il vivait encore parmi les siens. Suite à l’appel de Dieu, Abraham obéit et il part. Il s’éloigne de sa famille, il ne peut plus compter que sur Dieu. Mais tout au long de son parcours, il n’arrive pas à compter entièrement sur le Seigneur. Il a bien la foi, mais une foi parfois bancale. En fin de compte, il reste humain, je pense que la plupart d’entre nous ressemblent à lui sur ce point-là. À deux reprises, il fait passer sa femme pour sa sœur parce qu’il avait peur d’être tué malgré les promesses de Dieu  son égard. Sa femme était très belle et il avait peur qu’on la lui prenne.

L’histoire d’Abraham est aussi marquée par l’attente d’un enfant. Dieu lui a promis une descendance, mais sa femme était stérile. À force d’attendre, alors qu’Abraham avait 86 ans, sa femme Sarah lui suggère de faire un enfant avec Agar, sa propre servante. Cette union donne naissance à Ismaël. À l’époque cette pratique était acceptée, c’était un peu comme les mères porteuses de notre époque.

Mais Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas Ismaël l’enfant promis. Il faut encore attendre. Abraham et Sarah ont du mal à croire, car le couple est âgé. Abraham approche des 100 ans et Sarah des 90 ans. Mais Dieu rappelle sa promesse à plusieurs reprises et le couple s’y accroche. Nous arrivons maintenant au texte qui raconte enfin la réalisation de cette promesse. Il s’agit du récit de la naissance de l’enfant promis. C’est dans le livre de la Genèse, au chapitre 21, les versets 1 à 21.

1 L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis:
2 Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé.
3 Abraham appela Isaac le fils qui lui était né, que Sara lui avait donné.
4 Il circoncit son fils Isaac lorsqu’il fut âgé de 8 jours, comme Dieu le lui avait ordonné.
5 Abraham était âgé de 100 ans à la naissance de son fils Isaac. 6 Sara dit: «Dieu m’a donné un sujet de rire et tous ceux qui l’apprendront riront de moi.»
7 Elle ajouta: «Qui aurait osé dire à Abraham: ‘Sara allaitera des enfants?’ Pourtant, je lui ai donné un fils dans sa vieillesse.»
8 L’enfant grandit et fut sevré. Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré. 9 Sara vit rire le fils que l’Egyptienne Agar avait donné à Abraham.
10 Alors elle dit à Abraham: *«Chasse cette esclave et son fils, car le fils de cette esclave n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac.»
11 Cette parole déplut beaucoup à Abraham parce que c’était son fils.
12 Cependant, Dieu dit à Abraham: «Que cela ne te déplaise pas à cause de l’enfant et de ton esclave. Quoi que te dise Sara, écoute-la, car *c’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée.
13 Je ferai aussi une nation du fils de l’esclave, car il est ta descendance.»
14 Abraham se leva de bon matin. Il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar et plaça sur son épaule. Il lui remit aussi l’enfant et la renvoya. Elle s’en alla et se perdit dans le désert de Beer-Shéba.
15 Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle laissa l’enfant sous un des arbrisseaux 16 et alla s’asseoir vis-à-vis, à la distance d’une portée d’arc, car elle se disait: «Je ne veux pas voir mourir mon enfant!» Elle s’assit donc vis-à-vis de lui et se mit à pleurer tout haut.
17 Dieu entendit les cris de l’enfant. L’ange de Dieu appela Agar depuis le ciel et lui dit: «Qu’as-tu, Agar? N’aie pas peur, car Dieu a entendu les cris de l’enfant là où il se trouve.
18 Lève-toi, relève l’enfant et tiens-le par la main, car je ferai de lui une grande nation.» 19 Dieu lui ouvrit les yeux et elle vit un puits. Elle alla remplir l’outre d’eau et donna à boire à l’enfant.
20 Dieu fut avec l’enfant. Celui-ci grandit, habita dans le désert et devint tireur à l’arc. 21 Il s’installa dans le désert de Paran et sa mère prit pour lui une femme égyptienne.

Le premier point que je veux relever, c’est que nous pouvons compter sur Dieu même quand les circonstances sont défavorables.

[1. Nous pouvons compter sur Dieu même quand les circonstances sont défavorables]

Abraham était très âgé, Sarah était stérile. Humainement parlant, ce couple ne pouvait plus espérer avoir d’enfant. Mais le miracle se produit. Ce qui me frappe dans ce récit, c’est la simplicité. La naissance est racontée en deux versets et c’est très sobre. C’est même un peu décevant pour le lecteur qui lit l’histoire d’Abraham depuis le début. Pendant près de 10 chapitres, il y a comme un suspens. Quand est-ce que l’enfant va naître ? Pratiquement tout le parcours d’Abraham est rythmé par cette attente et cette promesse qui tarde à s’accomplir.

Dans la plupart des romans ou des films au cinéma, on a généralement la trame suivante. On nous présente une situation de départ, les personnages vivent leur vie plus ou moins normalement. Très vite, cette situation de départ est dérangée par un élément perturbateur. Par exemple, il y a eu un enlèvement, une bombe va exploser, un tueur en série fait des victimes, la femme tombe amoureuse d’un homme qui sort déjà avec une autre, etc.

Le scénario va consister à présenter au lecteur ou au spectateur comment la problématique va se résoudre. En général, au moment du dénouement, on s’attarde sur la scène victorieuse. Il y a comme une courbe qui monte jusqu’au moment tant attendu. Et quand la scène arrive, c’est spectaculaire. La scène où l’on attrape le méchant, où l’on désamorce la bombe, où la femme embrasse son amoureux.

Dans l’histoire d’Abraham, le dénouement, c’est la naissance de l’enfant, mais la scène est présentée de manière très succincte : « L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis: Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé. » 

Pourquoi tant de simplicité ? …

Parce qu’il n’y a aucune surprise, il n’y a aucun suspens. Tout était déjà prévu. Dieu l’a promis, Dieu le réalise. Pourquoi être surpris de quelque chose que Dieu a annoncé longtemps à l’avance ? Le texte souligne à trois reprises que c’est un accomplissement prévisible : « L’Eternel intervint en faveur de Sara comme il l’avait dit, il accomplit pour elle ce qu’il avait promis: Sara tomba enceinte et donna un fils à Abraham dans sa vieillesse, au moment fixé dont Dieu lui avait parlé. »

Si vous vous rendiez au culte hebdomadaire d’une Église, êtes-vous inquiets de peur que le culte n’ait pas lieu ? Et lorsque le culte commence, êtes-vous soulagés de cette inquiétude ? Je ne pense pas, tout simplement parce que c’était prévu.

C’est pareil pour Abraham et Sarah. Dieu l’a promis, Dieu l’a fait, pourquoi s’inquiéter que l’enfant n’arrive pas ? Parce que le couple était âgé ? Parce que Sarah était stérile ? Il n’y avait aucune raison de s’en faire.

Notre nature humaine a tendance à s’inquiéter et à se laisser décourager par les obstacles. Mais Dieu prend soin de ses enfants. Même quand les circonstances sont défavorables, nous pouvons compter sur lui.

Le deuxième point que je souhaite souligner, c’est que nous pouvons compter sur Dieu même quand nous faisons des erreurs.

[2. Nous pouvons compter sur Dieu même quand nous faisons des erreurs.]

Juste avant que Sarah ne tombe enceinte, Abraham venait de mentir pour la deuxième fois à cause de son manque de confiance. Au chapitre 20, il fait passer sa femme pour sa sœur et il avoue même que c’est par peur d’être tué. Malgré sa foi hésitante, malgré ses erreurs, Dieu continue de bénir ses enfants. Tout simplement parce que Dieu ne fonctionne pas avec nous sur le principe du mérite. L’amour de Dieu est gratuit, le pardon est gratuit, les bénédictions sont gratuites.

En revanche, la gratuité coûte toujours à quelqu’un. Quand vous recevez un cadeau, c’est gratuit pour vous, mais celui qui vous l’offre a payé. Dans le cas du pardon de Dieu, il est gratuit parce que le fils de Dieu a payé le prix sur la croix. Ainsi, Dieu ne condamne plus le pécheur. Ce cadeau est gratuit, mais nous ne devons pas le mépriser ni le négliger, parce qu’il a coûté très cher.

Au temps d’Abraham, Jésus n’était pas encore là, mais Abraham a pu être béni malgré ses erreurs, car Dieu était justement en train de préparer la solution au problème du péché. C’est de la descendance d’Abraham et d’Isaac que Jésus va naître. C’est lui qui apportera une bénédiction pour toutes les nations de la terre.

C’est grâce à Jésus que nous pouvons recevoir toutes sortes de bénédictions malgré nos erreurs. Dieu n’attend pas que nous méritions son intervention. Nous pouvons compter sur lui, même si nous n’agissons pas toujours selon sa volonté.

Enfin, le troisième point que je veux relever, c’est que Dieu prend soin de nous même quand tout le reste du monde nous met à l’écart.

[3. Dieu prend soin de nous même quand tout le reste du monde nous met à l’écart.]

Je ne sais pas si Abraham était dans la joie au moment de la naissance de son fils. Le texte ne dit rien sur son état d’esprit. La joie d’accueillir un enfant, il l’a déjà expérimentée avec Ismaël. Il organise une fête au moment où l’enfant est sevré, mais c’est parce que c’est la tradition.

En revanche, Sarah exprime sa joie dans les versets 6 et 7. Elle dit qu’elle a un sujet de rire, dans le sens où elle a un sujet de réjouissance.

Si Abraham n’exprime aucune émotion à la naissance d’Isaac, il exprime une grande peine quand Sarah lui demande de se séparer d’Ismaël et de sa mère, Agar. En effet, Sarah ne souhaite pas que l’héritage soit partagé.

Dans un premier temps, on pourrait penser que Dieu ne veut pas d’Ismaël, car il incite Abraham à faire ce que Sarah demande. C’est ainsi qu’à l’âge de 14 ans, Ismaël est envoyé dans le désert avec Agar, sa mère. Abraham leur donne du pain et une outre d’eau. (Une outre c’est une sorte de très grande gourde faite généralement en peau d’animaux.)

Quand l’eau vient à manquer et que la mort est proche, Dieu entend les cris du jeune garçon et il permet à sa maman de voir une source d’eau qui était là, juste sous ses yeux. Le texte insiste sur l’attention de Dieu. Il a entendu les cris d’Ismaël et il l’a sauvé. Dieu ne l’a pas rejeté, mais il avait un autre plan pour lui.

Ce récit montre une fois de plus que nous pouvons compter sur Dieu, même quand nous pensons être rejetés de tous.

Peut-être que cela vous arrive de vous sentir différent à cause de votre statut social, de votre santé, de votre situation familiale, de vos origines, de votre physique. Peut-être même que vous vous sentez mis à l’écart, mais vous ne savez pas pourquoi.

Dieu, lui, ne met personne à l’écart. Il a choisi Abraham et Isaac non pas pour écarter les autres, mais pour constituer une descendance jusqu’à Jésus, afin de bénir toutes les familles de la terre.

[Conclusion]

Pour conclure, je pense que ce texte nous invite à nous rendre compte de ce que signifie avoir foi en Dieu. Quels que soient les obstacles, quelles que soient nos erreurs, quel que soit le regard des autres sur nous, même quand nous ne pouvons plus rien attendre de personne, nous pouvons toujours compter sur Dieu.

Christian Huy




Entre innocence et culpabilité (Genèse 20.1-18)

Bonjour, je m’appelle Ebed-Melek. Mon nom signifie serviteur du roi. Pendant de longues années, j’ai servi le roi Abimelec, roi de Guérar. Aujourd’hui, je suis au service d’un homme de Dieu appelé Abraham. Je vais vous raconter mon histoire et comment ma vie a basculé du jour au lendemain.

À l’époque, j’étais le serviteur le plus proche du roi Abimelec. À vrai dire, je n’étais pas uniquement son serviteur, j’étais aussi son confident. Le roi me disait tout et il m’introduisait dans tous les lieux où il se rendait. Il se permettait de me dire tout ce qu’il pensait, il me faisait part de tous ses questionnements. Il n’avait aucune crainte que cela ne s’ébruite, tout simplement parce que je suis incapable de parler. En effet, je ne peux pas parler, car je suis un chameau, le chameau du roi.

Avant de vous raconter mon histoire, laissez-moi vous donner quelques informations sur nous, les chameaux.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, nous sommes capables de comprendre votre langage humain. Il suffit de passer quelques mois parmi vous et nous apprenons votre vocabulaire. À l’inverse, la plupart des humains ont du mal à nous comprendre. En plus d’être capables de vous écouter, nous sommes aussi capables de ressentir ce que vous ressentez, que ce soit de la joie, de la peur, de l’inquiétude ou de la tristesse. Vous aurez beau le cacher, nous les chameaux, nous savons faire la part des choses. Les chameaux connaissent bien leur maître, et ils connaissent aussi leur créateur. Lorsqu’il se manifeste, nous pouvons le percevoir. Normalement, les humains aussi peuvent voir et entendre Dieu d’une certaine façon, mais en général, ils n’y font pas vraiment attention. Maintenant que vous en savez un peu plus sur nous, voici mon histoire.

Tout a commencé le jour où des étrangers sont venus séjourner chez nous, à Guérar. Le chef de toute cette tribu se faisait appeler Abraham. Il était âgé et il était accompagné d’une très jolie femme, elle n’avait plus toute sa jeunesse, mais son charme ne passait pas inaperçu. Elle se présentait comme la sœur du vieil homme. J’ai tout de suite remarqué que ces gens-là n’étaient pas nets. Cet homme, Abraham, nous cachait quelque chose. Ce genre de combine, je le repère de loin. Mon intuition s’est confirmée lorsque j’ai surpris ses chameaux parler entre eux. Ils n’arrêtaient pas de répéter : « ça va recommencer, ça va recommencer ». En plus, ils avaient un accent, mais je ne saurais pas dire lequel. Lorsque je les croisais dans la rue, ils me regardaient l’air de dire : toi, tu ne sais pas ce qui t’attend. Mais qu’est-ce qui allait recommencer ? Ces gens-là allaient-ils nous capturer ? Nous faire du mal ? Manifestement, Abraham et sa sœur ont déjà vécu une situation similaire, mais où ? Quand ?

Je ne pouvais pas rester sans réponse, j’ai donc mené une enquête. J’ai réuni tous les chameaux du palais royal, je leur ai expliqué la situation, en leur demandant de bien observer ces étrangers et de faire attention à chaque détail. Voici ce que j’ai pu découvrir :

  • Les chameaux d’Abraham ont bien un accent, ils viennent d’Égypte. Ce qui est étrange, c’est que cet homme n’a pas du tout l’air d’un Égyptien.
  • Ces chameaux ont une démarche particulière, effectivement, nous avons découvert qu’ils n’ont pas été dressés par de simples habitants, ils ont été dressés dans la cour du Pharaon.
  • Abraham a donc acquis des chameaux qui appartenaient au Pharaon.
  • Comment a-t-il pu obtenir autant de biens de la part de l’homme le plus puissant d’Égypte ? Les a-t-il attaqués ? Les a-t-il volés ?

Plus j’y pense, moins cet homme m’inspire confiance. Il m’a tout l’air d’un bandit, d’un fugitif. Effectivement, pourquoi n’est-il pas auprès de sa famille ? Il a dû commettre des actes répréhensibles et on l’aurait chassé de son peuple. Ces chameaux du pharaon sont devenus la propriété d’Abraham, c’est certainement cela qui risque de recommencer ! Je risque de me faire enlever, moi et mes collègues ! Découvrant cette manigance, j’ai tenté d’avertir le roi par tous les moyens, mais il n’a rien remarqué, il n’a rien compris, il était trop aveuglé par cette femme, Sara. Il ne parlait que d’elle. Très vite, il la fit venir dans son palais pour l’épouser. Peut-être était-ce le plan d’Abraham, que sa sœur s’introduise dans le palais pour nous espionner ?

Ce jour-là, alors que la nuit tombait et que mon maître était dans sa chambre avec sa nouvelle femme, j’ai soudainement été réveillé et j’ai senti comme un vent et une chaleur qui descendait du ciel jusque dans la chambre du roi. Cette présence divine est restée quelques minutes, puis elle s’est dissipée. Que s’est-il passé là-haut, à l’étage ? Les autres animaux qui étaient avec moi dans l’étable furent aussi réveillés par cette sensation étrange. Nous nous demandions tous ce qui était arrivé au roi, mais nous ne pouvions rien savoir avant le lever du jour. Ce soir-là, nous avions tous eu du mal à nous rendormir.

Le lendemain matin, le roi Abimelek était troublé, embarrassé et en colère. Dieu lui était apparu dans un rêve en lui annonçant qu’il allait mourir à cause de la femme qu’il avait enlevée, car c’est la femme d’Abraham. Cette annonce m’a déconcerté. Mon maître a agi en toute innocence ! Comment Dieu peut-il  menacer de punir le roi alors qu’il n’était au courant de rien ! Heureusement, ce que j’ai appris par la suite m’a rassuré.

Dieu lui est apparu non pas pour le punir, mais pour l’avertir et lui éviter d’avoir des relations conjugales avec une femme mariée à un autre homme. Abimelec pourra donc sortir indemne de cette histoire, si du moins, il rend la femme à son mari, ce qu’il fera de suite m’a-t-il dit. Il y a quand même une chose que je ne comprends pas dans cette histoire : pourquoi Dieu ne punit pas ce vieil homme qui nous a menti et qui a failli causer la perte de mon maître ? Qu’est-ce que cet homme a de si spécial aux yeux de Dieu ? Après tout, tout est de sa faute, il aurait pu dire toute la vérité au lieu de la dissimuler, c’est lui le vrai coupable, et non pas mon maître.

Arrivé chez Abraham, mon maître était furieux, il a demandé des explications : «Qu’est-ce que tu nous as fait? Quel péché ai-je commis contre toi pour que tu fasses venir sur moi et sur mon royaume un si grand péché? Tu as commis envers moi des actes qui ne doivent pas se commettre. Quelle intention avais-tu pour agir ainsi ? »

Abraham s’est alors expliqué : il pensait qu’il n’y avait aucune crainte de Dieu dans notre région et il avait peur qu’on le tue pour prendre sa femme. Il nous a aussi expliqué qu’il ne nous avait pas vraiment menti, puisque sa femme est aussi sa demi-sœur. Mais il demandait à sa femme de se présenter uniquement comme sa sœur, par crainte d’être tué dans les villes où il passait.

Elle était effectivement très belle, mais mon maître n’aurait jamais tué Abraham pour avoir sa femme. Quelle idée de penser qu’il n’y a aucune crainte de Dieu en dehors de sa tribu ? Et comment cet homme peut-il se prétendre serviteur de Dieu ? Ne devrait-il pas avoir confiance plutôt que d’inventer des subterfuges pour se protéger ? Abraham n’est peut-être pas un bandit, mais il ne m’inspire pas plus confiance.

Du coup, tout commence à s’éclairer, Abraham aurait fait la même chose en Égypte. Dieu a dû demander au Pharaon de lui rendre sa femme. Le pharaon aurait ensuite donné des animaux à Abraham pour le dédommager. Le temps que cette idée traverse mon esprit, mon maître me prit pour m’amener auprès d’Abraham. C’est ainsi que j’ai changé de propriétaire et que je suis devenu le chameau d’Abraham. Abimelek a voulu prouver son innocence en offrant des biens et des animaux au vieil homme, j’en faisait partie… C’est à ce moment-là que ma vie a changé, mais rassurez-vous, aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis malheureux, au contraire. J’ai beaucoup appris aux côté de mon nouveau maître.

Avant, je me demandais pourquoi Dieu laissait un menteur impuni, comme Abraham. J’ai maintenant compris que le but de Dieu n’était pas de punir les humains, mais de les rapprocher de lui. Il ne laisse pas le péché impuni pour autant, car il est juste. Mais il est patient et sa justice interviendra en son temps. Je dois dire qu’au début, Abraham ne m’inspirait pas confiance, mais quand je l’ai vu prier pour mon ancien maître, il est remonté dans mon estime. En fin de compte, Abraham est un bon maître qui progresse dans sa foi jour après jour, car Dieu a eu la patience de lui apprendre ce qu’est la confiance. Manifestement, Dieu a un plan spécial pour lui : sa femme est enceinte, l’enfant qu’elle porte est appelé « l’enfant de la promesse ». J’ignore si j’assisterai à la réalisation de cette promesse, mais j’envie ceux qui verront le plan de Dieu se réaliser.

De mon côté, ma nouvelle vie mon convient très bien. Évidemment, ce n’est pas tous les jours facile, car dans mon travail, je dois souvent côtoyer d’autres chameaux, je dois faire des efforts pour bien m’entendre avec ces chameaux égyptiens. La vie en communauté est parfois difficile, on repère assez vite les défauts des autres. Les chameaux égyptiens sont têtus et orgueilleux, ils pensent avoir toujours raison, ils ont le don de m’agacer. Mais Dieu a exercé sa patience et sa bonté envers Abraham, ne devrais-je pas faire de même avec mes semblables ?

Christian Huy




Le jugement divin : réalité ou plaisanterie ? (Genèse 19.1-29)

Dans cette prédication, nous allons parler d’un sujet pas très agréable à aborder. Il s’agit du jugement de Dieu. Dans le passage que nous proposons de lire, Dieu détruit des villes avec leurs habitants à cause de leur méchanceté. Peut-être que vous êtes comme moi, vous n’êtes pas très à l’aise quand le thème du jugement est évoqué. Vous allez me dire : mais si tu n’es pas à l’aise avec ce sujet, pourquoi tu en parles ?

D’une part, j’en parle parce que nous suivons l’histoire d’Abraham dans cette série de prédications, et ce récit fait partie de son histoire. Nous arrivons au chapitre 19 de la Genèse, il s’agit de la destruction de Sodome, la ville où habite le neveu d’Abraham qui s’appelle Lot.

D’autre part, j’en parle surtout parce que les prédications ne sont pas pour moi l’occasion de présenter ma vision du monde. Ce n’est pas pour flatter l’auditoire ou le lecteur. Mais c’est pour exposer la Parole de Dieu, et Dieu parle de son jugement dans les Écritures.

On ne peut pas se permettre de lire uniquement nos passages préférés. Dieu a révélé toute la Bible, même les passages les moins agréables à lire. Je dirais même que les passages qui nous mettent mal à l’aise sont peut-être ceux qui ont le plus à nous apprendre. Si la Bible enseigne ce que nous pensons déjà, pourquoi Dieu nous a-t-il donné cette révélation ? Et pourquoi la lire ? S’il nous l’a donnée, c’est justement pour nous apprendre ce que nous ne pouvions pas découvrir tout seul et pour corriger les fausses idées que nous nous faisons sur Dieu, sur la spiritualité et sur la religion.

Nous pouvons avoir deux attitudes face à la Bible :

Soit nous la voyons simplement comme un ouvrage spirituel avec des choses intéressantes. Dans ce cas, on peut se permettre de juger ce qui est bon à prendre ou pas. Soit nous reconnaissons que c’est véritablement la Parole de Dieu. Dans ce cas, nous devrions nous remettre en question quand elle nous interpelle et même quand elle nous dérange… Comment savoir si la Bible est réellement la Parole de Dieu ? Chacun est invité à la lire et à discerner cette Parole avec l’aide de Dieu.

Je vous invite donc maintenant à lire notre récit : Genèse, chapitre 19, versets 1 à 29.

(Dans le contexte, des anges ont rendu visite à Abraham pour lui annoncer des bénédictions à venir. Et quand ces anges ont quitté Abraham, ils se sont dirigés vers Sodome et Gomorrhe.)

1 Les deux anges arrivèrent à Sodome vers le soir. Lot était assis à la porte de la ville. Quand Lot les vit, il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna le visage contre terre. 2 Puis il dit: «Mes seigneurs, entrez donc chez votre serviteur pour y passer la nuit. Vous vous laverez les pieds, vous vous lèverez de bon matin puis vous poursuivrez votre route.» «Non, répondirent-ils, nous passerons la nuit sur la place.» 3 Mais Lot insista tellement auprès d’eux qu’ils le suivirent et vinrent chez lui. Il leur prépara un festin, fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent.

4 Ils n’étaient pas encore couchés que les habitants de la ville, les habitants de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux plus âgés. Toute la population était accourue. 5 Ils appelèrent Lot et lui dirent: «Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous pour que nous couchions avec eux.» 6 Lot sortit vers eux à l’entrée de la maison et ferma la porte derrière lui. 7 Il dit: «Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal! 8 J’ai ici deux filles qui sont vierges. Je vous les amènerai dehors et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus s’abriter sous mon toit.» 9 Ils dirent: «Pousse-toi!» Ils ajoutèrent: «Celui-ci est venu séjourner chez nous en étranger et il veut faire le juge! Eh bien, nous te ferons pire qu’à eux.» Ils poussèrent violemment Lot et s’avancèrent pour briser la porte.

10 Cependant, les hommes tendirent la main, firent rentrer Lot vers eux dans la maison et fermèrent la porte. 11 Puis ils frappèrent d’aveuglement ceux qui étaient à l’entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, de sorte qu’ils se fatiguèrent de chercher la porte. 12 Les hommes dirent à Lot: «Qui as-tu encore ici? Gendres, fils, filles et tout ce qui t’appartient dans la ville, fais-les sortir de là. 13 Nous allons détruire cet endroit parce que le cri contre ses habitants est grand devant l’Eternel. L’Eternel nous a envoyés pour le détruire.» 14 Lot sortit et parla à ses gendres, ceux qui avaient épousé ses filles: «Levez-vous, dit-il, sortez de là, car l’Eternel va détruire la ville.» Mais ses gendres crurent qu’il plaisantait.

15 Dès l’aube, les anges insistèrent auprès de Lot en disant: «Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, sinon tu disparaîtras dans la punition qui s’abattra sur la ville.» 16 Comme il s’attardait, les hommes les prirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l’Eternel voulait l’épargner. Ils le firent sortir et le conduisirent à l’extérieur de la ville. 17 Après les avoir fait sortir, l’un d’eux dit: «Echappe-toi pour sauver ta vie. Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête nulle part dans la plaine. Réfugie-toi dans la montagne, sinon tu disparaîtras.» 18 Lot leur dit: «Oh, non, Seigneur! 19 Moi, ton serviteur, j’ai trouvé grâce à tes yeux et tu as montré la grandeur de ta bonté envers moi en me laissant la vie sauve. Cependant, je ne peux pas me réfugier sur la montagne avant que le désastre m’atteigne, si bien que je mourrai. 20 Regarde cette ville: elle est assez proche pour que je m’y réfugie et elle est petite. Si seulement je pouvais m’y sauver! N’est-elle pas petite? Ainsi je resterai en vie!» 21 Il lui dit: « Je t’accorde encore cette faveur et je ne détruirai pas la ville dont tu parles. 22 Dépêche-toi de t’y réfugier, car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois arrivé.» C’est pour cela que l’on a donné à cette ville le nom de Tsoar.

23 Le soleil se levait sur la terre lorsque Lot entra dans Tsoar. 24 Alors l’Eternel fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et sur Gomorrhe. Cela venait du ciel, de la part de l’Eternel.
25 Il détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants des villes et les plantes du sol. 26 La femme de Lot regarda en arrière et se transforma en statue de sel. 27 Abraham se leva de bon matin pour aller à l’endroit où il s’était tenu devant l’Eternel. 28 Il porta ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et sur tout le territoire de la plaine, et il vit monter de la terre une fumée pareille à celle d’un fourneau. 29 Lorsque Dieu détruisit les villes de la plaine, il se souvint d’Abraham, c’est pourquoi il fit échapper Lot au désastre par lequel il bouleversa les villes où celui-ci s’était installé.

Ce récit est choquant parce que tout semble démesuré. Commençons par nous intéresser à l’attitude des habitants de Sodome et celle de Lot. Quand les Sodomites apprennent qu’il y a des visiteurs chez Lot, ils veulent à tout prix coucher avec eux. Autrement dit, ils veulent les violer. Tous les habitants de la ville accouraient pour y participer, des enfants jusqu’aux plus âgés. Cette scène paraît déjà surréaliste, mais la suite l’est encore plus.

Lot refuse de livrer ses invités, alors, à la place, il propose de leur donner ses deux jeunes filles. Et il leur dit : « vous en ferez ce qu’il vous plaira». Comment toute une ville peut-elle agir ainsi ? Et comment un père peut-il proposer de livrer ses deux filles à une bande d’agresseurs extrêmement violents ? On peut se demander si cette histoire est réelle, tout paraît démesuré et incroyable.

Mais malheureusement, l’être humain est bien capable d’une telle cruauté. Il suffit de s’intéresser à l’Histoire pour voir que pendant les guerres, des êtres humains ont traité d’autres êtres humains comme des déchets. (C’est toujours le cas dans certaines régions du monde.) Pendant la traite des Noirs, on traitait mieux les animaux que les esclaves.

La Bible met parfois en avant de belles choses concernant les hommes, mais elle nous montre aussi jusqu’où ils peuvent s’engouffrer dans le péché. Elle expose la vérité sur l’état du cœur humain. Ce n’est pas pour rien que Dieu a voulu détruire Sodome et Gomorrhe. La méchanceté des habitants était vraiment devenue trop grande. Après avoir patienté un temps pour leur donner une chance de changer, il a décidé de mettre les méchants hors d’état de nuire. Comment des hommes et des femmes peuvent devenir si méchants ?

Il paraît que si on plonge une grenouille dans de l’eau bouillante, elle s’échapperait immédiatement de là par instinct de survie. Mais si on met cette même grenouille dans de l’eau froide, et qu’on fait bouillir l’eau très lentement, elle ne se rendrait compte de rien. Elle y resterait et finirait par mourir. Cette image illustre ce qui se passe sur terre depuis des millénaires. On commence par exagérer et ensuite on se met à mentir sans se rendre compte que l’on fait quelque chose de mal. On commence par avoir des pensées impures, et ensuite on passe à l’acte sans se rendre compte de la gravité. On commence par s’éloigner un peu de Dieu et on finit par ne plus connaître la limite entre le bien et le mal. C’est comme cela que ça arrive. Quand on écarte Dieu de notre vie, quelles sont alors nos références pour savoir ce qui est bien ou mal ? C’est nous-mêmes.

Regardez ce que dit Lot aux Sodomites au verset 7 : « Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal ! » Il qualifie de « mal » ce que les Sodomites essaient de faire. Et regardez ce que les Sodomites répondent au verset 9 : « Celui-ci est venu séjourner chez nous en étranger et il veut faire le juge ! » Autrement dit : pour qui tu te prends ? Est-ce que c’est toi notre juge ? Est-ce que c’est toi qui vas nous dire ce qui est bien ou mal ? Les Sodomites refusent d’entendre que ce qu’ils font est mal. Ils veulent être leurs propres juges. Et nous, voulons-nous être nos propres juges ou cherchons-nous à savoir auprès de Dieu ce qui est bien ou mal ?

Acceptons-nous de nous remettre en question devant la Parole de Dieu ?
Ou remettons-nous en question la Parole de Dieu selon nos propres idées ?

Heureusement, les invités de Lot sont des anges. Ils récupèrent Lot pour lui éviter d’être tabassé et ils frappent d’aveuglement les Sodomites. Ils avertissent aussi Lot de ce qui va arriver. S’ils veulent être sauvés, ils doivent quitter la ville, Lot, sa femme, ses filles et ses gendres. En fait, tous ceux qui quittent la ville seront épargnés. Comment réagissent les gendres de Lot ? C’est une blague. Pour eux, c’est une plaisanterie.

Et si les anges avaient donné le même avertissement aux habitants, ils auraient réagi pareil : c’est une plaisanterie. Tout comme les habitants de la terre à l’époque de Noé quand ils ont été avertis du déluge : c’est une plaisanterie. Et nous, que pensons-nous de l’existence de Dieu, de Jésus, de sa mort à notre place sur la croix, de sa résurrection et de son jugement ? Est-ce une plaisanterie ?

Mais où est l’amour de Dieu dans tout ça ?

L’amour de Dieu, il est auprès des victimes des Sodomites. Si Dieu juge la ville, au verset 13, c’est pour répondre aux cris des victimes de ces habitants. Pour mettre les méchants hors d’état de nuire.

L’amour de Dieu, il est dans sa patience. Il a laissé du temps pour que ces habitants puissent changer, mais au lieu de changer, ils sont devenus pires.

L’amour de Dieu, il est dans la main tendue des anges au verset 16 qui ont pris la famille de Lot par la main parce qu’ils étaient toujours dans la maison quand il fallait partir. Manifestement, ils n’avaient pas pris au sérieux la gravité de la situation.

L’amour de Dieu, il s’est manifesté en Jésus-Christ sur la croix. Il a accepté de nous représenter devant Dieu, il a subi le jugement et la punition à notre place. Maintenant, nous sommes sous la grâce. Nous n’avons pas à craindre le jugement, car la peine a déjà été subie.

Et pour terminer, l’amour de Dieu se manifeste par l’action du Saint-Esprit. Tout comme les anges ont pris Lot par la main pour le sortir de la ville, le Saint-Esprit nous saisit pour que nous placions notre confiance en Jésus. Ne résistons pas à cet appel, laissons-nous guider par lui.

Christian Huy




Changer le plan de Dieu ? (Genèse 18.16-33)

En début d’année, nous entendons ou prononçons souvent ces quelques mots : « bonne année, meilleurs vœux ». Ce sont des souhaits. Mais pouvons-nous faire plus que les souhaiter ? En tant que chrétien, Dieu nous donne plusieurs moyens d’intervenir sur le cours d’une année et même sur le cours d’une vie. Ce moyen, c’est la prière.

Abraham, l’ancêtre du peuple juif, avait un neveu qui habitait à Sodome. Sodome était réputé pour être une ville remplie de gens méchants et corrompus, tout comme la ville de Gomorrhe. Les habitants de ces deux villes étaient tellement méchants que Dieu avait décidé de les détruire. Quand Abraham a appris cette nouvelle, il a tenté de faire changer le plan de Dieu, il ne voulait pas la destruction de ces villes, d’autant plus que son neveu et sa famille y habitaient. Il a négocié avec Dieu un peu comme quand on marchande avec un vendeur dans les cultures orientales.

Je connais des gens qui négocient très souvent quand ils vont dans des marchés ou des vide-greniers. Pour les vide-greniers c’est un peu le principe. Parfois il m’arrive aussi de marchander, mais je ne suis pas très doué pour cela, donc je ne le fais pas souvent. En revanche, je commence à avoir de l’expérience dans un autre type de négociation…

C’est lorsque je veux que mon fils goûte de la nourriture, qu’il range ses jouets ou qu’il reste tranquille ! Là je commence à savoir à peu près comment négocier. Par exemple, quand on essaie de lui couper les ongles, il ne reste pas très longtemps immobile, il a besoin de bouger les mains ou les pieds. Je lui propose alors de le distraire en faisant « le clown » pour qu’il accepte de rester encore tranquille un moment. (Et si vous voulez savoir comment je fais le clown, il faudra négocier avec moi !)

Abraham négocie avec Dieu et cela nous interpelle : peut-on négocier avec Dieu ? Change-t-il ses plans en fonction de nos prières ? Faut-il être un bon négociateur pour avoir plus de chance d’obtenir ce que nous demandons ?

Peut-être que ces questions vous paraissent inappropriées ou illégitimes. Mais le texte suscite tout de même ce genre d’interrogation. Lisons-le ensemble dans le livre de la Genèse, au chapitre 18, les versets 16 à 33.

16 Ces hommes se levèrent pour partir en se dirigeant du côté de Sodome. Abraham les accompagna pour les reconduire.
17 Alors l’Eternel dit: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire?
18 Abraham deviendra une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre seront bénies en lui. 19 En effet, je l’ai choisi afin qu’il ordonne à ses fils et à sa famille après lui de garder la voie de l’Eternel en pratiquant la droiture et la justice. Ainsi l’Eternel accomplira en faveur d’Abraham les promesses qu’il lui a faites.»
20 Et l’Eternel dit: «Le cri contre Sodome et Gomorrhe a augmenté, et leur péché est énorme.
21 C’est pourquoi je vais descendre et je verrai s’ils ont agi entièrement d’après le bruit venu jusqu’à moi. Si ce n’est pas le cas, je le saurai.»
22 Les hommes s’éloignèrent et allèrent vers Sodome, mais Abraham se tint encore devant l’Eternel.
23 Abraham s’approcha et dit: «Supprimeras-tu vraiment le juste avec le méchant? 24 Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville. Les supprimeras-tu aussi et ne pardonneras-tu pas à cette ville à cause des 50 justes qui sont au milieu d’elle? 25 Faire mourir le juste avec le méchant, si bien que le sort du juste serait identique à celui du méchant, cela ne correspond certainement pas à ta manière d’agir! Celui qui juge toute la terre n’appliquera-t-il pas le droit?»
26 L’Eternel dit: «Si je trouve à Sodome 50 justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux.» 27 Abraham reprit: «Voici que j’ai eu l’audace de parler au Seigneur, moi qui ne suis que poussière et cendre. 28 Peut-être, à ces 50 justes, en manquera-t-il 5. Pour 5, détruiras-tu toute la ville?» L’Eternel dit: «Je ne la détruirai pas si j’y trouve 45 justes.» 29 Abraham continua de lui parler et dit: «Peut-être s’y trouvera-t-il 40 justes.» L’Eternel dit: «Je ne lui ferai rien à cause de ces 40.» 30 Abraham dit: «Que le Seigneur ne s’irrite pas et je parlerai. Peut-être s’y trouvera-t-il 30 justes.» L’Eternel dit: «Je ne lui ferai rien si j’y trouve 30 justes.» 31 Abraham dit: «Voici que j’ai eu l’audace de parler au Seigneur. Peut-être s’y trouvera-t-il 20 justes.» L’Eternel dit: «Je ne la détruirai pas à cause de ces 20.» 32 Abraham dit: «Que le Seigneur ne s’irrite pas et je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’y trouvera-t-il 10 justes.» L’Eternel dit: «Je ne la détruirai pas à cause de ces 10 justes.» 33 L’Eternel s’en alla lorsqu’il eut fini de parler à Abraham, et Abraham retourna chez lui.

Ce texte à la fois fascinant et surprenant. Je trouve cela très étonnant que Dieu ait besoin de descendre sur terre pour voir ce qui se passe. Voici ce qu’il dit aux versets 20 et 21 : «Le cri contre Sodome et Gomorrhe a augmenté, et leur péché est énorme. C’est pourquoi je vais descendre et je verrai s’ils ont agi entièrement d’après le bruit venu jusqu’à moi. Si ce n’est pas le cas, je le saurai.»

Les habitants de ces deux villes commettent tellement de méchanceté et d’injustices que les victimes de viol, de crimes et de corruption crient leur détresse à Dieu contre Sodome et Gomorrhe. Mais Dieu n’est-il pas censé tout voir et tout savoir ? Pourquoi aurait-il besoin de descendre sur terre pour vérifier si ce qu’il entend est vrai ? Normalement il sait tout. Il devrait savoir que les habitants de Sodome et Gomorrhe sont mauvais. Pourquoi dit-il à Abraham : « j’ai entendu des cris, je vais descendre vérifier si c’est vrai » ?

Dieu sait tout, mais il utilise des images pour nous montrer comment il agit. Tout d’abord, il dit qu’il descend voir, parce qu’il se trouve en haut et nous, nous sommes en bas. Il est dans les cieux et nous sommes sur terre. Mais il ne reste pas sur son trône tranquillement loin de nous, il ne se coupe pas du monde, il ne se met pas à l’abri de nos souffrances. Il est préoccupé par ce qui se passe sur terre, si bien qu’il « descend » voir ce qui se passe lorsque nous crions à lui.

Ainsi, Dieu nous fait comprendre qu’il est effectivement le roi de l’univers, mais c’est un roi à l’écoute de nos détresses. Quand on lui en parle, il prend notre souffrance au sérieux et il agit pour mettre le méchant hors d’état de nuire. Il ne le fait pas forcément tout de suite, mais en temps voulu.

On remarque aussi que Dieu n’agit pas comme nous. Parfois sous l’émotion nous agissons sur un coup de tête. Sous la colère nous pouvons dire des paroles blessantes, nous pouvons prendre des décisions regrettables. Dieu agit avec discernement et réflexion. Il descend pour se rendre compte de la situation, pour agir de manière juste et appropriée à la situation. Nous pouvons faire confiance en la justice divine.

Ce que je trouve intéressant aussi c’est qu’il informe Abraham de son projet de détruire Sodome. Pourquoi le fait-il ?

Le texte précise qu’Abraham est quelqu’un de spécial aux yeux de Dieu. Il sera le père d’une grande nation, il enseignera ses descendants à obéir à Dieu. Je pense que Dieu prévient Abraham aussi parce que son neveu, Lot, habite à Sodome avec sa femme et ses enfants. Et je pense que Dieu prévient Abraham pour susciter en lui une réaction, pour qu’il dialogue et même qu’il négocie avec lui. C’est effectivement ce qui arrive. Abraham demande à Dieu d’épargner ces deux villes. Dieu voulait avoir cette discussion avec son serviteur. Ainsi, Dieu annonce le jugement à Abraham afin qu’il lui demande de sauver les gens perdus.

En tant que disciples de Jésus, nous sommes un peu dans la situation d’Abraham. Nous avons entendu le message de l’Évangile résumé dans ce verset : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle » (Jean 3.16)

Ce verset contient une belle promesse : la vie éternelle.
Mais il contient aussi un avertissement : la perdition pour celui qui ne croit pas.

Si nous croyons vraiment qu’il y a des gens sauvés, alors nous croyons aussi qu’il y a des gens perdus. Prions-nous pour ces gens-là ?

L’exemple d’Abraham est encore plus fort. Non seulement il prie pour des gens perdus, mais il se trouve que ces gens perdus sont extrêmement méchants. Le chapitre suivant nous en donne un aperçu. Sommes-nous préoccupés par le salut des criminels, des meurtriers, des violeurs ? C’est pour eux qu’Abraham demande le salut et le pardon. Comment le fait-il ? C’est très intéressant.

Il rappelle à Dieu qu’il ne peut pas agir ainsi. Relisons les versets 23 à 15 :

«Supprimeras-tu vraiment le juste avec le méchant? 24 Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville. Les supprimeras-tu aussi et ne pardonneras-tu pas à cette ville à cause des 50 justes qui sont au milieu d’elle? 25 Faire mourir le juste avec le méchant, si bien que le sort du juste serait identique à celui du méchant, cela ne correspond certainement pas à ta manière d’agir! Celui qui juge toute la terre n’appliquera-t-il pas le droit?»

Avez-vous remarqué sur quoi est basée l’argumentation d’Abraham ?

Il part du principe qu’il y a des hommes justes dans la ville, au moins 50. Dieu ne peut pas supprimer le juste et le méchant ensemble. Ce serait injuste et Dieu ne peut pas agir de cette manière. Alors Dieu dit : OK, s’il y a 50 justes, je ne détruirai pas la ville. Et Abraham se dit : mais peut-être qu’il n’y a même pas 50 justes dans la ville, alors il baisse à 45, à 40, 30, 20, 10. À chaque fois, il a l’air gêné de négocier ainsi avec Dieu, lui qui n’est que poussières et cendres. Abraham fait preuve d’humilité, il a conscience qu’il parle avec le maître de l’univers et que lui n’est qu’un être humain ordinaire. Mais Dieu écoute les requêtes des humains ordinaires. Dieu nous écoute, nous qui ne sommes que poussière, parce que nous sommes ses enfants, nous avons une grande valeur à ses yeux. À la fin, Dieu est d’accord de ne pas détruire la ville s’il y trouve 10 justes.

La suite nous montrera qu’il n’y a même pas 10 justes à Sodome et Gomorrhe. La ville va être détruite, mais Dieu donnera la possibilité à Lot et à sa famille de fuir la ville avant la destruction. Le chapitre suivant pose la question du jugement de Dieu. Nous aborderons ce texte la semaine prochaine. En attendant, revenons à la négociation entre Abraham et Dieu.

Si Abraham a pu négocier avec Dieu, c’est parce qu’il avait des arguments valables.

Premièrement, Abraham demande à Dieu d’agir selon sa justice. Son argument, c’est la justice divine. En fait, Dieu n’avait pas prévu d’agir injustement, mais il voulait impliquer Abraham dans son plan.

Et deuxièmement, l’autre argument d’Abraham c’est qu’il pourrait y avoir des hommes justes. La présence des justes aurait amené Dieu à épargner et même à pardonner Sodome. Dieu le répète plusieurs fois, par exemple au verset 26 : « Si je trouve à Sodome 50 justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. »

Aujourd’hui Dieu nous annonce le jugement pour que nous priions pour les personnes perdues. Aujourd’hui Dieu nous donne aussi des arguments pour intervenir en faveur de ces personnes perdues. Nos deux arguments principaux sont les mêmes que ceux d’Abraham.

Premièrement, Dieu est juste et nous pouvons invoquer sa justice. Il n’agira jamais de manière injuste ! Et deuxièmement, il y a un homme juste grâce à qui Dieu peut pardonner le pécheur. Jésus a vécu une vie entièrement sainte, c’est-à-dire entièrement consacrée à Dieu. Il est le seul homme parfaitement juste. Grâce à sa justice, tout homme peut être pardonné. Il faut alors se mettre sous son autorité. Si Jésus est mon représentant devant Dieu, alors je n’ai pas à craindre le jugement.

Pour conclure, revenons à nos questions du début.

Peut-on négocier avec Dieu ? Négocier est peut-être un mot un peu fort. Je dirais plutôt que nous pouvons intervenir sur le cours des choses en intercédant, Dieu nous en donne la possibilité.

Dieu change-t-il ses plans en fonction de nos prières ? Je pense que Dieu a un plan et ce plan intègre nos prières. Nous ne changeons pas le plan de Dieu par la prière, mais  par la prière nous participons au plan de Dieu.

Faut-il être un bon négociateur pour avoir plus de chance d’obtenir ce que nous demandons ? Notre négociateur c’est Jésus. Si nous demandons le pardon au nom de Jésus, alors nous serons pardonnés.

Retenons de ce texte que Dieu annonce un jugement, mais il annonce aussi le pardon possible grâce à un homme juste. Nous avons donc une responsabilité, celle de prier pour les personnes perdues et celle d’annoncer le salut en Jésus-Christ.

Christian Huy




Dieu se tient là, comment l’accueillir ?( Genèse 18.1-15)

Dans la Bible, lorsque Dieu veut parler à quelqu’un, il envoie parfois un messager, d’autres fois il apparaît directement. Mais il arrive aussi que Dieu se tienne là, juste devant notre porte, et il attend qu’on le remarque et qu’on prenne le temps de l’accueillir.

Cela a été le cas pour Abraham, l’ancêtre du peuple juif. À 75 ans, Dieu lui a promis une descendance, il lui a même promis que cette descendance sera une bénédiction pour toutes les nations de la terre. (Manifestement, à cette période de l’histoire, on pouvait encore avoir des enfants à 75 ans.) Le problème c’est que sa femme Sara était stérile. Alors au bout d’un certain nombre d’années, Sara a dit à Abraham : « prends ma servante pour faire un enfant avec elle ». C’était une pratique tolérée à l’époque par la culture, un peu comme les mères porteuses de nos jours.

Cette union a donné naissance à Ismaël. Mais Dieu est apparu à Abraham et lui a annoncé qu’il n’est pas l’enfant de la promesse. L’enfant promis sera issu de sa femme Sara, et son nom sera Isaac. Abraham n’a pas cru tout de suite car il était très âgé : il avait 99 ans et sa femme 89 ans. Mais Dieu lui a affirmé avec certitude que cela arrivera, alors il a cru.

Si vous avez un peu suivi la série de prédications sur Abraham, vous avez déjà connaissance de ce que je viens de résumer. Dans le livre de la Genèse, Dieu n’arrête pas de rappeler qu’il tient ses promesses. C’est encore le cas ici !

En lisant le texte, je me suis dit : qu’est-ce que je vais bien pouvoir en dire ? La promesse de Dieu a déjà été répétée plusieurs fois. Qu’y a-t-il de nouveau dans ce texte ? Et en regardant le récit de plus près, même si Dieu redit la même promesse, il se passe beaucoup de choses intéressantes.

Par exemple, au lieu d’apparaître devant Abraham pour lui parler, Dieu va se tenir debout devant lui et il va attendre qu’Abraham l’accueille autour d’un repas. Et c’est seulement à table que Dieu va parler.

Il y a aussi beaucoup de choses étranges. Par exemple, on nous dit que Dieu apparaît à Abraham, et puis Abraham lève les yeux et il voit trois hommes. C’est un peu mystérieux.

Je vous invite à lire ce texte dans le livre de la Genèse au chapitre 18, les versets 1 à 15.

1 L’Éternel apparut à Abraham parmi les chênes de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de sa tente pendant la chaleur du jour.
2 Il leva les yeux et vit trois hommes debout non loin de lui. Quand il les vit, il courut depuis l’entrée de sa tente à leur rencontre et se prosterna jusqu’à terre. 3 Il dit: «Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas loin de ton serviteur.
4 Permettez qu’on apporte un peu d’eau pour vous laver les pieds et reposez-vous sous cet arbre. 5 J’irai prendre un morceau de pain pour vous restaurer, puis vous continuerez votre route, car c’est pour cela que vous passez près de votre serviteur.» Ils répondirent: «Fais comme tu l’as dit.»
6 Abraham s’empressa d’aller trouver Sara dans la tente et dit: «Prends vite 22 litres de fleur de farine! Pétris-la et fais des gâteaux.»
7 Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon et le donna à un serviteur qui se dépêcha de le préparer. 8 Il prit encore du lait caillé et du lait, avec le veau qu’on avait préparé, et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l’arbre, et ils mangèrent.
9 Puis ils lui dirent: «Où est ta femme Sara?» Il répondit: «Elle est là, dans la tente.» 10 L’un d’eux dit: «Je reviendrai vers toi à la même époque, et ta femme Sara aura un fils.» Sara écoutait à l’entrée de la tente, derrière lui.
11 Abraham et Sara étaient vieux, d’un âge avancé, et Sara ne pouvait plus espérer avoir des enfants.
12 Elle rit en elle-même en se disant: «Maintenant que je suis usée, aurai-je encore des désirs? Mon seigneur aussi est vieux.»
13 L’Éternel dit à Abraham: «Pourquoi donc Sara a-t-elle ri en se disant: ‘Est-ce que vraiment j’aurai un enfant, moi qui suis vieille?’ 14 Y a-t-il quoi que ce soit d’étonnant de la part de l’Éternel? Au moment fixé *je reviendrai vers toi, à la même époque, et Sara aura un fils.»
15 Sara mentit en disant: «Je n’ai pas ri», car elle eut peur, mais il dit: «Au contraire, tu as ri.»

Ce récit contient deux scènes. Abraham commence par accueillir les invités, ensuite il y a la discussion à propos de l’enfant à venir.

Commençons par le début.

[1. Abraham accueille les invités]

Le narrateur nous précise que Dieu apparaît à Abraham, mais on ne sait pas vraiment si Abraham en a conscience. Au début, il est assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Cette première image me donne l’impression qu’Abraham s’ennuie. Il faut chaud, le soleil brille, il est à l’entrée de sa tente, il ne fait rien, il est juste assis. Et tout à coup, en levant les yeux, il aperçoit trois hommes debout à côté de lui. À partir de ce moment-là, tout s’accélère.

Regardez les verbes utilisés :

Verset 2 : il « court » à leur rencontre. Verset 6 : il « s’empressa » d’aller demander à Sara de cuisiner pour eux. «Prends vite 22 litres de fleur de farine! Pétris-la et fais des gâteaux» lui dit-il.

Verset 7 : « Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon et le donna à un serviteur qui se dépêcha de le préparer ».

Le texte raconte tout de manière très brève, mais il a dû se passer beaucoup de temps entre l’arrivée des invités et le repas.

Il fallait pétrir le pain et cuire les gâteaux, il fallait aller chercher le veau, le tuer, le préparer, le cuisiner et le cuire. À l’époque, il n’y avait pas de cocotte-minute, pas d’électricité ni de gaz. Il fallait s’occuper de tout et ça demandait du temps. C’est seulement à table que la précipitation s’estompe. Abraham se retrouve de nouveau devant sa tente. Les invités mangent enfin. L’agitation s’est arrêtée.

Toute cette agitation, c’était pour arriver à ce moment précis où il allait prendre du temps pour être à l’écoute de ses invités. Beaucoup de commentateurs pensent que parmi les trois hommes, l’un d’eux était Dieu et les deux autres étaient des anges. Je trouve cela assez plausible puisque la suite du chapitre et la suite du livre nous donnent des indices dans ce sens. Quoi qu’il en soit, cette première scène où Abraham accueille ses invités peut nous faire réfléchir.

Je pense qu’Abraham a perçu la présence de Dieu parmi ses invités. Au début il n’en était peut-être pas certain à 100%, mais en passant du temps avec eux, ça a dû confirmer son intuition. Par exemple, les trois hommes connaissent le nouveau nom que Dieu a donné à Sara. Elle s’appelait Saraï et elle est devenue Sara. L’un des invités connaît aussi la pensée de Sara, Abraham n’a pas eu l’air très surpris. Ce genre d’indice me fait dire qu’Abraham avait probablement conscience d’accueillir Dieu. Il s’est donné beaucoup de peine pour accueillir ces hommes, pour les écouter. Est-ce que dans notre emploi du temps parfois bien chargé, nous nous donnons autant de peine pour accueillir Dieu ?

Parfois on pense que si Dieu veut nous parler, alors il n’a qu’à nous apparaître dans une vision. Parfois j’entends des gens dire : « moi je croirai en Dieu s’il m’apparaît et si je le vois ». Mais Dieu ne s’impose pas. Il se tient là. Abraham a levé les yeux, il a couru, il a invité et il a accueilli.

Jésus a dit : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (Ap 3.20)

Dieu ne s’impose pas, mais il se rend présent. À nous de lever les yeux pour le voir, à nous de l’accueillir. Dans notre monde où tout va vite, prenons-nous du temps pour notre relation avec Dieu ?

C’est intéressant parce que dans le récit, les échanges ont lieu autour d’un repas. Dieu est un Dieu relationnel. Il cherche une relation avec nous. Nous sommes dans une société où nous courons souvent après le temps, nous sommes souvent fatigués à la fin d’une journée. Quelle place accordons-nous à la prière et à la Bible, Parole de Dieu ?

Est-ce que l’on considère la Bible comme un café : j’ai besoin d’énergie spirituelle, je vais lire une page et puis c’est bon je continue ma journée.

Personnellement je tombe très souvent dans cet écueil : il faut lire le calendrier biblique alors je le lis. Mais est-ce que j’ai préparé mon cœur à accueillir le verset biblique ? Est-ce que je m’arrête vraiment ou est-ce que je le fais le temps d’une pub à la télé ?

Les calendriers et les guides de lecture sont de bons outils et je vous encourage à les utiliser. Mais Dieu veut surtout une relation avec nous, cela ne passe pas que par la lecture d’une page par jour. Il nous demande de vivre selon son enseignement, il nous demande de communiquer avec lui par la prière.

Revenons à Abraham et à la dernière scène du récit, celle où les trois hommes annoncent la naissance de l’enfant.

[2. Annonce de la naissance de l’enfant]

Maintenant que les invités sont bien installés, ils demandent où est Sara. En fait, la question vise à s’assurer que Sara écoute bien ce qui va être dit. S’ils sont venus rappeler une fois de plus la promesse, c’est surtout pour que Sara puisse entendre elle aussi la promesse. La femme d’Abraham se trouve bien à côté, elle est juste dans la tente. On pense qu’elle ne se montre pas pour une question culturelle. À l’époque, les femmes ne devaient pas se trouver en présence d’un groupe d’hommes. Maintenant que Sara est aussi à l’écoute, ils annoncent la promesse : «Je reviendrai vers toi à la même époque, et ta femme Sara aura un fils.» (v. 10).

Sara n’y croit pas, elle est trop âgée pour avoir des enfants, c’est trop tard, elle rit dans son cœur. Mais l’Éternel pose la question : pourquoi a-t-elle ri ? Sara a beau nier sa réaction par peur que l’on découvre son manque de foi, mais Dieu lui sait tout. Il la reprend en disant : si tu as bien ri. Cette dernière scène nous apprend deux choses importantes.

Tout d’abord, on peut s’attendre à l’impossible avec Dieu. Y a-t-il quoi que ce soit d’étonnant de la part de l’Éternel?

Ensuite, Dieu connaît nos pensées, il sait lorsque nous doutons de lui, il sait ce qui ne va pas, il connaît nos joies, nos tristesses, nos défauts, nos péchés.

Et lorsque c’est nécessaire, il nous reprend, comme l’a fait avec Sara. Et comment est-ce qu’il nous reprend ? En nous disant la vérité. Sara avait bien ri, il lui a juste dit la vérité sur elle-même.

Sommes-nous prêts à accueillir la vérité ? Parfois ce n’est pas évident, parfois la vérité nous dérange. Mais c’est la vérité.

[Conclusion]

Pour conclure, prenons un peu de recul. Il y a plusieurs milliers d’années, Dieu a annoncé la naissance d’un enfant promis à Abraham. Cet enfant annonce la venue d’un autre enfant né miraculeusement. Nous allons bientôt entrer dans le temps de l’Avent, c’est-à-dire la période avant Noël. La fête qui célèbre la naissance de Jésus, l’envoyé que Dieu a promis à son peuple. Comment est-ce que nous accueillons Jésus dans notre vie ? Il s’est présenté comme étant le chemin, la vérité et la vie. Tout comme Abraham, réservons-lui un accueil digne de ce nom dans notre vie et dans notre emploi du temps.

Christian Huy