Rendre compte de sa foi

Voici le témoignage de Michael Ramsdem. Il raconte comment il a pu témoigner de sa foi dans un salon de coiffure (quelques formulations ont été arrangées pour une lecture plus fluide) :

L’autre jour, je suis allé dans un salon de coiffure. J’ai dit à la femme qui se tenait derrière le comptoir : « je viens pour une coupe s’il vous plaît ». Cette femme était très grande et elle était enceinte.

  • Elle sortit son agenda et me dit : «Quand pensiez-vous venir ?»
  • Je lui réponds : «Eh bien, maintenant !»
  • Et là elle regarde sa montre et elle me dit : «Bon, si on fait vite, je peux vous prendre entre deux rendez-vous.»
  • Alors je lui réponds : «Parfait, je n’ai besoin de rien de sophistiqué, juste d’une coupe plus courte et plus soignée.»
  • Quand vient mon tour, elle m’installe et elle fait une remarque à sa collègue : «Tu sais, les affaires vont très bien en ce moment, mais je me dis que la vie ne peut pas se résumer à ça.»
  • Comme ce qu’elle vient de dire m’interpelle, je lève les yeux vers le miroir et je lui dis : «Vous savez, ce que vous dites est vrai. Dans la vie, ce qui nous rend heureux, ce n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Et là elle s’arrête. Elle me regarde dans le miroir et elle me dit : «Qu’est-ce que vous venez de dire ?»
  • Je lui répète : «Eh bien, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Tout à coup je la vois partir, elle prend un carnet et stylo et elle me dit : «Vous pourriez me répéter votre phrase une nouvelle fois s’il vous plaît ?»
  • Je lui répète : « Dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Elle me dit : «Vous savez, je crois qu’il y a beaucoup de sagesse dans ces paroles.»
  • Je la regarde une nouvelle fois dans le miroir et je lui dis : «Si vous voulez savoir, le vrai problème, ce n’est pas le manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout ce que nous avons.»
  • Elle posa le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous pourriez répéter ça ?»

Une fois de plus je répète et elle note ce que je dis. Finalement, elle a bien pris une heure pour me faire ma coupe.

  • Et puis, on a changé de sujet et elle m’a juste dit : «Je vais donner vie à cet enfant, et ça m’angoisse tellement de lui donner la vie dans un monde où il y a tant de mal.»
  • À cette remarque, je lui réponds : «Oui, je sais qu’il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal que nous avons au dedans de nous ?»
  • Elle me regarde et me dit : «Si on avait la possibilité d’éradiquer le mal qui se trouve dans le cœur humain, ce serait fantastique.»
  • Et je lui dis : «Vous avez raison. On ressent qu’il existe cette lutte intérieure, nous voudrions être de meilleures personnes, mais nous en sommes incapables.»
  • Elle me dit : «Je vois exactement ce que vous voulez dire ! Je voudrais être meilleure que celle que je suis, mais je ne peux pas !»
  • La regardant toujours dans le miroir je lui dis : «Ce que vous être en train de me dire, c’est qu’il y a en vous comme une force qui vous tire vers le bas.»
  • Elle me dit : «Exactement, et c’est comme si je devais en être sauvée.»
  • Je lui dis : «Ce que vous me dites-là, c’est que vous avez besoin d’un Sauveur.»
  • Elle me regarde et s’exclame : «Oui, exactement !»
  • Alors je lui dis : «Eh bien, laissez-moi vous dire que je crois que c’est possible».

Et on commence à parler de la personne de Jésus-Christ, du fait qu’il peut briser le pouvoir du péché dans notre vie, et que ces péchés peuvent être pardonnés.

  • Elle prit des notes de toute la conversation et vers la fin elle me dit : «Et maintenant, que dois-je faire de tout cela ?»
  • Je lui répondis : «Eh bien, il faudra bien prendre position un jour, décider quelle attitude avoir face à cette personne, Jésus-Christ.»

Une fois les cheveux coupés, je rentre à la maison et je raconte tout à mon épouse. Nous avons prié pour cette femme, et je me suis dit que j’aimerais bien la revoir. Comment faire ? Deux semaines plus tard, je suis retourné au salon. Quand je suis entré, elle me vit et dit : «Michael, je vais te couper les cheveux.» En fait, je n’avais même pas demandé une coupe. Elle m’installa sur la chaise et c’était la coupe la plus courte que j’ai eue de toute ma vie.

  • Elle prend le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous vous souvenez de notre conversation d’il y a deux semaines ?»
  • Je lui dis : «Oui, je m’en souviens.»
  • Elle me dit : «Eh bien, je suis rentrée chez moi et j’ai raconté à mon mari tout ce que vous m’aviez dit.»
  • J’ai souri en pensant que cela promettait d’être intéressant, et j’ai demandé : «Et qu’a répondu votre époux ?»
  • Elle semblait perplexe, et dit : «Il n’a pas vraiment été intéressé, il a dit que je lui faisais un sermon.»
  • Alors je lui ai demandé : comment lui avez-vous raconté notre conversation ?
  • Elle me répond : « nous sommes tous les deux rentrés du travail, et une fois à table, je lui ai dit : «Tu sais, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions. Ce n’est pas qu’il manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout cela. Il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal dans notre cœur ? La Bible appelle cela le péché : il y a comme une force négative dans notre vie de laquelle nous devons être sauvés. On a besoin d’un Sauveur et il s’appelle Jésus.»

(Fin du témoignage.)

Nous pouvons nous demander quelle est la différence entre ces deux conversations ?

La première conversation, celle entre Michael et la coiffeuse, était une vraie conversation. La coiffeuse avait dit : « Les affaires marchent bien en ce moment, mais la vie ne peut pas se résumer à ça. » Ce n’était pas qu’une affirmation. Derrière cette remarque il y avait une question : y a-t-il quelque chose d’autre que la vie  matérielle ? Michael a profité de ce questionnement pour entrer en dialogue avec elle et pour avoir un échange sur le sens de la vie et sur Dieu. Dans la deuxième conversation,  celle de la coiffeuse avec son mari, ce n’était pas vraiment un dialogue, mais un sermon. Laquelle des deux situations était plus appropriée pour présenter l’Évangile ? Évidemment, c’était la première. Et nous, comment présentons-nous l’Évangile ? En faisant des sermons  qui n’intéressent pas les gens, ou en répondant à des questions que les gens se posent ?

Quand on parle de faire de l’évangélisation, certaines personnes ont en tête qu’on va sortir dans la rue pour dire aux gens : vous êtes pécheurs, vous avez besoin d’être sauvés, Jésus est le sauveur. Il y a une vingtaine d’années, ce genre de pratique interpellait encore les gens. Mais aujourd’hui le contexte a complètement changé. Les gens se forgent leur propre croyance, ils ne veulent pas qu’on leur dise que croire ni comment croire et quelque part je les comprends.

Les gens préfèrent dialoguer plutôt que d’écouter un sermon. Cela peut d’ailleurs nous interroger sur la forme de nos cultes. Un jour un pasteur a fait un sondage dans le quartier de son Église. Il a demandé aux gens pourquoi cela ne les intéressait pas de venir à l’Église. Des passants ont répondu qu’ils ne veulent pas venir pour juste pour écouter un point de vue, ils veulent aussi être écoutés et dialoguer. Que nous enseigne la Bible à propos du témoignage chrétien ?

Je vous propose de lire la première lettre de Pierre, le chapitre 3, les versets 8 à 18.

8 Enfin, ayez tous les mêmes pensées et les mêmes sentiments, soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.
9 Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte; bénissez au contraire. Vous le savez, c’est à cela que vous avez été appelés afin d’hériter de la bénédiction.
10 Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses,
11 qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive, 12 car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à leur prière, mais il se tourne contre ceux qui font le mal.
13 Qui vous fera du mal, si vous avez pour modèle ce qui est bien?
14 D’ailleurs, même si vous deviez souffrir pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés,
15 mais respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison,
16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.
17 En effet, il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal.
18 Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. 

L’apôtre Pierre donne trois types d’instructions aux chrétiens.

Premièrement, il les appelle à avoir un comportement exemplaire.

Verset 8 : soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.

Au sein de l’Église, nous devons nous comporter les uns envers les autres avec bienveillance. Tout le monde est d’accord en théorie, mais dans la pratique qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord, ça veut dire qu’on parle avec respect et avec douceur.

Ça veut dire aussi qu’on ne parle pas en mal les uns des autres. Si nous avons des reproches à faire, faisons-le avec respect et de manière constructive, que cela puisse apaiser les tensions plutôt que les envenimer.

Être bienveillant c’est aussi ne pas juger. Certains n’ont peut-être pas l’air de s’impliquer beaucoup, certains n’ont pas l’air de faire beaucoup d’efforts dans les relations. Mais on n’est pas à la place de l’autre et on ne peut pas se permettre de juger.

Être bienveillant c’est aussi laisser la possibilité à l’autre de se tromper ou de faire des erreurs.

Ensuite, dans les versets suivants, l’apôtre nous invite à nous comporter de manière exemplaire dans la vie de tous les jours.

Verset 9 à 11 : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte. (…) Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive. »

Deuxièmement, l’apôtre nous appelle à défendre notre espérance.

C’est seulement après avoir parlé du comportement qu’il donne cette instruction au verset 15 : « Respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Quel lien y a-t-il entre ce qui précède et cette invitation à défendre sa foi ?

Si notre manière de vivre est digne de celle d’un enfant de Dieu, alors nous ferons la différence et les gens seront susceptibles de nous poser des questions sur notre foi.

Si nous refusons d’entrer dans des magouilles, si nous ne répondons pas à l’insulte par l’insulte, si nous sommes acteurs de paix, si nous refusons la médisance, si nos opinions sur les faits de société reflètent les valeurs bibliques, les gens s’interrogeront et nous pourrons témoigner de notre espérance.

Troisièmement, à partir du verset 16 l’apôtre nous appelle à témoigner avec douceur et respect.

Respecter son prochain ça se manifeste notamment par l’écoute.

Je viens de terminer une formation de 12 semaines sur la foi et la raison et le témoignage chrétien. Les formateurs nous ont fait prendre conscience du rôle important de l’écoute.

Témoigner, ce n’est pas faire des sermons aux gens. C’est d’abord les écouter. Le témoignage de Michael est un très bon exemple. Il a su écouter et répondre aux interrogations de la coiffeuse.

Mais l’écoute vient en premier. C’est une manière de faire comprendre à l’autre que l’on s’intéresse à lui. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de faire des sermons, ce qui nous intéresse avant tout, ce sont les personnes qui  nous entourent.

On ne peut aimer notre prochain que si on s’intéresse réellement à lui. Ça passe par l’écoute. Qu’est-ce qui le préoccupe ? Quelles questions se pose-t-il sur la vie ?

Notre but n’est pas de faire des sermons, mais de procurer la paix dans le cœur de notre prochain et nous sommes convaincus que seul Jésus peut apporter une vraie paix dans notre cœur.

Pour conclure, retenons que le témoignage réunit ces trois ingrédients. L’un ne va pas sans l’autre, sinon c’est incomplet : avoir un comportement exemplaire, expliquer verbalement ce que nous croyons, témoigner en s’intéressant à notre interlocuteur.

Que Dieu nous offre des occasions de témoigner de la paix qu’il nous procure en toutes circonstances, car il nous offre une espérance certaine.

Christian Huy

Source : Formation RZIM academy




L’enfer

Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

Dans cette série de prédications, j’aborde certaines objections que l’on peut entendre à l’encontre de la foi chrétienne et j’essaie de donner des pistes sur la manière dont on peut répondre à ces objections. L’apôtre Pierre nous invite à réfléchir à notre foi afin de pouvoir apporter des réponses aux questions que l’on nous pose. Dans sa première lettre, nous pouvons lire ceci : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 P 3.15)

Les semaines passées, j’ai abordé les thèmes suivants : La foi fait-elle intervenir la raison ? La science moderne discrédite-t-elle la foi ? Que dire des guerres de religion ? La résurrection de Jésus est-elle une légende ou un fait historique ? Si Dieu existe, pourquoi le mal et pourquoi la souffrance ?

Nous avons vu à chaque fois que le message biblique est solide, cohérent, et même logique. En abordant ces thèmes sous un angle plutôt rationnel, je ne veux pas non plus écarter l’aspect émotionnel de la foi car il a toute sa place. La foi fait intervenir nos sentiments et notre intelligence. Après tout, c’est qui nous a créés ainsi, avec la capacité de ressentir des émotions et de réfléchir. Ici, nous continuons cette série de prédications et nous abordons maintenant le thème de l’enfer. Beaucoup de personnes de tout arrière-plan trouvent que le Dieu décrit dans la Bible n’est pas assez bon. Ils refusent de croire en lui à cause de l’enseignement sur l’enfer. Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ? Nous allons regarder ce que dit Jésus à ce propos, mais avant cela j’aimerais prendre le temps de donner quelques précisions sur cette question.

[1. Il est normal de se poser la question]

Premièrement, il est normal de se poser cette question. Tout à l’heure j’ai dit que nous abordons en ce moment des thèmes bibliques sous l’angle de la raison. Mais quand on parle de l’enfer, il est difficile, voire impossible, de le faire en mettant de côté nos émotions. Si la mention de l’enfer dans la Bible pose problème, c’est justement parce que nous sommes des êtres émotionnels et nous avons du mal à concevoir que Dieu puisse envoyer des gens en enfer.

La plupart d’entre nous avons déjà perdu des proches, membres de notre famille, amis ou connaissances. Parmi eux, il y a peut-être des gens qui n’avaient pas mis leur foi en Jésus. Si c’est le cas, vous avez peut-être déjà eu les mêmes questionnements que moi. Comment Dieu peut-il laisser cette personne aller en enfer ? Dieu n’est-il pas bon ? Ne peut-il pas faire en sorte qu’on aille tous au paradis ?

La Bible enseigne quelque chose qu’on n’a pas envie de croire : l’existence de l’enfer. C’est quelque chose que l’on enseigne même aux enfants dans nos Églises. L’un des versets qu’on leur enseigne le plus, c’est Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »

Ce verset est très clair, il y a deux issues possibles, périr ou avoir la vie éternelle : « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » Il y a donc des gens qui périssent parce qu’ils ne croient pas en Jésus. Il est normal de se poser la question : pourquoi Dieu ne sauve-t-il pas tout le monde ? Comment peut-on penser d’une part que Dieu aime tous les hommes et d’autre part qu’il en envoie certains en enfer ? Est-ce compatible ? Je pense que ces questions sont légitimes, c’est la première chose que je veux souligner. Le deuxième point que je veux relever, c’est qu’il faut prendre ces questions très au sérieux.

[2. Il faut prendre ces questions au sérieux]

Il ne faut pas prendre à la légère notre réflexion sur l’enfer. « Si je prétends qu’il n’y a pas d’enfer alors qu’il existe, je risque de conduire les gens précisément dans un endroit dont j’ai [publiquement] nié l’existence ! Et si je prétends à tort que l’enfer existe ? Je risque de forcer les gens à passer leur vie à mettre en garde leurs bien-aimés. Et à propos de quoi ? D’un endroit terrifiant qui n’existe même pas ! » (Francis Chan) On ne peut pas prendre la question de l’enfer à la légère. « Vous ne pouvez pas juste donner votre avis et continuer tranquillement votre chemin. » (Francis Chan) Il y a beaucoup trop de choses en jeu et surtout trop de personnes en jeu. Prenons donc cette question au sérieux. Ce matin je ne peux pas traiter cette question à fond, ça me prendrait plusieurs heures. Je vous invite donc à continuer d’y réfléchir chez vous, en lisant la Bible et surtout en priant. La troisième chose que j’aimerais souligner, c’est que Dieu est Dieu.

[3. Dieu est Dieu]

Dieu est Dieu et donc il fait ce qu’il veut. De nombreux passages des Écritures parlent de la souveraineté de Dieu. Le psaume 115 en fait partie. Voici ce que nous lisons au verset 3 : « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut. » Si Dieu existe, ce n’est pas nous qui allons décider qui il est ou comment il est.

De nos jours, les gens ont tendance à s’imaginer Dieu comme ils le souhaiteraient. C’est dans l’air du temps, on veut tout personnaliser. En faisant cela, c’est comme si nous érigions une idole. Nous nous créons un Dieu tel que nous le voudrions, bien souvent, un Dieu qui nous ressemble ! Mais si Dieu existe, il est comme il est, même s’il ne correspond pas à l’image que l’on se fait de lui, cela ne changera rien sur sa personne.

La Bible affirme que le cœur humain est corrompu. À cause cette corruption, nous ne sommes pas en phase avec Dieu. La Bible enseigne qu’il y a une énorme distance entre notre manière de penser et sa manière de penser. Voici ce que Dieu a dit à travers le prophète Esaïe : « vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, déclare l’Éternel. Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55.8-9)

À cause de cette distance, on doit s’attendre à ce que Dieu nous enseigne des choses qui entrent en conflit avec notre façon naturelle de penser. C’est une raison de plus pour dire que nous ne pouvons pas écarter un enseignement de la Bible juste parce que cela n’entre pas dans nos cases. Regardons maintenant ce que dit la Bible à propos de l’enfer.

[Enseignement biblique sur l’enfer]

Certains lecteurs de la Bible pensent avoir trouvé des passages qui affirmeraient que personne n’ira en enfer. Autrement dit, nous irions tous au paradis. Les deux textes les plus cités sont Philippiens 2 et 1 Corinthiens 15.

Voici ce qu’on peut lire dans Philippiens 2.9-11. L’auteur parle de Jésus et il dit à son propos : « Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

Ce texte enseigne qu’à la fin des temps, tout le monde reconnaîtra que Jésus est le Seigneur. C’est tout à fait vrai. Mais ce texte ne dit pas du tout que tout le monde sera au paradis. Il dit simplement que chaque être humain reconnaîtra la royauté de Jésus, qu’il fasse partie du royaume des cieux ou non.

Un autre passage se trouve dans la première lettre de Paul aux Corinthiens et il dit ceci : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Co 15.22) Mais le contexte nous apprend que c’est ceux qui donnent leur vie à Jésus qui auront une nouvelle vie. Il suffit par exemple de lire le verset suivant : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun à son propre rang: Christ en premier, puis ceux qui appartiennent à Christ lors de son retour. » C’est tous ceux qui ont donné leur vie à Jésus qui revivront en Christ. Regardons maintenant ce que dit Jésus à propos de l’enfer.

Il en parle à plusieurs reprises, mais ce matin j’aimerais juste prendre un texte significatif de son enseignement. Matthieu 25.31 à 34 et 41 :

31 Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les [saints] anges, il s’assiéra sur son trône de gloire. 32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs; 33 il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde!
[…]
41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges!

Dans ce passage, Jésus décrit le jour du jugement dernier qui aura lieu lors de son retour. Jésus jugera chaque être humain et il y aura deux issues : le royaume des cieux ou le feu éternel. Pratiquement à chaque fois où il en est question, Jésus parle de l’enfer comme un feu éternel. Est-ce une image ou est-ce que c’est à comprendre littéralement ?

On sait que dans la Bible, l’image du feu est souvent utilisée comme un symbole. Par exemple, on peut lire que la langue est un feu (lettre de Jacques). Dans l’apocalypse, les yeux de Jésus sont décrits comme des flammes de feu. L’apôtre Paul dit que nos œuvres brûleront le jour du jugement (1 Co 3.15).

Il me semble qu’ici le feu est encore une fois un symbole. Mais quoi qu’il en soit, ça ne remet pas en question le fait que l’enfer est un lieu de souffrances. C’est un lieu de souffrance, car c’est là où l’amour de Dieu est absent. Mais comment se fait-il qu’il y ait des endroits où l’amour de Dieu est absent ? L’amour de Dieu n’est-il pas infini ?

D’après la Bible, Dieu a manifesté son amour en Jésus. C’est notamment le verset de Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Par amour pour nous, Dieu a donné son fils. Mais tout le monde accepte-t-il cet acte d’amour ? Tout le monde accepte-t-il de reconnaître son besoin de Dieu ?

CS Lewis a écrit ceci à propos du jugement et de la destinée de l’Homme : « En somme, il n’y a que deux types de personnes : ceux qui disent à Dieu « Que ta volonté soit faite », et ceux auxquels finalement Dieu dit « Que ta volonté soit faite ». »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul parle du sort de ceux qui ne suivent pas Jésus, il dit que : « Dieu les a abandonnés aux désirs de leur cœur. » (Ro 1.24)

Tout ce que Dieu fait aux gens à la fin, c’est leur donner ce que leur cœur désire le plus, y compris le droit de ne pas lui être soumis.

Pour conclure, revenons à notre question de départ : comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

En fin de compte, Dieu n’envoie pas les gens en enfer. Dieu ne jette pas les gens en dehors de sa présence. Ce sont les gens qui choisissent de se couper de Dieu, ils refusent son amour et son royaume. Ces quelques réflexions sur l’enfer vous font peut-être réagir. N’y a-t-il pas plus d’espoir que cela ? Dieu est tellement grand, ne peut-il pas mettre en place un plan B pour ceux qui sont perdus ?

Nulle part dans la Bible, il n’est question d’un plan B. En fait, si on avance l’hypothèse qu’il pourrait y avoir un plan B, ça veut dire que le plan A de Dieu a raté. Mais Dieu a un plan parfait, il n’a pas besoin d’un plan B.

En revanche, j’ai déjà entendu des beaux témoignages très surprenants. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai eu connaissance du témoignage d’un homme qui était sur son lit de mort. Et peu avant de mourir, Jésus s’est révélé à lui, il s’est repenti de son incrédulité, il a confessé Jésus comme son Seigneur, et il est décédé. Comme le dit une amie, au ciel nous aurons de belles surprises !

Dieu nous demande de croire en la réalité de l’enfer pour ceux qui refusent la grâce de Jésus. Et il nous demande aussi de lui faire confiance, car son plan est parfait. Une fois j’ai entendu quelqu’un dire qu’il ne serait pas heureux au ciel si sa famille n’y est pas. Je partage tout à fait cette pensée. En même temps, dans le livre de l’Apocalypse, Dieu nous promet qu’au ciel, il n’y aura plus aucune tristesse. Nous serons dans la joie. C’est une promesse. Comment penser que nous serons dans la joie s’il manque des gens que l’on aime ?

Pour moi c’est un mystère. Dieu me demande à la fois de croire qu’il y aura un jugement et d’avoir confiance en son plan parfait pour moi et pour ceux que j’aime. Je ne peux pas tout comprendre, mais  je suis invité à mettre ma foi en lui et à continuer de proclamer l’Évangile, afin que ceux qui croient en Jésus ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle.

[Temps de questions après la prédication]

Comment expliquer que Dieu se révèle à certains et pas à d’autres ? Y aurait-il des privilégiés ? Exemple : l’apôtre Paul à qui Jésus est apparu.

Réponse : C’est une question qui concerne la souveraineté de Dieu. Comme on l’a vu : « Dieu fait ce qu’il veut » (Psaume 115.3). Néanmoins, en parlant de l’apôtre Paul, il cherchait sincèrement Dieu dans le judaïsme légaliste. Jésus lui est apparu pour lui révéler la voie de Dieu. Dans les Évangiles, Jésus a dit : « qui cherche trouve » (Matthieu 7.8). J’ai déjà entendu des témoignages de personnes qui ne connaissaient pas Jésus, mais qui cherchaient à connaître le Dieu créateur, et Dieu s’est révélé à eux.

Peut-on parler de privilèges ? Je ne sais pas, mais pour ma part je me sens privilégié. Tout comme je me sens privilégié d’être né dans un pays « riche ». Du coup, je me sens le devoir de partager une partie de mes biens à ceux qui sont dans le besoin. Nous devrions réagir de la même manière avec l’Évangile : partager cette nouvelle à ceux qui sont autour de nous.

Qu’en est-il de ceux qui vivent dans un contexte où ils n’ont jamais entendu parler de Jésus ?

Réponse : Comme je l’ai dit : « qui cherche trouve ». Dans sa lettre aux Romains (1.18-21), Paul met en évidence que Dieu se révèle à tous par sa création. Dans les Psaumes, nous lisons que le ciel raconte la gloire de Dieu (Ps 19). Ainsi, même sans une révélation spécifique, tous les hommes peuvent  approcher le créateur.

Par ailleurs, il est dit dans les Écritures que chacun sera jugé selon ce qu’il aura entendu. Et nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu.

Tu as dit que nous ne serons pas tristes au paradis, même s’il manque des êtres qui nous sont chers. Est-ce parce que nous perdrons nos souvenirs terrestres ?

 Selon la Bible, nous ressusciterons tout comme Jésus est ressuscité (1 Co 15.23). Or Jésus avait les cicatrices des clous sur ses mains et ses pieds. Il avait encore le souvenir de ses disciples. Son corps était un peu différent (on parle de corps glorifié), mais il y aura une continuité entre notre vie présente et celle à venir. Nous garderons notre personnalité propre. La différence, c’est que notre corps ne sera plus entaché par le péché.

À propos de la fin des temps et de nos proches, je pense que nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu, à sa bonté et à son amour. Il agit toujours avec amour et justice. Au ciel, nous ne serons pas tristes et nous n’aurons que de belles surprises. Nous nous dirons : Dieu est encore plus juste et plus bienveillant que ce que je pensais. Non pas qu’il n’y aura pas de punition ou de réel jugement. Mais nous comprendrons mieux, il me semble, son plan.

Toutefois, en attendant d’être au ciel, Dieu nous demande de proclamer l’Évangile sans lequel il n’y a pas de salut.

Christian Huy

Sources principales :
L’enfer ignoré de Francis Chan
La raison est pour Dieu de Timothy Keller




Si Dieu existe, pourquoi le mal et la souffrance ?

Si Dieu existe, pourquoi le mal ? Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Ces dernières années, et même ces derniers mois, la France a connu des temps difficiles à cause des attentats. Cette violence a véhiculé une image très négative de la religion. D’après le discours de certaines personnes, non seulement la croyance en Dieu est mauvaise, car elle peut aboutir à la violence, mais en plus, cette violence leur fait dire que Dieu n’existe pas, car si Dieu existe, il ne permettrait pas tant de mal.

Ceux qui ont des objections contre la foi chrétienne posent souvent ces questions : si Dieu existe, pourquoi le mal ? Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Dans cette série de prédications sur la foi et la raison, j’aborde les questions qui peuvent nous être posées en tant que chrétiens. Il me semble que nous devons réfléchir à ces questions. L’apôtre Pierre nous donne cette instruction dans sa première lettre, au chapitre 3 verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

L’une des missions du chrétien est de réfléchir à sa foi afin de pouvoir présenter de manière intelligible l’espérance qui est en lui. Comment aborder cette question du mal et de la souffrance ?

Remarquez que je traite des deux sujets en même temps : le mal et la souffrance. Ces deux sujets sont liés. Très souvent, la souffrance est causée par le mal. Par exemple : les guerres sont une cause de souffrance. Le mal est une source de souffrance. Quand on parle du mal, il faut donc aussi parler de la souffrance, et vice-versa.

Mais il arrive aussi que des souffrances ne soient pas causées par une personne. Par exemple, quand on tombe gravement malade, ou quand on perd une personne chère, ce n’est pas forcément à cause de quelqu’un, mais à cause de la fragilité de la vie. Donc la souffrance peut aussi être abordée comme un sujet à part entière. Ici, je vais traiter des deux sujets. Commençons par la question du mal.

[1. Si Dieu existe, comment expliquer la présence du mal ?]

Le mal est le thème le plus difficile à aborder en théologie. Je ne peux pas traiter cette question à fond. Je vais juste vous exposer pourquoi la présence du mal sur terre ne discrédite pas Dieu.

Certaines personnes pensent que la présence du mal sur terre prouve que Dieu n’existe pas. Car si Dieu existe, il ferait en sorte que le mal n’existe pas. Et comme ils voient le mal sur terre, ils en concluent que Dieu n’existe pas. Mais en réalité, dès que l’on reconnaît l’existence du mal, on reconnaît aussi l’existence de Dieu. Je m’explique :

Quand on pose la question : si Dieu existe, pourquoi le mal ? On présuppose que le mal existe, vous me suivez ?

Si on croit que le mal existe, on croit aussi que le bien existe. Si on croit que le bien et le mal existent, alors on croit qu’il y a une loi morale valable pour toute l’humanité. Une loi morale qui nous permet de dire : telle chose est bien, telle chose est mal. Si on croit qu’il y a une loi morale, d’où vient cette loi ? Elle vient de Dieu !

C’est pour cela qu’à chaque fois que l’on parle du mal, on présuppose l’existence de Dieu. Si Dieu n’existe pas, alors il n’a pas donné de loi morale. S’il n’y a pas de loi morale, chacun décide de ce qui est bien ou mal. Si chacun décide de ce qui est bien ou mal, il n’y a plus vraiment de frontière entre le bien et le mal. S’il n’y a pas de frontière entre le bien et le mal, le bien n’existe pas vraiment et le mal n’existe pas vraiment non plus. Si le mal n’existe pas, quel est le sens de la question de départ ? Si Dieu existe pourquoi le mal ? Mais de quel mal parle-t-on ?

J’espère que vous avez pu me suivre. Ce que je veux dire, c’est que la notion de bien et de mal nous vient de Dieu. Si on rejette Dieu, alors on rejette aussi la notion du bien et du mal. Donc quelqu’un  qui rejette Dieu ne peut pas parler du bien ou du mal puisque ce sont des notions que chacun définit comme il veut.

Beaucoup de non-croyants disent par exemple que le bien et le mal, c’est une histoire d’appréciation personnelle. « Pour toi telle chose est mal, pour moi ce n’est pas mal. » Du coup, plus rien n’est vraiment mal en soi. On se contente de dire son avis sur ce qu’on trouve mal, mais comme il n’y a pas de frontière claire entre bien et mal, chacun pense ce qu’il veut.

Cette manière de voir le monde se heurte pourtant à la réalité. Tout le monde sait au fond de lui qu’il y a une frontière entre le bien et le mal. Par exemple, on constate que chez tous les peuples, la vie a de la valeur. Quand on s’en prend à la vie de l’un de ses enfants ou l’un de ses proches, tout le monde est d’accord pour dire que c’est mal. Il y a donc bien une loi morale universelle qui ne dépend pas de notre appréciation personnelle.

Chaque être humain a conscience de la valeur de la vie parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu. En revanche, si l’être humain est le fruit du hasard, si nous sommes seulement un assemblage d’atomes, nous n’aurions pas de valeur propre. Nous aurions seulement la valeur que les autres nous portent. Mais Dieu nous a créés à son image et c’est pour cela que nous avons une valeur propre, une valeur qui ne dépend pas du regard des autres.

Genèse 1.27 : Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Il créa l’homme et la femme.

Lorsque l’on a demandé à Jésus quel était le plus grand commandement, Jésus n’a pas pu donner une seule réponse, il en a donné deux. Matthieu 22.37-40 :

 «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. 38 C’est le premier commandement et le plus grand.
39 Et voici le deuxième, qui lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.»

Ces deux grands commandements sont inséparables. Jésus dit bien que le 2e commandement est semblable au premier. On ne peut aimer vraiment son prochain que si on aime Dieu. Parce que notre prochain est l’image de Dieu. Quand on rejette Dieu, on en arrive à des visions du monde où le mal n’est pas vraiment mal, où il y a des peuples supérieurs et des peuples inférieurs qu’on se permet de tuer ou de réduire en esclavage parce qu’ils ne seraient pas vraiment humains.

Pour revenir à la question du mal, je ne peux pas dire pourquoi Dieu permet le mal, mais quand je vois le mal sur terre, je suis révolté et cela me fait dire que nous sommes faits pour un autre monde.

Quand on sort un poisson de l’eau, il ne se sent pas bien, il s’aperçoit bien que quelque chose ne va pas. C’est parce qu’un poisson n’est pas fait pour vivre hors de l’eau, il est fait pour vivre dans l’eau. C’est pareil pour nous. Quand on voit tout le mal qu’il y a dans notre monde, on s’aperçoit que ce n’est pas normal, on ne se sent pas bien. C’est parce que nous ne sommes pas faits pour vivre dans un monde corrompu. Au fond de chacun de nous, nous savons que nous sommes créés pour vivre dans un monde meilleur. C’est le message que Jésus est venu apporter, il est venu annoncer le royaume de Dieu, là où il n’y aura plus de mal, plus de tristesse, plus de pleur.

Voici l’une des premières paroles de Jésus dans l’Évangile selon Marc : «Le moment est arrivé et le royaume de Dieu est proche. Changez d’attitude et croyez à la bonne nouvelle!» (Marc 1.15) Ce monde pour lequel nous sommes faits, Jésus est venu nous le rendre à notre portée. Passons maintenant à la question de la souffrance.

[2. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?]

La première réponse à apporter face à quelqu’un qui souffre, c’est notre présence, c’est notre compassion, notre soutien et notre prière. Une personne dans l’épreuve a besoin de présence et de réconfort. C’est pour cela que la réponse principale de Dieu à la souffrance, c’est Jésus : Dieu parmi nous, Dieu avec nous.

Jésus avait des amis proches, parmi eux, il y avait Marie, Marthe et Lazare. Trois frères et sœurs. L’Évangile selon Jean nous relate le récit de Lazare. Celui-ci tombe très malade. Marie et Marthe envoient des messagers avertir Jésus afin qu’il vienne le guérir. Mais il arrive trop tard. Lazare est déjà mort. Voici ce que nous pouvons lire au chapitre 11, versets 32 à 35 :

Marie arriva à l’endroit où était Jésus. Quand elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit: «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.» 33 En la voyant pleurer, elle et les Juifs venus avec elle, Jésus fut profondément indigné et bouleversé. 34 Il dit: «Où l’avez-vous mis?» «Seigneur, lui répondit-on, viens et tu verras.» 35 Jésus pleura. 36 Les Juifs dirent alors: «Voyez comme il l’aimait!»

Dans la suite du récit, Jésus fait ouvrir le tombeau qui était fermé depuis 4 jours, et il ressuscite Lazare. Pourquoi Jésus pleure-t-il alors qu’il sait qu’il va le faire revenir à la vie ?

Parce qu’il est touché par la souffrance de Marie et de ses proches. Verset 33 : « En la voyant pleurer, elle et les Juifs venus avec elle, Jésus fut profondément indigné et bouleversé. » Et verset 35 : « Jésus pleura. »

Si vous avez accepté Jésus dans votre vie, vous pouvez être sûrs que vous irez au ciel et que vous n’aurez plus aucune souffrance. Mais en attendant cet avenir, Dieu ne fait pas rien, il se tient présent à nos côtés et il pleure avec nous. Jésus n’a pas seulement été présent auprès de ceux qui vont mal. Il a montré sa compassion pour l’humanité en mourant sur la croix. Plus haut, on parlait du mal. La Bible nous apprend que le mal est présent en chacun de nous. Un jour ou l’autre, nous avons blessé quelqu’un par nos paroles ou nos actes. Et nous avons blessé Dieu par notre manque de respect envers lui et sa création. Jésus est mort pour être puni à notre place. Il a connu lui aussi la souffrance physique et morale parce qu’il a été trahi, humilié et mis à mort par les siens.

Que fait Dieu face à la souffrance ? Il souffre avec nous dans le présent et il nous propose la vie à venir dans son royaume.

J’ai entendu le témoignage d’une femme du nom de Annie Johnson Flint et j’aimerais vous le partager. Annie était écrivaine, elle a vécu au 19e siècle aux États-Unis. Cette femme a beaucoup souffert dans sa vie. Elle avait des problèmes des santés, elle a vécu avec le cancer, elle était aveugle, elle avait une polyarthrite rhumatoïde et elle était orpheline. Si quelqu’un peut parler de la souffrance, c’est bien elle. Voici ce qu’elle a écrit à propos de Dieu (traduction française arrangée par nos soins) :

Plus pénible est le fardeau, plus abondante est sa grâce
Plus dure est la corvée, plus abondante est sa force
Aux afflictions accrues, il accroît sa bonté.
Aux détresses multiples, il multiplie sa paix.

Et quand notre endurance s’en retrouve épuisée,
que bien avant midi toute force nous a quittés.
Et quand toutes nos ressources s’en retrouvent desséchées,
les dons de notre Père ne font que commencer.

(…)

Son amour est sans limites et sa grâce sans mesure.
Son pouvoir : les hommes n’en connaissent pas le contour.
Car de ses richesses infinies en Jésus, il donne, il donne et il donne toujours.

[Conclusion]

Pour conclure sur le mal et la souffrance, j’aimerais raconter une autre histoire, celle de Ashlyn Blocker, une jeune fille américaine. Quand sa maman a accouché, cet enfant n’a pas pleuré. Les médecins ont tout contrôlé et ils n’ont rien trouvé d’anormal à ce moment-là.

C’est à 8 mois que ses parents se sont vraiment rendu compte que quelque chose n’allait pas. Ce jour-là, ils l’ont emmené chez le médecin pour soigner une infection à l’œil. Elle avait une énorme écorchure à la cornée. Lorsque les médecins lui ont mis un produit dans l’œil, tout le monde dans la pièce à sursauté, car cela devait être douloureux, mais Ashlyn n’a pas bougé. À ce moment-là, on s’est rendu compte qu’elle ne ressentait pas la douleur.

Après plusieurs examens, on a découvert qu’elle avait une maladie rare. Elle ne ressent aucune douleur, ce qui est très dangereux. Dans un témoignage, ses parents racontent que lorsqu’elle était encore toute petite, ils lui mettaient des gants nuit et jour parce qu’elle pouvait se mordre les doigts jusqu’au sang sans s’apercevoir que ça lui faisait du mal. Ses parents ne pouvaient pas non plus savoir quand elle avait faim ou quand elle avait des irritations sur sa peau, parce qu’elle ne pleurait pas. En grandissant, cette fille a malheureusement eu beaucoup d’accidents. Aujourd’hui Ashlyn doit avoir 18 ans. Lors d’une rencontre avec un prédicateur, les parents ont témoigné que tous les soirs, ils prient pour que Dieu permette à leur fille de ressentir la douleur.

Toutes les douleurs, qu’elles soient physiques, morales ou sentimentales, servent à nous indiquer que quelque chose ne va pas. Ces douleurs nous poussent à trouver de l’aide. La plus grande douleur reste celle de l’âme et de la séparation avec Dieu.

Approchons donc de Jésus, lui qui est venu souffrir avec nous et pour nous. Lui qui nous accompagne dans le présent, et qui nous offre une vie à venir sans plus aucune souffrance.

Christian Huy

Sources :
Formation RZIM Academy 2017
Page web consultée en mai 2017 : http://www.gentside.com/insolite/l-039-incroyable-histoire-d-039-ashlyn-blocker-l-039-ado-qui-ne-ressent-pas-la-douleur_art46384.html




Dieu et la guerre

Que penser des guerres que le peuple d’Israël a engagées dans l’Ancien Testament ? Peut-on dire que le christianisme est une cause de guerre ?

Dans cette série de prédications sur la foi et la raison, je traite les questions qui sont souvent posées aux chrétiens de la part de ceux qui ont des objections contre la foi chrétienne. J’aborde ces sujets suite à l’exhortation de l’apôtre Pierre qui nous dit : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. » (1 P 3.15)

Parfois, il est difficile d’expliquer notre foi,  car c’est une question de relation et d’expérience. Mais nous sommes aussi invités à réfléchir à notre foi pour enrichir notre témoignage. Plusieurs chrétiens racontent qu’avant de faire le pas de foi, certaines questions les empêchaient de croire.

Il y a trois ans j’ai rencontré Alexis, un jeune qui a étudié la philosophie. C’était un athée convaincu, il était persuadé que Dieu n’existait pas. Mais après avoir eu des discussions avec des chrétiens, il s’est rendu compte qu’il était plus raisonnable de croire en Dieu que de ne pas y croire. Aujourd’hui il est philosophe conférencier et évangéliste. Il est engagé dans une Église en Alsace.

Il me semble qu’il vaut la peine de réfléchir aux réponses que l’on peut apporter à nos contemporains. Attention, la foi n’est pas une croyance qui vient uniquement grâce à la réflexion, mais la réflexion peut aider à franchir certains blocages. Revenons à nos questions.

Que penser des guerres que le peuple d’Israël a engagées dans l’Ancien Testament ? Cette question est souvent posée par des enfants de chrétiens qui ont reçu un enseignement biblique dans leur jeunesse. Comment un Dieu d’amour peut-il demander à son peuple d’exterminer d’autres peuples ?

La première chose à dire c’est que toutes les violences relatées dans la Bible manifestent la conséquence de la désobéissance à Dieu. Si l’être humain obéissait totalement à Dieu, il n’y aurait pas eu tous ces massacres. Le premier meurtre dans la Bible concerne Caïn et Abel. Ce sont les enfants d’Adam et Ève qui se sont détournés de Dieu. Caïn était jaloux de son frère Abel.

Et quand Caïn a imaginé tuer Abel, Dieu l’a averti. Genèse, chapitre 4, versets 6 et 7 : «Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.»

Ici, Dieu recommande à Caïn de faire le bon choix. Il ne nous force pas parce qu’il ne veut pas nous traiter comme des marionnettes. Mais il nous avertit. La suite du texte raconte le premier meurtre de l’histoire : Caïn tue son frère.

Toutes les violences relatées dans la Bible sont la conséquence de la désobéissance à Dieu. Mais alors, que penser des guerres commandées par l’Éternel ? Que penser de la conquête du territoire de Canaan ? Le pays que Dieu a promis de donner à son peuple, pays qui était déjà habité.

On peut lire des récits assez troublants sur l’extermination de villes entières sur ordre de Dieu.

Par exemple, voici ce que nous pouvons lire dans le livre de Josué sur la destruction de la ville de Jéricho, au chapitre 6 versets 20 et 21 :

 « Le peuple poussa des cris et les prêtres sonnèrent de la trompette. Lorsque le peuple entendit le son de la trompette, il poussa de grands cris et la muraille s’écroula. Le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Ils s’emparèrent de la ville et vouèrent à la destruction, en le passant au fil de l’épée, tout ce qui s’y trouvait: hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu’aux bœufs, aux brebis et aux ânes. »

Ce genre de récit est assez troublant. Comment concilier un Dieu qui nous demande de nous aimer, et un Dieu qui ordonne ce genre de combats ?

Il faut prendre en compte l’ensemble de la révélation biblique. Si on se contente de tirer des extraits par-ci par-là, on peut faire dire à la Bible tout ce qu’on veut. Dès le début du livre de la Genèse, Dieu montre à Abraham le territoire de Canaan. Il lui promet que ses descendants possèderont un jour ce pays. Avant cela, ils seront esclaves en Égypte, et c’est seulement à la fin de leur esclavage qu’ils iront prendre possession de Canaan. C’est au chapitre 15 de la Genèse, les versets 13 à 16 :

13 L’Éternel dit à Abram: «Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera pas à eux. On les réduira en esclavage et on les opprimera pendant 400 ans.
14 Cependant, la nation dont ils seront esclaves, c’est moi-même qui la jugerai, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses. 15 Quant à toi, tu iras dans la paix rejoindre tes ancêtres, tu seras enterré après une heureuse vieillesse.
16 Ce n’est qu’à la quatrième génération qu’ils reviendront ici, car la faute des Amoréens n’est pas encore à son comble.»

Ces paroles de Dieu annoncent plusieurs choses. L’esclavage en Égypte, la libération de l’esclavage, la punition des Égyptiens et la prise de possession de Canaan. Au verset 16, Dieu explique pourquoi il attend aussi longtemps pour donner Canaan aux descendants d’Abraham : « car la faute des Amoréens n’est pas encore à son comble ».

Les Amoréens font partie des habitants de Canaan. C’était un peuple idolâtre. Ils pratiquaient les sacrifices d’enfants pour leurs dieux, l’immoralité sexuelle, la prostitution sacrée et la torture. Dieu savait que les peuples de Canaan étaient méchants et que leur méchanceté allait encore s’accroître jusqu’à atteindre son comble. Il attendait que cette méchanceté atteigne son paroxysme  pour juger ce peuple. Le peuple d’Israël n’a pas mené une guerre ethnique contre Canaan. Ce n’était pas un génocide. Le peuple d’Israël a été le moyen que Dieu a utilisé pour juger un peuple qui méritait d’être jugé.

On pense souvent que le jugement est incompatible avec l’amour de Dieu. Mais en réalité, si Dieu est amour, comment imaginer qu’il puisse rester indifférent face à la méchanceté ? Les sacrifices d’enfants, les viols, la torture, la violence gratuite. Si Dieu est amour, alors il déteste le mal et il le punit. Si Dieu est amour, alors il met en œuvre sa justice pour mettre hors d’état de nuire ceux qui répandent la méchanceté à l’extrême. C’est ce qu’il a fait en jugeant les Cananéens, par le moyen du peuple d’Israël.

Ce n’était pas une guerre ethnique motivée par le racisme. Dans l’Ancien Testament, Dieu a sans cesse répété à son peuple qu’il fallait accueillir l’étranger. En Genèse 12 verset 3, Dieu dit à Abraham que toutes les familles de la terre seront bénies par lui. Dans le livre du Lévitique, l’Éternel ordonne qu’Israël témoigne de la solidarité aux étrangers qui vivent parmi eux. Voici ce que nous lisons au chapitre 19 verset 34 : « Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un israélite, comme l’un de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers en Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu. »

Dieu n’incite pas au racisme, au contraire, il incite à la solidarité et à l’amour envers les étrangers.

Dans la généalogie de Jésus, il y a des non-juifs. Par exemple, lorsque les juifs se sont emparés de la ville de Jéricho, ils ont épargné une femme du nom de Rahab, une prostituée étrangère, parce qu’elle avait manifesté sa foi en Dieu. Elle deviendra l’une des ancêtres de Jésus. En résumé, lorsque Dieu demande à son peuple de s’emparer d’une ville comme Jéricho, il accomplit son jugement.

Maintenant il y a trois points très importants à préciser.

(1) Tout d’abord, il est vrai que Dieu a livré les Cananéens aux mains des israélites et que deux villes en particulier ont été complètement détruites : Jéricho et Aï. Mais ces deux villes étaient des campements militaires. Dieu n’a pas ordonné d’attaquer une ville remplie de civils. Vous me direz que le texte biblique précise que tous les êtres vivants sont passés au fil de l’épée : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les animaux. Mais en fait, on sait que lorsque cette formulation est utilisée, c’est une figure de style qui s’appelle l’hyperbole. C’est une manière de raconter les choses en exagérant, non pas pour mentir, mais pour accentuer la victoire.

Par exemple, en langue française, nous avons aussi des hyperboles semblables. Quand les enfants jouent au foot et que leur équipe gagne, il n’est pas rare de les entendre dire : « on les a tous massacrés », « on les a écrabouillés ». Ces enfants ne sont pas cruels ou menteurs. Ils ont simplement raconté leur victoire avec des hyperboles, des expressions.

C’est la même chose lorsque nous lisons que le peuple d’Israël a passé tous les êtres vivants au fil de l’épée, c’est une expression orientale pour parler de victoire militaire. On sait très bien qu’il y a eu des survivants, car le texte biblique en parle.

(2) Le deuxième point à prendre en compte, c’est que le peuple d’Israël a lui-même été jugé par Dieu et Dieu a utilisé les peuples voisins pour accomplir ce jugement. Le nord d’Israël a été attaqué par les Assyriens en 722 av. J.-C. et la population du sud a été attaquée par les Babyloniens en 586 av. J.-C.. Tout le peuple d’Israël s’est retrouvé déporté et exilé chez les peuples qui ont dominé sur eux. Dieu a jugé son peuple à ce moment-là, car il était devenu idolâtre, méchant et hypocrite.

(3) Enfin, le troisième point à préciser c’est que ces jugements ont eu lieu pendant une période précise de l’histoire du peuple d’Israël. Après Jésus-Christ, Dieu n’interviendra plus pour juger les nations, car le jugement aura lieu à la fin des temps. Donc l’enseignement biblique ne doit jamais être un argument pour faire la guerre. Rien dans la Bible ne justifie que l’on fasse la guerre à un autre peuple au nom de Dieu, même si c’est pour soi-disant rendre justice. Dieu lui-même fera justice en temps voulu, nous n’avons pas à intervenir à sa place.

Alors pourquoi le christianisme a été une cause de guerre dans le passé ? On parle par exemple des croisades entre le 11e et le 13e siècle.

Si ce genre de guerre a eu lieu, c’est parce que l’Église officielle s’était éloignée des Écritures. On peut repérer deux erreurs en particulier.

Premièrement, on a confondu l’état et l’Église.

Voici ce que Jésus a dit dans Luc 20.25 : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Autrement dit : séparez l’état et l’Église. Le royaume de Dieu n’est pas de ce monde, donc on ne doit pas chercher à gouverner ce monde comme si tout le monde était chrétien ou comme si on voulait imposer une loi divine sur terre.

Le but des croisades était politique, on a mélangé l’état et l’Église et on a instrumentalisé la foi chrétienne pour partir en guerre.

Deuxièmement, dans l’histoire il y a souvent eu des confusions sur l’idée d’un lieu saint.

Les chrétiens ne devraient pas avoir de lieu saint à défendre par les armes. Voici ce que Jésus a dit en Jean 14.21-24, il répond à une femme qui lui demande où adorer Dieu.

« L’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. »

Et nous lisons par ailleurs dans la Bible que le temple de Dieu, c’est nous, c’est son peuple. Dieu n’est pas rattaché à un lieu particulier. Rien ne justifie que l’on use de violence pour rétablir ou établir un lieu saint, comme l’ont fait ceux qui sont partis en croisade. L’Église officielle de l’époque a fait ces erreurs et nous devons condamner ce qui s’est passé. Le fondateur du Christianisme est Jésus, et si nous regardons toute sa vie, il a été pacifique !

Peu avant sa mort, Jésus est entré dans la ville de Jérusalem sur un ânon, signe d’humilité et surtout de pacifisme. Un peu plus tard, quand les gardes romains sont venus l’arrêter, l’apôtre Pierre a sorti son épée. Voici ce que Jésus lui a dit à ce moment précis (Mt 26.52) : « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l’épée mourront par l’épée. »

Jésus n’a jamais légitimé la violence, même au nom de la justice. Toute sa vie il a été irréprochable.

Voici ce que Jésus a dit à propos des guerres de religion (Jn 16.2-3) : « L’heure vient où tous ceux qui vous feront mourir croiront offrir un culte à Dieu. Ils agiront ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. »

Ceux qui font des guerres au nom de Dieu ne connaissent pas Dieu. Par ailleurs, quand on dit que la religion est la cause principale des guerres dans le monde, c’est faux.

Le 20e siècle a été le siècle le plus sanglant de notre ère. Au 20e siècle, il y a eu plus de personnes tuées que dans les 19 siècles précédents. Les croisades ont fait 3 millions de morts, ce qui est énorme et condamnable. Mais les dictateurs du 20e siècle en ont fait bien plus. La plupart d’entre eux voulaient notamment éradiquer la religion au nom de l’athéisme, et ils ont tué des millions de gens. Hitler a fait 17 millions de victimes, Staline 23 millions et Mao 78 millions. Ce n’étaient pas des guerres de religion, mais des guerres athées. Tous ces massacres n’étaient pas causés par la religion, mais par un éloignement de Dieu. Quand on enlève Dieu, on met forcément autre chose à la place, par exemple sa nation, son ethnie ou l’état.

Pour conclure, j’aimerais vous lire ces paroles que Jésus a prononcées dans son sermon sur la montagne (Mt 5), c’est un extrait de ce que l’on appelle les béatitudes :

3 «Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des cieux leur appartient!
4 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés!
5 Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre!
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
7 Heureux ceux qui font preuve de bonté, car on aura de la bonté pour eux! 8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! 9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

Christian Huy

Sources :
Formation RZIM Academy
Le blog de Thimothée Davi : https://timotheedavi.wordpress.com/2015/09/02/la-religion-nest-pas-la-cause-majeure-de-guerres-dans-lhistoire-croyance-populaire-demasquee/




Résurrection de Jésus, légende ou fait historique ?

La fête de Pâques n’est pas seulement la fête des œufs aux chocolats, c’est avant tout la fête de la libération. Le peuple hébreu était esclave en Égypte et Dieu l’a libéré de l’esclavage. C’est l’origine de cette fête. Jésus est mort et il est ressuscité le jour de Pâques, ce n’est pas un hasard si la résurrection a eu lieu à ce moment-là. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous libère d’un esclavage. L’esclavage de l’égoïsme.

Nous pensons tous à nous-mêmes et nous sommes tous tentés d’agir comme bon nous semble sans tenir compte de la volonté de Dieu. Jésus nous libère de cela. Il y a quelques mois j’ai entendu un enfant de chrétien raconter ce que pensent ses copains du lycée à propos du sens de la vie.

Voici leur discours : « il faut profiter de la vie le plus possible, car un jour on va mourir. Il faut se permettre tous les plaisirs que l’on veut sans tenir compte de la morale, car c’est ça la liberté. Comme de toute façon on va mourir, autant agir comme bon nous semble le temps que nous sommes en vie. »

Il me semble que c’est la vision que partagent beaucoup de jeunes de cet âge- là. En juillet de l’an 2000, une chanson a eu un très grand succès en France, c’est l’une des chansons de la comédie musicale « Roméo et Juliette ».

Voici le refrain :

Nous on fait l’amour on vit la vie
Jour après jour nuit après nuit
À quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire nos vies à genoux
On sait que le temps c’est comme le vent
De vivre y’a que ça d’important
On se fout pas mal de la morale
On sait bien qu’on fait pas de mal

Ces paroles reflètent bien ce que beaucoup de gens pensent : nous allons tous mourir, alors autant se permettre tout ce que l’on veut sans tenir compte d’aucune morale. En réalité, cette vision de la vie n’est pas synonyme de liberté, mais plutôt de fatalité.

Pour eux, la mort est une fatalité. Face à elle, ils sont démunis, alors ils se replient sur la vie présente. Mais en fin de compte, ils sont victimes de la vie. Ils sont enfermés dans la vie présente parce qu’ils pensent que c’est la seule chose qui existe.

La résurrection de Jésus est le signe qu’une vie éternelle est possible. La mort n’est pas la fin, il y a quelque chose après. Cette résurrection nous offre la certitude de l’espérance.

L’apôtre Pierre nous invite à  rendre compte de cette espérance devant tous ceux qui nous en demandent raison. Nous avons donc un devoir de réfléchir à notre manière d’expliquer ce que nous croyons. Ici, nous allons voir pourquoi nous avons de bonnes raisons objectives de croire en la résurrection de Jésus.

Personnellement j’y crois parce que j’ai foi en Jésus, parce que j’ai une relation avec lui, parce qu’il s’est révélé à moi par son Esprit. La foi est une question de relation et d’expérience, mais il y a aussi une part de raison et c’est sur cet aspect-là que j’aimerais m’arrêter en particulier maintenant. Selon les historiens, Jésus a bien existé, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais pour beaucoup de gens, la résurrection est une sorte de légende. Pour moi, c’est un fait historique. Pourquoi peut-on croire que les récits de la résurrection sont des témoignages à prendre au sérieux ?

Nous n’avons pas de preuve de la résurrection, mais nous avons de bonnes raisons d’y croire. Je vois au moins 4 raisons.

  1. Le premier récit de la résurrection est très ancien.

Il s’agit de la première lettre de Paul aux Corinthiens. Voici ce que Paul écrit sur Jésus (15.3-8) :

3 Je vous ai transmis avant tout le message que j’avais moi aussi reçu: Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures;
4
 il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures.
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 Ensuite il est apparu à Céphas, puis aux douze.
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 Après cela, il est apparu à plus de 500 frères et soeurs à la fois, dont la plupart sont encore vivants et dont quelques-uns sont morts.
7
 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
8
 Après eux tous, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né hors terme.

Selon les chercheurs, ce texte date de l’an 55. Jésus est mort et ressuscité dans les années 30. Donc tous les faits racontés dans cette lettre pouvaient être vérifiés, ils ont juste eu lieu une quinzaine ou même une douzaine d’années après les évènements. Si j’écris un livre sur Jean-Paul II qui est décédé il y a 12 ans, en 2005, et si je raconte des choses complètement fausses sur lui, les gens pourront me corriger. Beaucoup de ceux qui l’ont connu sont encore vivants aujourd’hui. C’est pareil pour la lettre de Paul. Dans ce passage, il parle des témoins de la résurrection. La plupart d’entre eux étaient encore vivants. Il était très facile d’aller interroger ces témoins pour vérifier si Paul disait la vérité.

Les témoignages de la résurrection ont donc été écrits très tôt après les faits, c’est une des raisons pour lesquelles nous pouvons prendre ces témoignages au sérieux. Les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean relatent aussi la résurrection et ils ont été écrits du vivant des apôtres, entre l’en 60 et l’an 90, c’est donc aussi très tôt par rapport aux évènements.

  1. Deuxième bonne raison de croire: les récits sont très sobres

Si je raconte une histoire inventée et difficile à croire, et si je souhaite que les gens y croient, je m’étalerais sur les détails, sur les preuves et sur les arguments. Quand on veut faire avaler une grosse pilule, on fait avaler aussi beaucoup d’eau pour que ça passe. Mais tous les récits de la résurrection sont sobres, sans ornement.

En revanche, après la mort des apôtres, à partir de l’an 200, plusieurs auteurs ont écrit sur Jésus et ce qu’ils ont écrit contient beaucoup de fantaisies. À leur manière de raconter, on voit bien que ce n’est pas réel. Par exemple, nous avons retrouvé un livre qui s’appelle l’Évangile selon Pierre, il date du 3e siècle. Évidemment, ce n’est pas l’apôtre Pierre qui l’a écrit, car il est mort au premier siècle.

Selon une croyance populaire, les dirigeants de l’Église catholique auraient en possession 80 évangiles, mais ils n’en ont choisi que 4 et ils auraient écarté les autres. En réalité, seuls 4 évangiles ont été écrits par les disciples de Jésus et ce sont les 4 seuls qui datent de l’époque de Jésus. Il existe effectivement d’autres évangiles comme l’Évangile selon Thomas, selon Juda ou selon Pierre. Mais leurs auteurs ont utilisé des pseudos, c’était très courant à partir du 2e siècle. Voici par exemple un extrait de l’Évangile selon Pierre, Pierre étant un pseudo. Il parle de la résurrection (traduction française rendue plus compréhensible par nos soins) :

« Cette pierre qui avait été placée sur la porte, ayant roulé d’elle-même, s’écarta de côté ; et le tombeau s’ouvrit. Et deux jeunes gens entrèrent. Alors qu’ils eurent vu cela, ces soldats réveillèrent le centurion et les anciens ; car eux aussi étaient là, faisant la garde. Alors qu’ils racontaient ce qu’ils ont vu, de nouveau ils voient sortir du tombeau trois hommes. Deux d’entre eux tenaient l’un, et une croix les suivait. La tête des deux atteignait le ciel, mais la tête de celui qui était tenu par eux dépassait les cieux. Et ils entendirent une voix disant du haut des cieux : “As-tu prêché à ceux qui se sont endormis ?” Et l’on entendit une réponse venir de la croix : « Oui ». »

Ce texte date du 3e siècle, il n’a rien à voir avec les récits sobres des Évangiles que nous avons dans la Bible !

Nous pouvons faire confiance aux évangiles, car ils sont sobres, les auteurs se sont contenté de raconter ce qu’ils ont vu et entendu, ils n’ont rien embelli, rien inventé.

  1. Selon les Évangiles, les femmes sont les premiers témoins de la résurrection (Luc 24)

Si j’avais voulu inventer une histoire au premier siècle, je n’aurais probablement pas précisé que les femmes étaient les premiers témoins. En effet, à cette époque-là, on ne demandait pas l’avis des femmes. Par exemple, lors un procès dans l’Empire romain, la parole des femmes n’était pas prise en compte.

Les Évangiles racontent que les femmes sont les premiers témoins de la résurrection, il est peu probable que ce soit une invention. C’est une raison de plus qui nous invite à croire aux récits de la résurrection.

  1. Les récits sont cohérents

Nous avons à la fois le tombeau vide et à la fois les apparitions de Jésus devant témoins. Les deux sont nécessaires pour rendre compte de la résurrection. Si l’on nous relate seulement le tombeau vide, on pourrait penser que le corps a été volé ou caché. Si l’on nous relate seulement les apparitions de Jésus ressuscité, on pourrait montrer le corps de Jésus et décrédibiliser les témoins. Mais les Évangiles relatent à la fois le tombeau vide et les apparitions de Jésus ressuscité. La cohérence des écrits nous invite à prendre au sérieux le récit biblique.

Les objections contre la réalité de la résurrection

Voyons maintenant les objections que nous pouvons entendre de la part de ceux qui ne croient pas en la résurrection.

Pour certains, les témoins de la résurrection ont eu des hallucinations.

Je ne suis pas un connaisseur, mais il semblerait que généralement, les hallucinations se produisent dans des lieux nostalgiques et chez des personnes nerveuses.

Pour sa part, Jésus est apparu à plusieurs endroits et de différentes manières. En intérieur et en extérieur. Il a marché avec les témoins, il a mangé avec eux, il les a touchés et on a pu le toucher. En plus, Paul nous parle de plus de 500 témoins. Personnellement, je ne pense pas qu’il puisse y avoir une hallucination collective dans un groupe de 500 personnes. De plus, selon la Bible, Jésus est apparu à des groupes, mais aussi à des personnes individuellement.

On sait aussi que Jésus est apparu seulement pendant 40 jours qui ont suivi sa résurrection. Si c’était des hallucinations, pourquoi est-ce qu’elles ont eu lieu seulement 40 jours ?

Enfin, si c’était des hallucinations, on aurait pu ramener ces personnes à la raison en montrant le corps de Jésus. Mais le tombeau était vide. Il me semble qu’on peut écarter l’hypothèse des hallucinations.

Pour certaines personnes, la résurrection serait le fruit d’une conspiration, pour créer une nouvelle religion.

Mais comment expliquer le changement radical des disciples ? Ils sont passés de la peur au courage, de la tristesse à la joie. On ne change pas radicalement à cause d’une conspiration que l’on a soi-même montée. Pourquoi parler de Jésus comme victorieux s’ils savent qu’il est mort ?

De plus, il était très grave pour un juif de déformer sa religion. Aucun juif n’aurait eu l’idée de créer une nouvelle religion. Il existait des partis religieux, des divergences au sein du judaïsme, mais créer une nouvelle religion était un blasphème. Les juifs croyaient en la résurrection à la fin des temps. Parler de résurrection d’un seul homme sans être dans la fin des temps, c’était impensable.

Autre hypothèse : selon certains, Jésus s’est évanoui à la croix, il n’était pas vraiment mort.

Mais cette explication ne change rien, car il serait mort plusieurs décennies plus tard et on aurait pu montrer son corps. Cela n’explique pas le tombeau vide. De plus, les Romains savaient comment exécuter quelqu’un. Ils avaient des procédures pour vérifier si les condamnés étaient vraiment morts.

Autre hypothèse : quelqu’un d’autre est mort à la place de Jésus, quelqu’un qui lui ressemblait, c’est pour cela qu’on aurait vu Jésus vivant.

Mais comment expliquer le tombeau vide ? Si quelqu’un d’autre était mort à la place de Jésus, on aurait eu son corps, le tombeau n’aurait pas été vide.

Autre hypothèse : on a volé le corps de Jésus.

Mais selon les écrits à notre disposition, on sait qu’il y avait des gardes devant le tombeau. Ces gardes ont été placés exprès pour éviter que l’on puisse voler le corps. Et le vol du corps n’explique pas les apparitions de Jésus.

Enfin, dernière hypothèse généralement avancée par les objecteurs : le tombeau vide et la résurrection sont des mensonges.

Mais ce mensonge n’explique pas la transformation des disciples qui a conduit à la naissance de l’Église ! Comme on l’a dit, ils étaient lâches et ils sont devenus courageux. Ils étaient tristes et ils sont devenus joyeux. En plus, ils sont morts séparés les uns les autres, il n’y avait pas d’effet de groupe au moment de leur exécution. Ils sont morts en martyrs pour avoir défendu la résurrection de Jésus. S’ils étaient prêts à souffrir pour cela, c’est qu’ils ne pouvaient pas le renier, parce que c’est la vérité.

Pour résumer

Nous avons de bonnes raisons de croire que les écrits bibliques sont fiables, toutes les objections contre la résurrection trouvent une réponse. Comme je l’ai précisé, ce ne sont pas des preuves, mais des raisons qui nous invitent à croire que la résurrection est un fait historique et non pas une légende.

La résurrection est difficile à croire parce que les gens nous disent que les morts ne ressuscitent pas. Je suis d’accord avec eux, les morts ne ressuscitent pas. La résurrection de Jésus est unique ! C’est la définition même d’un miracle. Si la résurrection a vraiment eu lieu, alors c’est signe que la vie est possible après la mort. C’est signe que Jésus n’est pas un simple hommes, mais qu’il est Dieu. C’est signe que nous devons prendre au sérieux la seule personne qui soit revenue d’entre les morts définitivement. Personne ne peut dire ce qu’il y a après la mort, sauf celui qui est mort et qui en est revenu. Ce n’était pas une expérience de mort imminente. Jésus est mort et il est ressuscité trois jours après.

Il est ressuscité et il nous libère de la mort en nous ouvrant le chemin de la vie. Nous pouvons vivre pleinement notre vie sur terre, avec Dieu, sans penser à la fatalité, parce que nous avons une espérance.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




Science et foi (Genèse 1.1)

La science a-t-elle discrédité la foi en Dieu ?

Parfois lorsque je parle de Dieu autour de moi, on me dit : « moi je suis scientifique, donc je ne crois pas en Dieu ». Dans l’esprit de certaines personnes, la science et la foi s’opposent. Mais beaucoup de scientifiques croient en Dieu. Parmi les chercheurs modernes qui ont obtenu des prix Nobel de physique, de chimie ou de biologie, il y a des chrétiens convaincus.

Un jour, un étudiant en troisième année de médecine me disait qu’il aimait regarder les émissions scientifiques parce qu’elles rendent gloire à Dieu. Les découvertes en biologie montrent à quel point les êtres vivants sont bien faits. De plus en plus de scientifiques sont tellement fascinés par ce qu’ils découvrent, qu’ils se disent que cela ne peut pas être le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, dans le milieu scientifique, on parle de l’ « intelligent design ». En français, c’est le concept du dessein intelligent. C’est une théorie qui affirme que l’être vivant est tellement complexe, tellement bien fait, qu’il est plus probable que cela vienne d’une cause intelligente que du hasard.

On prend souvent l’exemple suivant pour expliquer cette idée : si vous démontez une horloge, vous verrez des mécanismes complexes et bien réfléchis. Personne ne dira qu’une horloge est le fruit du hasard. Personne ne dira qu’une horloge s’est assemblée toute seule.

Les partisans du dessein intelligent diront que c’est exactement pareil pour l’univers et pour la vie humaine. Le corps humain est si bien constitué qu’il doit y avoir une intelligence derrière tout ça.

L’apôtre Pierre nous encourage à témoigner de notre foi en faisant appel à la raison : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 Pierre 3.15)

Nous sommes appelés à réfléchir sur notre foi pour pouvoir l’expliquer au moyen d’exposés intelligibles. Bien sûr, la foi est avant tout une question de relation et d’expériences avec Dieu, il ne faut pas écarter ces aspects-là. Mais ce même Dieu a créé l’intelligence et il nous donne la capacité de témoigner de notre foi avec raison, c’est ce que souligne l’apôtre Pierre.

Ici, nous abordons la question du rapport entre la science et la foi, en particulier sur le sujet de nos origines. Parfois, quand j’évoque ma foi autour de moi, on me parle comme si je n’étais pas raisonnable et on me questionne. Ce sont toujours de bonnes occasions pour expliquer ce que l’on croit. Mais en fait, nous pouvons nous aussi poser des questions à nos interlocuteurs. Pourquoi pensent-ils qu’il n’y a pas de Dieu ? Si Dieu n’a pas créé l’univers et la vie, d’où venons-nous ?

Prenons le premier verset de la Bible.

  1. Au commencement

Genèse chapitre 1, verset 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Ce premier verset nous apprend qu’il y a eu un commencement ! Savez-vous que la communauté scientifique a cru pendant des siècles que l’univers a toujours existé ? La Bible, quant à elle, parle d’un commencement. Le ciel et la terre n’ont pas toujours existé ! Ce n’est que très récemment que les scientifiques ont reconnu un début à l’univers. Aujourd’hui, ils sont majoritairement d’accord pour affirmer que l’univers n’a pas toujours existé. Ils parlent d’un « Big Bang ». Une sorte d’explosion à partir de laquelle l’univers est né, avec les astres, les étoiles et les planètes. Quand ce concept de Big Bang a commencé à être diffusé, beaucoup de scientifiques s’y sont opposés sous prétexte que c’était une doctrine chrétienne. Mais aujourd’hui, c’est une théorie reconnue dans la communauté scientifique, et elle confirme effectivement l’enseignement biblique. L’univers n’a pas toujours existé, il a bien eu un commencement, tout comme le premier verset de la Genèse le déclare.

La Bible en parle aussi dans l’Évangile selon Jean, au premier chapitre.

1 Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.
2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (1.1-3)

D’après ces versets, tout ce qui existe a été créé par Dieu et par sa Parole, rien de ce qui existe n’a été fait sans lui. Si la communauté scientifique est d’accord pour reconnaître qu’il y a bien eu un début pour l’univers, ils reconnaissent aussi qu’avant ce commencement, il n’y avait absolument rien, et ils doivent aussi se poser la question : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

  1. S’il n’y avait rien, comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

Si pendant un temps il n’y avait rien du tout, même pas un atome, même pas un électron, même pas une force, alors comment se fait-il que l’univers existe ? Pourquoi la matière existe-t-elle ?

L’un des pères de la cosmologie moderne s’appelle Allan Sandage, il est décédé en 2010. C’est un astronome célèbre, il a eu de nombreuses récompenses pour ses recherches. Si vous cherchez son nom dans une encyclopédie, vous trouverez sa biographie et toutes ses découvertes. Voici ce qu’il a écrit à propos de l’origine de l’univers :

« Il me semble bien improbable qu’un tel ordre soit sorti du chaos. Il doit y avoir un principe d’organisation. Pour moi, Dieu est un mystère, mais un mystère qui explique le miracle de l’existence, la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. »

Allan Sandage fait partie des scientifiques qui croient que l’univers a été créé par Dieu. D’autres scientifiques athées affirment, quant à eux, que l’univers s’est créé lui-même. L’un des plus grands scientifiques contemporains s’appelle Stephen Hawkin. Il est connu car il a écrit des livres pour le grand public. Selon lui, la science prouverait l’inexistence de Dieu. Ses écrits ont provoqué beaucoup de débats. Lorsque l’un de ses livres est sorti dans les années 2010, beaucoup ont cru que grâce à lui, la croyance en Dieu allait définitivement disparaître. Il contredit notamment les chrétiens qui croient que l’univers est la création de Dieu.

Dans son livre, il écrit que l’« Univers peut se créer à partir de rien ».

Dans cette phrase, je vois deux contradictions.

Premièrement, comment quelque chose peut-il venir à l’existence à partir de rien ?

Deuxièmement, il parle d’autocréation. Il dit que l’univers s’est créé lui-même. Autrement dit, c’est l’univers qui a créé l’univers. Normalement, on dit que X crée Y. Mais lui dit que X crée X. Il présuppose l’existence de l’univers pour rendre compte de l’existence de l’univers. À mon sens, son raisonnement n’est pas cohérent.

Finalement, quand on croit que Dieu n’existe pas, comment justifie-t-on la naissance de l’univers ? Si la matière n’a pas toujours existé, alors elle doit bien venir d’une origine invisible, immatérielle. C’est ce qui est affirmé dans la Bible. Voici ce que nous pouvons lire dans la lettre aux Hébreux :

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » (11.3)

Le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. Le monde visible c’est ce qui existe, c’est ce qui est observable, c’est l’univers, c’est la matière. Ce verset nous dit que ce qui est observable a été fait à partir de ce qui est invisible. L’auteur nous dit que l’origine de toutes choses, c’est Dieu, lui qui est invisible, lui qui n’est pas un élément de l’univers, mais le créateur de l’univers. L’univers ne s’est pas créé tout seul à partir de rien, il a été créé par Dieu (plus précisément, par sa Parole).

Vous a-t-on déjà posé la question : si Dieu a créé le monde, qui a créé Dieu ? Peut-être que vous vous êtes aussi posé cette question.

  1. Qui a créé Dieu ?

La réponse est simple : Dieu est le créateur, il n’est pas une création, donc la question ne se pose pas pour lui. Tout ce qui existe est venu à l’existence par lui, il est le créateur ultime. La Bible nous l’affirme à plusieurs reprises, par exemple en Apocalypse chapitre 4 verset 11 : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Cette réponse ne satisfait peut-être pas tout le monde, mais en fait, il doit bien y avoir un moment où la question de l’origine s’arrête. Si on pose cette même question à un athée, il dira que l’origine de l’univers c’est l’univers. Il y a de toute façon une réalité ultime. Pour les uns c’est l’univers, pour les autres, c’est Dieu.

Pour terminer, j’aimerais aborder une dernière question : doit-on choisir entre la science et la foi ? Il y a des gens qui disent ne pas croire en Dieu parce qu’ils sont scientifiques, comme si les deux s’opposaient. Mais c’est un faux dilemme.

  1. La science ou la foi ?

Savez-vous que les hommes ont commencé à étudier les sciences parce qu’ils croyaient en Dieu ?

Voici ce que C.S. Lewis a écrit : « Pourquoi des hommes sont-ils devenus des scientifiques ? Parce qu’ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature, et ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature car ils croyaient en un Législateur.»

Au tout début de la science, Dieu a été le moteur de la recherche scientifique. Les premiers chercheurs ont étudié les lois de la nature parce qu’ils ont lu dans la Bible que Dieu maintenait la terre dans la stabilité. Par exemple, dans le psaume 93, le psalmiste écrit ceci : « L’Eternel règne, il est revêtu de majesté. L’Éternel a la force en guise de vêtement, en guise de ceinture. Aussi, le monde est ferme, il n’est pas ébranlé. »

Ce que le psalmiste veut dire, c’est que les lois de la nature sont stables. Si je lâche un objet, il va tomber, c’est la loi de la gravité. Et si demain le relâche ce même objet, il va encore tomber, parce que le monde est stable. Je le sais parce que c’est écrit dans la Bible : « le monde est ferme, il n’est pas ébranlé », nous dit le psalmiste.

La grande majorité des pionniers de la science croyaient en Dieu, par exemple : Galilée, Kepler et Newton croyaient en un Dieu créateur. Alors pourquoi nous présente-t-on parfois la science comme un concurrent de Dieu ?

C’est parce que beaucoup de gens pensent que nous avons un Dieu bouche-trou. Selon eux, comme on ne comprend pas tout le fonctionnement de l’univers, on dit que c’est Dieu. Il est la réponse à tout. Le problème avec un Dieu bouche-trou, c’est que plus la science fait des découvertes, moins on a besoin de ce Dieu pour boucher les trous.

Mais le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu bouche-trou. On ne croit pas en Dieu pour combler une ignorance. On croit en Dieu parce qu’il est le créateur. Il me semble plus raisonnable de croire que l’univers a été créé par un être intelligent plutôt que de croire que l’univers s’est créé tout seul à partir de rien.

Pour ma part, je ne vois pas la science comme un concurrent de Dieu, au contraire. La science étudie la création de Dieu !

Lorsque nous examinons l’univers, les astres, les océans, les mers, tout nous révèle la majesté du créateur !

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy