Le jugement divin : réalité ou plaisanterie ? (Genèse 19.1-29)

Dans cette prédication, nous allons parler d’un sujet pas très agréable à aborder. Il s’agit du jugement de Dieu. Dans le passage que nous proposons de lire, Dieu détruit des villes avec leurs habitants à cause de leur méchanceté. Peut-être que vous êtes comme moi, vous n’êtes pas très à l’aise quand le thème du jugement est évoqué. Vous allez me dire : mais si tu n’es pas à l’aise avec ce sujet, pourquoi tu en parles ?

D’une part, j’en parle parce que nous suivons l’histoire d’Abraham dans cette série de prédications, et ce récit fait partie de son histoire. Nous arrivons au chapitre 19 de la Genèse, il s’agit de la destruction de Sodome, la ville où habite le neveu d’Abraham qui s’appelle Lot.

D’autre part, j’en parle surtout parce que les prédications ne sont pas pour moi l’occasion de présenter ma vision du monde. Ce n’est pas pour flatter l’auditoire ou le lecteur. Mais c’est pour exposer la Parole de Dieu, et Dieu parle de son jugement dans les Écritures.

On ne peut pas se permettre de lire uniquement nos passages préférés. Dieu a révélé toute la Bible, même les passages les moins agréables à lire. Je dirais même que les passages qui nous mettent mal à l’aise sont peut-être ceux qui ont le plus à nous apprendre. Si la Bible enseigne ce que nous pensons déjà, pourquoi Dieu nous a-t-il donné cette révélation ? Et pourquoi la lire ? S’il nous l’a donnée, c’est justement pour nous apprendre ce que nous ne pouvions pas découvrir tout seul et pour corriger les fausses idées que nous nous faisons sur Dieu, sur la spiritualité et sur la religion.

Nous pouvons avoir deux attitudes face à la Bible :

Soit nous la voyons simplement comme un ouvrage spirituel avec des choses intéressantes. Dans ce cas, on peut se permettre de juger ce qui est bon à prendre ou pas. Soit nous reconnaissons que c’est véritablement la Parole de Dieu. Dans ce cas, nous devrions nous remettre en question quand elle nous interpelle et même quand elle nous dérange… Comment savoir si la Bible est réellement la Parole de Dieu ? Chacun est invité à la lire et à discerner cette Parole avec l’aide de Dieu.

Je vous invite donc maintenant à lire notre récit : Genèse, chapitre 19, versets 1 à 29.

(Dans le contexte, des anges ont rendu visite à Abraham pour lui annoncer des bénédictions à venir. Et quand ces anges ont quitté Abraham, ils se sont dirigés vers Sodome et Gomorrhe.)

1 Les deux anges arrivèrent à Sodome vers le soir. Lot était assis à la porte de la ville. Quand Lot les vit, il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna le visage contre terre. 2 Puis il dit: «Mes seigneurs, entrez donc chez votre serviteur pour y passer la nuit. Vous vous laverez les pieds, vous vous lèverez de bon matin puis vous poursuivrez votre route.» «Non, répondirent-ils, nous passerons la nuit sur la place.» 3 Mais Lot insista tellement auprès d’eux qu’ils le suivirent et vinrent chez lui. Il leur prépara un festin, fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent.

4 Ils n’étaient pas encore couchés que les habitants de la ville, les habitants de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux plus âgés. Toute la population était accourue. 5 Ils appelèrent Lot et lui dirent: «Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous pour que nous couchions avec eux.» 6 Lot sortit vers eux à l’entrée de la maison et ferma la porte derrière lui. 7 Il dit: «Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal! 8 J’ai ici deux filles qui sont vierges. Je vous les amènerai dehors et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus s’abriter sous mon toit.» 9 Ils dirent: «Pousse-toi!» Ils ajoutèrent: «Celui-ci est venu séjourner chez nous en étranger et il veut faire le juge! Eh bien, nous te ferons pire qu’à eux.» Ils poussèrent violemment Lot et s’avancèrent pour briser la porte.

10 Cependant, les hommes tendirent la main, firent rentrer Lot vers eux dans la maison et fermèrent la porte. 11 Puis ils frappèrent d’aveuglement ceux qui étaient à l’entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, de sorte qu’ils se fatiguèrent de chercher la porte. 12 Les hommes dirent à Lot: «Qui as-tu encore ici? Gendres, fils, filles et tout ce qui t’appartient dans la ville, fais-les sortir de là. 13 Nous allons détruire cet endroit parce que le cri contre ses habitants est grand devant l’Eternel. L’Eternel nous a envoyés pour le détruire.» 14 Lot sortit et parla à ses gendres, ceux qui avaient épousé ses filles: «Levez-vous, dit-il, sortez de là, car l’Eternel va détruire la ville.» Mais ses gendres crurent qu’il plaisantait.

15 Dès l’aube, les anges insistèrent auprès de Lot en disant: «Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, sinon tu disparaîtras dans la punition qui s’abattra sur la ville.» 16 Comme il s’attardait, les hommes les prirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l’Eternel voulait l’épargner. Ils le firent sortir et le conduisirent à l’extérieur de la ville. 17 Après les avoir fait sortir, l’un d’eux dit: «Echappe-toi pour sauver ta vie. Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête nulle part dans la plaine. Réfugie-toi dans la montagne, sinon tu disparaîtras.» 18 Lot leur dit: «Oh, non, Seigneur! 19 Moi, ton serviteur, j’ai trouvé grâce à tes yeux et tu as montré la grandeur de ta bonté envers moi en me laissant la vie sauve. Cependant, je ne peux pas me réfugier sur la montagne avant que le désastre m’atteigne, si bien que je mourrai. 20 Regarde cette ville: elle est assez proche pour que je m’y réfugie et elle est petite. Si seulement je pouvais m’y sauver! N’est-elle pas petite? Ainsi je resterai en vie!» 21 Il lui dit: « Je t’accorde encore cette faveur et je ne détruirai pas la ville dont tu parles. 22 Dépêche-toi de t’y réfugier, car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois arrivé.» C’est pour cela que l’on a donné à cette ville le nom de Tsoar.

23 Le soleil se levait sur la terre lorsque Lot entra dans Tsoar. 24 Alors l’Eternel fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et sur Gomorrhe. Cela venait du ciel, de la part de l’Eternel.
25 Il détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants des villes et les plantes du sol. 26 La femme de Lot regarda en arrière et se transforma en statue de sel. 27 Abraham se leva de bon matin pour aller à l’endroit où il s’était tenu devant l’Eternel. 28 Il porta ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et sur tout le territoire de la plaine, et il vit monter de la terre une fumée pareille à celle d’un fourneau. 29 Lorsque Dieu détruisit les villes de la plaine, il se souvint d’Abraham, c’est pourquoi il fit échapper Lot au désastre par lequel il bouleversa les villes où celui-ci s’était installé.

Ce récit est choquant parce que tout semble démesuré. Commençons par nous intéresser à l’attitude des habitants de Sodome et celle de Lot. Quand les Sodomites apprennent qu’il y a des visiteurs chez Lot, ils veulent à tout prix coucher avec eux. Autrement dit, ils veulent les violer. Tous les habitants de la ville accouraient pour y participer, des enfants jusqu’aux plus âgés. Cette scène paraît déjà surréaliste, mais la suite l’est encore plus.

Lot refuse de livrer ses invités, alors, à la place, il propose de leur donner ses deux jeunes filles. Et il leur dit : « vous en ferez ce qu’il vous plaira». Comment toute une ville peut-elle agir ainsi ? Et comment un père peut-il proposer de livrer ses deux filles à une bande d’agresseurs extrêmement violents ? On peut se demander si cette histoire est réelle, tout paraît démesuré et incroyable.

Mais malheureusement, l’être humain est bien capable d’une telle cruauté. Il suffit de s’intéresser à l’Histoire pour voir que pendant les guerres, des êtres humains ont traité d’autres êtres humains comme des déchets. (C’est toujours le cas dans certaines régions du monde.) Pendant la traite des Noirs, on traitait mieux les animaux que les esclaves.

La Bible met parfois en avant de belles choses concernant les hommes, mais elle nous montre aussi jusqu’où ils peuvent s’engouffrer dans le péché. Elle expose la vérité sur l’état du cœur humain. Ce n’est pas pour rien que Dieu a voulu détruire Sodome et Gomorrhe. La méchanceté des habitants était vraiment devenue trop grande. Après avoir patienté un temps pour leur donner une chance de changer, il a décidé de mettre les méchants hors d’état de nuire. Comment des hommes et des femmes peuvent devenir si méchants ?

Il paraît que si on plonge une grenouille dans de l’eau bouillante, elle s’échapperait immédiatement de là par instinct de survie. Mais si on met cette même grenouille dans de l’eau froide, et qu’on fait bouillir l’eau très lentement, elle ne se rendrait compte de rien. Elle y resterait et finirait par mourir. Cette image illustre ce qui se passe sur terre depuis des millénaires. On commence par exagérer et ensuite on se met à mentir sans se rendre compte que l’on fait quelque chose de mal. On commence par avoir des pensées impures, et ensuite on passe à l’acte sans se rendre compte de la gravité. On commence par s’éloigner un peu de Dieu et on finit par ne plus connaître la limite entre le bien et le mal. C’est comme cela que ça arrive. Quand on écarte Dieu de notre vie, quelles sont alors nos références pour savoir ce qui est bien ou mal ? C’est nous-mêmes.

Regardez ce que dit Lot aux Sodomites au verset 7 : « Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal ! » Il qualifie de « mal » ce que les Sodomites essaient de faire. Et regardez ce que les Sodomites répondent au verset 9 : « Celui-ci est venu séjourner chez nous en étranger et il veut faire le juge ! » Autrement dit : pour qui tu te prends ? Est-ce que c’est toi notre juge ? Est-ce que c’est toi qui vas nous dire ce qui est bien ou mal ? Les Sodomites refusent d’entendre que ce qu’ils font est mal. Ils veulent être leurs propres juges. Et nous, voulons-nous être nos propres juges ou cherchons-nous à savoir auprès de Dieu ce qui est bien ou mal ?

Acceptons-nous de nous remettre en question devant la Parole de Dieu ?
Ou remettons-nous en question la Parole de Dieu selon nos propres idées ?

Heureusement, les invités de Lot sont des anges. Ils récupèrent Lot pour lui éviter d’être tabassé et ils frappent d’aveuglement les Sodomites. Ils avertissent aussi Lot de ce qui va arriver. S’ils veulent être sauvés, ils doivent quitter la ville, Lot, sa femme, ses filles et ses gendres. En fait, tous ceux qui quittent la ville seront épargnés. Comment réagissent les gendres de Lot ? C’est une blague. Pour eux, c’est une plaisanterie.

Et si les anges avaient donné le même avertissement aux habitants, ils auraient réagi pareil : c’est une plaisanterie. Tout comme les habitants de la terre à l’époque de Noé quand ils ont été avertis du déluge : c’est une plaisanterie. Et nous, que pensons-nous de l’existence de Dieu, de Jésus, de sa mort à notre place sur la croix, de sa résurrection et de son jugement ? Est-ce une plaisanterie ?

Mais où est l’amour de Dieu dans tout ça ?

L’amour de Dieu, il est auprès des victimes des Sodomites. Si Dieu juge la ville, au verset 13, c’est pour répondre aux cris des victimes de ces habitants. Pour mettre les méchants hors d’état de nuire.

L’amour de Dieu, il est dans sa patience. Il a laissé du temps pour que ces habitants puissent changer, mais au lieu de changer, ils sont devenus pires.

L’amour de Dieu, il est dans la main tendue des anges au verset 16 qui ont pris la famille de Lot par la main parce qu’ils étaient toujours dans la maison quand il fallait partir. Manifestement, ils n’avaient pas pris au sérieux la gravité de la situation.

L’amour de Dieu, il s’est manifesté en Jésus-Christ sur la croix. Il a accepté de nous représenter devant Dieu, il a subi le jugement et la punition à notre place. Maintenant, nous sommes sous la grâce. Nous n’avons pas à craindre le jugement, car la peine a déjà été subie.

Et pour terminer, l’amour de Dieu se manifeste par l’action du Saint-Esprit. Tout comme les anges ont pris Lot par la main pour le sortir de la ville, le Saint-Esprit nous saisit pour que nous placions notre confiance en Jésus. Ne résistons pas à cet appel, laissons-nous guider par lui.

Christian Huy