Pas d’autre évangile (Galates 1.1-10)

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Voici l’histoire d’un roi indien… Ce roi voulait montrer que les différentes croyances religieuses sont juste des manières différentes de voir la même vérité. Par exemple, que l’on soit d’une religion ou d’une autre, cela reviendrait au même, ce serait juste des manières différentes de croire au même Dieu. Pour convaincre ses auditeurs, ce roi fait venir dans sa Cour un éléphant. Puis, il fait entrer 6 hommes aveugles qui ne savent pas ce qu’est un éléphant. Ce roi demande alors aux 6 aveugles de toucher l’éléphant, chacun leur tour. Il leur demande de décrire à quoi ressemble cet animal.

  • Le premier avance près de l’éléphant et il touche son ventre, large et robuste. Il dit alors au roi : « un éléphant, ça ressemble à un mur. »
  • Le deuxième palpe une défense de l’éléphant. Il dit alors au roi : « un éléphant, c’est lisse et pointu, ça ressemble donc à une lance. »
  • Le troisième aveugle saisit la trompe qui se tortillait. Il dit au roi : « un éléphant, ça ressemble beaucoup à un serpent. »
  • Le quatrième se met à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal ressemble à un arbre. »
  • Le cinquième touche par hasard l’oreille et il dit : « sans aucun doute, un éléphant ressemble à un éventail. »
  • Enfin, le sixième aveugle tâte l’animal et tombe sur sa queue, il dit au roi : « un éléphant ressemble à une corde. »

À la fin de cette expérience, le roi conclut : « voyez-vous, tous ces aveugles ont raison, mais chacun ne possède qu’une partie de la vérité. Il en est de même pour nos croyances, dit-il, les différentes religions cherchent à décrire Dieu, elles ont toutes un peu raison, mais chacune ne possède qu’une partie de la vérité ».

Que penser de cette histoire ? Y aurait-il plusieurs manières de connaître Dieu ? Peut-on dire qu’il existerait, en quelque sorte, plusieurs religions valides, plusieurs évangiles ? Peut-on accepter ce que l’on appelle « le pluralisme » ?

Au premier abord, l’histoire du roi indien paraît plausible, elle est même très séduisante, mais je ne suis pas d’accord avec sa conclusion. La Bible enseigne qu’il n’y a qu’une seule manière de connaître Dieu. L’apôtre Paul insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’autre Évangile que celui de Jésus-Christ. L’histoire des aveugles et de l’éléphant semble convaincante, mais on verra qu’elle comporte de grosses incohérences. Avant de les relever, je vous propose de lire un texte où l’apôtre Paul parle de ce sujet. Il ne parle pas d’éléphant, mais il parle de l’Évangile. Évangile signifie « Bonne Nouvelle », c’est la bonne nouvelle qui concerne Jésus-Christ.

L’apôtre Paul écrit aux Galates. Au chapitre 1 de son épître, il leur reproche de se détourner de l’Évangile pour en adopter un autre. Et il les met en garde : attention, il n’y a pas d’autre évangile que celui que je vous ai annoncé de la part de Dieu !

Je vous propose de lire le chapitre 1 de cette lettre aux Galates, des versets 1 à 10 :

1 De la part de Paul, apôtre établi non par des hommes ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père qui l’a ressuscité, 2 et de tous les frères qui sont avec moi aux Eglises de la Galatie: 3 Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ.
4 Il s’est donné lui-même pour nos péchés afin de nous arracher à l’actuel monde mauvais, conformément à la volonté de notre Dieu et Père 5 à qui soit la gloire aux siècles des siècles! Amen!
6 Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ pour passer à un autre Evangile. 7 Ce n’est pas qu’il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent déformer l’Evangile de Christ.
8 Mais si quelqu’un – même nous ou même un ange venu du ciel – vous annonçait un Evangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit!
9 Nous l’avons déjà dit, et je le répète maintenant: si quelqu’un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit! 10 Maintenant, est-ce la faveur des hommes que je recherche ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.

Cette lettre de Paul est unique en son genre. Dans toutes ses lettres, l’apôtre commence par une prière de reconnaissance pour l’Église à laquelle il écrit. Mais pour les Galates, il ne le fait pas. Pourtant il le fait pour toutes les autres Églises. Par exemple, quand il écrit aux Corinthiens, il remercie Dieu pour la grâce qui leur a été accordée d’avoir la parole et la connaissance. Quand il écrit aux Philippiens, il remercie Dieu parce qu’ils servent Jésus. Dans la Bible, nous avons 13 lettres de Paul. Sur ces 13 lettres, toutes commencent par des prières de reconnaissance, sauf la lettre aux Galates.

Au lieu de manifester de la reconnaissance à Dieu, Paul fait un reproche sévère à cette Église au verset 6 : « je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ pour passer à un autre Evangile. »

De quoi parle-t-il ? En quoi les galates se sont détournés de l’Évangile ?

Le reste de la lettre et les autres écrits de Paul nous donnent des informations sur le contexte de l’époque. Il semble que des groupes religieux enseignaient d’autres manières de croire en Dieu. Leur enseignement était très séduisant parce qu’ils ne remettaient pas vraiment en cause la foi chrétienne. En revanche, ils y ajoutaient des rites et d’autres croyances. Ils ajoutaient notamment des rites juifs comme la circoncision ou des interdits alimentaires. L’apôtre dit qu’en faisant cela, ils déforment l’Évangile, c’est à dire qu’ils prennent comme base l’Évangile, et ils en font des variantes. Sauf que, si l’on déforme l’Évangile, alors ce n’est plus l’Évangile. Mais quel est le message de l’Évangile exactement ?

Paul le résume simplement au verset 4 : « Jésus s’est donné lui-même pour nos péchés afin de nous arracher à l’actuel monde mauvais. »

Dans cette phrase il y a trois affirmations. Premièrement, Jésus s’est donné lui-même. Paul fait référence au sacrifice de Jésus sur la croix, à sa mort. Deuxièmement, il s’est donné lui-même pour nos péchés. Le péché c’est le fait de rejeter Dieu. À cause de ce rejet, nous méritons la mort. Mais Jésus est mort à notre place pour les péchés que nous avons commis. Troisièmement, il s’est donné lui-même pour nos péchés afin de nous arracher à l’actuel monde mauvais. Selon la Bible, le mal c’est rejeter l’autorité de Dieu et lui désobéir. Selon cette définition, le monde est mauvais car il rejette l’autorité de Dieu. La Bonne Nouvelle c’est que Jésus nous permet de revenir à Dieu, il nous permet d’accepter son autorité et de lui obéir. C’est de cet Évangile que les Galates se sont détournés.

Au verset 8, l’apôtre Paul les met en garde. Si lui ou les autres disciples, ou même si un ange venu du ciel annonçait un autre message, il ne faut pas y croire, qu’il soit maudit. Mais comment cela pourrait-il arriver ? Comment un apôtre ou comment un ange de Dieu pourrait annoncer un autre Évangile ?

En fait, c’est impossible. Dieu ne peut pas se contredire. Donc si cela arrive, si un disciple de Jésus annonce un autre évangile, soit il se trompe soit c’est un faux disciple. Et si un ange venu du ciel annonce un autre message, alors il faudrait en conclure que c’est un esprit envoyé par le diable déguisé en ange de Dieu.

La plupart du temps, le diable ne se montre pas en nous faisant peur, sinon on le rejetterait. Le diable vient souvent avec un message attirant, il nous dit ce que l’on a envie d’entendre pour être suivi. Jésus a dit que l’on reconnaît un arbre à ses fruits. De même, on reconnaît un vrai disciple ou un vrai ange en écoutant son message. Mais comment savoir que Paul annonce le bon Evangile ? Comment savoir que c’est la vérité ?

En général, il y a deux manières d’attester la fiabilité d’un message. Premièrement on vérifie sa provenance : de qui vient le message ? Deuxièmement, on vérifie le contenu : est-ce que le contenu de ce message me parle, est-ce qu’il est plausible, est-ce qu’il me touche ? La question (ce) n’est pas : est-ce que le message me plaît, mais est-ce que le message est pertinent ? Il faut à la fois que la provenance et que le contenu soient vérifiés.

On peut donc se demander d’où nous vient l’autorité de l’apôtre Paul ? Il le dit dès le début de sa lettre au verset 1 : « De la part de Paul, apôtre établi non par des hommes ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père qui l’a ressuscité. » L’apôtre Paul ne parle pas en son nom, mais il parle au nom de Dieu. Son message vient du Seigneur. D’ailleurs, plus loin dans sa lettre il va raconter que son autorité a même été confirmée par les autres apôtres, eux aussi appelés par Dieu.

Maintenant que nous avons vérifié la provenance du message, est-ce que le contenu semble cohérent, est-ce qu’il nous touche, est-ce qu’il nous parle ?

Depuis plus de 2000 ans, le message de l’Évangile a touché des millions de personnes sur terre. Ce message a même changé totalement la vie de tous ceux qui ont cru. L’Évangile affirme que le monde est mauvais et que quelque chose de meilleur nous attend.  L’Évangile affirme aussi que la mort n’est pas la fin de toutes choses. Dieu nous propose la vie éternelle. La Bible affirme aussi qu’il n’y a qu’un seul Évangile, que la seule manière de connaître Dieu, c’est à travers Jésus. Pour s’en rendre compte je vous propose d’analyser l’histoire du roi, de l’éléphant et des aveugles.

Comme on l’a vu, cette histoire met en scène un roi qui demande à des aveugles de décrire un éléphant. Chacun leur tour, ils donnent des descriptions différentes : celui qui touche la jambe dit que l’éléphant ressemble à un arbre, celui qui touche la trompe dit que l’éléphant ressemble à un serpent, etc. Le roi fait cette mise en scène pour montrer qu’il y a différentes approches de la vérité, que l’on peut connaître le même Dieu à travers différentes croyances. Mais cette histoire comporte des incohérences.

Tout d’abord, celui qui raconte l’histoire est prétentieux parce qu’il compare tout le monde à des aveugles, tout le monde ne possède qu’une partie de la vérité, sauf lui. Lui, il sait tout ; lui, connaît la vérité. Il y a déjà là une incohérence.

De même, pourquoi le roi n’est-il pas lui aussi aveugle ? Pourquoi verrait-il mieux que les autres ? Cette histoire n’est pas cohérente puisque tout le monde n’est pas sur le même pied d’égalité. Pour que tout le monde soit égal face à la vérité, il faudrait que tout le monde soit aveugle, même le roi.

Donc supposons que le roi soit aveugle comme tout le monde. Comment sait-il qu’il fait venir un éléphant ? Et si personne ne voit rien, comment être sur que tout le monde touche le même animal ? Finalement, cette histoire d’éléphant nous fait prendre conscience d’une chose : pour que les aveugles sachent à quoi ressemble l’éléphant, il faudrait que l’éléphant se présente lui-même à eux.

Selon la Bible, tous les hommes sont en quelque sorte aveuglés et ils ne peuvent pas véritablement connaître Dieu par eux-mêmes, à moins que Dieu ne se révèle à l’humanité !

La Bible nous présente Jésus comme le Fils de Dieu, venu sur terre pour nous présenter Dieu. L’Évangile est le seul message qui affirme que personne ne peut connaître Dieu, à moins que Dieu vienne à sa rencontre. L’Évangile est le seul message qui annonce un Dieu devenu humain pour se montrer à l’humanité. Il se préoccupe de nous, il a partagé notre condition humaine, il a connu la souffrance, il a même souffert la mort à notre place pour nous offrir le salut.

Pour conclure, les paroles de Paul nous encouragent à ne pas nous détourner de l’Évangile car il n’existe pas d’autre Évangile. Il n’y a qu’une vérité, un seul chemin qui mène à Dieu. Attention, je ne dis pas que la foi en Jésus est uniforme. Il n’y a qu’une seule manière de connaître Dieu, mais plusieurs manières de vivre sa foi. Par exemple les uns vont prier et louer Dieu de manière expressive et dynamique, les autres vont plutôt être dans la contemplation. Certains vont être touchés par l’amour de Dieu, d’autres par sa justice, etc. Il y a différentes manières de vivre sa foi, mais un seul message.

Enfin, les paroles de Paul nous font aussi prendre conscience qu’il est important de témoigner de l’Évangile. Comme c’est le seul moyen de connaître Dieu, parlons-en autour de nous afin que le plus grand nombre connaisse la grâce et la paix que Jésus nous offre.

Christian Huy
(Prédication inspirée des conférences d’Evangile 21 à Genève en 2014)

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