Rendre compte de sa foi

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Voici le témoignage de Michael Ramsdem. Il raconte comment il a pu témoigner de sa foi dans un salon de coiffure (quelques formulations ont été arrangées pour une lecture plus fluide) :

L’autre jour, je suis allé dans un salon de coiffure. J’ai dit à la femme qui se tenait derrière le comptoir : « je viens pour une coupe s’il vous plaît ». Cette femme était très grande et elle était enceinte.

  • Elle sortit son agenda et me dit : «Quand pensiez-vous venir ?»
  • Je lui réponds : «Eh bien, maintenant !»
  • Et là elle regarde sa montre et elle me dit : «Bon, si on fait vite, je peux vous prendre entre deux rendez-vous.»
  • Alors je lui réponds : «Parfait, je n’ai besoin de rien de sophistiqué, juste d’une coupe plus courte et plus soignée.»
  • Quand vient mon tour, elle m’installe et elle fait une remarque à sa collègue : «Tu sais, les affaires vont très bien en ce moment, mais je me dis que la vie ne peut pas se résumer à ça.»
  • Comme ce qu’elle vient de dire m’interpelle, je lève les yeux vers le miroir et je lui dis : «Vous savez, ce que vous dites est vrai. Dans la vie, ce qui nous rend heureux, ce n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Et là elle s’arrête. Elle me regarde dans le miroir et elle me dit : «Qu’est-ce que vous venez de dire ?»
  • Je lui répète : «Eh bien, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Tout à coup je la vois partir, elle prend un carnet et stylo et elle me dit : «Vous pourriez me répéter votre phrase une nouvelle fois s’il vous plaît ?»
  • Je lui répète : « Dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Elle me dit : «Vous savez, je crois qu’il y a beaucoup de sagesse dans ces paroles.»
  • Je la regarde une nouvelle fois dans le miroir et je lui dis : «Si vous voulez savoir, le vrai problème, ce n’est pas le manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout ce que nous avons.»
  • Elle posa le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous pourriez répéter ça ?»

Une fois de plus je répète et elle note ce que je dis. Finalement, elle a bien pris une heure pour me faire ma coupe.

  • Et puis, on a changé de sujet et elle m’a juste dit : «Je vais donner vie à cet enfant, et ça m’angoisse tellement de lui donner la vie dans un monde où il y a tant de mal.»
  • À cette remarque, je lui réponds : «Oui, je sais qu’il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal que nous avons au dedans de nous ?»
  • Elle me regarde et me dit : «Si on avait la possibilité d’éradiquer le mal qui se trouve dans le cœur humain, ce serait fantastique.»
  • Et je lui dis : «Vous avez raison. On ressent qu’il existe cette lutte intérieure, nous voudrions être de meilleures personnes, mais nous en sommes incapables.»
  • Elle me dit : «Je vois exactement ce que vous voulez dire ! Je voudrais être meilleure que celle que je suis, mais je ne peux pas !»
  • La regardant toujours dans le miroir je lui dis : «Ce que vous être en train de me dire, c’est qu’il y a en vous comme une force qui vous tire vers le bas.»
  • Elle me dit : «Exactement, et c’est comme si je devais en être sauvée.»
  • Je lui dis : «Ce que vous me dites-là, c’est que vous avez besoin d’un Sauveur.»
  • Elle me regarde et s’exclame : «Oui, exactement !»
  • Alors je lui dis : «Eh bien, laissez-moi vous dire que je crois que c’est possible».

Et on commence à parler de la personne de Jésus-Christ, du fait qu’il peut briser le pouvoir du péché dans notre vie, et que ces péchés peuvent être pardonnés.

  • Elle prit des notes de toute la conversation et vers la fin elle me dit : «Et maintenant, que dois-je faire de tout cela ?»
  • Je lui répondis : «Eh bien, il faudra bien prendre position un jour, décider quelle attitude avoir face à cette personne, Jésus-Christ.»

Une fois les cheveux coupés, je rentre à la maison et je raconte tout à mon épouse. Nous avons prié pour cette femme, et je me suis dit que j’aimerais bien la revoir. Comment faire ? Deux semaines plus tard, je suis retourné au salon. Quand je suis entré, elle me vit et dit : «Michael, je vais te couper les cheveux.» En fait, je n’avais même pas demandé une coupe. Elle m’installa sur la chaise et c’était la coupe la plus courte que j’ai eue de toute ma vie.

  • Elle prend le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous vous souvenez de notre conversation d’il y a deux semaines ?»
  • Je lui dis : «Oui, je m’en souviens.»
  • Elle me dit : «Eh bien, je suis rentrée chez moi et j’ai raconté à mon mari tout ce que vous m’aviez dit.»
  • J’ai souri en pensant que cela promettait d’être intéressant, et j’ai demandé : «Et qu’a répondu votre époux ?»
  • Elle semblait perplexe, et dit : «Il n’a pas vraiment été intéressé, il a dit que je lui faisais un sermon.»
  • Alors je lui ai demandé : comment lui avez-vous raconté notre conversation ?
  • Elle me répond : « nous sommes tous les deux rentrés du travail, et une fois à table, je lui ai dit : «Tu sais, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions. Ce n’est pas qu’il manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout cela. Il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal dans notre cœur ? La Bible appelle cela le péché : il y a comme une force négative dans notre vie de laquelle nous devons être sauvés. On a besoin d’un Sauveur et il s’appelle Jésus.»

(Fin du témoignage.)

Nous pouvons nous demander quelle est la différence entre ces deux conversations ?

La première conversation, celle entre Michael et la coiffeuse, était une vraie conversation. La coiffeuse avait dit : « Les affaires marchent bien en ce moment, mais la vie ne peut pas se résumer à ça. » Ce n’était pas qu’une affirmation. Derrière cette remarque il y avait une question : y a-t-il quelque chose d’autre que la vie  matérielle ? Michael a profité de ce questionnement pour entrer en dialogue avec elle et pour avoir un échange sur le sens de la vie et sur Dieu. Dans la deuxième conversation,  celle de la coiffeuse avec son mari, ce n’était pas vraiment un dialogue, mais un sermon. Laquelle des deux situations était plus appropriée pour présenter l’Évangile ? Évidemment, c’était la première. Et nous, comment présentons-nous l’Évangile ? En faisant des sermons  qui n’intéressent pas les gens, ou en répondant à des questions que les gens se posent ?

Quand on parle de faire de l’évangélisation, certaines personnes ont en tête qu’on va sortir dans la rue pour dire aux gens : vous êtes pécheurs, vous avez besoin d’être sauvés, Jésus est le sauveur. Il y a une vingtaine d’années, ce genre de pratique interpellait encore les gens. Mais aujourd’hui le contexte a complètement changé. Les gens se forgent leur propre croyance, ils ne veulent pas qu’on leur dise que croire ni comment croire et quelque part je les comprends.

Les gens préfèrent dialoguer plutôt que d’écouter un sermon. Cela peut d’ailleurs nous interroger sur la forme de nos cultes. Un jour un pasteur a fait un sondage dans le quartier de son Église. Il a demandé aux gens pourquoi cela ne les intéressait pas de venir à l’Église. Des passants ont répondu qu’ils ne veulent pas venir pour juste pour écouter un point de vue, ils veulent aussi être écoutés et dialoguer. Que nous enseigne la Bible à propos du témoignage chrétien ?

Je vous propose de lire la première lettre de Pierre, le chapitre 3, les versets 8 à 18.

8 Enfin, ayez tous les mêmes pensées et les mêmes sentiments, soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.
9 Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte; bénissez au contraire. Vous le savez, c’est à cela que vous avez été appelés afin d’hériter de la bénédiction.
10 Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses,
11 qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive, 12 car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à leur prière, mais il se tourne contre ceux qui font le mal.
13 Qui vous fera du mal, si vous avez pour modèle ce qui est bien?
14 D’ailleurs, même si vous deviez souffrir pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés,
15 mais respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison,
16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.
17 En effet, il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal.
18 Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. 

L’apôtre Pierre donne trois types d’instructions aux chrétiens.

Premièrement, il les appelle à avoir un comportement exemplaire.

Verset 8 : soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.

Au sein de l’Église, nous devons nous comporter les uns envers les autres avec bienveillance. Tout le monde est d’accord en théorie, mais dans la pratique qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord, ça veut dire qu’on parle avec respect et avec douceur.

Ça veut dire aussi qu’on ne parle pas en mal les uns des autres. Si nous avons des reproches à faire, faisons-le avec respect et de manière constructive, que cela puisse apaiser les tensions plutôt que les envenimer.

Être bienveillant c’est aussi ne pas juger. Certains n’ont peut-être pas l’air de s’impliquer beaucoup, certains n’ont pas l’air de faire beaucoup d’efforts dans les relations. Mais on n’est pas à la place de l’autre et on ne peut pas se permettre de juger.

Être bienveillant c’est aussi laisser la possibilité à l’autre de se tromper ou de faire des erreurs.

Ensuite, dans les versets suivants, l’apôtre nous invite à nous comporter de manière exemplaire dans la vie de tous les jours.

Verset 9 à 11 : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte. (…) Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive. »

Deuxièmement, l’apôtre nous appelle à défendre notre espérance.

C’est seulement après avoir parlé du comportement qu’il donne cette instruction au verset 15 : « Respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Quel lien y a-t-il entre ce qui précède et cette invitation à défendre sa foi ?

Si notre manière de vivre est digne de celle d’un enfant de Dieu, alors nous ferons la différence et les gens seront susceptibles de nous poser des questions sur notre foi.

Si nous refusons d’entrer dans des magouilles, si nous ne répondons pas à l’insulte par l’insulte, si nous sommes acteurs de paix, si nous refusons la médisance, si nos opinions sur les faits de société reflètent les valeurs bibliques, les gens s’interrogeront et nous pourrons témoigner de notre espérance.

Troisièmement, à partir du verset 16 l’apôtre nous appelle à témoigner avec douceur et respect.

Respecter son prochain ça se manifeste notamment par l’écoute.

Je viens de terminer une formation de 12 semaines sur la foi et la raison et le témoignage chrétien. Les formateurs nous ont fait prendre conscience du rôle important de l’écoute.

Témoigner, ce n’est pas faire des sermons aux gens. C’est d’abord les écouter. Le témoignage de Michael est un très bon exemple. Il a su écouter et répondre aux interrogations de la coiffeuse.

Mais l’écoute vient en premier. C’est une manière de faire comprendre à l’autre que l’on s’intéresse à lui. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de faire des sermons, ce qui nous intéresse avant tout, ce sont les personnes qui  nous entourent.

On ne peut aimer notre prochain que si on s’intéresse réellement à lui. Ça passe par l’écoute. Qu’est-ce qui le préoccupe ? Quelles questions se pose-t-il sur la vie ?

Notre but n’est pas de faire des sermons, mais de procurer la paix dans le cœur de notre prochain et nous sommes convaincus que seul Jésus peut apporter une vraie paix dans notre cœur.

Pour conclure, retenons que le témoignage réunit ces trois ingrédients. L’un ne va pas sans l’autre, sinon c’est incomplet : avoir un comportement exemplaire, expliquer verbalement ce que nous croyons, témoigner en s’intéressant à notre interlocuteur.

Que Dieu nous offre des occasions de témoigner de la paix qu’il nous procure en toutes circonstances, car il nous offre une espérance certaine.

Christian Huy

Source : Formation RZIM academy

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