Résurrection de Jésus, légende ou fait historique ?

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La fête de Pâques n’est pas seulement la fête des œufs aux chocolats, c’est avant tout la fête de la libération. Le peuple hébreu était esclave en Égypte et Dieu l’a libéré de l’esclavage. C’est l’origine de cette fête. Jésus est mort et il est ressuscité le jour de Pâques, ce n’est pas un hasard si la résurrection a eu lieu à ce moment-là. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous libère d’un esclavage. L’esclavage de l’égoïsme.

Nous pensons tous à nous-mêmes et nous sommes tous tentés d’agir comme bon nous semble sans tenir compte de la volonté de Dieu. Jésus nous libère de cela. Il y a quelques mois j’ai entendu un enfant de chrétien raconter ce que pensent ses copains du lycée à propos du sens de la vie.

Voici leur discours : « il faut profiter de la vie le plus possible, car un jour on va mourir. Il faut se permettre tous les plaisirs que l’on veut sans tenir compte de la morale, car c’est ça la liberté. Comme de toute façon on va mourir, autant agir comme bon nous semble le temps que nous sommes en vie. »

Il me semble que c’est la vision que partagent beaucoup de jeunes de cet âge- là. En juillet de l’an 2000, une chanson a eu un très grand succès en France, c’est l’une des chansons de la comédie musicale « Roméo et Juliette ».

Voici le refrain :

Nous on fait l’amour on vit la vie
Jour après jour nuit après nuit
À quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire nos vies à genoux
On sait que le temps c’est comme le vent
De vivre y’a que ça d’important
On se fout pas mal de la morale
On sait bien qu’on fait pas de mal

Ces paroles reflètent bien ce que beaucoup de gens pensent : nous allons tous mourir, alors autant se permettre tout ce que l’on veut sans tenir compte d’aucune morale. En réalité, cette vision de la vie n’est pas synonyme de liberté, mais plutôt de fatalité.

Pour eux, la mort est une fatalité. Face à elle, ils sont démunis, alors ils se replient sur la vie présente. Mais en fin de compte, ils sont victimes de la vie. Ils sont enfermés dans la vie présente parce qu’ils pensent que c’est la seule chose qui existe.

La résurrection de Jésus est le signe qu’une vie éternelle est possible. La mort n’est pas la fin, il y a quelque chose après. Cette résurrection nous offre la certitude de l’espérance.

L’apôtre Pierre nous invite à  rendre compte de cette espérance devant tous ceux qui nous en demandent raison. Nous avons donc un devoir de réfléchir à notre manière d’expliquer ce que nous croyons. Ici, nous allons voir pourquoi nous avons de bonnes raisons objectives de croire en la résurrection de Jésus.

Personnellement j’y crois parce que j’ai foi en Jésus, parce que j’ai une relation avec lui, parce qu’il s’est révélé à moi par son Esprit. La foi est une question de relation et d’expérience, mais il y a aussi une part de raison et c’est sur cet aspect-là que j’aimerais m’arrêter en particulier maintenant. Selon les historiens, Jésus a bien existé, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais pour beaucoup de gens, la résurrection est une sorte de légende. Pour moi, c’est un fait historique. Pourquoi peut-on croire que les récits de la résurrection sont des témoignages à prendre au sérieux ?

Nous n’avons pas de preuve de la résurrection, mais nous avons de bonnes raisons d’y croire. Je vois au moins 4 raisons.

  1. Le premier récit de la résurrection est très ancien.

Il s’agit de la première lettre de Paul aux Corinthiens. Voici ce que Paul écrit sur Jésus (15.3-8) :

3 Je vous ai transmis avant tout le message que j’avais moi aussi reçu: Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures;
4
 il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures.
5
 Ensuite il est apparu à Céphas, puis aux douze.
6
 Après cela, il est apparu à plus de 500 frères et soeurs à la fois, dont la plupart sont encore vivants et dont quelques-uns sont morts.
7
 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
8
 Après eux tous, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né hors terme.

Selon les chercheurs, ce texte date de l’an 55. Jésus est mort et ressuscité dans les années 30. Donc tous les faits racontés dans cette lettre pouvaient être vérifiés, ils ont juste eu lieu une quinzaine ou même une douzaine d’années après les évènements. Si j’écris un livre sur Jean-Paul II qui est décédé il y a 12 ans, en 2005, et si je raconte des choses complètement fausses sur lui, les gens pourront me corriger. Beaucoup de ceux qui l’ont connu sont encore vivants aujourd’hui. C’est pareil pour la lettre de Paul. Dans ce passage, il parle des témoins de la résurrection. La plupart d’entre eux étaient encore vivants. Il était très facile d’aller interroger ces témoins pour vérifier si Paul disait la vérité.

Les témoignages de la résurrection ont donc été écrits très tôt après les faits, c’est une des raisons pour lesquelles nous pouvons prendre ces témoignages au sérieux. Les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean relatent aussi la résurrection et ils ont été écrits du vivant des apôtres, entre l’en 60 et l’an 90, c’est donc aussi très tôt par rapport aux évènements.

  1. Deuxième bonne raison de croire: les récits sont très sobres

Si je raconte une histoire inventée et difficile à croire, et si je souhaite que les gens y croient, je m’étalerais sur les détails, sur les preuves et sur les arguments. Quand on veut faire avaler une grosse pilule, on fait avaler aussi beaucoup d’eau pour que ça passe. Mais tous les récits de la résurrection sont sobres, sans ornement.

En revanche, après la mort des apôtres, à partir de l’an 200, plusieurs auteurs ont écrit sur Jésus et ce qu’ils ont écrit contient beaucoup de fantaisies. À leur manière de raconter, on voit bien que ce n’est pas réel. Par exemple, nous avons retrouvé un livre qui s’appelle l’Évangile selon Pierre, il date du 3e siècle. Évidemment, ce n’est pas l’apôtre Pierre qui l’a écrit, car il est mort au premier siècle.

Selon une croyance populaire, les dirigeants de l’Église catholique auraient en possession 80 évangiles, mais ils n’en ont choisi que 4 et ils auraient écarté les autres. En réalité, seuls 4 évangiles ont été écrits par les disciples de Jésus et ce sont les 4 seuls qui datent de l’époque de Jésus. Il existe effectivement d’autres évangiles comme l’Évangile selon Thomas, selon Juda ou selon Pierre. Mais leurs auteurs ont utilisé des pseudos, c’était très courant à partir du 2e siècle. Voici par exemple un extrait de l’Évangile selon Pierre, Pierre étant un pseudo. Il parle de la résurrection (traduction française rendue plus compréhensible par nos soins) :

« Cette pierre qui avait été placée sur la porte, ayant roulé d’elle-même, s’écarta de côté ; et le tombeau s’ouvrit. Et deux jeunes gens entrèrent. Alors qu’ils eurent vu cela, ces soldats réveillèrent le centurion et les anciens ; car eux aussi étaient là, faisant la garde. Alors qu’ils racontaient ce qu’ils ont vu, de nouveau ils voient sortir du tombeau trois hommes. Deux d’entre eux tenaient l’un, et une croix les suivait. La tête des deux atteignait le ciel, mais la tête de celui qui était tenu par eux dépassait les cieux. Et ils entendirent une voix disant du haut des cieux : “As-tu prêché à ceux qui se sont endormis ?” Et l’on entendit une réponse venir de la croix : « Oui ». »

Ce texte date du 3e siècle, il n’a rien à voir avec les récits sobres des Évangiles que nous avons dans la Bible !

Nous pouvons faire confiance aux évangiles, car ils sont sobres, les auteurs se sont contenté de raconter ce qu’ils ont vu et entendu, ils n’ont rien embelli, rien inventé.

  1. Selon les Évangiles, les femmes sont les premiers témoins de la résurrection (Luc 24)

Si j’avais voulu inventer une histoire au premier siècle, je n’aurais probablement pas précisé que les femmes étaient les premiers témoins. En effet, à cette époque-là, on ne demandait pas l’avis des femmes. Par exemple, lors un procès dans l’Empire romain, la parole des femmes n’était pas prise en compte.

Les Évangiles racontent que les femmes sont les premiers témoins de la résurrection, il est peu probable que ce soit une invention. C’est une raison de plus qui nous invite à croire aux récits de la résurrection.

  1. Les récits sont cohérents

Nous avons à la fois le tombeau vide et à la fois les apparitions de Jésus devant témoins. Les deux sont nécessaires pour rendre compte de la résurrection. Si l’on nous relate seulement le tombeau vide, on pourrait penser que le corps a été volé ou caché. Si l’on nous relate seulement les apparitions de Jésus ressuscité, on pourrait montrer le corps de Jésus et décrédibiliser les témoins. Mais les Évangiles relatent à la fois le tombeau vide et les apparitions de Jésus ressuscité. La cohérence des écrits nous invite à prendre au sérieux le récit biblique.

Les objections contre la réalité de la résurrection

Voyons maintenant les objections que nous pouvons entendre de la part de ceux qui ne croient pas en la résurrection.

Pour certains, les témoins de la résurrection ont eu des hallucinations.

Je ne suis pas un connaisseur, mais il semblerait que généralement, les hallucinations se produisent dans des lieux nostalgiques et chez des personnes nerveuses.

Pour sa part, Jésus est apparu à plusieurs endroits et de différentes manières. En intérieur et en extérieur. Il a marché avec les témoins, il a mangé avec eux, il les a touchés et on a pu le toucher. En plus, Paul nous parle de plus de 500 témoins. Personnellement, je ne pense pas qu’il puisse y avoir une hallucination collective dans un groupe de 500 personnes. De plus, selon la Bible, Jésus est apparu à des groupes, mais aussi à des personnes individuellement.

On sait aussi que Jésus est apparu seulement pendant 40 jours qui ont suivi sa résurrection. Si c’était des hallucinations, pourquoi est-ce qu’elles ont eu lieu seulement 40 jours ?

Enfin, si c’était des hallucinations, on aurait pu ramener ces personnes à la raison en montrant le corps de Jésus. Mais le tombeau était vide. Il me semble qu’on peut écarter l’hypothèse des hallucinations.

Pour certaines personnes, la résurrection serait le fruit d’une conspiration, pour créer une nouvelle religion.

Mais comment expliquer le changement radical des disciples ? Ils sont passés de la peur au courage, de la tristesse à la joie. On ne change pas radicalement à cause d’une conspiration que l’on a soi-même montée. Pourquoi parler de Jésus comme victorieux s’ils savent qu’il est mort ?

De plus, il était très grave pour un juif de déformer sa religion. Aucun juif n’aurait eu l’idée de créer une nouvelle religion. Il existait des partis religieux, des divergences au sein du judaïsme, mais créer une nouvelle religion était un blasphème. Les juifs croyaient en la résurrection à la fin des temps. Parler de résurrection d’un seul homme sans être dans la fin des temps, c’était impensable.

Autre hypothèse : selon certains, Jésus s’est évanoui à la croix, il n’était pas vraiment mort.

Mais cette explication ne change rien, car il serait mort plusieurs décennies plus tard et on aurait pu montrer son corps. Cela n’explique pas le tombeau vide. De plus, les Romains savaient comment exécuter quelqu’un. Ils avaient des procédures pour vérifier si les condamnés étaient vraiment morts.

Autre hypothèse : quelqu’un d’autre est mort à la place de Jésus, quelqu’un qui lui ressemblait, c’est pour cela qu’on aurait vu Jésus vivant.

Mais comment expliquer le tombeau vide ? Si quelqu’un d’autre était mort à la place de Jésus, on aurait eu son corps, le tombeau n’aurait pas été vide.

Autre hypothèse : on a volé le corps de Jésus.

Mais selon les écrits à notre disposition, on sait qu’il y avait des gardes devant le tombeau. Ces gardes ont été placés exprès pour éviter que l’on puisse voler le corps. Et le vol du corps n’explique pas les apparitions de Jésus.

Enfin, dernière hypothèse généralement avancée par les objecteurs : le tombeau vide et la résurrection sont des mensonges.

Mais ce mensonge n’explique pas la transformation des disciples qui a conduit à la naissance de l’Église ! Comme on l’a dit, ils étaient lâches et ils sont devenus courageux. Ils étaient tristes et ils sont devenus joyeux. En plus, ils sont morts séparés les uns les autres, il n’y avait pas d’effet de groupe au moment de leur exécution. Ils sont morts en martyrs pour avoir défendu la résurrection de Jésus. S’ils étaient prêts à souffrir pour cela, c’est qu’ils ne pouvaient pas le renier, parce que c’est la vérité.

Pour résumer

Nous avons de bonnes raisons de croire que les écrits bibliques sont fiables, toutes les objections contre la résurrection trouvent une réponse. Comme je l’ai précisé, ce ne sont pas des preuves, mais des raisons qui nous invitent à croire que la résurrection est un fait historique et non pas une légende.

La résurrection est difficile à croire parce que les gens nous disent que les morts ne ressuscitent pas. Je suis d’accord avec eux, les morts ne ressuscitent pas. La résurrection de Jésus est unique ! C’est la définition même d’un miracle. Si la résurrection a vraiment eu lieu, alors c’est signe que la vie est possible après la mort. C’est signe que Jésus n’est pas un simple hommes, mais qu’il est Dieu. C’est signe que nous devons prendre au sérieux la seule personne qui soit revenue d’entre les morts définitivement. Personne ne peut dire ce qu’il y a après la mort, sauf celui qui est mort et qui en est revenu. Ce n’était pas une expérience de mort imminente. Jésus est mort et il est ressuscité trois jours après.

Il est ressuscité et il nous libère de la mort en nous ouvrant le chemin de la vie. Nous pouvons vivre pleinement notre vie sur terre, avec Dieu, sans penser à la fatalité, parce que nous avons une espérance.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy

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