Rendre compte de sa foi

Voici le témoignage de Michael Ramsdem. Il raconte comment il a pu témoigner de sa foi dans un salon de coiffure (quelques formulations ont été arrangées pour une lecture plus fluide) :

L’autre jour, je suis allé dans un salon de coiffure. J’ai dit à la femme qui se tenait derrière le comptoir : « je viens pour une coupe s’il vous plaît ». Cette femme était très grande et elle était enceinte.

  • Elle sortit son agenda et me dit : «Quand pensiez-vous venir ?»
  • Je lui réponds : «Eh bien, maintenant !»
  • Et là elle regarde sa montre et elle me dit : «Bon, si on fait vite, je peux vous prendre entre deux rendez-vous.»
  • Alors je lui réponds : «Parfait, je n’ai besoin de rien de sophistiqué, juste d’une coupe plus courte et plus soignée.»
  • Quand vient mon tour, elle m’installe et elle fait une remarque à sa collègue : «Tu sais, les affaires vont très bien en ce moment, mais je me dis que la vie ne peut pas se résumer à ça.»
  • Comme ce qu’elle vient de dire m’interpelle, je lève les yeux vers le miroir et je lui dis : «Vous savez, ce que vous dites est vrai. Dans la vie, ce qui nous rend heureux, ce n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Et là elle s’arrête. Elle me regarde dans le miroir et elle me dit : «Qu’est-ce que vous venez de dire ?»
  • Je lui répète : «Eh bien, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Tout à coup je la vois partir, elle prend un carnet et stylo et elle me dit : «Vous pourriez me répéter votre phrase une nouvelle fois s’il vous plaît ?»
  • Je lui répète : « Dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions.»
  • Elle me dit : «Vous savez, je crois qu’il y a beaucoup de sagesse dans ces paroles.»
  • Je la regarde une nouvelle fois dans le miroir et je lui dis : «Si vous voulez savoir, le vrai problème, ce n’est pas le manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout ce que nous avons.»
  • Elle posa le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous pourriez répéter ça ?»

Une fois de plus je répète et elle note ce que je dis. Finalement, elle a bien pris une heure pour me faire ma coupe.

  • Et puis, on a changé de sujet et elle m’a juste dit : «Je vais donner vie à cet enfant, et ça m’angoisse tellement de lui donner la vie dans un monde où il y a tant de mal.»
  • À cette remarque, je lui réponds : «Oui, je sais qu’il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal que nous avons au dedans de nous ?»
  • Elle me regarde et me dit : «Si on avait la possibilité d’éradiquer le mal qui se trouve dans le cœur humain, ce serait fantastique.»
  • Et je lui dis : «Vous avez raison. On ressent qu’il existe cette lutte intérieure, nous voudrions être de meilleures personnes, mais nous en sommes incapables.»
  • Elle me dit : «Je vois exactement ce que vous voulez dire ! Je voudrais être meilleure que celle que je suis, mais je ne peux pas !»
  • La regardant toujours dans le miroir je lui dis : «Ce que vous être en train de me dire, c’est qu’il y a en vous comme une force qui vous tire vers le bas.»
  • Elle me dit : «Exactement, et c’est comme si je devais en être sauvée.»
  • Je lui dis : «Ce que vous me dites-là, c’est que vous avez besoin d’un Sauveur.»
  • Elle me regarde et s’exclame : «Oui, exactement !»
  • Alors je lui dis : «Eh bien, laissez-moi vous dire que je crois que c’est possible».

Et on commence à parler de la personne de Jésus-Christ, du fait qu’il peut briser le pouvoir du péché dans notre vie, et que ces péchés peuvent être pardonnés.

  • Elle prit des notes de toute la conversation et vers la fin elle me dit : «Et maintenant, que dois-je faire de tout cela ?»
  • Je lui répondis : «Eh bien, il faudra bien prendre position un jour, décider quelle attitude avoir face à cette personne, Jésus-Christ.»

Une fois les cheveux coupés, je rentre à la maison et je raconte tout à mon épouse. Nous avons prié pour cette femme, et je me suis dit que j’aimerais bien la revoir. Comment faire ? Deux semaines plus tard, je suis retourné au salon. Quand je suis entré, elle me vit et dit : «Michael, je vais te couper les cheveux.» En fait, je n’avais même pas demandé une coupe. Elle m’installa sur la chaise et c’était la coupe la plus courte que j’ai eue de toute ma vie.

  • Elle prend le peigne et les ciseaux et me dit : «Vous vous souvenez de notre conversation d’il y a deux semaines ?»
  • Je lui dis : «Oui, je m’en souviens.»
  • Elle me dit : «Eh bien, je suis rentrée chez moi et j’ai raconté à mon mari tout ce que vous m’aviez dit.»
  • J’ai souri en pensant que cela promettait d’être intéressant, et j’ai demandé : «Et qu’a répondu votre époux ?»
  • Elle semblait perplexe, et dit : «Il n’a pas vraiment été intéressé, il a dit que je lui faisais un sermon.»
  • Alors je lui ai demandé : comment lui avez-vous raconté notre conversation ?
  • Elle me répond : « nous sommes tous les deux rentrés du travail, et une fois à table, je lui ai dit : «Tu sais, dans la vie, ce qui nous rend heureux n’est pas ce que nous acquérons, mais ce que nous apprécions. Ce n’est pas qu’il manque de sujet de reconnaissance. C’est plutôt que nous ne savons pas qui remercier pour tout cela. Il y a beaucoup de mal autour de nous, mais qu’en est-il du mal dans notre cœur ? La Bible appelle cela le péché : il y a comme une force négative dans notre vie de laquelle nous devons être sauvés. On a besoin d’un Sauveur et il s’appelle Jésus.»

(Fin du témoignage.)

Nous pouvons nous demander quelle est la différence entre ces deux conversations ?

La première conversation, celle entre Michael et la coiffeuse, était une vraie conversation. La coiffeuse avait dit : « Les affaires marchent bien en ce moment, mais la vie ne peut pas se résumer à ça. » Ce n’était pas qu’une affirmation. Derrière cette remarque il y avait une question : y a-t-il quelque chose d’autre que la vie  matérielle ? Michael a profité de ce questionnement pour entrer en dialogue avec elle et pour avoir un échange sur le sens de la vie et sur Dieu. Dans la deuxième conversation,  celle de la coiffeuse avec son mari, ce n’était pas vraiment un dialogue, mais un sermon. Laquelle des deux situations était plus appropriée pour présenter l’Évangile ? Évidemment, c’était la première. Et nous, comment présentons-nous l’Évangile ? En faisant des sermons  qui n’intéressent pas les gens, ou en répondant à des questions que les gens se posent ?

Quand on parle de faire de l’évangélisation, certaines personnes ont en tête qu’on va sortir dans la rue pour dire aux gens : vous êtes pécheurs, vous avez besoin d’être sauvés, Jésus est le sauveur. Il y a une vingtaine d’années, ce genre de pratique interpellait encore les gens. Mais aujourd’hui le contexte a complètement changé. Les gens se forgent leur propre croyance, ils ne veulent pas qu’on leur dise que croire ni comment croire et quelque part je les comprends.

Les gens préfèrent dialoguer plutôt que d’écouter un sermon. Cela peut d’ailleurs nous interroger sur la forme de nos cultes. Un jour un pasteur a fait un sondage dans le quartier de son Église. Il a demandé aux gens pourquoi cela ne les intéressait pas de venir à l’Église. Des passants ont répondu qu’ils ne veulent pas venir pour juste pour écouter un point de vue, ils veulent aussi être écoutés et dialoguer. Que nous enseigne la Bible à propos du témoignage chrétien ?

Je vous propose de lire la première lettre de Pierre, le chapitre 3, les versets 8 à 18.

8 Enfin, ayez tous les mêmes pensées et les mêmes sentiments, soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.
9 Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte; bénissez au contraire. Vous le savez, c’est à cela que vous avez été appelés afin d’hériter de la bénédiction.
10 Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses,
11 qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive, 12 car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à leur prière, mais il se tourne contre ceux qui font le mal.
13 Qui vous fera du mal, si vous avez pour modèle ce qui est bien?
14 D’ailleurs, même si vous deviez souffrir pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés,
15 mais respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison,
16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.
17 En effet, il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal.
18 Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. 

L’apôtre Pierre donne trois types d’instructions aux chrétiens.

Premièrement, il les appelle à avoir un comportement exemplaire.

Verset 8 : soyez pleins d’amour fraternel, de compassion, de bienveillance.

Au sein de l’Église, nous devons nous comporter les uns envers les autres avec bienveillance. Tout le monde est d’accord en théorie, mais dans la pratique qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord, ça veut dire qu’on parle avec respect et avec douceur.

Ça veut dire aussi qu’on ne parle pas en mal les uns des autres. Si nous avons des reproches à faire, faisons-le avec respect et de manière constructive, que cela puisse apaiser les tensions plutôt que les envenimer.

Être bienveillant c’est aussi ne pas juger. Certains n’ont peut-être pas l’air de s’impliquer beaucoup, certains n’ont pas l’air de faire beaucoup d’efforts dans les relations. Mais on n’est pas à la place de l’autre et on ne peut pas se permettre de juger.

Être bienveillant c’est aussi laisser la possibilité à l’autre de se tromper ou de faire des erreurs.

Ensuite, dans les versets suivants, l’apôtre nous invite à nous comporter de manière exemplaire dans la vie de tous les jours.

Verset 9 à 11 : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte. (…) Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive. »

Deuxièmement, l’apôtre nous appelle à défendre notre espérance.

C’est seulement après avoir parlé du comportement qu’il donne cette instruction au verset 15 : « Respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Quel lien y a-t-il entre ce qui précède et cette invitation à défendre sa foi ?

Si notre manière de vivre est digne de celle d’un enfant de Dieu, alors nous ferons la différence et les gens seront susceptibles de nous poser des questions sur notre foi.

Si nous refusons d’entrer dans des magouilles, si nous ne répondons pas à l’insulte par l’insulte, si nous sommes acteurs de paix, si nous refusons la médisance, si nos opinions sur les faits de société reflètent les valeurs bibliques, les gens s’interrogeront et nous pourrons témoigner de notre espérance.

Troisièmement, à partir du verset 16 l’apôtre nous appelle à témoigner avec douceur et respect.

Respecter son prochain ça se manifeste notamment par l’écoute.

Je viens de terminer une formation de 12 semaines sur la foi et la raison et le témoignage chrétien. Les formateurs nous ont fait prendre conscience du rôle important de l’écoute.

Témoigner, ce n’est pas faire des sermons aux gens. C’est d’abord les écouter. Le témoignage de Michael est un très bon exemple. Il a su écouter et répondre aux interrogations de la coiffeuse.

Mais l’écoute vient en premier. C’est une manière de faire comprendre à l’autre que l’on s’intéresse à lui. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de faire des sermons, ce qui nous intéresse avant tout, ce sont les personnes qui  nous entourent.

On ne peut aimer notre prochain que si on s’intéresse réellement à lui. Ça passe par l’écoute. Qu’est-ce qui le préoccupe ? Quelles questions se pose-t-il sur la vie ?

Notre but n’est pas de faire des sermons, mais de procurer la paix dans le cœur de notre prochain et nous sommes convaincus que seul Jésus peut apporter une vraie paix dans notre cœur.

Pour conclure, retenons que le témoignage réunit ces trois ingrédients. L’un ne va pas sans l’autre, sinon c’est incomplet : avoir un comportement exemplaire, expliquer verbalement ce que nous croyons, témoigner en s’intéressant à notre interlocuteur.

Que Dieu nous offre des occasions de témoigner de la paix qu’il nous procure en toutes circonstances, car il nous offre une espérance certaine.

Christian Huy

Source : Formation RZIM academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy