Apéro discussion : le 4 octobre 2018 !

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Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Eglise évangélique Nîmes

Sujet de philo / point de vue biblique : Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Pour cette prédication, je vous propose de traiter l’un des sujets du bac de philo de cette année 2018.  Voici l’énoncé : Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Les sujets de philo soulèvent souvent des choses intéressantes. Il est intéressant de voir le point de vue des philosophes du passé, le point de vue de nos contemporains et le point de vue de la Bible. Je vais surtout parler du point de vue de la Bible, en me basant en particulier sur la lettre de Paul aux Galates. Mais avant cela, commençons par mentionner brièvement le point de vue de certains philosophes et de nos contemporains.

[1. Le désir selon certains philosophes]

Quand on parle de désir en philosophie, on parle souvent du mythe d’Aristophane. Ce mythe nous vient de Platon, de son ouvrage « Le banquet ». Il met en scène un personnage, Aristophane, qui essaie d’expliquer l’origine de l’amour. Selon lui, les êtres humains sont des êtres incomplets, et donc imparfaits. Autrefois les êtres avaient deux têtes, quatre bras et quatre jambes. Mais comme ces êtres ont défié les dieux, ceux-ci ont décidé de les couper en deux. C’est ainsi que sont apparus les êtres humains avec une seule tête, deux bras et deux jambes. Ce mythe explique notre désir de retrouver notre moitié perdue pour restaurer notre état de complétude originel. Selon la Bible, ce n’est pas du tout comme cela que ça s’est passé, mais je trouve intéressant que Platon ait évoqué une idée de ce genre.

D’après le livre de la Genèse, au tout début, l’homme et la femme étaient nus l’un devant l’autre et ils n’avaient pas honte, ils vivaient en harmonie, en toute transparence. Ils vivaient aussi en harmonie avec Dieu. Par la suite, ils ont rejeté l’autorité de Dieu, ils ont ainsi brisé toute harmonie qui existait, notamment l’harmonie avec Dieu et le reste de la création.

Cette harmonie brisée explique que nous avons le sentiment de ne pas être faits pour le monde tel qu’il est aujourd’hui. Un monde qui connaît la souffrance, la corruption, le mensonge et des catastrophes. Au fond de nous, nous savons que ces choses ne sont pas normales. L’être humain a ainsi le désir d’une vie meilleure, plus comblée. C’est le retour à Dieu qui satisfera ce désir. Mais au lieu de se tourner vers Dieu, l’être humain a tendance à satisfaire ses désirs par d’autres choses, nous y reviendrons dans quelques instants avec la lettre aux Galates.

En attendant, je vous propose de parler d’un autre philosophe : Blaise Pascal. Selon lui, le désir est effectivement une marque de notre imperfection. L’être humain est conscient de sa condition misérable. Nous sommes fragiles, voués à la maladie et à la mort. Nous le savons. Alors pour ne pas y penser, nous détournons notre attention sur autre chose : le divertissement.

Notre désir se porte alors vers toute sorte de loisirs, vers les agitations quotidiennes et même le travail. Selon Blaise Pascal, le fait que notre désir ne soit jamais satisfait prouve que ce ne sont pas ces choses qui peuvent nous combler, mais l’être humain préfère ne pas y penser.

Cette analyse est intéressante et elle rejoint en partie le message biblique. Nous savons que nous sommes limités et imparfaits. Dieu seul peut nous combler et nous offrir la vie éternelle. Mais au lieu de chercher Dieu, notre nature humaine a tendance à se tourner vers d’autres dieux, que ce soient d’autres religions, des idéologies, le travail ou simplement des divertissements.

[2. Le désir selon nos contemporains]

Qu’en pensent nos contemporains ? Je n’ai pas fait de sondage, je ne pense pas pouvoir exposer tous les points de vue qui existent de nos jours, mais deux choses m’ont frappées lorsque j’ai lu ou écouté quelques corrections proposées pour cette épreuve du bac.

Premièrement, aucun des profs de philo (consulté) n’a parlé d’une quelconque distinction entre des bons et des mauvais désirs. Cet oubli, volontaire ou pas, montre que nous vivons dans une société où la barrière entre le bien et le mal est de plus en plus floue.

Deuxièmement, les conclusions que j’ai lues mettent en évidence que nous sommes imparfaits et tant mieux. Selon ces profs, nous avons des désirs, car nous sommes imparfaits et c’est très bien comme cela. En effet, puisque nous sommes imparfaits, nous désirons atteindre la perfection sans jamais y arriver, mais ce n’est pas grave. L’important c’est d’avoir une motivation dans la vie, c’est de vouloir dépasser ses limites.

En fait, si nous étions parfaits, nous n’aurions plus aucun manque, donc plus aucun désir. Et si nous n’avions plus aucun désir, alors nous nous ennuierions. La perfection n’est donc pas souhaitable, au risque de s’ennuyer.

Ce point de vue me fait penser à une question que j’entends parfois : si au paradis nous serons comblés, n’allons-nous pas nous ennuyer pendant l’éternité ?

Ma femme et moi nous aimons beaucoup le thé. À notre mariage, les invités se sont concertés pour nous offrir chacun une boite de thé. Nous nous sommes retrouvés avec 80 thés pratiquement tous différents. Nous avons beaucoup apprécié découvrir ensemble des nouvelles saveurs.

Aujourd’hui encore nous découvrons encore des nouveaux thés (!). Nous aimons surtout les thés nature, car il y a beaucoup d’arômes subtils qui se développent naturellement. Nous avons par exemple déjà goûté des thés assez rares qui avaient des arômes de cacao grillé ou encore de litchis.

Il existe des centaines de thés différents, mais il y en a tout de même un nombre limité sur cette terre. Maintenant, imaginez qu’au ciel, il y ait un nombre illimité de bons thés (!) et de saveurs, au point où l’éternité ne suffirait pas pour tout goûter.

À mon avis, ce sera le cas pour toutes choses. Dieu est infini, et donc nous serons infiniment comblés. Nous n’arrêterons pas de découvrir les merveilles de Dieu tellement il y en a, ce sera sans fin, ça ne sera pas ennuyant. Je ne pense pas que l’imperfection soit une bonne chose ni que nous nous ennuierions si nous étions parfaits. Regardons maintenant ce que dit la Bible.

 [3. Le désir selon la Bible]

Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Pour répondre à cette question, j’ai choisi un texte que je n’aurai pas forcément choisi. Je l’ai choisi parce qu’il est en plein dans le sujet et même j’ai un peu hésité parce que c’est un texte qui me dérange. Mais comme je le dis parfois, quand Dieu nous dérange, c’est souvent le signe que nous avons là quelque chose à apprendre.

Il s’agit de la lettre de Paul aux Galates, chapitre 5, les versets 13 à 26 :

13 Frères et sœurs, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour suivre les désirs de votre nature propre. Au contraire, soyez par amour serviteurs les uns des autres.

14 En effet, toute la loi est accomplie dans cette seule parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 15, Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, attention: vous finirez par vous détruire les uns les autres. 16 Voici donc ce que je dis: marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de votre nature propre.

17 En effet, la nature humaine a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit a des désirs contraires à ceux de la nature humaine. Ils sont opposés entre eux, de sorte que vous ne pouvez pas faire ce que vous voudriez. 18 Cependant, si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes pas sous la loi.

19 Les oeuvres de la nature humaine sont évidentes: ce sont [l’adultère,] l’immoralité sexuelle, l’impureté, la débauche, 20 l’idolâtrie, la magie, les haines, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les divisions, les sectes, 21 l’envie, [les meurtres,] l’ivrognerie, les excès de table et les choses semblables.

Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait: ceux qui ont un tel comportement n’hériteront pas du royaume de Dieu.

22, Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. 23 Contre de telles attitudes, il n’y a pas de loi. 24 Ceux qui appartiennent à [Jésus-]Christ ont crucifié leur nature propre avec ses passions et ses désirs.

25 Si nous vivons par l’Esprit, laissons-nous aussi conduire par l’Esprit. 26 Ne soyons pas vaniteux en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.

Dans cette partie de la lettre, l’apôtre Paul explique que le vrai disciple de Jésus est libre par rapport à la loi. Il n’est plus soumis à la loi, mais à l’Esprit.

Notez que la liberté, selon la Bible, ce n’est pas l’absence de contrainte. La liberté, c’est être soumis à l’Esprit de Dieu au lieu d’être soumis à la nature humaine. L’apôtre Paul fait la distinction entre deux types de désirs : les désirs de la chair, autrement dit, de la nature humaine, et les désirs guidés par l’Esprit de Dieu.

Les désirs de la nature humaine sont la marque de notre imperfection. L’être humain a été créé bon au départ, mais il s’est détourné de cette bonté. Il a pris son indépendance par rapport à Dieu par orgueil, pour ne plus dépendre de personne. Depuis cet acte de rébellion, les désirs de l’être humain sont en décalage avec ceux de Dieu.

L’apôtre Paul le souligne au verset 17 : « la nature humaine a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit a des désirs contraires à ceux de la nature humaine ».

Quels sont ces désirs ? Nous avons quelques exemples à partir du verset 19. On peut les classer en trois catégories.

Il y a premièrement des désirs d’ordre sexuel : l’adultère, l’immoralité sexuelle, l’impureté et la débauche.

Le sexe n’est pas mauvais, il a été créé par Dieu. Mais Dieu a prévu un cadre pour cela. Dès que l’on sort de ce cadre, on suit alors nos propres désirs et non pas ceux de Dieu.

Il y a deuxièmement les désirs qui portent atteinte à la relation avec Dieu : l’idolâtrie et la magie.

L’idolâtrie, ce n’est pas seulement avoir d’autres dieux dans le sens religieux. L’idolâtrie consiste avant tout à mettre autre chose que Dieu à la première place. Qu’est-ce qui occupe le plus souvent notre pensée ? Quelle différence y a-t-il entre notre budget pour l’Église, pour les missions et pour nos loisirs ?

Je connais des chrétiens qui ne partent pas en vacances pour donner plus à l’Église, à des œuvres et à des missions. J’ai lu le livre d’un auteur, Francis Chan, qui a vendu sa maison pour en acheter une plus petite, et il a donné la différence à des œuvres chrétiennes.

Je vous donne ces exemples, mais personnellement je suis loin d’être aussi dévoué que ces personnes, j’ai encore beaucoup à apprendre et à changer. Je ne suis pas contre les vacances et la détente. D’ailleurs, je sais déjà où je passerai mes prochaines vacances !

Mais il y a un équilibre et un discernement à avoir sur notre gestion du temps et de l’argent, je pense que ces choses révèlent là où est notre cœur.

Quant à la magie, c’est tout ce qui est en rapport avec la sorcellerie, la voyance, l’astrologie, etc. Toutes ces choses sont dirigées par des esprits qui ne viennent pas de Dieu.

Le troisième type de désirs humains est relationnel, ces désirs affectent notre relation avec les autres : les haines, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les divisions, les sectes, 21 l’envie, [les meurtres,] l’ivrognerie, les excès de table et les choses semblables.

À la fin du verset 21 l’apôtre Paul dit une parole dérangeante, elle peut même paraître légaliste : Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait: ceux qui ont un tel comportement n’hériteront pas du royaume de Dieu.

Cette parole est dérangeante d’autant plus pour nous qui sommes protestants et évangéliques, nous qui mettons l’accent sur la grâce. « Ceux qui ont un tel comportement n’hériteront pas du royaume de Dieu. »

Où est la grâce dans ce discours de Paul ?

Si nous regardons l’enseignement général de Paul, Dieu nous pardonne par grâce, il nous offre la vie éternelle par grâce. Mais être enfant de Dieu ce n’est pas seulement accepter le pardon de Dieu.

Être un enfant de Dieu, c’est être né de nouveau, comme l’a dit Jésus. La nouvelle naissance implique forcément une transformation, nous ne sommes plus la même personne, si bien que nous portons des fruits de l’Esprit, tout comme l’apôtre le dit au verset 22 :

22, Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi.

Le verset 24 résume bien son propos : ceux qui appartiennent à [Jésus-]Christ ont crucifié leur nature propre avec ses passions et ses désirs. L’apôtre Paul ne fait que dire d’une autre manière ce que Jésus lui-même a enseigné. Il a dit par exemple en Matthieu 5 : Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Pouvons-nous donc être parfaits et entièrement saints sur cette terre ? Je ne pense pas, mais nous pouvons déjà être transformés par l’Esprit et cela doit se voir. Le chrétien n’est pas quelqu’un de parfait, mais il progresse sur le chemin de la sainteté.

On n’est pas sauvé simplement parce qu’un jour on a fait une prière pendant un camp. On n’est pas sauvé parce qu’on a changé de conviction. On n’est pas sauvé simplement parce qu’on s’est fait baptiser et parce qu’on est quelqu’un de bien. On est sauvé par la grâce de Dieu et cette grâce nous transforme jour après jour par l’Esprit saint. Les fruits de l’Esprit sont la marque de notre transformation.

[Conclusion]

En conclusion, le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Les désirs de notre nature humaine sont effectivement la marque de notre imperfection. Ils sont la marque que nous suivons notre propre volonté et non celle de Dieu. En revanche, les désirs de l’Esprit sont la marque de notre nouvelle naissance et de notre transformation.

Que la grâce de Dieu nous transforme jour après jour et qu’il produise en nous l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur et la maîtrise de soi.

Christian Huy




Ecologie et nature, qu’en dit la Bible ?

Connaissez-vous les 10 commandements suivants ?

  • Tu éteindras la lumière lorsque tu seras le dernier à quitter une pièce.
  • Tu prendras des douches courtes et non des bains.
  • Tu chaufferas ta maison à 19° dans les pièces principales et à 17° dans les chambres.
  • Tu achèteras des produits avec le moins d’emballage possible.
  • Tu n’utiliseras plus de lingettes jetables.
  • Tu trieras tes déchets.
  • Tu achèteras des fruits et légumes de saison, de préférence bio et local.
  • Pour les produits importés, tu achèteras équitable.
  • Tu iras chez le fromager avec ton Tupperware pour limiter les emballages.
  • Tu n’utiliseras plus ta voiture, mais tu prendras les transports en commun.

Depuis plusieurs années, les pays riches prennent conscience que nous polluons la terre et que nous épuisons ses ressources. On nous invite à des gestes « écolos » pour préserver la nature le plus possible, ou plutôt pour limiter les dégâts irréversibles déjà causés par l’homme. Qu’est-ce que la Bible nous enseigne à propos de la nature ? Le chrétien et l’Église ont-ils un rôle à jouer pour la préservation de l’environnement ?

  1. La nature est un cadeau de Dieu pour l’humanité

Voici ce que nous pouvons lire dans le livre de la Genèse, au chapitre 2, les versets 5 à 17 :

5 Lorsque l’Eternel Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs ne poussait encore, car l’Eternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.
6 Cependant, une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol.
7 L’Eternel Dieu façonna l’homme avec la poussière de la terre. Il insuffla un souffle de vie dans ses narines et *l’homme devint un être vivant.
8 L’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’est, et il y mit l’homme qu’il avait façonné.
9 L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute sorte, agréables à voir et porteurs de fruits bons à manger. Il fit pousser l’arbre de la vie au milieu du jardin, ainsi que l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
11 Le nom du premier est Pishon: il entoure tout le pays de Havila où se trouve l’or. 12 L’or de ce pays est pur. On y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.
13 Le nom du deuxième fleuve est Guihon: il entoure tout le pays de Cush.
14 Le nom du troisième est le Tigre: il coule à l’est de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.
15 L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde.
16 L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme: «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin,
17, mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain.» 

La nature a été créée avant l’homme, mais elle n’avait pas encore donné de fruits et légumes, car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir et l’homme n’était pas encore là pour cultiver le sol. Une fois l’homme créé, Dieu plante le jardin d’Eden et il y place l’homme. Ensuite, Dieu fait pleuvoir sur la terre et pousser des arbres qui donnent des fruits. Voici l’une des premières paroles de Dieu au verset 16 : «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin ».

La suite du verset est une restriction, Dieu interdit le fruit d’un seul arbre. Mais avant la restriction, Dieu donne tous les autres fruits à l’homme. La nature est un cadeau de Dieu. Dieu plante un jardin pour l’homme afin que celui-ci se nourrisse. Ce constat nous invite à la reconnaissance. La plus grande partie de notre consommation alimentaire nous vient de la terre : le blé, le riz, les pommes de terre, les fruits et légumes, etc. Toutes ces choses ont été créées par Dieu et offertes à l’humanité.

  1. La nature est un bien confié à l’humanité

La nature est un cadeau, et l’homme en est responsable. Au verset 15 nous lisons : « L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde. » L’homme reçoit la responsabilité de garder le jardin, il a comme un rôle de gardien. Nous sommes invités à traiter la terre comme un cadeau précieux. Voici comment Dieu parle de la terre dans un autre passage de la Bible. Dans le Lévitique, chapitre 25, versets 3 à 7 :

3 Pendant 6 ans tu ensemenceras ton champ, pendant 6 ans tu tailleras ta vigne et tu en récolteras le produit. 4, Mais la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel: tu n’ensemenceras pas ton champ et tu ne tailleras pas ta vigne, 5 tu ne moissonneras pas ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson et tu ne vendangeras pas les raisins de ta vigne non taillée. Ce sera une année de repos pour la terre.

Je ne suis pas spécialiste en agronomie. Certains diront certainement que c’est une bonne chose pour la terre de ne pas tout le temps être exploitée. Mais c’est intéressant de voir que Dieu parle de repos pour la terre. Dans la suite du passage, nous comprenons que le repos de la terre implique le repos de l’être humain. Dieu invite son peuple à s’arrêter et à constater que Dieu continue de pourvoir à ses besoins.

L’homme doit travailler pour se nourrir, mais attention, évitons de penser que notre salaire est le fruit de notre unique effort, c’est avant tout Dieu qui prend soin de nous. La nature est un cadeau et l’homme en est responsable, il doit respecter la nature.

  1. La nature souffre à cause de l’être humain

Tout a commencé avec Adam et Ève, au moment de la chute, c’est à dire, le moment où Adam et Ève désobéissent à Dieu en mangeant le seul fruit défendu. Dieu les avait prévenus, cette désobéissance aura pour conséquence la mort. C’est un peu comme quand on débranche un appareil électrique. Quand on se débranche de Dieu, on est voué à la mort, parce que c’est Dieu qui donne la vie.

Lorsqu’Adam et Ève désobéissent, toute la création subit un déséquilibre. À l’origine, le créateur, la création et les créatures étaient en harmonie. Mais une fois cette harmonie brisée, toutes les relations sont abîmées : la relation entre Dieu et l’humanité, la relation entre les humains, et même la relation entre l’être humain et la nature.

Imaginez que vous cassiez le pied d’une chaise. Vous ne vous dites pas : « c’est pas grave, il y a encore les trois autres ». Un pied cassé déséquilibre toute la chaise. Le péché d’Adam et Ève a déséquilibré toute l’harmonie présente dans le jardin d’Eden, si bien que Dieu a dû les chasser du jardin. La première conséquence du péché, c’était la mort. Mais voici une autre conséquence (Genèse, chapitre 3, versets 17 à 19) :

17 Il dit à l’homme: «Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.
18 Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs. 19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.»

À cause de la désobéissance de l’homme, la nature est maudite, elle produit des mauvaises herbes et elle donne difficilement des fruits et des légumes. Il est toujours possible de cultiver des tomates ! Mais cela demande un travail plus pénible. La terre est envahie par les mauvaises herbes et des maladies menacent les plantations, sans parler des rongeurs ou des insectes qui viennent manger le fruit sur le plant.

C’est à cause de ces difficultés qu’aujourd’hui les cultivateurs préfèrent utiliser toutes sortes de produits chimiques, afin de faciliter le travail. Suite à la chute, le travail de la terre est devenu difficile et l’homme essaie de contourner ces difficultés, mais cela se fait généralement au détriment de la nature et de la santé des hommes. Avant de voir comment la terre peut retrouver un équilibre, j’aimerais encore mentionner un autre point sur la nature.

  1. La nature est une révélation de Dieu

La nature étant un élément de la création, elle porte la signature du créateur. Tout être humain perçoit la création d’une manière ou d’une autre. Pour l’apôtre Paul, cette révélation suffit pour que l’être humain prenne conscience de Dieu. Voici comment il parle de ceux qui refusent de croire au créateur, il est assez direct dans ses propos (Romains 1.18-21):

18 La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière,
19 car ce qu’on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître.
20 En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu’il a fait. Ils sont donc inexcusables,
21 puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu’il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur coeur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.

L’apôtre Paul affirme que tout le monde a conscience que Dieu existe puisqu’il se manifeste à toute l’humanité par sa création. Mais au lieu de glorifier Dieu, l’être humain se détourne de lui. On en revient encore au problème du péché. Je conclus par mon cinquième point qui fait le lien avec tous les autres points déjà mentionnés.

  1. La nature attend une restauration avec l’homme

L’homme a un devoir de prendre soin de la nature, mais attention de ne pas tomber dans la divinisation de celle-ci. La nature a été offerte à l’homme et on pas l’homme offert à la nature.

Nous avons un devoir de prendre soin de ce cadeau de Dieu, mais ne tombons pas dans une sorte d’adoration ou de religion où l’on s’estime être quelqu’un de bien juste parce que l’on trie ses déchets. Faire le bien, c’est bien plus que cela, c’est obéir à Dieu et c’est l’adorer LUI.

Le plus gros problème de l’homme, ce n’est pas la pollution, ce n’est pas la déforestation, ce n’est pas le pillage des ressources naturelles. Le plus gros problème de l’homme, c’est le péché. C’est à cause du péché que nous mourrons. C’est à cause du péché que la nature souffre. C’est à cause du péché que l’homme exploite de manière irresponsable la terre que Dieu lui a confiée. Quelle est la solution ?

Nous pouvons bien sûr adopter des gestes écologiques pour limiter les dégâts, mais comme mentionné plus haut, les dégâts sont irréversibles. La population mondiale va bientôt atteindre 10 milliards de personnes, les ressources de la terre sont de plus en plus endommagées et de plus en plus limitées. Que faire?

La Bible nous demande premièrement de nous tourner vers Jésus, car c’est lui qui règle le problème du péché, en nous pardonnant et en nous envoyant son esprit pour nous aider à obéir. Enfin, ce n’est pas l’homme qui va sauver la nature, c’est Dieu. L’homme doit prendre soin de la nature, mais il ne sauvera pas l’humanité ainsi.

Voici ce que nous lisons dans le livre de l’apocalypse, chapitre 21, versets 1 à 5 :

1 Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu et la mer n’existait plus.
2 Je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une mariée qui s’est faite belle pour son époux.
3 J’entendis une voix forte venant du ciel qui disait: «Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes! Il habitera avec eux, ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, [il sera leur Dieu].
4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu.»
5 Celui qui était assis sur le trône dit: «Voici que je fais toutes choses nouvelles.» Il ajouta: «Écris cela, car ces paroles sont dignes de confiance et vraies.»

Ceux qui ont accepté la vie offerte par Jésus se retrouveront sur une nouvelle terre avec un nouveau corps. L’équilibre entre Dieu, l’être humain et la nature sera retrouvé. Face à la mort, au péché et à la destruction de la nature, nous avons cette espérance que Dieu  lui-même restaurera toute la création.

Christian Huy




L’enfer

Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

Dans cette série de prédications, j’aborde certaines objections que l’on peut entendre à l’encontre de la foi chrétienne et j’essaie de donner des pistes sur la manière dont on peut répondre à ces objections. L’apôtre Pierre nous invite à réfléchir à notre foi afin de pouvoir apporter des réponses aux questions que l’on nous pose. Dans sa première lettre, nous pouvons lire ceci : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 P 3.15)

Les semaines passées, j’ai abordé les thèmes suivants : La foi fait-elle intervenir la raison ? La science moderne discrédite-t-elle la foi ? Que dire des guerres de religion ? La résurrection de Jésus est-elle une légende ou un fait historique ? Si Dieu existe, pourquoi le mal et pourquoi la souffrance ?

Nous avons vu à chaque fois que le message biblique est solide, cohérent, et même logique. En abordant ces thèmes sous un angle plutôt rationnel, je ne veux pas non plus écarter l’aspect émotionnel de la foi car il a toute sa place. La foi fait intervenir nos sentiments et notre intelligence. Après tout, c’est qui nous a créés ainsi, avec la capacité de ressentir des émotions et de réfléchir. Ici, nous continuons cette série de prédications et nous abordons maintenant le thème de l’enfer. Beaucoup de personnes de tout arrière-plan trouvent que le Dieu décrit dans la Bible n’est pas assez bon. Ils refusent de croire en lui à cause de l’enseignement sur l’enfer. Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ? Nous allons regarder ce que dit Jésus à ce propos, mais avant cela j’aimerais prendre le temps de donner quelques précisions sur cette question.

[1. Il est normal de se poser la question]

Premièrement, il est normal de se poser cette question. Tout à l’heure j’ai dit que nous abordons en ce moment des thèmes bibliques sous l’angle de la raison. Mais quand on parle de l’enfer, il est difficile, voire impossible, de le faire en mettant de côté nos émotions. Si la mention de l’enfer dans la Bible pose problème, c’est justement parce que nous sommes des êtres émotionnels et nous avons du mal à concevoir que Dieu puisse envoyer des gens en enfer.

La plupart d’entre nous avons déjà perdu des proches, membres de notre famille, amis ou connaissances. Parmi eux, il y a peut-être des gens qui n’avaient pas mis leur foi en Jésus. Si c’est le cas, vous avez peut-être déjà eu les mêmes questionnements que moi. Comment Dieu peut-il laisser cette personne aller en enfer ? Dieu n’est-il pas bon ? Ne peut-il pas faire en sorte qu’on aille tous au paradis ?

La Bible enseigne quelque chose qu’on n’a pas envie de croire : l’existence de l’enfer. C’est quelque chose que l’on enseigne même aux enfants dans nos Églises. L’un des versets qu’on leur enseigne le plus, c’est Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »

Ce verset est très clair, il y a deux issues possibles, périr ou avoir la vie éternelle : « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » Il y a donc des gens qui périssent parce qu’ils ne croient pas en Jésus. Il est normal de se poser la question : pourquoi Dieu ne sauve-t-il pas tout le monde ? Comment peut-on penser d’une part que Dieu aime tous les hommes et d’autre part qu’il en envoie certains en enfer ? Est-ce compatible ? Je pense que ces questions sont légitimes, c’est la première chose que je veux souligner. Le deuxième point que je veux relever, c’est qu’il faut prendre ces questions très au sérieux.

[2. Il faut prendre ces questions au sérieux]

Il ne faut pas prendre à la légère notre réflexion sur l’enfer. « Si je prétends qu’il n’y a pas d’enfer alors qu’il existe, je risque de conduire les gens précisément dans un endroit dont j’ai [publiquement] nié l’existence ! Et si je prétends à tort que l’enfer existe ? Je risque de forcer les gens à passer leur vie à mettre en garde leurs bien-aimés. Et à propos de quoi ? D’un endroit terrifiant qui n’existe même pas ! » (Francis Chan) On ne peut pas prendre la question de l’enfer à la légère. « Vous ne pouvez pas juste donner votre avis et continuer tranquillement votre chemin. » (Francis Chan) Il y a beaucoup trop de choses en jeu et surtout trop de personnes en jeu. Prenons donc cette question au sérieux. Ce matin je ne peux pas traiter cette question à fond, ça me prendrait plusieurs heures. Je vous invite donc à continuer d’y réfléchir chez vous, en lisant la Bible et surtout en priant. La troisième chose que j’aimerais souligner, c’est que Dieu est Dieu.

[3. Dieu est Dieu]

Dieu est Dieu et donc il fait ce qu’il veut. De nombreux passages des Écritures parlent de la souveraineté de Dieu. Le psaume 115 en fait partie. Voici ce que nous lisons au verset 3 : « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut. » Si Dieu existe, ce n’est pas nous qui allons décider qui il est ou comment il est.

De nos jours, les gens ont tendance à s’imaginer Dieu comme ils le souhaiteraient. C’est dans l’air du temps, on veut tout personnaliser. En faisant cela, c’est comme si nous érigions une idole. Nous nous créons un Dieu tel que nous le voudrions, bien souvent, un Dieu qui nous ressemble ! Mais si Dieu existe, il est comme il est, même s’il ne correspond pas à l’image que l’on se fait de lui, cela ne changera rien sur sa personne.

La Bible affirme que le cœur humain est corrompu. À cause cette corruption, nous ne sommes pas en phase avec Dieu. La Bible enseigne qu’il y a une énorme distance entre notre manière de penser et sa manière de penser. Voici ce que Dieu a dit à travers le prophète Esaïe : « vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, déclare l’Éternel. Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55.8-9)

À cause de cette distance, on doit s’attendre à ce que Dieu nous enseigne des choses qui entrent en conflit avec notre façon naturelle de penser. C’est une raison de plus pour dire que nous ne pouvons pas écarter un enseignement de la Bible juste parce que cela n’entre pas dans nos cases. Regardons maintenant ce que dit la Bible à propos de l’enfer.

[Enseignement biblique sur l’enfer]

Certains lecteurs de la Bible pensent avoir trouvé des passages qui affirmeraient que personne n’ira en enfer. Autrement dit, nous irions tous au paradis. Les deux textes les plus cités sont Philippiens 2 et 1 Corinthiens 15.

Voici ce qu’on peut lire dans Philippiens 2.9-11. L’auteur parle de Jésus et il dit à son propos : « Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

Ce texte enseigne qu’à la fin des temps, tout le monde reconnaîtra que Jésus est le Seigneur. C’est tout à fait vrai. Mais ce texte ne dit pas du tout que tout le monde sera au paradis. Il dit simplement que chaque être humain reconnaîtra la royauté de Jésus, qu’il fasse partie du royaume des cieux ou non.

Un autre passage se trouve dans la première lettre de Paul aux Corinthiens et il dit ceci : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Co 15.22) Mais le contexte nous apprend que c’est ceux qui donnent leur vie à Jésus qui auront une nouvelle vie. Il suffit par exemple de lire le verset suivant : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun à son propre rang: Christ en premier, puis ceux qui appartiennent à Christ lors de son retour. » C’est tous ceux qui ont donné leur vie à Jésus qui revivront en Christ. Regardons maintenant ce que dit Jésus à propos de l’enfer.

Il en parle à plusieurs reprises, mais ce matin j’aimerais juste prendre un texte significatif de son enseignement. Matthieu 25.31 à 34 et 41 :

31 Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les [saints] anges, il s’assiéra sur son trône de gloire. 32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs; 33 il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde!
[…]
41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges!

Dans ce passage, Jésus décrit le jour du jugement dernier qui aura lieu lors de son retour. Jésus jugera chaque être humain et il y aura deux issues : le royaume des cieux ou le feu éternel. Pratiquement à chaque fois où il en est question, Jésus parle de l’enfer comme un feu éternel. Est-ce une image ou est-ce que c’est à comprendre littéralement ?

On sait que dans la Bible, l’image du feu est souvent utilisée comme un symbole. Par exemple, on peut lire que la langue est un feu (lettre de Jacques). Dans l’apocalypse, les yeux de Jésus sont décrits comme des flammes de feu. L’apôtre Paul dit que nos œuvres brûleront le jour du jugement (1 Co 3.15).

Il me semble qu’ici le feu est encore une fois un symbole. Mais quoi qu’il en soit, ça ne remet pas en question le fait que l’enfer est un lieu de souffrances. C’est un lieu de souffrance, car c’est là où l’amour de Dieu est absent. Mais comment se fait-il qu’il y ait des endroits où l’amour de Dieu est absent ? L’amour de Dieu n’est-il pas infini ?

D’après la Bible, Dieu a manifesté son amour en Jésus. C’est notamment le verset de Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Par amour pour nous, Dieu a donné son fils. Mais tout le monde accepte-t-il cet acte d’amour ? Tout le monde accepte-t-il de reconnaître son besoin de Dieu ?

CS Lewis a écrit ceci à propos du jugement et de la destinée de l’Homme : « En somme, il n’y a que deux types de personnes : ceux qui disent à Dieu « Que ta volonté soit faite », et ceux auxquels finalement Dieu dit « Que ta volonté soit faite ». »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul parle du sort de ceux qui ne suivent pas Jésus, il dit que : « Dieu les a abandonnés aux désirs de leur cœur. » (Ro 1.24)

Tout ce que Dieu fait aux gens à la fin, c’est leur donner ce que leur cœur désire le plus, y compris le droit de ne pas lui être soumis.

Pour conclure, revenons à notre question de départ : comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

En fin de compte, Dieu n’envoie pas les gens en enfer. Dieu ne jette pas les gens en dehors de sa présence. Ce sont les gens qui choisissent de se couper de Dieu, ils refusent son amour et son royaume. Ces quelques réflexions sur l’enfer vous font peut-être réagir. N’y a-t-il pas plus d’espoir que cela ? Dieu est tellement grand, ne peut-il pas mettre en place un plan B pour ceux qui sont perdus ?

Nulle part dans la Bible, il n’est question d’un plan B. En fait, si on avance l’hypothèse qu’il pourrait y avoir un plan B, ça veut dire que le plan A de Dieu a raté. Mais Dieu a un plan parfait, il n’a pas besoin d’un plan B.

En revanche, j’ai déjà entendu des beaux témoignages très surprenants. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai eu connaissance du témoignage d’un homme qui était sur son lit de mort. Et peu avant de mourir, Jésus s’est révélé à lui, il s’est repenti de son incrédulité, il a confessé Jésus comme son Seigneur, et il est décédé. Comme le dit une amie, au ciel nous aurons de belles surprises !

Dieu nous demande de croire en la réalité de l’enfer pour ceux qui refusent la grâce de Jésus. Et il nous demande aussi de lui faire confiance, car son plan est parfait. Une fois j’ai entendu quelqu’un dire qu’il ne serait pas heureux au ciel si sa famille n’y est pas. Je partage tout à fait cette pensée. En même temps, dans le livre de l’Apocalypse, Dieu nous promet qu’au ciel, il n’y aura plus aucune tristesse. Nous serons dans la joie. C’est une promesse. Comment penser que nous serons dans la joie s’il manque des gens que l’on aime ?

Pour moi c’est un mystère. Dieu me demande à la fois de croire qu’il y aura un jugement et d’avoir confiance en son plan parfait pour moi et pour ceux que j’aime. Je ne peux pas tout comprendre, mais  je suis invité à mettre ma foi en lui et à continuer de proclamer l’Évangile, afin que ceux qui croient en Jésus ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle.

[Temps de questions après la prédication]

Comment expliquer que Dieu se révèle à certains et pas à d’autres ? Y aurait-il des privilégiés ? Exemple : l’apôtre Paul à qui Jésus est apparu.

Réponse : C’est une question qui concerne la souveraineté de Dieu. Comme on l’a vu : « Dieu fait ce qu’il veut » (Psaume 115.3). Néanmoins, en parlant de l’apôtre Paul, il cherchait sincèrement Dieu dans le judaïsme légaliste. Jésus lui est apparu pour lui révéler la voie de Dieu. Dans les Évangiles, Jésus a dit : « qui cherche trouve » (Matthieu 7.8). J’ai déjà entendu des témoignages de personnes qui ne connaissaient pas Jésus, mais qui cherchaient à connaître le Dieu créateur, et Dieu s’est révélé à eux.

Peut-on parler de privilèges ? Je ne sais pas, mais pour ma part je me sens privilégié. Tout comme je me sens privilégié d’être né dans un pays « riche ». Du coup, je me sens le devoir de partager une partie de mes biens à ceux qui sont dans le besoin. Nous devrions réagir de la même manière avec l’Évangile : partager cette nouvelle à ceux qui sont autour de nous.

Qu’en est-il de ceux qui vivent dans un contexte où ils n’ont jamais entendu parler de Jésus ?

Réponse : Comme je l’ai dit : « qui cherche trouve ». Dans sa lettre aux Romains (1.18-21), Paul met en évidence que Dieu se révèle à tous par sa création. Dans les Psaumes, nous lisons que le ciel raconte la gloire de Dieu (Ps 19). Ainsi, même sans une révélation spécifique, tous les hommes peuvent  approcher le créateur.

Par ailleurs, il est dit dans les Écritures que chacun sera jugé selon ce qu’il aura entendu. Et nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu.

Tu as dit que nous ne serons pas tristes au paradis, même s’il manque des êtres qui nous sont chers. Est-ce parce que nous perdrons nos souvenirs terrestres ?

 Selon la Bible, nous ressusciterons tout comme Jésus est ressuscité (1 Co 15.23). Or Jésus avait les cicatrices des clous sur ses mains et ses pieds. Il avait encore le souvenir de ses disciples. Son corps était un peu différent (on parle de corps glorifié), mais il y aura une continuité entre notre vie présente et celle à venir. Nous garderons notre personnalité propre. La différence, c’est que notre corps ne sera plus entaché par le péché.

À propos de la fin des temps et de nos proches, je pense que nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu, à sa bonté et à son amour. Il agit toujours avec amour et justice. Au ciel, nous ne serons pas tristes et nous n’aurons que de belles surprises. Nous nous dirons : Dieu est encore plus juste et plus bienveillant que ce que je pensais. Non pas qu’il n’y aura pas de punition ou de réel jugement. Mais nous comprendrons mieux, il me semble, son plan.

Toutefois, en attendant d’être au ciel, Dieu nous demande de proclamer l’Évangile sans lequel il n’y a pas de salut.

Christian Huy

Sources principales :
L’enfer ignoré de Francis Chan
La raison est pour Dieu de Timothy Keller




Science et foi (Genèse 1.1)

La science a-t-elle discrédité la foi en Dieu ?

Parfois lorsque je parle de Dieu autour de moi, on me dit : « moi je suis scientifique, donc je ne crois pas en Dieu ». Dans l’esprit de certaines personnes, la science et la foi s’opposent. Mais beaucoup de scientifiques croient en Dieu. Parmi les chercheurs modernes qui ont obtenu des prix Nobel de physique, de chimie ou de biologie, il y a des chrétiens convaincus.

Un jour, un étudiant en troisième année de médecine me disait qu’il aimait regarder les émissions scientifiques parce qu’elles rendent gloire à Dieu. Les découvertes en biologie montrent à quel point les êtres vivants sont bien faits. De plus en plus de scientifiques sont tellement fascinés par ce qu’ils découvrent, qu’ils se disent que cela ne peut pas être le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, dans le milieu scientifique, on parle de l’ « intelligent design ». En français, c’est le concept du dessein intelligent. C’est une théorie qui affirme que l’être vivant est tellement complexe, tellement bien fait, qu’il est plus probable que cela vienne d’une cause intelligente que du hasard.

On prend souvent l’exemple suivant pour expliquer cette idée : si vous démontez une horloge, vous verrez des mécanismes complexes et bien réfléchis. Personne ne dira qu’une horloge est le fruit du hasard. Personne ne dira qu’une horloge s’est assemblée toute seule.

Les partisans du dessein intelligent diront que c’est exactement pareil pour l’univers et pour la vie humaine. Le corps humain est si bien constitué qu’il doit y avoir une intelligence derrière tout ça.

L’apôtre Pierre nous encourage à témoigner de notre foi en faisant appel à la raison : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 Pierre 3.15)

Nous sommes appelés à réfléchir sur notre foi pour pouvoir l’expliquer au moyen d’exposés intelligibles. Bien sûr, la foi est avant tout une question de relation et d’expériences avec Dieu, il ne faut pas écarter ces aspects-là. Mais ce même Dieu a créé l’intelligence et il nous donne la capacité de témoigner de notre foi avec raison, c’est ce que souligne l’apôtre Pierre.

Ici, nous abordons la question du rapport entre la science et la foi, en particulier sur le sujet de nos origines. Parfois, quand j’évoque ma foi autour de moi, on me parle comme si je n’étais pas raisonnable et on me questionne. Ce sont toujours de bonnes occasions pour expliquer ce que l’on croit. Mais en fait, nous pouvons nous aussi poser des questions à nos interlocuteurs. Pourquoi pensent-ils qu’il n’y a pas de Dieu ? Si Dieu n’a pas créé l’univers et la vie, d’où venons-nous ?

Prenons le premier verset de la Bible.

  1. Au commencement

Genèse chapitre 1, verset 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Ce premier verset nous apprend qu’il y a eu un commencement ! Savez-vous que la communauté scientifique a cru pendant des siècles que l’univers a toujours existé ? La Bible, quant à elle, parle d’un commencement. Le ciel et la terre n’ont pas toujours existé ! Ce n’est que très récemment que les scientifiques ont reconnu un début à l’univers. Aujourd’hui, ils sont majoritairement d’accord pour affirmer que l’univers n’a pas toujours existé. Ils parlent d’un « Big Bang ». Une sorte d’explosion à partir de laquelle l’univers est né, avec les astres, les étoiles et les planètes. Quand ce concept de Big Bang a commencé à être diffusé, beaucoup de scientifiques s’y sont opposés sous prétexte que c’était une doctrine chrétienne. Mais aujourd’hui, c’est une théorie reconnue dans la communauté scientifique, et elle confirme effectivement l’enseignement biblique. L’univers n’a pas toujours existé, il a bien eu un commencement, tout comme le premier verset de la Genèse le déclare.

La Bible en parle aussi dans l’Évangile selon Jean, au premier chapitre.

1 Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.
2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (1.1-3)

D’après ces versets, tout ce qui existe a été créé par Dieu et par sa Parole, rien de ce qui existe n’a été fait sans lui. Si la communauté scientifique est d’accord pour reconnaître qu’il y a bien eu un début pour l’univers, ils reconnaissent aussi qu’avant ce commencement, il n’y avait absolument rien, et ils doivent aussi se poser la question : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

  1. S’il n’y avait rien, comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

Si pendant un temps il n’y avait rien du tout, même pas un atome, même pas un électron, même pas une force, alors comment se fait-il que l’univers existe ? Pourquoi la matière existe-t-elle ?

L’un des pères de la cosmologie moderne s’appelle Allan Sandage, il est décédé en 2010. C’est un astronome célèbre, il a eu de nombreuses récompenses pour ses recherches. Si vous cherchez son nom dans une encyclopédie, vous trouverez sa biographie et toutes ses découvertes. Voici ce qu’il a écrit à propos de l’origine de l’univers :

« Il me semble bien improbable qu’un tel ordre soit sorti du chaos. Il doit y avoir un principe d’organisation. Pour moi, Dieu est un mystère, mais un mystère qui explique le miracle de l’existence, la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. »

Allan Sandage fait partie des scientifiques qui croient que l’univers a été créé par Dieu. D’autres scientifiques athées affirment, quant à eux, que l’univers s’est créé lui-même. L’un des plus grands scientifiques contemporains s’appelle Stephen Hawkin. Il est connu car il a écrit des livres pour le grand public. Selon lui, la science prouverait l’inexistence de Dieu. Ses écrits ont provoqué beaucoup de débats. Lorsque l’un de ses livres est sorti dans les années 2010, beaucoup ont cru que grâce à lui, la croyance en Dieu allait définitivement disparaître. Il contredit notamment les chrétiens qui croient que l’univers est la création de Dieu.

Dans son livre, il écrit que l’« Univers peut se créer à partir de rien ».

Dans cette phrase, je vois deux contradictions.

Premièrement, comment quelque chose peut-il venir à l’existence à partir de rien ?

Deuxièmement, il parle d’autocréation. Il dit que l’univers s’est créé lui-même. Autrement dit, c’est l’univers qui a créé l’univers. Normalement, on dit que X crée Y. Mais lui dit que X crée X. Il présuppose l’existence de l’univers pour rendre compte de l’existence de l’univers. À mon sens, son raisonnement n’est pas cohérent.

Finalement, quand on croit que Dieu n’existe pas, comment justifie-t-on la naissance de l’univers ? Si la matière n’a pas toujours existé, alors elle doit bien venir d’une origine invisible, immatérielle. C’est ce qui est affirmé dans la Bible. Voici ce que nous pouvons lire dans la lettre aux Hébreux :

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » (11.3)

Le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. Le monde visible c’est ce qui existe, c’est ce qui est observable, c’est l’univers, c’est la matière. Ce verset nous dit que ce qui est observable a été fait à partir de ce qui est invisible. L’auteur nous dit que l’origine de toutes choses, c’est Dieu, lui qui est invisible, lui qui n’est pas un élément de l’univers, mais le créateur de l’univers. L’univers ne s’est pas créé tout seul à partir de rien, il a été créé par Dieu (plus précisément, par sa Parole).

Vous a-t-on déjà posé la question : si Dieu a créé le monde, qui a créé Dieu ? Peut-être que vous vous êtes aussi posé cette question.

  1. Qui a créé Dieu ?

La réponse est simple : Dieu est le créateur, il n’est pas une création, donc la question ne se pose pas pour lui. Tout ce qui existe est venu à l’existence par lui, il est le créateur ultime. La Bible nous l’affirme à plusieurs reprises, par exemple en Apocalypse chapitre 4 verset 11 : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Cette réponse ne satisfait peut-être pas tout le monde, mais en fait, il doit bien y avoir un moment où la question de l’origine s’arrête. Si on pose cette même question à un athée, il dira que l’origine de l’univers c’est l’univers. Il y a de toute façon une réalité ultime. Pour les uns c’est l’univers, pour les autres, c’est Dieu.

Pour terminer, j’aimerais aborder une dernière question : doit-on choisir entre la science et la foi ? Il y a des gens qui disent ne pas croire en Dieu parce qu’ils sont scientifiques, comme si les deux s’opposaient. Mais c’est un faux dilemme.

  1. La science ou la foi ?

Savez-vous que les hommes ont commencé à étudier les sciences parce qu’ils croyaient en Dieu ?

Voici ce que C.S. Lewis a écrit : « Pourquoi des hommes sont-ils devenus des scientifiques ? Parce qu’ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature, et ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature car ils croyaient en un Législateur.»

Au tout début de la science, Dieu a été le moteur de la recherche scientifique. Les premiers chercheurs ont étudié les lois de la nature parce qu’ils ont lu dans la Bible que Dieu maintenait la terre dans la stabilité. Par exemple, dans le psaume 93, le psalmiste écrit ceci : « L’Eternel règne, il est revêtu de majesté. L’Éternel a la force en guise de vêtement, en guise de ceinture. Aussi, le monde est ferme, il n’est pas ébranlé. »

Ce que le psalmiste veut dire, c’est que les lois de la nature sont stables. Si je lâche un objet, il va tomber, c’est la loi de la gravité. Et si demain le relâche ce même objet, il va encore tomber, parce que le monde est stable. Je le sais parce que c’est écrit dans la Bible : « le monde est ferme, il n’est pas ébranlé », nous dit le psalmiste.

La grande majorité des pionniers de la science croyaient en Dieu, par exemple : Galilée, Kepler et Newton croyaient en un Dieu créateur. Alors pourquoi nous présente-t-on parfois la science comme un concurrent de Dieu ?

C’est parce que beaucoup de gens pensent que nous avons un Dieu bouche-trou. Selon eux, comme on ne comprend pas tout le fonctionnement de l’univers, on dit que c’est Dieu. Il est la réponse à tout. Le problème avec un Dieu bouche-trou, c’est que plus la science fait des découvertes, moins on a besoin de ce Dieu pour boucher les trous.

Mais le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu bouche-trou. On ne croit pas en Dieu pour combler une ignorance. On croit en Dieu parce qu’il est le créateur. Il me semble plus raisonnable de croire que l’univers a été créé par un être intelligent plutôt que de croire que l’univers s’est créé tout seul à partir de rien.

Pour ma part, je ne vois pas la science comme un concurrent de Dieu, au contraire. La science étudie la création de Dieu !

Lorsque nous examinons l’univers, les astres, les océans, les mers, tout nous révèle la majesté du créateur !

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy