Si Dieu existe, pourquoi le mal et la souffrance ?

Si Dieu existe, pourquoi le mal ? Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Ces dernières années, et même ces derniers mois, la France a connu des temps difficiles à cause des attentats. Cette violence a véhiculé une image très négative de la religion. D’après le discours de certaines personnes, non seulement la croyance en Dieu est mauvaise, car elle peut aboutir à la violence, mais en plus, cette violence leur fait dire que Dieu n’existe pas, car si Dieu existe, il ne permettrait pas tant de mal.

Ceux qui ont des objections contre la foi chrétienne posent souvent ces questions : si Dieu existe, pourquoi le mal ? Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Dans cette série de prédications sur la foi et la raison, j’aborde les questions qui peuvent nous être posées en tant que chrétiens. Il me semble que nous devons réfléchir à ces questions. L’apôtre Pierre nous donne cette instruction dans sa première lettre, au chapitre 3 verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

L’une des missions du chrétien est de réfléchir à sa foi afin de pouvoir présenter de manière intelligible l’espérance qui est en lui. Comment aborder cette question du mal et de la souffrance ?

Remarquez que je traite des deux sujets en même temps : le mal et la souffrance. Ces deux sujets sont liés. Très souvent, la souffrance est causée par le mal. Par exemple : les guerres sont une cause de souffrance. Le mal est une source de souffrance. Quand on parle du mal, il faut donc aussi parler de la souffrance, et vice-versa.

Mais il arrive aussi que des souffrances ne soient pas causées par une personne. Par exemple, quand on tombe gravement malade, ou quand on perd une personne chère, ce n’est pas forcément à cause de quelqu’un, mais à cause de la fragilité de la vie. Donc la souffrance peut aussi être abordée comme un sujet à part entière. Ici, je vais traiter des deux sujets. Commençons par la question du mal.

[1. Si Dieu existe, comment expliquer la présence du mal ?]

Le mal est le thème le plus difficile à aborder en théologie. Je ne peux pas traiter cette question à fond. Je vais juste vous exposer pourquoi la présence du mal sur terre ne discrédite pas Dieu.

Certaines personnes pensent que la présence du mal sur terre prouve que Dieu n’existe pas. Car si Dieu existe, il ferait en sorte que le mal n’existe pas. Et comme ils voient le mal sur terre, ils en concluent que Dieu n’existe pas. Mais en réalité, dès que l’on reconnaît l’existence du mal, on reconnaît aussi l’existence de Dieu. Je m’explique :

Quand on pose la question : si Dieu existe, pourquoi le mal ? On présuppose que le mal existe, vous me suivez ?

Si on croit que le mal existe, on croit aussi que le bien existe. Si on croit que le bien et le mal existent, alors on croit qu’il y a une loi morale valable pour toute l’humanité. Une loi morale qui nous permet de dire : telle chose est bien, telle chose est mal. Si on croit qu’il y a une loi morale, d’où vient cette loi ? Elle vient de Dieu !

C’est pour cela qu’à chaque fois que l’on parle du mal, on présuppose l’existence de Dieu. Si Dieu n’existe pas, alors il n’a pas donné de loi morale. S’il n’y a pas de loi morale, chacun décide de ce qui est bien ou mal. Si chacun décide de ce qui est bien ou mal, il n’y a plus vraiment de frontière entre le bien et le mal. S’il n’y a pas de frontière entre le bien et le mal, le bien n’existe pas vraiment et le mal n’existe pas vraiment non plus. Si le mal n’existe pas, quel est le sens de la question de départ ? Si Dieu existe pourquoi le mal ? Mais de quel mal parle-t-on ?

J’espère que vous avez pu me suivre. Ce que je veux dire, c’est que la notion de bien et de mal nous vient de Dieu. Si on rejette Dieu, alors on rejette aussi la notion du bien et du mal. Donc quelqu’un  qui rejette Dieu ne peut pas parler du bien ou du mal puisque ce sont des notions que chacun définit comme il veut.

Beaucoup de non-croyants disent par exemple que le bien et le mal, c’est une histoire d’appréciation personnelle. « Pour toi telle chose est mal, pour moi ce n’est pas mal. » Du coup, plus rien n’est vraiment mal en soi. On se contente de dire son avis sur ce qu’on trouve mal, mais comme il n’y a pas de frontière claire entre bien et mal, chacun pense ce qu’il veut.

Cette manière de voir le monde se heurte pourtant à la réalité. Tout le monde sait au fond de lui qu’il y a une frontière entre le bien et le mal. Par exemple, on constate que chez tous les peuples, la vie a de la valeur. Quand on s’en prend à la vie de l’un de ses enfants ou l’un de ses proches, tout le monde est d’accord pour dire que c’est mal. Il y a donc bien une loi morale universelle qui ne dépend pas de notre appréciation personnelle.

Chaque être humain a conscience de la valeur de la vie parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu. En revanche, si l’être humain est le fruit du hasard, si nous sommes seulement un assemblage d’atomes, nous n’aurions pas de valeur propre. Nous aurions seulement la valeur que les autres nous portent. Mais Dieu nous a créés à son image et c’est pour cela que nous avons une valeur propre, une valeur qui ne dépend pas du regard des autres.

Genèse 1.27 : Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Il créa l’homme et la femme.

Lorsque l’on a demandé à Jésus quel était le plus grand commandement, Jésus n’a pas pu donner une seule réponse, il en a donné deux. Matthieu 22.37-40 :

 «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. 38 C’est le premier commandement et le plus grand.
39 Et voici le deuxième, qui lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.»

Ces deux grands commandements sont inséparables. Jésus dit bien que le 2e commandement est semblable au premier. On ne peut aimer vraiment son prochain que si on aime Dieu. Parce que notre prochain est l’image de Dieu. Quand on rejette Dieu, on en arrive à des visions du monde où le mal n’est pas vraiment mal, où il y a des peuples supérieurs et des peuples inférieurs qu’on se permet de tuer ou de réduire en esclavage parce qu’ils ne seraient pas vraiment humains.

Pour revenir à la question du mal, je ne peux pas dire pourquoi Dieu permet le mal, mais quand je vois le mal sur terre, je suis révolté et cela me fait dire que nous sommes faits pour un autre monde.

Quand on sort un poisson de l’eau, il ne se sent pas bien, il s’aperçoit bien que quelque chose ne va pas. C’est parce qu’un poisson n’est pas fait pour vivre hors de l’eau, il est fait pour vivre dans l’eau. C’est pareil pour nous. Quand on voit tout le mal qu’il y a dans notre monde, on s’aperçoit que ce n’est pas normal, on ne se sent pas bien. C’est parce que nous ne sommes pas faits pour vivre dans un monde corrompu. Au fond de chacun de nous, nous savons que nous sommes créés pour vivre dans un monde meilleur. C’est le message que Jésus est venu apporter, il est venu annoncer le royaume de Dieu, là où il n’y aura plus de mal, plus de tristesse, plus de pleur.

Voici l’une des premières paroles de Jésus dans l’Évangile selon Marc : «Le moment est arrivé et le royaume de Dieu est proche. Changez d’attitude et croyez à la bonne nouvelle!» (Marc 1.15) Ce monde pour lequel nous sommes faits, Jésus est venu nous le rendre à notre portée. Passons maintenant à la question de la souffrance.

[2. Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?]

La première réponse à apporter face à quelqu’un qui souffre, c’est notre présence, c’est notre compassion, notre soutien et notre prière. Une personne dans l’épreuve a besoin de présence et de réconfort. C’est pour cela que la réponse principale de Dieu à la souffrance, c’est Jésus : Dieu parmi nous, Dieu avec nous.

Jésus avait des amis proches, parmi eux, il y avait Marie, Marthe et Lazare. Trois frères et sœurs. L’Évangile selon Jean nous relate le récit de Lazare. Celui-ci tombe très malade. Marie et Marthe envoient des messagers avertir Jésus afin qu’il vienne le guérir. Mais il arrive trop tard. Lazare est déjà mort. Voici ce que nous pouvons lire au chapitre 11, versets 32 à 35 :

Marie arriva à l’endroit où était Jésus. Quand elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit: «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.» 33 En la voyant pleurer, elle et les Juifs venus avec elle, Jésus fut profondément indigné et bouleversé. 34 Il dit: «Où l’avez-vous mis?» «Seigneur, lui répondit-on, viens et tu verras.» 35 Jésus pleura. 36 Les Juifs dirent alors: «Voyez comme il l’aimait!»

Dans la suite du récit, Jésus fait ouvrir le tombeau qui était fermé depuis 4 jours, et il ressuscite Lazare. Pourquoi Jésus pleure-t-il alors qu’il sait qu’il va le faire revenir à la vie ?

Parce qu’il est touché par la souffrance de Marie et de ses proches. Verset 33 : « En la voyant pleurer, elle et les Juifs venus avec elle, Jésus fut profondément indigné et bouleversé. » Et verset 35 : « Jésus pleura. »

Si vous avez accepté Jésus dans votre vie, vous pouvez être sûrs que vous irez au ciel et que vous n’aurez plus aucune souffrance. Mais en attendant cet avenir, Dieu ne fait pas rien, il se tient présent à nos côtés et il pleure avec nous. Jésus n’a pas seulement été présent auprès de ceux qui vont mal. Il a montré sa compassion pour l’humanité en mourant sur la croix. Plus haut, on parlait du mal. La Bible nous apprend que le mal est présent en chacun de nous. Un jour ou l’autre, nous avons blessé quelqu’un par nos paroles ou nos actes. Et nous avons blessé Dieu par notre manque de respect envers lui et sa création. Jésus est mort pour être puni à notre place. Il a connu lui aussi la souffrance physique et morale parce qu’il a été trahi, humilié et mis à mort par les siens.

Que fait Dieu face à la souffrance ? Il souffre avec nous dans le présent et il nous propose la vie à venir dans son royaume.

J’ai entendu le témoignage d’une femme du nom de Annie Johnson Flint et j’aimerais vous le partager. Annie était écrivaine, elle a vécu au 19e siècle aux États-Unis. Cette femme a beaucoup souffert dans sa vie. Elle avait des problèmes des santés, elle a vécu avec le cancer, elle était aveugle, elle avait une polyarthrite rhumatoïde et elle était orpheline. Si quelqu’un peut parler de la souffrance, c’est bien elle. Voici ce qu’elle a écrit à propos de Dieu (traduction française arrangée par nos soins) :

Plus pénible est le fardeau, plus abondante est sa grâce
Plus dure est la corvée, plus abondante est sa force
Aux afflictions accrues, il accroît sa bonté.
Aux détresses multiples, il multiplie sa paix.

Et quand notre endurance s’en retrouve épuisée,
que bien avant midi toute force nous a quittés.
Et quand toutes nos ressources s’en retrouvent desséchées,
les dons de notre Père ne font que commencer.

(…)

Son amour est sans limites et sa grâce sans mesure.
Son pouvoir : les hommes n’en connaissent pas le contour.
Car de ses richesses infinies en Jésus, il donne, il donne et il donne toujours.

[Conclusion]

Pour conclure sur le mal et la souffrance, j’aimerais raconter une autre histoire, celle de Ashlyn Blocker, une jeune fille américaine. Quand sa maman a accouché, cet enfant n’a pas pleuré. Les médecins ont tout contrôlé et ils n’ont rien trouvé d’anormal à ce moment-là.

C’est à 8 mois que ses parents se sont vraiment rendu compte que quelque chose n’allait pas. Ce jour-là, ils l’ont emmené chez le médecin pour soigner une infection à l’œil. Elle avait une énorme écorchure à la cornée. Lorsque les médecins lui ont mis un produit dans l’œil, tout le monde dans la pièce à sursauté, car cela devait être douloureux, mais Ashlyn n’a pas bougé. À ce moment-là, on s’est rendu compte qu’elle ne ressentait pas la douleur.

Après plusieurs examens, on a découvert qu’elle avait une maladie rare. Elle ne ressent aucune douleur, ce qui est très dangereux. Dans un témoignage, ses parents racontent que lorsqu’elle était encore toute petite, ils lui mettaient des gants nuit et jour parce qu’elle pouvait se mordre les doigts jusqu’au sang sans s’apercevoir que ça lui faisait du mal. Ses parents ne pouvaient pas non plus savoir quand elle avait faim ou quand elle avait des irritations sur sa peau, parce qu’elle ne pleurait pas. En grandissant, cette fille a malheureusement eu beaucoup d’accidents. Aujourd’hui Ashlyn doit avoir 18 ans. Lors d’une rencontre avec un prédicateur, les parents ont témoigné que tous les soirs, ils prient pour que Dieu permette à leur fille de ressentir la douleur.

Toutes les douleurs, qu’elles soient physiques, morales ou sentimentales, servent à nous indiquer que quelque chose ne va pas. Ces douleurs nous poussent à trouver de l’aide. La plus grande douleur reste celle de l’âme et de la séparation avec Dieu.

Approchons donc de Jésus, lui qui est venu souffrir avec nous et pour nous. Lui qui nous accompagne dans le présent, et qui nous offre une vie à venir sans plus aucune souffrance.

Christian Huy

Sources :
Formation RZIM Academy 2017
Page web consultée en mai 2017 : http://www.gentside.com/insolite/l-039-incroyable-histoire-d-039-ashlyn-blocker-l-039-ado-qui-ne-ressent-pas-la-douleur_art46384.html




Dieu et la guerre

Que penser des guerres que le peuple d’Israël a engagées dans l’Ancien Testament ? Peut-on dire que le christianisme est une cause de guerre ?

Dans cette série de prédications sur la foi et la raison, je traite les questions qui sont souvent posées aux chrétiens de la part de ceux qui ont des objections contre la foi chrétienne. J’aborde ces sujets suite à l’exhortation de l’apôtre Pierre qui nous dit : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. » (1 P 3.15)

Parfois, il est difficile d’expliquer notre foi,  car c’est une question de relation et d’expérience. Mais nous sommes aussi invités à réfléchir à notre foi pour enrichir notre témoignage. Plusieurs chrétiens racontent qu’avant de faire le pas de foi, certaines questions les empêchaient de croire.

Il y a trois ans j’ai rencontré Alexis, un jeune qui a étudié la philosophie. C’était un athée convaincu, il était persuadé que Dieu n’existait pas. Mais après avoir eu des discussions avec des chrétiens, il s’est rendu compte qu’il était plus raisonnable de croire en Dieu que de ne pas y croire. Aujourd’hui il est philosophe conférencier et évangéliste. Il est engagé dans une Église en Alsace.

Il me semble qu’il vaut la peine de réfléchir aux réponses que l’on peut apporter à nos contemporains. Attention, la foi n’est pas une croyance qui vient uniquement grâce à la réflexion, mais la réflexion peut aider à franchir certains blocages. Revenons à nos questions.

Que penser des guerres que le peuple d’Israël a engagées dans l’Ancien Testament ? Cette question est souvent posée par des enfants de chrétiens qui ont reçu un enseignement biblique dans leur jeunesse. Comment un Dieu d’amour peut-il demander à son peuple d’exterminer d’autres peuples ?

La première chose à dire c’est que toutes les violences relatées dans la Bible manifestent la conséquence de la désobéissance à Dieu. Si l’être humain obéissait totalement à Dieu, il n’y aurait pas eu tous ces massacres. Le premier meurtre dans la Bible concerne Caïn et Abel. Ce sont les enfants d’Adam et Ève qui se sont détournés de Dieu. Caïn était jaloux de son frère Abel.

Et quand Caïn a imaginé tuer Abel, Dieu l’a averti. Genèse, chapitre 4, versets 6 et 7 : «Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.»

Ici, Dieu recommande à Caïn de faire le bon choix. Il ne nous force pas parce qu’il ne veut pas nous traiter comme des marionnettes. Mais il nous avertit. La suite du texte raconte le premier meurtre de l’histoire : Caïn tue son frère.

Toutes les violences relatées dans la Bible sont la conséquence de la désobéissance à Dieu. Mais alors, que penser des guerres commandées par l’Éternel ? Que penser de la conquête du territoire de Canaan ? Le pays que Dieu a promis de donner à son peuple, pays qui était déjà habité.

On peut lire des récits assez troublants sur l’extermination de villes entières sur ordre de Dieu.

Par exemple, voici ce que nous pouvons lire dans le livre de Josué sur la destruction de la ville de Jéricho, au chapitre 6 versets 20 et 21 :

 « Le peuple poussa des cris et les prêtres sonnèrent de la trompette. Lorsque le peuple entendit le son de la trompette, il poussa de grands cris et la muraille s’écroula. Le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Ils s’emparèrent de la ville et vouèrent à la destruction, en le passant au fil de l’épée, tout ce qui s’y trouvait: hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu’aux bœufs, aux brebis et aux ânes. »

Ce genre de récit est assez troublant. Comment concilier un Dieu qui nous demande de nous aimer, et un Dieu qui ordonne ce genre de combats ?

Il faut prendre en compte l’ensemble de la révélation biblique. Si on se contente de tirer des extraits par-ci par-là, on peut faire dire à la Bible tout ce qu’on veut. Dès le début du livre de la Genèse, Dieu montre à Abraham le territoire de Canaan. Il lui promet que ses descendants possèderont un jour ce pays. Avant cela, ils seront esclaves en Égypte, et c’est seulement à la fin de leur esclavage qu’ils iront prendre possession de Canaan. C’est au chapitre 15 de la Genèse, les versets 13 à 16 :

13 L’Éternel dit à Abram: «Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera pas à eux. On les réduira en esclavage et on les opprimera pendant 400 ans.
14 Cependant, la nation dont ils seront esclaves, c’est moi-même qui la jugerai, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses. 15 Quant à toi, tu iras dans la paix rejoindre tes ancêtres, tu seras enterré après une heureuse vieillesse.
16 Ce n’est qu’à la quatrième génération qu’ils reviendront ici, car la faute des Amoréens n’est pas encore à son comble.»

Ces paroles de Dieu annoncent plusieurs choses. L’esclavage en Égypte, la libération de l’esclavage, la punition des Égyptiens et la prise de possession de Canaan. Au verset 16, Dieu explique pourquoi il attend aussi longtemps pour donner Canaan aux descendants d’Abraham : « car la faute des Amoréens n’est pas encore à son comble ».

Les Amoréens font partie des habitants de Canaan. C’était un peuple idolâtre. Ils pratiquaient les sacrifices d’enfants pour leurs dieux, l’immoralité sexuelle, la prostitution sacrée et la torture. Dieu savait que les peuples de Canaan étaient méchants et que leur méchanceté allait encore s’accroître jusqu’à atteindre son comble. Il attendait que cette méchanceté atteigne son paroxysme  pour juger ce peuple. Le peuple d’Israël n’a pas mené une guerre ethnique contre Canaan. Ce n’était pas un génocide. Le peuple d’Israël a été le moyen que Dieu a utilisé pour juger un peuple qui méritait d’être jugé.

On pense souvent que le jugement est incompatible avec l’amour de Dieu. Mais en réalité, si Dieu est amour, comment imaginer qu’il puisse rester indifférent face à la méchanceté ? Les sacrifices d’enfants, les viols, la torture, la violence gratuite. Si Dieu est amour, alors il déteste le mal et il le punit. Si Dieu est amour, alors il met en œuvre sa justice pour mettre hors d’état de nuire ceux qui répandent la méchanceté à l’extrême. C’est ce qu’il a fait en jugeant les Cananéens, par le moyen du peuple d’Israël.

Ce n’était pas une guerre ethnique motivée par le racisme. Dans l’Ancien Testament, Dieu a sans cesse répété à son peuple qu’il fallait accueillir l’étranger. En Genèse 12 verset 3, Dieu dit à Abraham que toutes les familles de la terre seront bénies par lui. Dans le livre du Lévitique, l’Éternel ordonne qu’Israël témoigne de la solidarité aux étrangers qui vivent parmi eux. Voici ce que nous lisons au chapitre 19 verset 34 : « Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un israélite, comme l’un de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers en Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu. »

Dieu n’incite pas au racisme, au contraire, il incite à la solidarité et à l’amour envers les étrangers.

Dans la généalogie de Jésus, il y a des non-juifs. Par exemple, lorsque les juifs se sont emparés de la ville de Jéricho, ils ont épargné une femme du nom de Rahab, une prostituée étrangère, parce qu’elle avait manifesté sa foi en Dieu. Elle deviendra l’une des ancêtres de Jésus. En résumé, lorsque Dieu demande à son peuple de s’emparer d’une ville comme Jéricho, il accomplit son jugement.

Maintenant il y a trois points très importants à préciser.

(1) Tout d’abord, il est vrai que Dieu a livré les Cananéens aux mains des israélites et que deux villes en particulier ont été complètement détruites : Jéricho et Aï. Mais ces deux villes étaient des campements militaires. Dieu n’a pas ordonné d’attaquer une ville remplie de civils. Vous me direz que le texte biblique précise que tous les êtres vivants sont passés au fil de l’épée : les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les animaux. Mais en fait, on sait que lorsque cette formulation est utilisée, c’est une figure de style qui s’appelle l’hyperbole. C’est une manière de raconter les choses en exagérant, non pas pour mentir, mais pour accentuer la victoire.

Par exemple, en langue française, nous avons aussi des hyperboles semblables. Quand les enfants jouent au foot et que leur équipe gagne, il n’est pas rare de les entendre dire : « on les a tous massacrés », « on les a écrabouillés ». Ces enfants ne sont pas cruels ou menteurs. Ils ont simplement raconté leur victoire avec des hyperboles, des expressions.

C’est la même chose lorsque nous lisons que le peuple d’Israël a passé tous les êtres vivants au fil de l’épée, c’est une expression orientale pour parler de victoire militaire. On sait très bien qu’il y a eu des survivants, car le texte biblique en parle.

(2) Le deuxième point à prendre en compte, c’est que le peuple d’Israël a lui-même été jugé par Dieu et Dieu a utilisé les peuples voisins pour accomplir ce jugement. Le nord d’Israël a été attaqué par les Assyriens en 722 av. J.-C. et la population du sud a été attaquée par les Babyloniens en 586 av. J.-C.. Tout le peuple d’Israël s’est retrouvé déporté et exilé chez les peuples qui ont dominé sur eux. Dieu a jugé son peuple à ce moment-là, car il était devenu idolâtre, méchant et hypocrite.

(3) Enfin, le troisième point à préciser c’est que ces jugements ont eu lieu pendant une période précise de l’histoire du peuple d’Israël. Après Jésus-Christ, Dieu n’interviendra plus pour juger les nations, car le jugement aura lieu à la fin des temps. Donc l’enseignement biblique ne doit jamais être un argument pour faire la guerre. Rien dans la Bible ne justifie que l’on fasse la guerre à un autre peuple au nom de Dieu, même si c’est pour soi-disant rendre justice. Dieu lui-même fera justice en temps voulu, nous n’avons pas à intervenir à sa place.

Alors pourquoi le christianisme a été une cause de guerre dans le passé ? On parle par exemple des croisades entre le 11e et le 13e siècle.

Si ce genre de guerre a eu lieu, c’est parce que l’Église officielle s’était éloignée des Écritures. On peut repérer deux erreurs en particulier.

Premièrement, on a confondu l’état et l’Église.

Voici ce que Jésus a dit dans Luc 20.25 : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Autrement dit : séparez l’état et l’Église. Le royaume de Dieu n’est pas de ce monde, donc on ne doit pas chercher à gouverner ce monde comme si tout le monde était chrétien ou comme si on voulait imposer une loi divine sur terre.

Le but des croisades était politique, on a mélangé l’état et l’Église et on a instrumentalisé la foi chrétienne pour partir en guerre.

Deuxièmement, dans l’histoire il y a souvent eu des confusions sur l’idée d’un lieu saint.

Les chrétiens ne devraient pas avoir de lieu saint à défendre par les armes. Voici ce que Jésus a dit en Jean 14.21-24, il répond à une femme qui lui demande où adorer Dieu.

« L’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père. »

Et nous lisons par ailleurs dans la Bible que le temple de Dieu, c’est nous, c’est son peuple. Dieu n’est pas rattaché à un lieu particulier. Rien ne justifie que l’on use de violence pour rétablir ou établir un lieu saint, comme l’ont fait ceux qui sont partis en croisade. L’Église officielle de l’époque a fait ces erreurs et nous devons condamner ce qui s’est passé. Le fondateur du Christianisme est Jésus, et si nous regardons toute sa vie, il a été pacifique !

Peu avant sa mort, Jésus est entré dans la ville de Jérusalem sur un ânon, signe d’humilité et surtout de pacifisme. Un peu plus tard, quand les gardes romains sont venus l’arrêter, l’apôtre Pierre a sorti son épée. Voici ce que Jésus lui a dit à ce moment précis (Mt 26.52) : « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l’épée mourront par l’épée. »

Jésus n’a jamais légitimé la violence, même au nom de la justice. Toute sa vie il a été irréprochable.

Voici ce que Jésus a dit à propos des guerres de religion (Jn 16.2-3) : « L’heure vient où tous ceux qui vous feront mourir croiront offrir un culte à Dieu. Ils agiront ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. »

Ceux qui font des guerres au nom de Dieu ne connaissent pas Dieu. Par ailleurs, quand on dit que la religion est la cause principale des guerres dans le monde, c’est faux.

Le 20e siècle a été le siècle le plus sanglant de notre ère. Au 20e siècle, il y a eu plus de personnes tuées que dans les 19 siècles précédents. Les croisades ont fait 3 millions de morts, ce qui est énorme et condamnable. Mais les dictateurs du 20e siècle en ont fait bien plus. La plupart d’entre eux voulaient notamment éradiquer la religion au nom de l’athéisme, et ils ont tué des millions de gens. Hitler a fait 17 millions de victimes, Staline 23 millions et Mao 78 millions. Ce n’étaient pas des guerres de religion, mais des guerres athées. Tous ces massacres n’étaient pas causés par la religion, mais par un éloignement de Dieu. Quand on enlève Dieu, on met forcément autre chose à la place, par exemple sa nation, son ethnie ou l’état.

Pour conclure, j’aimerais vous lire ces paroles que Jésus a prononcées dans son sermon sur la montagne (Mt 5), c’est un extrait de ce que l’on appelle les béatitudes :

3 «Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des cieux leur appartient!
4 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés!
5 Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre!
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
7 Heureux ceux qui font preuve de bonté, car on aura de la bonté pour eux! 8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! 9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

Christian Huy

Sources :
Formation RZIM Academy
Le blog de Thimothée Davi : https://timotheedavi.wordpress.com/2015/09/02/la-religion-nest-pas-la-cause-majeure-de-guerres-dans-lhistoire-croyance-populaire-demasquee/




Science et foi (Genèse 1.1)

La science a-t-elle discrédité la foi en Dieu ?

Parfois lorsque je parle de Dieu autour de moi, on me dit : « moi je suis scientifique, donc je ne crois pas en Dieu ». Dans l’esprit de certaines personnes, la science et la foi s’opposent. Mais beaucoup de scientifiques croient en Dieu. Parmi les chercheurs modernes qui ont obtenu des prix Nobel de physique, de chimie ou de biologie, il y a des chrétiens convaincus.

Un jour, un étudiant en troisième année de médecine me disait qu’il aimait regarder les émissions scientifiques parce qu’elles rendent gloire à Dieu. Les découvertes en biologie montrent à quel point les êtres vivants sont bien faits. De plus en plus de scientifiques sont tellement fascinés par ce qu’ils découvrent, qu’ils se disent que cela ne peut pas être le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, dans le milieu scientifique, on parle de l’ « intelligent design ». En français, c’est le concept du dessein intelligent. C’est une théorie qui affirme que l’être vivant est tellement complexe, tellement bien fait, qu’il est plus probable que cela vienne d’une cause intelligente que du hasard.

On prend souvent l’exemple suivant pour expliquer cette idée : si vous démontez une horloge, vous verrez des mécanismes complexes et bien réfléchis. Personne ne dira qu’une horloge est le fruit du hasard. Personne ne dira qu’une horloge s’est assemblée toute seule.

Les partisans du dessein intelligent diront que c’est exactement pareil pour l’univers et pour la vie humaine. Le corps humain est si bien constitué qu’il doit y avoir une intelligence derrière tout ça.

L’apôtre Pierre nous encourage à témoigner de notre foi en faisant appel à la raison : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 Pierre 3.15)

Nous sommes appelés à réfléchir sur notre foi pour pouvoir l’expliquer au moyen d’exposés intelligibles. Bien sûr, la foi est avant tout une question de relation et d’expériences avec Dieu, il ne faut pas écarter ces aspects-là. Mais ce même Dieu a créé l’intelligence et il nous donne la capacité de témoigner de notre foi avec raison, c’est ce que souligne l’apôtre Pierre.

Ici, nous abordons la question du rapport entre la science et la foi, en particulier sur le sujet de nos origines. Parfois, quand j’évoque ma foi autour de moi, on me parle comme si je n’étais pas raisonnable et on me questionne. Ce sont toujours de bonnes occasions pour expliquer ce que l’on croit. Mais en fait, nous pouvons nous aussi poser des questions à nos interlocuteurs. Pourquoi pensent-ils qu’il n’y a pas de Dieu ? Si Dieu n’a pas créé l’univers et la vie, d’où venons-nous ?

Prenons le premier verset de la Bible.

  1. Au commencement

Genèse chapitre 1, verset 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Ce premier verset nous apprend qu’il y a eu un commencement ! Savez-vous que la communauté scientifique a cru pendant des siècles que l’univers a toujours existé ? La Bible, quant à elle, parle d’un commencement. Le ciel et la terre n’ont pas toujours existé ! Ce n’est que très récemment que les scientifiques ont reconnu un début à l’univers. Aujourd’hui, ils sont majoritairement d’accord pour affirmer que l’univers n’a pas toujours existé. Ils parlent d’un « Big Bang ». Une sorte d’explosion à partir de laquelle l’univers est né, avec les astres, les étoiles et les planètes. Quand ce concept de Big Bang a commencé à être diffusé, beaucoup de scientifiques s’y sont opposés sous prétexte que c’était une doctrine chrétienne. Mais aujourd’hui, c’est une théorie reconnue dans la communauté scientifique, et elle confirme effectivement l’enseignement biblique. L’univers n’a pas toujours existé, il a bien eu un commencement, tout comme le premier verset de la Genèse le déclare.

La Bible en parle aussi dans l’Évangile selon Jean, au premier chapitre.

1 Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.
2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (1.1-3)

D’après ces versets, tout ce qui existe a été créé par Dieu et par sa Parole, rien de ce qui existe n’a été fait sans lui. Si la communauté scientifique est d’accord pour reconnaître qu’il y a bien eu un début pour l’univers, ils reconnaissent aussi qu’avant ce commencement, il n’y avait absolument rien, et ils doivent aussi se poser la question : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

  1. S’il n’y avait rien, comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

Si pendant un temps il n’y avait rien du tout, même pas un atome, même pas un électron, même pas une force, alors comment se fait-il que l’univers existe ? Pourquoi la matière existe-t-elle ?

L’un des pères de la cosmologie moderne s’appelle Allan Sandage, il est décédé en 2010. C’est un astronome célèbre, il a eu de nombreuses récompenses pour ses recherches. Si vous cherchez son nom dans une encyclopédie, vous trouverez sa biographie et toutes ses découvertes. Voici ce qu’il a écrit à propos de l’origine de l’univers :

« Il me semble bien improbable qu’un tel ordre soit sorti du chaos. Il doit y avoir un principe d’organisation. Pour moi, Dieu est un mystère, mais un mystère qui explique le miracle de l’existence, la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. »

Allan Sandage fait partie des scientifiques qui croient que l’univers a été créé par Dieu. D’autres scientifiques athées affirment, quant à eux, que l’univers s’est créé lui-même. L’un des plus grands scientifiques contemporains s’appelle Stephen Hawkin. Il est connu car il a écrit des livres pour le grand public. Selon lui, la science prouverait l’inexistence de Dieu. Ses écrits ont provoqué beaucoup de débats. Lorsque l’un de ses livres est sorti dans les années 2010, beaucoup ont cru que grâce à lui, la croyance en Dieu allait définitivement disparaître. Il contredit notamment les chrétiens qui croient que l’univers est la création de Dieu.

Dans son livre, il écrit que l’« Univers peut se créer à partir de rien ».

Dans cette phrase, je vois deux contradictions.

Premièrement, comment quelque chose peut-il venir à l’existence à partir de rien ?

Deuxièmement, il parle d’autocréation. Il dit que l’univers s’est créé lui-même. Autrement dit, c’est l’univers qui a créé l’univers. Normalement, on dit que X crée Y. Mais lui dit que X crée X. Il présuppose l’existence de l’univers pour rendre compte de l’existence de l’univers. À mon sens, son raisonnement n’est pas cohérent.

Finalement, quand on croit que Dieu n’existe pas, comment justifie-t-on la naissance de l’univers ? Si la matière n’a pas toujours existé, alors elle doit bien venir d’une origine invisible, immatérielle. C’est ce qui est affirmé dans la Bible. Voici ce que nous pouvons lire dans la lettre aux Hébreux :

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » (11.3)

Le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. Le monde visible c’est ce qui existe, c’est ce qui est observable, c’est l’univers, c’est la matière. Ce verset nous dit que ce qui est observable a été fait à partir de ce qui est invisible. L’auteur nous dit que l’origine de toutes choses, c’est Dieu, lui qui est invisible, lui qui n’est pas un élément de l’univers, mais le créateur de l’univers. L’univers ne s’est pas créé tout seul à partir de rien, il a été créé par Dieu (plus précisément, par sa Parole).

Vous a-t-on déjà posé la question : si Dieu a créé le monde, qui a créé Dieu ? Peut-être que vous vous êtes aussi posé cette question.

  1. Qui a créé Dieu ?

La réponse est simple : Dieu est le créateur, il n’est pas une création, donc la question ne se pose pas pour lui. Tout ce qui existe est venu à l’existence par lui, il est le créateur ultime. La Bible nous l’affirme à plusieurs reprises, par exemple en Apocalypse chapitre 4 verset 11 : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Cette réponse ne satisfait peut-être pas tout le monde, mais en fait, il doit bien y avoir un moment où la question de l’origine s’arrête. Si on pose cette même question à un athée, il dira que l’origine de l’univers c’est l’univers. Il y a de toute façon une réalité ultime. Pour les uns c’est l’univers, pour les autres, c’est Dieu.

Pour terminer, j’aimerais aborder une dernière question : doit-on choisir entre la science et la foi ? Il y a des gens qui disent ne pas croire en Dieu parce qu’ils sont scientifiques, comme si les deux s’opposaient. Mais c’est un faux dilemme.

  1. La science ou la foi ?

Savez-vous que les hommes ont commencé à étudier les sciences parce qu’ils croyaient en Dieu ?

Voici ce que C.S. Lewis a écrit : « Pourquoi des hommes sont-ils devenus des scientifiques ? Parce qu’ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature, et ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature car ils croyaient en un Législateur.»

Au tout début de la science, Dieu a été le moteur de la recherche scientifique. Les premiers chercheurs ont étudié les lois de la nature parce qu’ils ont lu dans la Bible que Dieu maintenait la terre dans la stabilité. Par exemple, dans le psaume 93, le psalmiste écrit ceci : « L’Eternel règne, il est revêtu de majesté. L’Éternel a la force en guise de vêtement, en guise de ceinture. Aussi, le monde est ferme, il n’est pas ébranlé. »

Ce que le psalmiste veut dire, c’est que les lois de la nature sont stables. Si je lâche un objet, il va tomber, c’est la loi de la gravité. Et si demain le relâche ce même objet, il va encore tomber, parce que le monde est stable. Je le sais parce que c’est écrit dans la Bible : « le monde est ferme, il n’est pas ébranlé », nous dit le psalmiste.

La grande majorité des pionniers de la science croyaient en Dieu, par exemple : Galilée, Kepler et Newton croyaient en un Dieu créateur. Alors pourquoi nous présente-t-on parfois la science comme un concurrent de Dieu ?

C’est parce que beaucoup de gens pensent que nous avons un Dieu bouche-trou. Selon eux, comme on ne comprend pas tout le fonctionnement de l’univers, on dit que c’est Dieu. Il est la réponse à tout. Le problème avec un Dieu bouche-trou, c’est que plus la science fait des découvertes, moins on a besoin de ce Dieu pour boucher les trous.

Mais le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu bouche-trou. On ne croit pas en Dieu pour combler une ignorance. On croit en Dieu parce qu’il est le créateur. Il me semble plus raisonnable de croire que l’univers a été créé par un être intelligent plutôt que de croire que l’univers s’est créé tout seul à partir de rien.

Pour ma part, je ne vois pas la science comme un concurrent de Dieu, au contraire. La science étudie la création de Dieu !

Lorsque nous examinons l’univers, les astres, les océans, les mers, tout nous révèle la majesté du créateur !

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




Dieu et nos choix (Luc 6.12-16)

copie book-1421097_640Nous sommes sans cesse confrontés à des choix : comment s’habiller aujourd’hui, quelle repas pour ce soir, etc. Et j’imagine que vous êtes comme moi, parfois il y a des choix difficiles à faire. Souvent, ils concernent les décisions importantes, les décisions qui ont beaucoup de conséquences pour notre vie. Il y a par exemple le choix des études, le choix d’un travail, le choix des fréquentations, le choix de la manière de dépenser notre argent, le choix du lieu d’habitation, etc.

La Bible nous enseigne que Dieu peut nous aider à faire les bons choix. Je vous invite à lire un texte qui parle de ce sujet dans l’Évangile selon Luc, au chapitre 6, les versets 12 à 16.

12 À cette époque-là, Jésus se retira sur la montagne pour prier; il passa toute la nuit à prier Dieu. 13 Quand le jour fut levé, il appela ses disciples et il en choisit parmi eux douze auxquels il donna le nom d’apôtres : 14 Simon, qu’il appela aussi Pierre; André, son frère; Jacques; Jean; Philippe; Barthélémy; 15 Matthieu; Thomas; Jacques, fils d’Alphée; Simon, appelé le zélote; 16 Jude, fils de Jacques; et Judas l’Iscariot, celui qui devint un traître.

Ce texte commence par indiquer le moment où les évènements se déroulent. Au verset 12, nous lisons : « À cette époque-là ». Dans le contexte, il s’agit de l’époque où Jésus commence son ministère, c’est-à-dire son service pour Dieu. Jésus commence à être connu pour son enseignement et pour ses miracles. Beaucoup de gens le suivent, il a même déjà des disciples, c’est-à-dire des élèves. Jésus leur enseigne comment avoir une vie qui plaît à Dieu.

Dans le texte que nous venons de lire, Jésus choisi 12 apôtres. Apôtre signifie « envoyé », ce sont ceux que Jésus va former de manière plus particulière pour ensuite les envoyer dans tout l’empire romain. Leur mission sera de répandre la Parole de Dieu et de construire l’Église, c’est-à-dire la communauté des chrétiens. Regardons de plus près les circonstances du choix de Jésus. J’aimerais relever trois détails que je trouve intéressants dans le texte.

Le premier détail, c’est l’insistance de l’auteur sur le fait que Jésus prie. Dans la même phrase, on nous dit deux fois que Jésus prie.

[1. Jésus prie]

Verset 12 : « À cette époque-là, Jésus se retira sur la montagne pour prier; il passa toute la nuit à prier Dieu. »

Le texte ne nous dit pas clairement pourquoi il prie, mais il est très probable que ça a un rapport avec le verset qui suit, le verset 13 : « Quand le jour fut levé, il appela ses disciples et il en choisit parmi eux douze auxquels il donna le nom d’apôtres. »

Au verset 12 Jésus prie toute la nuit. Et dès que le jour se lève, il choisi ses apôtres. Il semble que si Jésus a prié autant, c’est parce qu’il avait un choix important à faire. Il devait choisir les futurs piliers de son Église.

Je suis étonné et interpellé à chaque fois que je tombe sur un passage de la Bible où Jésus prie. En effet, dans la Bible, il est présenté comme étant Dieu. Si Jésus est Dieu, pourquoi aurait-il besoin de prier ?

En fait, Jésus est le Fils de Dieu. C’est une expression qui signifie que Jésus provient de Dieu le Père. En Dieu lui-même il y a le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ces trois personnes forment une unité que l’on appelle trinité. Ce n’est pas évident à comprendre, mais cela fait partie des caractéristiques de Dieu. Dieu n’est pas composé que d’un seul bloc. En lui, il y a de la vie, de l’amour et de la relation

D’un part, je suis toujours étonné quand Jésus prie. D’autre part, on voit que ça a du sens, puisque entre le Père, le Fils et l’Esprit, il y a de la vie, de la relation et de l’interaction. On pourrait encore passer beaucoup de temps à parler de la trinité, mais ce qui nous intéresse surtout c’est ce verset où Jésus se retire pour prier toute la nuit. Il prie avant de faire un choix important.

On ne connaît pas le contenu de la prière, on ne sait pas non plus de quelle manière Dieu le Père a répondu. L’auteur ne nous a révélé que ce qui est essentiel à savoir : Jésus s’est mis à l’écart, et il a prié toute la nuit. Cette ferveur de Jésus est un exemple pour nous. En priant, on manifeste notre dépendance à Dieu tout comme le Fils est dépendant du Père.

En priant, on dit aussi à Dieu que nos choix le regardent.

Vous connaissez certainement l’expression « ça ne te regarde pas ». On dit ça à quelqu’un lorsqu’il s’immisce trop dans notre vie privée. Mais pour Dieu, tout le regarde, et tant mieux, parce que tous ses commandements sont donnés pour notre bien. Ce n’est pas pour nous emprisonner ou nous asservir mais pour nous donner la liberté. Si on a choisi de suivre Dieu, alors tout le regarde. On dépend de lui, donc on lui permet d’avoir un regard sur nos choix et on cherche sa volonté. L’exemple de Jésus nous invite donc à prendre nous aussi du temps pour se retirer. Prendre un temps à part pour être avec Dieu et prier.

On est sans cesse pris par toutes sortes d’activités plus ou moins importantes. Cela peut être le travail mais ça peut aussi être la télé. Au milieu de toutes les choses qui occupent notre semaine, on est invité à se retirer et à prier, tout comme Jésus l’a fait. On n’est pas obligé de faire une nuit blanche de prière, l’important c’est de manifester notre dépendance à Dieu dans tous les domaines de notre vie. Passons maintenant au deuxième détail que j’aimerais relever.

Premièrement, on a vu que Jésus s’est retiré pour prier. Maintenant arrêtons-nous sur le fait que Jésus ait choisi 12 apôtres.

[2. Jésus prie avant de choisir les 12 apôtres]

Au verset 13, il appelle tous ses disciples, et parmi les disciples, il en choisi 12 en particulier. Pourquoi il n’en choisi que 12 ?

Tout d’abord, 12 est un chiffre très parlant pour les juifs. C’est le nombre de tribus d’Israël. Le fait qu’il y a 12 apôtres montre une continuité entre Israël et l’Église. L’Église ne remplace pas Israël, ce n’est pas non plus un plan B, c’est la continuité. Il y avait les 12 tribus, maintenant il y a les 12 apôtres qui sont eux-mêmes des juifs.

L’autre raison (pourquoi 12), c’est parce que 12 est un nombre assez grand pour former un groupe, et c’est encore assez petit pour que ce groupe puisse être convivial. Quand on est à table avec 12 personnes, ce n’est pas pareil que lorsqu’on est à table avec 100 personnes. À 12, on peut avoir des discussions plus intéressantes et plus profondes.

Jésus voulait former des apôtres, pas seulement en les enseignant, mais aussi en vivant avec eux. La formation ne passe pas seulement par de l’enseignement mais aussi par du vécut ensemble. Il y a la théorie mais aussi la pratique. En prenant 12 apôtres avec lui, ils pouvaient voir comment Jésus vivait, il pouvaient recevoir non seulement l’enseignement mais aussi l’exemple pratique. En plus du savoir, Jésus leur a enseigné le savoir faire et aussi le savoir être. Pour apprendre toutes ces choses, il fallait côtoyer Jésus de près et pas seulement écouter ses discours. Cette vision de la formation selon Jésus peut nous faire réfléchir concernant la mission de l’Église.

L’Église a pour mission de former des disciples. Pendant le culte, l’enseignement est un enseignement théorique. Pendant l’étude biblique aussi, c’est théorique. Qu’en est-il de l’apprentissage du savoir faire et du savoir être selon Dieu dans l’Église ?

Toutes ces choses ne s’apprennent pas sur des bancs ou sur des chaises, mais sur le terrain et dans les échanges interpersonnels. Dans le cas de Jésus, il va par exemple envoyer ses apôtres en mission pour les former. Il les envoie annoncer le royaume des cieux. Jésus va aussi passer du temps avec eux, il n’hésitera pas à les reprendre quand ils agiront mal. Il me semble qu’on pourrait s’inspirer de l’exemple de Jésus pour améliorer notre manière de former des disciples dans l’Église. Quoiqu’il en soit, revenons sur la question du choix.

Jésus s’est retiré et il a prié longtemps avant de choisir ses 12 apôtres. Ce choix était un sujet de préoccupation important parce que l’enjeu c’était la gloire de Dieu. C’est ce genre de sujet qui préoccupait Jésus. Les choix important pour lui étaient les choix qui concernaient le royaume de Dieu. Et nous, quels choix considérons-nous comme importants ?

Là encore, l’exemple de Jésus nous interpelle. Lorsque nous avons des choix à faire, lorsque nous prions pour faire les bons choix, prions pour que nos décisions soient pour la gloire de Dieu. Aux yeux de Dieu, les décisions importantes sont celles qui concernent son royaume. Quand on est impliqué dans l’Église, on a donc une grande responsabilité et un besoin particulier de prier. J’aimerais maintenant passer au troisième et dernier.

[3. Jésus a choisi un apôtre qui deviendra un traître]

On a vu que Jésus s’est retiré pour prier toute une nuit avant de faire un choix important. On a vu que ce qui le préoccupait, c’était le choix des apôtres. Un choix important parce qu’il concerne le royaume de Dieu. La question qu’on peut se poser maintenant est la suivante : si Jésus s’est tant appliqué dans la prière pour faire le bon choix, comment se fait-il qu’il ait choisi Judas ?

Au verset 16, l’auteur précise bien que cet apôtre deviendra un traître. On sait que cette trahison fera souffrir Jésus et elle aura pour conséquence sa crucifixion. Jésus avait pourtant prié une nuit entière avant de choisir cet apôtre. Aurait-il fait le mauvais choix ? A-t-il vraiment prié comme il faut ? A-t-il bien été attentif à la réponse de Dieu ?

Ailleurs dans la Bible, on apprend que la trahison de Judas et la condamnation de Jésus sur la croix faisaient partie du plan de Dieu. Jésus devait passer par la souffrance pour subir à notre place la peine que nous méritions. Par ce sacrifice, Jésus meurt à notre place et nous permet d’échapper à la mort. Le choix de Judas faisait donc partie du plan du Père. Je ne dis pas que Dieu a rendu Judas mauvais, mais il l’a laissé trahir Jésus.

Jésus n’a pas fait le mauvais choix en le choisissant, il a fait le choix qu’il fallait pour que la volonté de Dieu s’accomplisse. Il a fait le choix qu’il fallait pour que l’amour de Dieu se manifeste par ce sacrifice en notre faveur. Le choix de Judas nous apprend encore quelque chose sur la prière et nos décisions. Parfois nous prions pour prendre certaines décisions et malgré la prière, ces décisions amènent des souffrances.

Ce genre de situation peut nous faire douter de l’aide de Dieu. Parfois on est convaincu que Dieu nous guide et tout à coup il nous arrive une épreuve. Mais dans la Bible, les épreuves ne veulent pas forcément dire que nous ne sommes pas dans la volonté de Dieu. Jésus a obéit au Père et pourtant il a souffert.

Les choix que nous prenons après avoir prié peuvent conduire à des difficultés et des souffrances, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas la volonté de Dieu. Dans tous les cas, Dieu est capable de transformer toute situation pour sa gloire. Rien ne lui échappe.

[Conclusion]

Si je résume, le texte de ce matin nous invite à nous retirer de nos activités pour prendre du temps avec Dieu. L’exemple de Jésus nous invite à dépendre de Dieu, à l’inclure dans nos choix, à nous préoccuper de l’annonce de l’Évangile et de l’Église. L’exemple de Jésus nous montre aussi que Dieu nous fait passer par des épreuves mais que son plan se réalise parfois à travers ces difficultés.

Soyons donc dans le même état d’esprit que Jésus, invitons Dieu à participer à nos décisions, manifestons notre dépendance à lui par la prière.

Christian Huy