Science et foi (Genèse 1.1)

La science a-t-elle discrédité la foi en Dieu ?

Parfois lorsque je parle de Dieu autour de moi, on me dit : « moi je suis scientifique, donc je ne crois pas en Dieu ». Dans l’esprit de certaines personnes, la science et la foi s’opposent. Mais beaucoup de scientifiques croient en Dieu. Parmi les chercheurs modernes qui ont obtenu des prix Nobel de physique, de chimie ou de biologie, il y a des chrétiens convaincus.

Un jour, un étudiant en troisième année de médecine me disait qu’il aimait regarder les émissions scientifiques parce qu’elles rendent gloire à Dieu. Les découvertes en biologie montrent à quel point les êtres vivants sont bien faits. De plus en plus de scientifiques sont tellement fascinés par ce qu’ils découvrent, qu’ils se disent que cela ne peut pas être le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, dans le milieu scientifique, on parle de l’ « intelligent design ». En français, c’est le concept du dessein intelligent. C’est une théorie qui affirme que l’être vivant est tellement complexe, tellement bien fait, qu’il est plus probable que cela vienne d’une cause intelligente que du hasard.

On prend souvent l’exemple suivant pour expliquer cette idée : si vous démontez une horloge, vous verrez des mécanismes complexes et bien réfléchis. Personne ne dira qu’une horloge est le fruit du hasard. Personne ne dira qu’une horloge s’est assemblée toute seule.

Les partisans du dessein intelligent diront que c’est exactement pareil pour l’univers et pour la vie humaine. Le corps humain est si bien constitué qu’il doit y avoir une intelligence derrière tout ça.

L’apôtre Pierre nous encourage à témoigner de notre foi en faisant appel à la raison : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 Pierre 3.15)

Nous sommes appelés à réfléchir sur notre foi pour pouvoir l’expliquer au moyen d’exposés intelligibles. Bien sûr, la foi est avant tout une question de relation et d’expériences avec Dieu, il ne faut pas écarter ces aspects-là. Mais ce même Dieu a créé l’intelligence et il nous donne la capacité de témoigner de notre foi avec raison, c’est ce que souligne l’apôtre Pierre.

Ici, nous abordons la question du rapport entre la science et la foi, en particulier sur le sujet de nos origines. Parfois, quand j’évoque ma foi autour de moi, on me parle comme si je n’étais pas raisonnable et on me questionne. Ce sont toujours de bonnes occasions pour expliquer ce que l’on croit. Mais en fait, nous pouvons nous aussi poser des questions à nos interlocuteurs. Pourquoi pensent-ils qu’il n’y a pas de Dieu ? Si Dieu n’a pas créé l’univers et la vie, d’où venons-nous ?

Prenons le premier verset de la Bible.

  1. Au commencement

Genèse chapitre 1, verset 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Ce premier verset nous apprend qu’il y a eu un commencement ! Savez-vous que la communauté scientifique a cru pendant des siècles que l’univers a toujours existé ? La Bible, quant à elle, parle d’un commencement. Le ciel et la terre n’ont pas toujours existé ! Ce n’est que très récemment que les scientifiques ont reconnu un début à l’univers. Aujourd’hui, ils sont majoritairement d’accord pour affirmer que l’univers n’a pas toujours existé. Ils parlent d’un « Big Bang ». Une sorte d’explosion à partir de laquelle l’univers est né, avec les astres, les étoiles et les planètes. Quand ce concept de Big Bang a commencé à être diffusé, beaucoup de scientifiques s’y sont opposés sous prétexte que c’était une doctrine chrétienne. Mais aujourd’hui, c’est une théorie reconnue dans la communauté scientifique, et elle confirme effectivement l’enseignement biblique. L’univers n’a pas toujours existé, il a bien eu un commencement, tout comme le premier verset de la Genèse le déclare.

La Bible en parle aussi dans l’Évangile selon Jean, au premier chapitre.

1 Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.
2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (1.1-3)

D’après ces versets, tout ce qui existe a été créé par Dieu et par sa Parole, rien de ce qui existe n’a été fait sans lui. Si la communauté scientifique est d’accord pour reconnaître qu’il y a bien eu un début pour l’univers, ils reconnaissent aussi qu’avant ce commencement, il n’y avait absolument rien, et ils doivent aussi se poser la question : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

  1. S’il n’y avait rien, comment se fait-il qu’il y ait quelque chose ?

Si pendant un temps il n’y avait rien du tout, même pas un atome, même pas un électron, même pas une force, alors comment se fait-il que l’univers existe ? Pourquoi la matière existe-t-elle ?

L’un des pères de la cosmologie moderne s’appelle Allan Sandage, il est décédé en 2010. C’est un astronome célèbre, il a eu de nombreuses récompenses pour ses recherches. Si vous cherchez son nom dans une encyclopédie, vous trouverez sa biographie et toutes ses découvertes. Voici ce qu’il a écrit à propos de l’origine de l’univers :

« Il me semble bien improbable qu’un tel ordre soit sorti du chaos. Il doit y avoir un principe d’organisation. Pour moi, Dieu est un mystère, mais un mystère qui explique le miracle de l’existence, la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. »

Allan Sandage fait partie des scientifiques qui croient que l’univers a été créé par Dieu. D’autres scientifiques athées affirment, quant à eux, que l’univers s’est créé lui-même. L’un des plus grands scientifiques contemporains s’appelle Stephen Hawkin. Il est connu car il a écrit des livres pour le grand public. Selon lui, la science prouverait l’inexistence de Dieu. Ses écrits ont provoqué beaucoup de débats. Lorsque l’un de ses livres est sorti dans les années 2010, beaucoup ont cru que grâce à lui, la croyance en Dieu allait définitivement disparaître. Il contredit notamment les chrétiens qui croient que l’univers est la création de Dieu.

Dans son livre, il écrit que l’« Univers peut se créer à partir de rien ».

Dans cette phrase, je vois deux contradictions.

Premièrement, comment quelque chose peut-il venir à l’existence à partir de rien ?

Deuxièmement, il parle d’autocréation. Il dit que l’univers s’est créé lui-même. Autrement dit, c’est l’univers qui a créé l’univers. Normalement, on dit que X crée Y. Mais lui dit que X crée X. Il présuppose l’existence de l’univers pour rendre compte de l’existence de l’univers. À mon sens, son raisonnement n’est pas cohérent.

Finalement, quand on croit que Dieu n’existe pas, comment justifie-t-on la naissance de l’univers ? Si la matière n’a pas toujours existé, alors elle doit bien venir d’une origine invisible, immatérielle. C’est ce qui est affirmé dans la Bible. Voici ce que nous pouvons lire dans la lettre aux Hébreux :

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » (11.3)

Le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. Le monde visible c’est ce qui existe, c’est ce qui est observable, c’est l’univers, c’est la matière. Ce verset nous dit que ce qui est observable a été fait à partir de ce qui est invisible. L’auteur nous dit que l’origine de toutes choses, c’est Dieu, lui qui est invisible, lui qui n’est pas un élément de l’univers, mais le créateur de l’univers. L’univers ne s’est pas créé tout seul à partir de rien, il a été créé par Dieu (plus précisément, par sa Parole).

Vous a-t-on déjà posé la question : si Dieu a créé le monde, qui a créé Dieu ? Peut-être que vous vous êtes aussi posé cette question.

  1. Qui a créé Dieu ?

La réponse est simple : Dieu est le créateur, il n’est pas une création, donc la question ne se pose pas pour lui. Tout ce qui existe est venu à l’existence par lui, il est le créateur ultime. La Bible nous l’affirme à plusieurs reprises, par exemple en Apocalypse chapitre 4 verset 11 : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Cette réponse ne satisfait peut-être pas tout le monde, mais en fait, il doit bien y avoir un moment où la question de l’origine s’arrête. Si on pose cette même question à un athée, il dira que l’origine de l’univers c’est l’univers. Il y a de toute façon une réalité ultime. Pour les uns c’est l’univers, pour les autres, c’est Dieu.

Pour terminer, j’aimerais aborder une dernière question : doit-on choisir entre la science et la foi ? Il y a des gens qui disent ne pas croire en Dieu parce qu’ils sont scientifiques, comme si les deux s’opposaient. Mais c’est un faux dilemme.

  1. La science ou la foi ?

Savez-vous que les hommes ont commencé à étudier les sciences parce qu’ils croyaient en Dieu ?

Voici ce que C.S. Lewis a écrit : « Pourquoi des hommes sont-ils devenus des scientifiques ? Parce qu’ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature, et ils s’attendaient à trouver des lois dans la nature car ils croyaient en un Législateur.»

Au tout début de la science, Dieu a été le moteur de la recherche scientifique. Les premiers chercheurs ont étudié les lois de la nature parce qu’ils ont lu dans la Bible que Dieu maintenait la terre dans la stabilité. Par exemple, dans le psaume 93, le psalmiste écrit ceci : « L’Eternel règne, il est revêtu de majesté. L’Éternel a la force en guise de vêtement, en guise de ceinture. Aussi, le monde est ferme, il n’est pas ébranlé. »

Ce que le psalmiste veut dire, c’est que les lois de la nature sont stables. Si je lâche un objet, il va tomber, c’est la loi de la gravité. Et si demain le relâche ce même objet, il va encore tomber, parce que le monde est stable. Je le sais parce que c’est écrit dans la Bible : « le monde est ferme, il n’est pas ébranlé », nous dit le psalmiste.

La grande majorité des pionniers de la science croyaient en Dieu, par exemple : Galilée, Kepler et Newton croyaient en un Dieu créateur. Alors pourquoi nous présente-t-on parfois la science comme un concurrent de Dieu ?

C’est parce que beaucoup de gens pensent que nous avons un Dieu bouche-trou. Selon eux, comme on ne comprend pas tout le fonctionnement de l’univers, on dit que c’est Dieu. Il est la réponse à tout. Le problème avec un Dieu bouche-trou, c’est que plus la science fait des découvertes, moins on a besoin de ce Dieu pour boucher les trous.

Mais le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu bouche-trou. On ne croit pas en Dieu pour combler une ignorance. On croit en Dieu parce qu’il est le créateur. Il me semble plus raisonnable de croire que l’univers a été créé par un être intelligent plutôt que de croire que l’univers s’est créé tout seul à partir de rien.

Pour ma part, je ne vois pas la science comme un concurrent de Dieu, au contraire. La science étudie la création de Dieu !

Lorsque nous examinons l’univers, les astres, les océans, les mers, tout nous révèle la majesté du créateur !

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




Les fondements de notre foi (Actes 11.19-30)

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Étant plus jeune, on s’amusait à fixer des ballons sur le plafond ou sur les murs. Voici comment on s’y prenais, c’est très simple, vous devez certainement connaître l’astuce :

Il faut simplement frotter le ballon avec un bout de tissu ou sur son pull. Ainsi, nous produisons de l’électricité statique qui fait tenir le ballon contre la plupart des surfaces. Sans le phénomène électrostatique, le ballon n’adhère pas au mur. Mais avec la force électrostatique, le ballon adhère. Cette force ne se voit pas, mais son action change tout.  C’est exactement pareil entre nous et Dieu.

Sans la grâce de Dieu, sans l’action de son Esprit, nous lui serions réticents. Nous ne chercherions même pas à être en relation avec lui. Mais dans sa grâce, le Saint-Esprit nous fait nous approcher de Dieu. C’est comme le ballon qui peut adhérer à n’importe quoi grâce à la force électrostatique. L’action de Dieu, elle, nous permet de nous rapprocher de lui, et même d’être en communion avec lui.

La foi n’est pas une œuvre humaine. Le fondement de notre foi, ce n’est pas notre propre volonté. La foi naît en nous grâce à l’action de Dieu dans notre vie.

Je vous propose de lire l’un des nombreux textes de la Bible qui relatent comment la grâce de Dieu opère dans notre vie.

Livre des Actes des apôtres, chapitre 11, les versets 19 à 30.

19 Ceux qui avaient été dispersés lors de la persécution survenue après la mort d’Etienne allèrent jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre et à Antioche; mais ils n’annonçaient la parole qu’aux Juifs.
20 Cependant, certains d’entre eux, qui étaient originaires de Chypre et de Cyrène, vinrent à Antioche et s’adressèrent [aussi] aux non-Juifs pour leur annoncer la bonne nouvelle du Seigneur Jésus.
21 La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se tournèrent vers le Seigneur.
22 La nouvelle en parvint aux oreilles des membres de l’Eglise de Jérusalem et ils envoyèrent Barnabas jusqu’à Antioche.
23 A son arrivée, lorsqu’il vit la grâce de Dieu, il en éprouva de la joie. Il les encourageait tous à rester attachés au Seigneur d’un coeur ferme,
24 car c’était un homme de bien, plein d’Esprit saint et de foi. Une foule assez nombreuse s’attacha au Seigneur.
25 Barnabas se rendit ensuite à Tarse pour aller chercher Saul.
26 Quand il l’eut trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux réunions de l’Eglise et ils enseignèrent beaucoup de personnes. C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens.
27 A cette époque-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche.
28 L’un d’eux, du nom d’Agabus, se leva et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous l’empereur Claude.
29 Les disciples décidèrent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères et soeurs qui habitaient la Judée.
30 C’est ce qu’ils firent en l’envoyant aux anciens par l’intermédiaire de Barnabas et de Saul.

[1. La grâce nous permet de nous tourner vers le Seigneur]

Les évènements décrits dans ce passage se déroulent à Antioche. Au premier siècle, Antioche était la troisième grande ville de l’empire romain, la capitale était Rome. Ensuite, la deuxième grande ville était Alexandrie, en Égypte, et en troisième position, c’était Antioche, qui se trouve au sud de la Turquie actuelle, près de la frontière syrienne. À l’échelle de la France, on peut comparer cette ville à Marseille, d’autant plus qu’il y avait un fort brassage de population et beaucoup d’activités marchandes. On y trouvait aussi toutes sortes de croyances et malheureusement beaucoup d’immoralité.

Quand les disciples Juifs ont commencé à être persécutés à Jérusalem à cause de leur foi en Jésus, ils ont fui dans tout l’empire romain et plusieurs se sont retrouvés à Antioche. Leur relation avec Jésus leur procurait tellement de joie qu’ils ont continué de témoigner du Christ aux autres Juifs d’Antioche. Ils proclamaient que Jésus était le messie annoncé par les prophètes Juifs, celui qui ouvre le chemin vers Dieu et offre la vie éternelle. Ces disciples étaient tellement enthousiastes à l’idée de partager cette Bonne Nouvelle qu’ils se sont mis à annoncer cette nouvelle aussi aux non-Juifs, aux païens. Cette ouverture de l’Évangile aux païens était totalement novatrice. Avant eux, seul l’apôtre Pierre l’avait fait.

Voici ce que nous pouvons lire à propos de l’entreprise des disciples Juifs à Antioche (v. 21) : « La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se tournèrent vers le Seigneur. ».

Il est intéressant de remarquer comment cette phrase est tournée. « La main du Seigneur était avec eux ». « La main du Seigneur », c’est une expression que l’on trouve dans l’Ancien Testament pour désigner l’action de l’Eternel.

Et la deuxième partie de la phrase : « Et un grand nombre de personnes crurent et se tournèrent vers le Seigneur ». Ici, le Seigneur désigne Jésus, comme l’indique le verset précédent : « Cependant, certains d’entre eux, qui étaient originaires de Chypre et de Cyrène, vinrent à Antioche et s’adressèrent [aussi] aux non-Juifs pour leur annoncer la bonne nouvelle du Seigneur Jésus. »

Le verset 21 est l’un des nombreux versets de la Bible qui soutiennent la divinité du Christ. Le même mot- Seigneur – désigne Dieu et Jésus.

Mais ce qui est plus marquant dans ce verset, c’est l’action de Dieu qui attire de nombreuses personnes à lui : « La main du Seigneur était avec eux et un grand nombre de personnes crurent et se tournèrent vers le Seigneur. »

La foi n’est pas une œuvre humaine, c’est un cadeau, une grâce. Cette grâce est offerte à des païens. C’est tellement révolutionnaire que la nouvelle parvient rapidement à l’Église de Jérusalem qui envoie Barnabas pour entourer ces nouveaux disciples.

Voici comment réagit Barnabas à son arrivée à Antioche (v. 23) : « A son arrivée, lorsqu’il vit la grâce de Dieu, il en éprouva de la joie. »

Une fois de plus, c’est la grâce de Dieu qui est mise en avant. C’est par grâce que la foi naît dans notre cœur. Mais cette grâce ne nous dispense pas de travailler à rester attaché au Seigneur.

[2. La grâce ne nous dispense pas de travailler à rester attaché au Seigneur]

Très vite, Barnabas prend conscience du rôle qu’il a à jouer. Tout disciple a besoin d’être enseigné et encouragé, surtout au début de sa relation avec Dieu. Tout disciple a aussi besoin de vivre sa foi avec d’autres chrétiens, c’est-à-dire en Église. Ce n’est pas pour rien que l’Église de Jérusalem a envoyé Barnabas, celui-ci avait un don d’encouragement, d’accompagnement et d’enseignement.

Pour soutenir les nouveaux disciples dans leur foi, il va chercher Saul. Une fois réunis, les deux collaborateurs passent une année entière à participer aux réunions de l’Église et à enseigner de nombreuses personnes. La grâce de Dieu suscite en nous la foi, mais cette grâce ne nous dispense pas de travailler à rester attaché au Seigneur. Ce qui permet à un disciple de rester attaché à Jésus, c’est l’enseignement des Écritures. Le lieu principal où cet enseignement est donné, c’est l’Église en tant que communauté. C’est en communauté que nous marchons ensemble dans la foi. C’est en communauté que nous pouvons nous encourager et nous soutenir spirituellement.

Se passer d’une communauté, c’est refuser ce que Dieu nous donne pour progresser dans la foi et c’est aussi priver les autres de notre soutien et de nos dons. Attention ! Marcher en communauté ne veut pas dire être communautaire. L’Église n’est pas une forme de communautarisme, mais c’est un lieu de communion. Communion avec Dieu et communion les uns envers les autres.

Je trouve les réflexes de Barnabas très intéressants et nous devrions nous en inspirer. Il voit des nouveaux chrétiens et il sait que la première chose à faire est de les enseigner. Mais il ne le fait pas seul. Il va chercher Saul.

À votre avis, pourquoi va-t-il le chercher ?

Parce que la tâche est grande et il a besoin d’un collaborateur. Mais le reste du livre des Actes nous montre aussi que Barnabas avait très certainement une autre idée en tête. Il voulait que Saul mette la main à la pâte afin qu’il continue cette œuvre d’enseignement par la suite. Barnabas a en quelque sorte propulsé le ministère de Saul qui deviendra plus tard le grand apôtre Paul. Et Paul fera de même avec d’autres comme Tite et Timothée. Il les a pris sous son aile pour travailler avec eux et pour les former afin qu’il puisse à leur tour passer le relais.

Voici ce que l’apôtre Paul demandera à Timothée à la fin de sa vie : « Ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des personnes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. » Il ne s’agit pas simplement de transmettre un enseignement, il faut aussi que les personnes enseignées puissent à leur tour enseigner les suivants. C’est ainsi que Dieu souhaite que l’enseignement biblique perdure. Il me semble que c’est ce que nous sommes appelés à faire dans nos Églises. Pas seulement enseigner, mais enseigner à enseigner.  « Ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le [… à qui ?] à des personnes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. » (2 Ti 2.2)

Il est vrai qu’aujourd’hui, en France, nous avons des Instituts et des facultés pour former, mais cela ne doit pas être une excuse pour nous défiler. De plus, ces Instituts ne peuvent construire que sur la base de ce que les Églises apportent. Par ailleurs, chaque année, les Instituts de théologie en France sont attristés de voir le peu d’apprentis que les Églises leur envoient. Dans le Nouveau Testament, les responsables d’Églises sont appelés à discerner les personnes fidèles et à leur proposer de les former en vue de la prédication de l’Évangile. C’est ce que Barnabas a fait avec Saul, il a joué un rôle non-négligeable dans ce que Saul va devenir par la suite.

Souvent, nous avons l’impression que dès sa conversion, Saul est devenu un super apôtre, du jour au lendemain. Mais si nous lisons les témoignages de Saul dans ses différentes lettres, il raconte qu’il a mis 14 ans avant de commencer à effectuer son travail de missionnaire. Quand Barnabas va chercher Saul à Tarse, 10 ans se sont écoulés depuis sa conversion. Saul n’était alors qu’un disciple comme les autres, inconnu en dehors des quelques villes où il a exercé. Il avait beaucoup de zèle, mais ce n’était pas encore le grand apôtre enseignant.

Revenons à la grâce de Dieu.

[3. La grâce nous incite à la générosité]

À la fin du récit, les chrétiens d’Antioche sont informés qu’une famine aura lieu et elle arrive effectivement sous le règne de l’empereur Claude. L’Église d’Antioche décide d’envoyer un don pour aider les chrétiens de Judée. Chaque membre contribue selon ses moyens. Là encore nous pouvons relever quelque chose d’intéressant concernant l’entraide communautaire.

Il n’est pas dit que ceux qui avaient de l’argent donnaient quelque chose et ceux qui avaient moins d’argent ne donnaient rien. Verset 29 : « chacun a donné selon ses moyens. »

Manifestement, tous ont participé. La grâce de Dieu nous incite à la générosité. Si nous comptons tout ce que Dieu nous donne jour après jour, pouvons-nous dire que nous le méritons ? Dieu nous fait grâce indépendamment de nos mérites. Sa générosité devrait nous inciter à faire preuve de générosité à notre tour. Si Dieu nous fait grâce indépendamment de nos mérites, qui sommes-nous pour manquer de générosité ?

J’irai même plus loin : si Dieu nous fait grâce indépendamment de nos mérites, qui sommes-nous pour manquer de générosité même envers ceux dont on pense qu’ils ne le méritent pas ?

La grâce de Dieu est le fondement de notre foi dans le sens où tout nous vient de lui. Cette grâce ne nous dispense pas de faire des efforts pour rester attachés au Seigneur. Jésus a dit lui-même qu’il construit son Église afin que nous puissions nous édifier les uns les autres. L’Église est aussi un lieu d’entraide où nous devrions faire preuve de grâce les uns envers les autres.

Que la main du Seigneur continue d’œuvrer dans notre vie et dans notre Église, et que beaucoup d’autres personnes puissent se tourner vers lui par sa grâce !

Christian Huy