Se soumettre ? (Apocalypse 4)

Quelle est votre perception de Dieu ?

Si je pose cette question dans une Église, j’aurais très certainement des réponses où Dieu est bien perçu. Il est notre sauveur, il pardonne nos fautes, il nous aime. Dieu est un père, et aussi un ami. Dieu est tout-puissant, il nous aide, il nous console, il nous fortifie et il est bon avec nous.

En revanche, si je pose cette question à des gens qui ne partagent pas la foi chrétienne, quel genre de réponse aurai-je ? Il serait intéressant de faire cette expérience et c’est à peu de choses près ce que l’on vous proposera de faire la semaine prochaine.

Quelques associations ont recensé l’opinion du public et on a souvent des réponses assez négatives.

  • Selon certains, Dieu serait un concept humain, une invention de l’homme.
  • Dieu serait la source de beaucoup de conflits religieux et de guerres.
  • Dieu enlèverait notre liberté, car il y a beaucoup d’interdictions dans la Bible.
  • Dieu n’aurait rien à faire des humains, il nous laisserait nous débrouiller seul dans un monde qui va mal.

On constate que Dieu fait l’objet de polémique. Pour les uns, il est le sauveur du monde ; pour les autres, il n’est pas apprécié. Entre les deux, il peut aussi y avoir ceux qui sont hésitants ou ceux qui n’ont pas d’avis particulier. Mais comment se présente-t-il lui-même à l’humanité ?

Ici, je vous propose de lire un texte de l’Apocalypse où Dieu révèle un aspect très important de sa personne.  L’apocalypse a été écrit par l’apôtre Jean à la fin du premier siècle alors que l’Église est persécutée par l’Empire romain. Apocalypse signifie révélation. Jésus se révèle par des visions et il révèle ce qui doit arriver depuis sa résurrection jusqu’à la fin du monde. Donc ce livre nous concerne et il concerne aussi notre époque.

Dans les premières visions, Jésus commence par demander à Jean d’envoyer des lettres aux Églises. Dans ces lettres, certaines Églises sont encouragées à persévérer dans leurs points forts, par exemple : la fidélité aux Écritures et l’attachement à Dieu. D’autres sont vivement invitées à changer ce qui ne va pas, notamment : l’infidélité à Dieu et le mélange de la foi chrétienne avec d’autres croyances.

Même si ces lettres peuvent paraître comme des évaluations ou des critiques envers les Églises, c’est une manière de les aider à garder le bon cap. Quand on prend la mauvaise route, normalement on est content que quelqu’un ose nous le signaler. Notre orgueil peut en prendre un coup, mais au final, c’est bon pour nous.

Dans l’Apocalypse, Dieu utilise énormément de symboles pour se révéler à Jean. Nous lisons maintenant le chapitre 4 où Jean voit encore des visions.

1 Après cela, je regardai et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j’avais entendue me parler avec la force d’une trompette dit alors: «Monte ici et je te ferai voir ce qui doit arriver par la suite.» 2 Aussitôt je fus saisi par l’Esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis.
3 Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine, et le trône était entouré d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude.
4 Autour du trône se trouvaient vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre anciens étaient assis. Ils étaient habillés de vêtements blancs et portaient des couronnes d’or sur la tête.
5 Du trône sortent des éclairs, des voix et des coups de tonnerre, et devant lui brûlent sept lampes ardentes qui sont les sept esprits de Dieu.
6 Devant le trône, il y a aussi comme une mer de verre qui a la transparence du cristal. Au milieu et autour du trône se tiennent quatre êtres vivants couverts d’yeux devant et derrière.
7 Le premier être vivant ressemble à un lion, le deuxième à un taureau, le troisième a le visage d’un homme et le quatrième ressemble à un aigle en plein vol.
8 Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes et ils sont couverts d’yeux tout autour et à l’intérieur. Ils ne cessent de dire, jour et nuit: «Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient!»
9 Chaque fois que les êtres vivants donnent gloire, honneur et reconnaissance à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles,
10 les vingt-quatre anciens se prosternent devant celui qui est assis sur le trône, adorent celui qui vit aux siècles des siècles et déposent leur couronne devant le trône en disant: 11 «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

[1. Dieu est tout-puissant]

Dans cette vision, la première chose que Jean voit est un trône. Et sur ce trône, quelqu’un est assis. Le trône est l’endroit où le roi est assis. Pour les gens de l’époque, ça évoque l’empereur Romain. Celui qui a toute autorité dans l’empire, celui qui persécute les chrétiens, celui à qui tout le monde doit obéir. Qui est l’équivalent de l’empereur aujourd’hui en France ? Qui a beaucoup de pouvoir ?

Est-ce le président de la République et ses ministres ? Est-ce ceux qui font les lois ? Est-ce les médias qui peuvent révéler des affaires sur les hommes politiques au point de les faire démissionner ? Est-ce les banques ? Est-ce les hommes riches qui capitalisent toute la fortune du monde ?

Et dans nos entreprises, qui a le pouvoir ? Le patron ? Sa femme, son fils ? Le client ? Et dans les universités ou les écoles, qui a beaucoup de pouvoir ? Les professeurs ? Le directeur ? Le correcteur de sa copie du bac ?

Dans la vision de Jean, le trône se trouve dans le ciel, au-dessus de tout et de tout le monde. Cela signifie que le roi qui est assis dessus a plus de pouvoir que n’importe qui sur terre. Celui qui siège sur ce trône, c’est Dieu.

Cette vision a été rassurante pour les premiers chrétiens qui étaient persécutés. Malgré la puissance des opprimants, il peuvent être assurés qu’en réalité, c’est Dieu le plus fort. Cette vision est d’autant plus rassurante parce qu’elle rappelle aux chrétiens les promesses et les caractéristiques de Dieu. Celui qui siège sur le trône est éclatant comme des pierres précieuses. Cela signifie que la gloire de Jésus est resplendissante.

Autour du trône, il y a un arc-en-ciel qui symbolise l’alliance entre Dieu et l’humanité. Dieu fait grâce à ceux qui placent leur confiance en lui et qui choisissent d’entrer dans cette alliance. Cette alliance est éternelle, elle est fiable. Rien ni personne n’empêchera Dieu de tenir ses promesses. Sa grâce nous permet de vivre en relation intime avec lui sans condition. Et dans cette grâce, il nous offre la vie éternelle.

Cette vision du trône manifeste la toute-puissance de Dieu, pas seulement pour montrer qu’il est le plus fort, mais aussi pour montrer qu’il est capable de prendre soin de nous mieux que n’importe qui. Cette souveraineté de Dieu nous pousse à réfléchir à notre manière de voir le monde. Les gens qui dirigent le monde ou notre pays ont beaucoup de pouvoir, mais un pouvoir limité. En revanche, Dieu a un pouvoir bien plus grand et surtout il a un pouvoir sur notre âme, sur notre vie après la mort. Regardons maintenant ce qui se passe autour de ce trône.

[2. Dieu est digne d’adoration]

Autour du trône, il y a 24 hommes. 24, c’est 12 + 12. Dans l’Ancienne Alliance, le peuple de Dieu était composé de 12 tribus. Dans la nouvelle alliance, après Jésus, le peuple de Dieu c’est l’Église, fondée par les 12 apôtres de Jésus. 12 + 12 = 24. Ces 24 hommes représentent le peuple de Dieu.

On nous dit que ce sont des anciens. La vieillesse est symbole de sagesse. Ils sont habillés de blanc, symbole de la victoire. Ils portent aussi des couronnes, symbole de royauté. Dans la Bible, ceux qui croient en Dieu vivront éternellement avec lui et règneront avec lui.

Devant le trône, il y a 7 lampes. On nous dit que ce sont les 7 esprits de Dieu. En réalité, Dieu a un seul Esprit, mais le chiffre 7 symbolise la perfection et la plénitude. L’Esprit de Dieu, représenté par 7 esprits, nous fait comprendre que cet esprit est parfait.

Devant le trône, il y a aussi une mer de cristal. À l’époque, le verre transparent était très rare. Ce cristal transparent symbolise probablement la pureté et la splendeur de Dieu.

Autour du trône, il y a des êtres vivants un peu spéciaux. Ils ont 6 ailes et des yeux partout sur leur corps. Le premier ressemble à un lion, le deuxième à un taureau, le troisième a un homme et le quatrième ressemble à un aigle. Les ailes servent à se déplacer : ils sont donc très mobiles. Les yeux servent à voir et ils symbolisent souvent la connaissance dans la Bible.

Ces 4 créatures représenteraient l’ensemble de la création. D’après les conceptions de l’époque : le lion est le plus puissant des animaux sauvages, le taureau le plus puissant des animaux domestiques, l’aigle le plus puissant des oiseaux et l’homme le plus puissant de tous.

Ces quatre êtres représentent tout ce qu’il y a de plus remarquable dans la création. Il semblerait que ce soient des chérubins. Ils ressemblent beaucoup à des êtres décrits dans d’autres passages de la Bible et ces êtres sont appelés des chérubins. Ce sont des êtres qui sont au service de Dieu.

Dans cette vision de l’Apocalypse, les représentants du peuple de Dieu et les représentants de la création se tiennent autour du trône, autour de Jésus. Que font-ils ? Ils l’adorent.

Les 4 êtres vivants disent (v. 8) : «Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient!»

Et les 24 anciens disent (v. 11) : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Dieu est digne d’adoration parce qu’il est le créateur et parce qu’il est tout-puissant. Parfois on dit que Dieu est digne de louange parce qu’il a fait telle ou telle chose pour nous. Mais nous ne sommes pas le centre du monde. Dans la vision, c’est Dieu qui est au centre. Il est digne de louange parce qu’il est Dieu. Et l’adoration ce n’est pas seulement le chant, c’est surtout une manière de vivre qui place Dieu au centre de notre attention et de notre vie entière. De tout temps l’être humain a tendance à mettre Dieu de côté. Le texte de ce matin nous invite à faire de Dieu notre Dieu.

[Conclusion]

Pour conclure, j’aimerais parler de soumission. Dieu nous demande de nous soumettre à lui. La soumission est un terme très mal perçu, c’est comme si on se mettait en esclavage. Mais dans la Bible, se soumettre à Dieu c’est reconnaître qu’il est le Seigneur et c’est lui obéir.

Nous pourrions faire la liste des raisons pour lesquelles nous devrions nous soumettre à lui. Par exemple, on pourrait dire que c’est parce qu’il est bon envers nous. C’est un bon maître. Il nous protège. Il dirige toutes choses pour notre bien. Il nous aime, c’est un maître qui prend soin des siens, etc.

Mais dans le passage que nous avons lu, Dieu est digne d’adoration parce qu’il est le tout-puissant. Cette raison est suffisante. Même s’il y a un tas d’autres bonnes raisons, nous ne devrions pas avoir besoin de ces autres raisons pour l’adorer et nous soumettre à lui.

Nous devrions lui exprimer cette louange avec les 24 anciens : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent.»

Christian Huy




L’enfer

Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

Dans cette série de prédications, j’aborde certaines objections que l’on peut entendre à l’encontre de la foi chrétienne et j’essaie de donner des pistes sur la manière dont on peut répondre à ces objections. L’apôtre Pierre nous invite à réfléchir à notre foi afin de pouvoir apporter des réponses aux questions que l’on nous pose. Dans sa première lettre, nous pouvons lire ceci : « Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison ». (1 P 3.15)

Les semaines passées, j’ai abordé les thèmes suivants : La foi fait-elle intervenir la raison ? La science moderne discrédite-t-elle la foi ? Que dire des guerres de religion ? La résurrection de Jésus est-elle une légende ou un fait historique ? Si Dieu existe, pourquoi le mal et pourquoi la souffrance ?

Nous avons vu à chaque fois que le message biblique est solide, cohérent, et même logique. En abordant ces thèmes sous un angle plutôt rationnel, je ne veux pas non plus écarter l’aspect émotionnel de la foi car il a toute sa place. La foi fait intervenir nos sentiments et notre intelligence. Après tout, c’est qui nous a créés ainsi, avec la capacité de ressentir des émotions et de réfléchir. Ici, nous continuons cette série de prédications et nous abordons maintenant le thème de l’enfer. Beaucoup de personnes de tout arrière-plan trouvent que le Dieu décrit dans la Bible n’est pas assez bon. Ils refusent de croire en lui à cause de l’enseignement sur l’enfer. Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ? Nous allons regarder ce que dit Jésus à ce propos, mais avant cela j’aimerais prendre le temps de donner quelques précisions sur cette question.

[1. Il est normal de se poser la question]

Premièrement, il est normal de se poser cette question. Tout à l’heure j’ai dit que nous abordons en ce moment des thèmes bibliques sous l’angle de la raison. Mais quand on parle de l’enfer, il est difficile, voire impossible, de le faire en mettant de côté nos émotions. Si la mention de l’enfer dans la Bible pose problème, c’est justement parce que nous sommes des êtres émotionnels et nous avons du mal à concevoir que Dieu puisse envoyer des gens en enfer.

La plupart d’entre nous avons déjà perdu des proches, membres de notre famille, amis ou connaissances. Parmi eux, il y a peut-être des gens qui n’avaient pas mis leur foi en Jésus. Si c’est le cas, vous avez peut-être déjà eu les mêmes questionnements que moi. Comment Dieu peut-il laisser cette personne aller en enfer ? Dieu n’est-il pas bon ? Ne peut-il pas faire en sorte qu’on aille tous au paradis ?

La Bible enseigne quelque chose qu’on n’a pas envie de croire : l’existence de l’enfer. C’est quelque chose que l’on enseigne même aux enfants dans nos Églises. L’un des versets qu’on leur enseigne le plus, c’est Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »

Ce verset est très clair, il y a deux issues possibles, périr ou avoir la vie éternelle : « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » Il y a donc des gens qui périssent parce qu’ils ne croient pas en Jésus. Il est normal de se poser la question : pourquoi Dieu ne sauve-t-il pas tout le monde ? Comment peut-on penser d’une part que Dieu aime tous les hommes et d’autre part qu’il en envoie certains en enfer ? Est-ce compatible ? Je pense que ces questions sont légitimes, c’est la première chose que je veux souligner. Le deuxième point que je veux relever, c’est qu’il faut prendre ces questions très au sérieux.

[2. Il faut prendre ces questions au sérieux]

Il ne faut pas prendre à la légère notre réflexion sur l’enfer. « Si je prétends qu’il n’y a pas d’enfer alors qu’il existe, je risque de conduire les gens précisément dans un endroit dont j’ai [publiquement] nié l’existence ! Et si je prétends à tort que l’enfer existe ? Je risque de forcer les gens à passer leur vie à mettre en garde leurs bien-aimés. Et à propos de quoi ? D’un endroit terrifiant qui n’existe même pas ! » (Francis Chan) On ne peut pas prendre la question de l’enfer à la légère. « Vous ne pouvez pas juste donner votre avis et continuer tranquillement votre chemin. » (Francis Chan) Il y a beaucoup trop de choses en jeu et surtout trop de personnes en jeu. Prenons donc cette question au sérieux. Ce matin je ne peux pas traiter cette question à fond, ça me prendrait plusieurs heures. Je vous invite donc à continuer d’y réfléchir chez vous, en lisant la Bible et surtout en priant. La troisième chose que j’aimerais souligner, c’est que Dieu est Dieu.

[3. Dieu est Dieu]

Dieu est Dieu et donc il fait ce qu’il veut. De nombreux passages des Écritures parlent de la souveraineté de Dieu. Le psaume 115 en fait partie. Voici ce que nous lisons au verset 3 : « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut. » Si Dieu existe, ce n’est pas nous qui allons décider qui il est ou comment il est.

De nos jours, les gens ont tendance à s’imaginer Dieu comme ils le souhaiteraient. C’est dans l’air du temps, on veut tout personnaliser. En faisant cela, c’est comme si nous érigions une idole. Nous nous créons un Dieu tel que nous le voudrions, bien souvent, un Dieu qui nous ressemble ! Mais si Dieu existe, il est comme il est, même s’il ne correspond pas à l’image que l’on se fait de lui, cela ne changera rien sur sa personne.

La Bible affirme que le cœur humain est corrompu. À cause cette corruption, nous ne sommes pas en phase avec Dieu. La Bible enseigne qu’il y a une énorme distance entre notre manière de penser et sa manière de penser. Voici ce que Dieu a dit à travers le prophète Esaïe : « vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, déclare l’Éternel. Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55.8-9)

À cause de cette distance, on doit s’attendre à ce que Dieu nous enseigne des choses qui entrent en conflit avec notre façon naturelle de penser. C’est une raison de plus pour dire que nous ne pouvons pas écarter un enseignement de la Bible juste parce que cela n’entre pas dans nos cases. Regardons maintenant ce que dit la Bible à propos de l’enfer.

[Enseignement biblique sur l’enfer]

Certains lecteurs de la Bible pensent avoir trouvé des passages qui affirmeraient que personne n’ira en enfer. Autrement dit, nous irions tous au paradis. Les deux textes les plus cités sont Philippiens 2 et 1 Corinthiens 15.

Voici ce qu’on peut lire dans Philippiens 2.9-11. L’auteur parle de Jésus et il dit à son propos : « Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

Ce texte enseigne qu’à la fin des temps, tout le monde reconnaîtra que Jésus est le Seigneur. C’est tout à fait vrai. Mais ce texte ne dit pas du tout que tout le monde sera au paradis. Il dit simplement que chaque être humain reconnaîtra la royauté de Jésus, qu’il fasse partie du royaume des cieux ou non.

Un autre passage se trouve dans la première lettre de Paul aux Corinthiens et il dit ceci : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Co 15.22) Mais le contexte nous apprend que c’est ceux qui donnent leur vie à Jésus qui auront une nouvelle vie. Il suffit par exemple de lire le verset suivant : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun à son propre rang: Christ en premier, puis ceux qui appartiennent à Christ lors de son retour. » C’est tous ceux qui ont donné leur vie à Jésus qui revivront en Christ. Regardons maintenant ce que dit Jésus à propos de l’enfer.

Il en parle à plusieurs reprises, mais ce matin j’aimerais juste prendre un texte significatif de son enseignement. Matthieu 25.31 à 34 et 41 :

31 Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les [saints] anges, il s’assiéra sur son trône de gloire. 32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs; 33 il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde!
[…]
41 Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges!

Dans ce passage, Jésus décrit le jour du jugement dernier qui aura lieu lors de son retour. Jésus jugera chaque être humain et il y aura deux issues : le royaume des cieux ou le feu éternel. Pratiquement à chaque fois où il en est question, Jésus parle de l’enfer comme un feu éternel. Est-ce une image ou est-ce que c’est à comprendre littéralement ?

On sait que dans la Bible, l’image du feu est souvent utilisée comme un symbole. Par exemple, on peut lire que la langue est un feu (lettre de Jacques). Dans l’apocalypse, les yeux de Jésus sont décrits comme des flammes de feu. L’apôtre Paul dit que nos œuvres brûleront le jour du jugement (1 Co 3.15).

Il me semble qu’ici le feu est encore une fois un symbole. Mais quoi qu’il en soit, ça ne remet pas en question le fait que l’enfer est un lieu de souffrances. C’est un lieu de souffrance, car c’est là où l’amour de Dieu est absent. Mais comment se fait-il qu’il y ait des endroits où l’amour de Dieu est absent ? L’amour de Dieu n’est-il pas infini ?

D’après la Bible, Dieu a manifesté son amour en Jésus. C’est notamment le verset de Jean 3.16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Par amour pour nous, Dieu a donné son fils. Mais tout le monde accepte-t-il cet acte d’amour ? Tout le monde accepte-t-il de reconnaître son besoin de Dieu ?

CS Lewis a écrit ceci à propos du jugement et de la destinée de l’Homme : « En somme, il n’y a que deux types de personnes : ceux qui disent à Dieu « Que ta volonté soit faite », et ceux auxquels finalement Dieu dit « Que ta volonté soit faite ». »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul parle du sort de ceux qui ne suivent pas Jésus, il dit que : « Dieu les a abandonnés aux désirs de leur cœur. » (Ro 1.24)

Tout ce que Dieu fait aux gens à la fin, c’est leur donner ce que leur cœur désire le plus, y compris le droit de ne pas lui être soumis.

Pour conclure, revenons à notre question de départ : comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

En fin de compte, Dieu n’envoie pas les gens en enfer. Dieu ne jette pas les gens en dehors de sa présence. Ce sont les gens qui choisissent de se couper de Dieu, ils refusent son amour et son royaume. Ces quelques réflexions sur l’enfer vous font peut-être réagir. N’y a-t-il pas plus d’espoir que cela ? Dieu est tellement grand, ne peut-il pas mettre en place un plan B pour ceux qui sont perdus ?

Nulle part dans la Bible, il n’est question d’un plan B. En fait, si on avance l’hypothèse qu’il pourrait y avoir un plan B, ça veut dire que le plan A de Dieu a raté. Mais Dieu a un plan parfait, il n’a pas besoin d’un plan B.

En revanche, j’ai déjà entendu des beaux témoignages très surprenants. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai eu connaissance du témoignage d’un homme qui était sur son lit de mort. Et peu avant de mourir, Jésus s’est révélé à lui, il s’est repenti de son incrédulité, il a confessé Jésus comme son Seigneur, et il est décédé. Comme le dit une amie, au ciel nous aurons de belles surprises !

Dieu nous demande de croire en la réalité de l’enfer pour ceux qui refusent la grâce de Jésus. Et il nous demande aussi de lui faire confiance, car son plan est parfait. Une fois j’ai entendu quelqu’un dire qu’il ne serait pas heureux au ciel si sa famille n’y est pas. Je partage tout à fait cette pensée. En même temps, dans le livre de l’Apocalypse, Dieu nous promet qu’au ciel, il n’y aura plus aucune tristesse. Nous serons dans la joie. C’est une promesse. Comment penser que nous serons dans la joie s’il manque des gens que l’on aime ?

Pour moi c’est un mystère. Dieu me demande à la fois de croire qu’il y aura un jugement et d’avoir confiance en son plan parfait pour moi et pour ceux que j’aime. Je ne peux pas tout comprendre, mais  je suis invité à mettre ma foi en lui et à continuer de proclamer l’Évangile, afin que ceux qui croient en Jésus ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle.

[Temps de questions après la prédication]

Comment expliquer que Dieu se révèle à certains et pas à d’autres ? Y aurait-il des privilégiés ? Exemple : l’apôtre Paul à qui Jésus est apparu.

Réponse : C’est une question qui concerne la souveraineté de Dieu. Comme on l’a vu : « Dieu fait ce qu’il veut » (Psaume 115.3). Néanmoins, en parlant de l’apôtre Paul, il cherchait sincèrement Dieu dans le judaïsme légaliste. Jésus lui est apparu pour lui révéler la voie de Dieu. Dans les Évangiles, Jésus a dit : « qui cherche trouve » (Matthieu 7.8). J’ai déjà entendu des témoignages de personnes qui ne connaissaient pas Jésus, mais qui cherchaient à connaître le Dieu créateur, et Dieu s’est révélé à eux.

Peut-on parler de privilèges ? Je ne sais pas, mais pour ma part je me sens privilégié. Tout comme je me sens privilégié d’être né dans un pays « riche ». Du coup, je me sens le devoir de partager une partie de mes biens à ceux qui sont dans le besoin. Nous devrions réagir de la même manière avec l’Évangile : partager cette nouvelle à ceux qui sont autour de nous.

Qu’en est-il de ceux qui vivent dans un contexte où ils n’ont jamais entendu parler de Jésus ?

Réponse : Comme je l’ai dit : « qui cherche trouve ». Dans sa lettre aux Romains (1.18-21), Paul met en évidence que Dieu se révèle à tous par sa création. Dans les Psaumes, nous lisons que le ciel raconte la gloire de Dieu (Ps 19). Ainsi, même sans une révélation spécifique, tous les hommes peuvent  approcher le créateur.

Par ailleurs, il est dit dans les Écritures que chacun sera jugé selon ce qu’il aura entendu. Et nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu.

Tu as dit que nous ne serons pas tristes au paradis, même s’il manque des êtres qui nous sont chers. Est-ce parce que nous perdrons nos souvenirs terrestres ?

 Selon la Bible, nous ressusciterons tout comme Jésus est ressuscité (1 Co 15.23). Or Jésus avait les cicatrices des clous sur ses mains et ses pieds. Il avait encore le souvenir de ses disciples. Son corps était un peu différent (on parle de corps glorifié), mais il y aura une continuité entre notre vie présente et celle à venir. Nous garderons notre personnalité propre. La différence, c’est que notre corps ne sera plus entaché par le péché.

À propos de la fin des temps et de nos proches, je pense que nous pouvons faire confiance à la justice de Dieu, à sa bonté et à son amour. Il agit toujours avec amour et justice. Au ciel, nous ne serons pas tristes et nous n’aurons que de belles surprises. Nous nous dirons : Dieu est encore plus juste et plus bienveillant que ce que je pensais. Non pas qu’il n’y aura pas de punition ou de réel jugement. Mais nous comprendrons mieux, il me semble, son plan.

Toutefois, en attendant d’être au ciel, Dieu nous demande de proclamer l’Évangile sans lequel il n’y a pas de salut.

Christian Huy

Sources principales :
L’enfer ignoré de Francis Chan
La raison est pour Dieu de Timothy Keller




Résurrection de Jésus, légende ou fait historique ?

La fête de Pâques n’est pas seulement la fête des œufs aux chocolats, c’est avant tout la fête de la libération. Le peuple hébreu était esclave en Égypte et Dieu l’a libéré de l’esclavage. C’est l’origine de cette fête. Jésus est mort et il est ressuscité le jour de Pâques, ce n’est pas un hasard si la résurrection a eu lieu à ce moment-là. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous libère d’un esclavage. L’esclavage de l’égoïsme.

Nous pensons tous à nous-mêmes et nous sommes tous tentés d’agir comme bon nous semble sans tenir compte de la volonté de Dieu. Jésus nous libère de cela. Il y a quelques mois j’ai entendu un enfant de chrétien raconter ce que pensent ses copains du lycée à propos du sens de la vie.

Voici leur discours : « il faut profiter de la vie le plus possible, car un jour on va mourir. Il faut se permettre tous les plaisirs que l’on veut sans tenir compte de la morale, car c’est ça la liberté. Comme de toute façon on va mourir, autant agir comme bon nous semble le temps que nous sommes en vie. »

Il me semble que c’est la vision que partagent beaucoup de jeunes de cet âge- là. En juillet de l’an 2000, une chanson a eu un très grand succès en France, c’est l’une des chansons de la comédie musicale « Roméo et Juliette ».

Voici le refrain :

Nous on fait l’amour on vit la vie
Jour après jour nuit après nuit
À quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire nos vies à genoux
On sait que le temps c’est comme le vent
De vivre y’a que ça d’important
On se fout pas mal de la morale
On sait bien qu’on fait pas de mal

Ces paroles reflètent bien ce que beaucoup de gens pensent : nous allons tous mourir, alors autant se permettre tout ce que l’on veut sans tenir compte d’aucune morale. En réalité, cette vision de la vie n’est pas synonyme de liberté, mais plutôt de fatalité.

Pour eux, la mort est une fatalité. Face à elle, ils sont démunis, alors ils se replient sur la vie présente. Mais en fin de compte, ils sont victimes de la vie. Ils sont enfermés dans la vie présente parce qu’ils pensent que c’est la seule chose qui existe.

La résurrection de Jésus est le signe qu’une vie éternelle est possible. La mort n’est pas la fin, il y a quelque chose après. Cette résurrection nous offre la certitude de l’espérance.

L’apôtre Pierre nous invite à  rendre compte de cette espérance devant tous ceux qui nous en demandent raison. Nous avons donc un devoir de réfléchir à notre manière d’expliquer ce que nous croyons. Ici, nous allons voir pourquoi nous avons de bonnes raisons objectives de croire en la résurrection de Jésus.

Personnellement j’y crois parce que j’ai foi en Jésus, parce que j’ai une relation avec lui, parce qu’il s’est révélé à moi par son Esprit. La foi est une question de relation et d’expérience, mais il y a aussi une part de raison et c’est sur cet aspect-là que j’aimerais m’arrêter en particulier maintenant. Selon les historiens, Jésus a bien existé, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais pour beaucoup de gens, la résurrection est une sorte de légende. Pour moi, c’est un fait historique. Pourquoi peut-on croire que les récits de la résurrection sont des témoignages à prendre au sérieux ?

Nous n’avons pas de preuve de la résurrection, mais nous avons de bonnes raisons d’y croire. Je vois au moins 4 raisons.

  1. Le premier récit de la résurrection est très ancien.

Il s’agit de la première lettre de Paul aux Corinthiens. Voici ce que Paul écrit sur Jésus (15.3-8) :

3 Je vous ai transmis avant tout le message que j’avais moi aussi reçu: Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures;
4
 il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures.
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 Ensuite il est apparu à Céphas, puis aux douze.
6
 Après cela, il est apparu à plus de 500 frères et soeurs à la fois, dont la plupart sont encore vivants et dont quelques-uns sont morts.
7
 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
8
 Après eux tous, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né hors terme.

Selon les chercheurs, ce texte date de l’an 55. Jésus est mort et ressuscité dans les années 30. Donc tous les faits racontés dans cette lettre pouvaient être vérifiés, ils ont juste eu lieu une quinzaine ou même une douzaine d’années après les évènements. Si j’écris un livre sur Jean-Paul II qui est décédé il y a 12 ans, en 2005, et si je raconte des choses complètement fausses sur lui, les gens pourront me corriger. Beaucoup de ceux qui l’ont connu sont encore vivants aujourd’hui. C’est pareil pour la lettre de Paul. Dans ce passage, il parle des témoins de la résurrection. La plupart d’entre eux étaient encore vivants. Il était très facile d’aller interroger ces témoins pour vérifier si Paul disait la vérité.

Les témoignages de la résurrection ont donc été écrits très tôt après les faits, c’est une des raisons pour lesquelles nous pouvons prendre ces témoignages au sérieux. Les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean relatent aussi la résurrection et ils ont été écrits du vivant des apôtres, entre l’en 60 et l’an 90, c’est donc aussi très tôt par rapport aux évènements.

  1. Deuxième bonne raison de croire: les récits sont très sobres

Si je raconte une histoire inventée et difficile à croire, et si je souhaite que les gens y croient, je m’étalerais sur les détails, sur les preuves et sur les arguments. Quand on veut faire avaler une grosse pilule, on fait avaler aussi beaucoup d’eau pour que ça passe. Mais tous les récits de la résurrection sont sobres, sans ornement.

En revanche, après la mort des apôtres, à partir de l’an 200, plusieurs auteurs ont écrit sur Jésus et ce qu’ils ont écrit contient beaucoup de fantaisies. À leur manière de raconter, on voit bien que ce n’est pas réel. Par exemple, nous avons retrouvé un livre qui s’appelle l’Évangile selon Pierre, il date du 3e siècle. Évidemment, ce n’est pas l’apôtre Pierre qui l’a écrit, car il est mort au premier siècle.

Selon une croyance populaire, les dirigeants de l’Église catholique auraient en possession 80 évangiles, mais ils n’en ont choisi que 4 et ils auraient écarté les autres. En réalité, seuls 4 évangiles ont été écrits par les disciples de Jésus et ce sont les 4 seuls qui datent de l’époque de Jésus. Il existe effectivement d’autres évangiles comme l’Évangile selon Thomas, selon Juda ou selon Pierre. Mais leurs auteurs ont utilisé des pseudos, c’était très courant à partir du 2e siècle. Voici par exemple un extrait de l’Évangile selon Pierre, Pierre étant un pseudo. Il parle de la résurrection (traduction française rendue plus compréhensible par nos soins) :

« Cette pierre qui avait été placée sur la porte, ayant roulé d’elle-même, s’écarta de côté ; et le tombeau s’ouvrit. Et deux jeunes gens entrèrent. Alors qu’ils eurent vu cela, ces soldats réveillèrent le centurion et les anciens ; car eux aussi étaient là, faisant la garde. Alors qu’ils racontaient ce qu’ils ont vu, de nouveau ils voient sortir du tombeau trois hommes. Deux d’entre eux tenaient l’un, et une croix les suivait. La tête des deux atteignait le ciel, mais la tête de celui qui était tenu par eux dépassait les cieux. Et ils entendirent une voix disant du haut des cieux : “As-tu prêché à ceux qui se sont endormis ?” Et l’on entendit une réponse venir de la croix : « Oui ». »

Ce texte date du 3e siècle, il n’a rien à voir avec les récits sobres des Évangiles que nous avons dans la Bible !

Nous pouvons faire confiance aux évangiles, car ils sont sobres, les auteurs se sont contenté de raconter ce qu’ils ont vu et entendu, ils n’ont rien embelli, rien inventé.

  1. Selon les Évangiles, les femmes sont les premiers témoins de la résurrection (Luc 24)

Si j’avais voulu inventer une histoire au premier siècle, je n’aurais probablement pas précisé que les femmes étaient les premiers témoins. En effet, à cette époque-là, on ne demandait pas l’avis des femmes. Par exemple, lors un procès dans l’Empire romain, la parole des femmes n’était pas prise en compte.

Les Évangiles racontent que les femmes sont les premiers témoins de la résurrection, il est peu probable que ce soit une invention. C’est une raison de plus qui nous invite à croire aux récits de la résurrection.

  1. Les récits sont cohérents

Nous avons à la fois le tombeau vide et à la fois les apparitions de Jésus devant témoins. Les deux sont nécessaires pour rendre compte de la résurrection. Si l’on nous relate seulement le tombeau vide, on pourrait penser que le corps a été volé ou caché. Si l’on nous relate seulement les apparitions de Jésus ressuscité, on pourrait montrer le corps de Jésus et décrédibiliser les témoins. Mais les Évangiles relatent à la fois le tombeau vide et les apparitions de Jésus ressuscité. La cohérence des écrits nous invite à prendre au sérieux le récit biblique.

Les objections contre la réalité de la résurrection

Voyons maintenant les objections que nous pouvons entendre de la part de ceux qui ne croient pas en la résurrection.

Pour certains, les témoins de la résurrection ont eu des hallucinations.

Je ne suis pas un connaisseur, mais il semblerait que généralement, les hallucinations se produisent dans des lieux nostalgiques et chez des personnes nerveuses.

Pour sa part, Jésus est apparu à plusieurs endroits et de différentes manières. En intérieur et en extérieur. Il a marché avec les témoins, il a mangé avec eux, il les a touchés et on a pu le toucher. En plus, Paul nous parle de plus de 500 témoins. Personnellement, je ne pense pas qu’il puisse y avoir une hallucination collective dans un groupe de 500 personnes. De plus, selon la Bible, Jésus est apparu à des groupes, mais aussi à des personnes individuellement.

On sait aussi que Jésus est apparu seulement pendant 40 jours qui ont suivi sa résurrection. Si c’était des hallucinations, pourquoi est-ce qu’elles ont eu lieu seulement 40 jours ?

Enfin, si c’était des hallucinations, on aurait pu ramener ces personnes à la raison en montrant le corps de Jésus. Mais le tombeau était vide. Il me semble qu’on peut écarter l’hypothèse des hallucinations.

Pour certaines personnes, la résurrection serait le fruit d’une conspiration, pour créer une nouvelle religion.

Mais comment expliquer le changement radical des disciples ? Ils sont passés de la peur au courage, de la tristesse à la joie. On ne change pas radicalement à cause d’une conspiration que l’on a soi-même montée. Pourquoi parler de Jésus comme victorieux s’ils savent qu’il est mort ?

De plus, il était très grave pour un juif de déformer sa religion. Aucun juif n’aurait eu l’idée de créer une nouvelle religion. Il existait des partis religieux, des divergences au sein du judaïsme, mais créer une nouvelle religion était un blasphème. Les juifs croyaient en la résurrection à la fin des temps. Parler de résurrection d’un seul homme sans être dans la fin des temps, c’était impensable.

Autre hypothèse : selon certains, Jésus s’est évanoui à la croix, il n’était pas vraiment mort.

Mais cette explication ne change rien, car il serait mort plusieurs décennies plus tard et on aurait pu montrer son corps. Cela n’explique pas le tombeau vide. De plus, les Romains savaient comment exécuter quelqu’un. Ils avaient des procédures pour vérifier si les condamnés étaient vraiment morts.

Autre hypothèse : quelqu’un d’autre est mort à la place de Jésus, quelqu’un qui lui ressemblait, c’est pour cela qu’on aurait vu Jésus vivant.

Mais comment expliquer le tombeau vide ? Si quelqu’un d’autre était mort à la place de Jésus, on aurait eu son corps, le tombeau n’aurait pas été vide.

Autre hypothèse : on a volé le corps de Jésus.

Mais selon les écrits à notre disposition, on sait qu’il y avait des gardes devant le tombeau. Ces gardes ont été placés exprès pour éviter que l’on puisse voler le corps. Et le vol du corps n’explique pas les apparitions de Jésus.

Enfin, dernière hypothèse généralement avancée par les objecteurs : le tombeau vide et la résurrection sont des mensonges.

Mais ce mensonge n’explique pas la transformation des disciples qui a conduit à la naissance de l’Église ! Comme on l’a dit, ils étaient lâches et ils sont devenus courageux. Ils étaient tristes et ils sont devenus joyeux. En plus, ils sont morts séparés les uns les autres, il n’y avait pas d’effet de groupe au moment de leur exécution. Ils sont morts en martyrs pour avoir défendu la résurrection de Jésus. S’ils étaient prêts à souffrir pour cela, c’est qu’ils ne pouvaient pas le renier, parce que c’est la vérité.

Pour résumer

Nous avons de bonnes raisons de croire que les écrits bibliques sont fiables, toutes les objections contre la résurrection trouvent une réponse. Comme je l’ai précisé, ce ne sont pas des preuves, mais des raisons qui nous invitent à croire que la résurrection est un fait historique et non pas une légende.

La résurrection est difficile à croire parce que les gens nous disent que les morts ne ressuscitent pas. Je suis d’accord avec eux, les morts ne ressuscitent pas. La résurrection de Jésus est unique ! C’est la définition même d’un miracle. Si la résurrection a vraiment eu lieu, alors c’est signe que la vie est possible après la mort. C’est signe que Jésus n’est pas un simple hommes, mais qu’il est Dieu. C’est signe que nous devons prendre au sérieux la seule personne qui soit revenue d’entre les morts définitivement. Personne ne peut dire ce qu’il y a après la mort, sauf celui qui est mort et qui en est revenu. Ce n’était pas une expérience de mort imminente. Jésus est mort et il est ressuscité trois jours après.

Il est ressuscité et il nous libère de la mort en nous ouvrant le chemin de la vie. Nous pouvons vivre pleinement notre vie sur terre, avec Dieu, sans penser à la fatalité, parce que nous avons une espérance.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




La foi et la raison

La foi et la raison sont-elles en concurrence ? Pour beaucoup de gens, la foi et la raison n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La foi concernerait surtout le cœur, l’expérience et les émotions. On parle bien de relation avec Jésus, c’est quelque chose qui concerne l’expérience. La raison quant à elle concernerait l’intellect uniquement. Alors quelle est la place de la raison dans la foi ?

Il me semble que notre faculté à réfléchir vient de Dieu, il nous a créés avec la capacité de raisonner. Voici une parole que l’apôtre Pierre a écrite aux premiers chrétiens à propos du témoignage. C’est dans sa première lettre aux Églises. Chapitre 3, versets 15 et 16 :

15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

L’une des phrases clés se trouve au verset 15 :

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous tenir prêts à rendre compte de notre foi devant ceux qui nous posent des questions. L’apôtre Pierre fait intervenir la raison dans le témoignage ! Il dit que l’on doit se tenir prêt. Cela veut dire qu’il y a un travail en amont à faire. Nous avons le devoir de réfléchir à notre foi car notre entourage peut nous questionner dessus. Pierre nous invite à nous poser la question : pourquoi est-ce que je crois ? Afin de pouvoir l’expliquer à ceux qui nous le demandent.

Souvent, quand on nous pose la question : pourquoi est-ce que tu crois ? On a tendance à répondre à la question : comment tu en es arrivé à la foi ? Mais il y a une différence entre le pourquoi et le comment. On a tendance à raconter le comment en partageant notre expérience : « j’ai prié, Dieu m’a parlé et j’ai cru. » « J’étais dans la galère et Dieu est intervenu et j’ai cru. »

Mais en répondant de cette manière, on n’a pas répondu à la question : pourquoi tu crois ? Il est vrai que la relation avec Dieu est une histoire d’expérience. Mais cela ne suffit pas pour rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme Pierre nous le demande.

L’expérience est subjective, elle va être différente d’une personne à l’autre. Des gens vivent des expériences avec des esprits, des fantômes, mais ont-ils raison de suivre ces pratiques ? Beaucoup de gens font appel à des sorciers, des voyants et à des médiums, et ils ont eu des résultats convaincants tels que des guérisons ou des prédictions justes. Mais ont-ils raison de mettre leur foi en eux ?

Quand on fait appel à des esprits, on met en quelque sorte notre vie entre leurs mains. Dans la Bible, Dieu ne permet pas à son peuple de recourir à ces pratiques, car elles ne viennent pas de lui. Elles viennent plutôt de celui qui imite Dieu pour tromper le plus de monde possible.

Si j’ai fait une expérience avec Jésus, pourquoi aurais-je raison de mettre ma foi en lui ? Pourquoi ne pas mettre ma foi dans une autre divinité avec qui je peux aussi vivre des expériences et avec qui je peux aussi ressentir des choses ? Vous voyez ? Raconter notre expérience avec Dieu, cela parle aux gens. Mais cela ne suffit pas !

Alors, comment rendre compte avec raison de l’espérance qui est en nous ? Comment répondre à la question « pourquoi » ?

Nous pouvons répondre à cette question en nous basant sur la Parole de Dieu. Dieu nous invite à nourrir notre foi par les Écritures. Plus on étudiera la Bible, plus on comprendra ce que l’on croit. Et plus on comprendra ce que l’on croit, plus notre foi sera affermie. Et nous pourrons annoncer de manière intelligible pourquoi nous croyons en Jésus.

À propos de l’expérience, voici ce que l’apôtre Pierre raconte dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, des versets 16 à 18.

16 En effet, ce n’est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissante venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais c’est après avoir vu sa majesté de nos propres yeux.
17 Oui, il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire quand la gloire magnifique lui a fait entendre une voix qui disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.»
18 Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

Ici, Pierre raconte l’expérience qu’il a vécue. Il a vu et entendu quelque chose d’exceptionnel. Alors qu’il était sur une montagne avec Jésus et deux autres disciples, la gloire de Dieu a resplendi sur le visage de Christ. Il s’agit de ce que l’on appelle la transfiguration. Les prophètes Élie et Moïse sont même apparus et Dieu a fait entendre sa voix de manière audible, il a parlé de Jésus, il dit à Pierre et aux autres : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le !»

C’est une expérience unique et marquante. Voici comment elle est décrite dans l’Évangile selon Luc, (au chapitre 9, des versets 28 à 35) :

28 (…) Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Élie; 31 apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.
33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.
34 Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.
35 Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Qui parmi nous a vécu une telle expérience avec Jésus ? Voir sa gloire éclatante, entendre la voix de Dieu venant du ciel !

L’expérience qu’a vécue Pierre était spectaculaire. Imaginez si c’était vous, le témoignage incroyable que vous pourriez raconter ! L’apôtre Pierre aurait pu baser tout son témoignage sur cette expérience, mais regardez ce qu’il dit dans sa lettre, revenons au paragraphe où il parle de cette expérience (2 P 1.19), juste après avoir évoqué la gloire qu’il a vue et la voix qu’il a entendue, il dit ceci :

« Et nous considérons comme d’autant plus certaine la parole des prophètes. »

Il fait référence ici à la Bible dont il disposait à l’époque, c’est-à-dire la Torah, l’Ancien Testament. L’apôtre Pierre compare l’expérience et la Parole de Dieu. Il déclare que la Parole de Dieu est plus certaine et plus solide que son expérience. Dans notre témoignage, les Écritures inspirées ont plus de poids, que notre expérience ou notre émotion.

Alors comment est-ce que les premiers disciples partageaient leur témoignage à partir des Écritures ?

Voici quelques versets sur leur manière de témoigner. Je vous invite à faire attention aux verbes utilisés !

Actes 9.22 : Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas en démontrant que Jésus est le Messie.

Actes 17.2-3 : Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter.

Actes 17.17 : Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les non-juifs qui craignaient Dieu, et chaque jour sur la place publique, il discutait avec ceux qu’il rencontrait.

Actes 18.25 : Apollos annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus.

Actes 18.28 : En effet, il réfutait avec force les Juifs en public et il démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie.

Actes 19.8 : Paul discuta de ce qui concerne le royaume de Dieu et il s’efforça de persuader ceux qui l’écoutaient.

Philippiens 1.7, L’apôtre Paul parle aux chrétiens de la ville de Philippes et il leur dit : vous qui participez tous à la même grâce que moi, aussi bien dans ma détention que dans la défense et l’affermissement de l’Évangile.

Vous avez noté les verbes utilisés dans tous ces passages ?

Confondre, démontrer, discuter, expliquer, annoncer, enseigner, réfuter, persuader, défendre l’Évangile. Tous ces termes présupposent un débat intelligible et rationnel. Mais de quoi est-ce qu’ils discutaient ? Qu’est-ce qu’ils démontraient ?

À chaque fois, dans ces versets, il s’agit de montrer aux Juifs que Jésus est bien le messie, l’envoyé de Dieu. Et pour les non-juifs, il s’agit de montrer que Jésus est celui qu’il disait être, c’est-à-dire le Fils de Dieu et le sauveur du monde.

Les premiers chrétiens présentaient systématiquement Jésus à partir des Écritures et en particulier à partir de l’Ancien Testament. Non seulement ils présentaient Jésus, mais ils expliquaient aussi pourquoi mettre notre foi en lui.

Ils auraient pu parler de leurs témoignages. Paul aurait pu parler de sa rencontre avec Jésus ressuscité, de même pour les 500 autres témoins de la résurrection. Mais dans leur témoignage, ils ne mentionnent pas seulement l’expérience, ils reviennent sans cesse aux Écritures, parce que la Bible n’est pas qu’un ensemble de textes. C’est la Parole de Dieu, elle est vivante. Concrètement, comment se préparer pour témoigner de Jésus ? 

C’est d’abord en entretenant notre relation avec Dieu, c’est en priant et en étudiant la Bible. Cela demande de la discipline et du temps, du temps pour réfléchir à ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons.

La rencontre avec Jésus est une expérience qui a toute sa place dans notre vie de foi et dans notre témoignage. Cette expérience est un point de départ, on peut dire que c’est la flamme qui allume le feu. Mais le feu a besoin d’être alimenté avec du bois pour continuer de brûler, pour briller et même pour devenir une flamme plus grande et plus puissante.

De la même manière, notre foi, notre feu, notre expérience ont besoin d’être alimentés par la Parole de Dieu. Lorsque nous comprenons davantage la cohérence de notre foi, nous grandissons, et notre louange est plus développée et nous rendons encore plus gloire à Dieu.

Dans les semaines à venir, je vous proposerai des prédications sur la cohérence de la foi chrétienne. Pourquoi le Dieu de la Bible plutôt qu’un autre Dieu ? Comment concilier l’existence de Dieu et la souffrance ? Comment concilier la foi et le discours de la science ? Pourquoi croire à la résurrection de Jésus ? Etc.

Cela pourra vous donner quelques pistes sur la manière d’expliquer et de rendre compte de votre foi.

Pour terminer, il faut souligner un point très important. L’apôtre Pierre insiste dessus. Notre témoignage ne sera pertinent que si notre cœur est bien disposé, et si notre comportement est cohérent avec le message biblique.

Relisons notre texte de départ. 1 Pierre 3.15-16 :

 15 respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison, 16 [mais] faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte.

Pierre nous demande de veiller sur notre cœur, de témoigner avec douceur et respect. Sans orgueil, sans animosité, mais avec une bonne conscience, c’est-à-dire en étant exemplaire.

Enfin, n’oublions pas que c’est avant tout Dieu qui travaille dans les cœurs par son Esprit, ce n’est pas notre argumentation. Le témoignage est un moyen que Dieu utilise, mais en fin de compte c’est Dieu qui agit. C’est une invitation à l’humilité et à la prière.

Christian Huy
Sources : formation RZIM Academy




Devenir comme un enfant (Mt 19.14)

On raconte l’histoire du patron d’une grande entreprise multinationale qui cherchait un successeur. Son entreprise était en pleine croissance et il allait bientôt partir à la retraite. Il cherchait un homme ou une femme de confiance pour le remplacer, quelqu’un qui possèderait les mêmes valeurs que lui. Même s’il était très riche et puissant dans le monde du commerce, il tenait à avoir une bonne éthique, à être honnête et à bien traiter ses employés. Il n’aimait pas les magouilles, les pots de vin ou les arnaques. Il paraît que ce genre de personne est de plus en plus rare, c’est pour cela qu’il voulait choisir lui-même son successeur.

Après plusieurs sélections de candidats et plusieurs entretiens d’embauche, trois personnes ont retenu son attention. La dernière étape de l’embauche consistait à s’entretenir avec ces trois candidats en même temps.

Parmi eux, il y avait une jeune femme, surdouée, de tout juste 23 ans. À son âge, elle avait déjà plusieurs diplômes dans les domaines du commerce, du management et du marketing. Le deuxième candidat était un homme plus âgé, 39 ans. Il n’avait pas autant de diplômes que la jeune femme, mais il avait beaucoup d’expérience. Et le troisième candidat était un jeune de 18 ans, tout juste sorti d’un lycée professionnel, sans expérience, sans autre diplôme, avec un parcours scolaire classique. Il n’était pas plus doué que la majorité des jeunes de son âge. Il avait postulé pour ce poste parce que l’offre d’emploi ne précisait rien sur les compétences à avoir. C’était juste écrit : « Cherche homme ou femme de confiance pour succéder à la tête d’une entreprise de commerce ». En tombant sur cette annonce, il s’est dit : « Pourquoi pas… ? Pour une fois que rien n’est exigé au niveau des diplômes ou des années d’expérience… »

 Le jour de l’entretien final arriva. Les trois candidats étaient stressés, le cours de leur vie pouvait complètement changer grâce à ce poste. Être le patron d’une grande entreprise en pleine croissance, c’est quand même une belle opportunité de carrière. Pendant l’entretien, le patron leur demanda : « Pourquoi pensez-vous que vous êtes faits pour ce poste » ?

La première candidate a répondu : « Je possède 5 diplômes prestigieux, j’ai fait mes études dans les plus grandes écoles de commerce du monde, je parle 12 langues dont le l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’arabe et le chinois. J’ai toutes les compétences requises pour diriger votre entreprise et pour la développer davantage. »

En entendant cela, les deux autres candidats ont été très impressionnés. C’était maintenant au deuxième candidat de répondre :

 « Je suis diplômé de deux grandes écoles de commerce, dit-il, et j’ai enseigné le marketing à New York. J’ai une grande expérience dans le milieu. J’ai déjà eu des postes à responsabilités et j’ai aidé de grandes entreprises à se développer. Je connais bien le métier et même les méthodes de vos concurrents, ce qui est un atout non négligeable. »

Vint maintenant le tour du troisième candidat. « Pouvez-vous répéter la question ? » demanda-t-il.

Rien qu’avec cette question, les deux autres ont pensé que c’en était fini pour lui. Il n’est même pas capable de retenir une question simple. Mais le patron ne l’a pas disqualifié pour autant, il a répété la question : « Pourquoi pensez-vous que vous êtes fait pour ce poste ? »

Le jeune homme a pris encore quelques instants pour réfléchir et il a répondu : « Je suis un peu gêné par la formulation de votre question. Quoique je réponde, votre question présuppose que j’estime être fait pour ce travail, mais ce n’est pas le cas. Je ne sais pas si je suis fait pour ce poste, en revanche, je suis prêt à apprendre à vos côtés. Ensuite, c’est vous qui déciderez si vous me voulez à ce poste. »

À la fin de l’entretien, c’est ce dernier candidat que le patron a choisi ! Le jeune sans diplôme et sans expérience. Ce choix a surpris tout son entourage et ses collaborateurs. Tout le monde lui a demandé  pourquoi avoir pris ce jeune garçon sans diplôme et sans expérience ?

Il leur a répondu : « Les deux premiers candidats croyaient déjà tout savoir, et quand on connait déjà tout, on est moins disposé à apprendre. » Puis il a ajouté : « Ce que je recherche, ce ne sont pas les bonnes compétences, c’est la bonne attitude. »

Le plus important, ce ne sont pas les compétences, c’est l’attitude. Cette manière de choisir un candidat va totalement à l’encontre de ce que tout le monde aurait pu penser. De nos jours, les employeurs regardent surtout les compétences. Mais contre toute attente, ce patron-là regardait d’abord l’attitude, l’état d’esprit.

Cette histoire illustre exactement la manière dont Dieu nous considère. Voici ce que Jésus a dit quand on lui a présenté des enfants : «Laissez les petits enfants venir à moi, ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.» Évangile selon Matthieu, chapitre 19, verset 14.

Cette parole de Jésus est surprenante. Le royaume des cieux, autrement dit, le paradis, est pour ceux qui ressemblent aux enfants. Essayez de poser la question suivante à des passants dans la rue : « Si le paradis existe, est-ce vous y entrerez ? » Beaucoup de gens répondront : oui. Et si on leur demandait : « pourquoi ? » Ils répondraient probablement : « Parce que je ne suis pas quelqu’un de mauvais, j’ai fait ce que j’ai pu pour faire le bien autour de moi. J’ai vécu de manière honnête, je n’ai pas tué et je n’ai pas volé. » Beaucoup de gens pourraient donner ce genre de réponse.

Qui aurait l’idée de répondre : « Oui moi j’irai au paradis parce que je ressemble à un enfant » ? Pas grand monde il me semble.

Tout comme le patron de notre histoire, Dieu voit les choses d’une toute autre manière. Pour entrer dans son royaume, ce qui compte, ce ne sont pas les bonnes actions, ce ne sont pas les mérites. Juste après que Jésus ait parlé des enfants, un homme s’est approché de lui en demandant : « Bon Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?» Et voici le début de la réponse de Jésus : «Pourquoi m’appelles-tu bon? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. »

J’ai déjà rencontré des gens qui réagissent violemment à cette affirmation. Des gens qui ne croient pas en Dieu et encore moins en sa bonté à cause de toutes les souffrances qu’il y a sur terre. Je ne vais pas entrer dans ce débat concernant Dieu et la souffrance, mais j’aimerais juste relever une question.

Si l’on devait ne pas croire en Dieu à cause des souffrances de ce monde, est-ce qu’il faudrait croire en l’homme ? Est-ce que l’être humain est vraiment capable de rendre le monde meilleur ?

Selon Jésus, personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. C’est pour cela que si l’on compte sur notre bonté pour aller au ciel, alors ça ne marchera pas. Parce qu’on ne peut pas être bon comme Dieu est bon. Dieu nous demande de faire de bonnes œuvres, mais ce ne sont pas elles qui vont nous permettre d’aller au ciel, parce que nous ne pouvons pas être aussi bons que lui.

Pour entrer dans le royaume des cieux, Dieu nous demande de ressembler à des enfants. Mais qu’est-ce qu’il veut dire exactement ? Que veut dire : ressembler à un enfant ?

Est-ce que cela veut dire qu’il faudrait avoir l’innocence d’un enfant ? Je ne pense pas, parce qu’en fait les enfants ne sont pas si innocents que ça, en tout cas, pas toujours. Il suffit de faire un sondage auprès de parents pour se rendre compte que dès les premières années, les enfants peuvent mentir, tricher, se moquer des autres, être jaloux et même frapper d’autres enfants, et en particulier leurs frères et sœurs s’ils en ont. Jésus voulait-il dire alors qu’il faudrait être naïfs comme les enfants ?

C’est vrai que les jeunes enfants croient ce qu’on leur raconte. Par exemple, ils croient au père Noël et à la petite souris. Mais dans la Bible, Dieu ne nous demande pas d’être naïfs pour croire en lui. Il ne faut pas déconnecter notre intelligence pour avoir la foi. Dans beaucoup de versets, le croyant est invité à étudier les Écritures, à faire preuve d’intelligence et à rechercher la sagesse. Quand l’apôtre Paul prêche la Bonne Nouvelle, il utilise souvent les notions de démonstration et de raisonnement. Dieu ne nous demande pas d’être naïfs.

Quelle est donc l’attitude que Jésus aime chez les enfants ?

Nous avons la réponse juste au chapitre précédent où Jésus parle aussi des enfants. Voici ce qu’on peut lire dans l’Évangile selon Matthieu, au chapitre 18, des versets 1 à 4.

1b Les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent: «Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux?» 2 Jésus appela un petit enfant, le plaça au milieu d’eux 3 et dit: «Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. 4 C’est pourquoi, celui qui se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.

Là encore Jésus répond l’inverse de qu’on aurait pu penser. Qui est le plus grand ? C’est le plus petit, dit Jésus. L’attitude que Dieu regarde avant tout, ici, c’est l’humilité.

Vous allez peut-être me dire qu’un enfant ce n’est pas toujours humble. Parfois les enfants peuvent dire des phrases du type : « C’est moi le plus fort », « C’est moi le plus beau », « C’est moi qui cours le plus vite », « C’est moi le plus grand », « C’est moi qui dessine le mieux », etc. Mais l’humilité dont il est question ici, c’est de reconnaître qu’on est petit et qu’on est dépendant. Les enfants savent qu’ils sont des enfants et non pas de grandes personnes. Les enfants savent qu’ils dépendent de leurs parents pour vivre et ils ne cherchent pas à tout prix l’indépendance. Le désir d’indépendance vient un peu plus tard, vers la pré-adolescence ou l’adolescence. L’humilité, ici, consiste à reconnaître l’entière dépendance à quelqu’un de plus grand que soi, quelqu’un qui pourvoit à ses besoins et sans qui on n’aurait rien. Sur ces points-là, sommes-nous prêts à ressembler à des enfants ?

Supportons-nous l’idée qu’il y ait un Dieu au-dessus de nous ? Un Dieu qui veut avoir un regard sur notre vie ? Acceptons-nous de croire en un Dieu qui nous dépasse et qui nous demande de lui faire confiance, d’avoir foi en lui ?

Pour revenir à l’histoire du patron et du jeune candidat, sommes-nous prêts à dire comme le jeune homme : mes compétences ne sont pas à la hauteur, mais je suis prêt à écouter le maître, à le suivre et à apprendre ? C’est cette attitude que Dieu attend de nous. C’est de cette humilité dont Jésus parle quand il dit : « le royaume des cieux est pour ceux qui ressemblent aux enfants. »

Dieu est le patron et il accepte toutes les candidatures. Changeons d’attitude, faisons preuve d’humilité, sachons être humbles devant lui, comme des enfants, et il nous ouvrira les portes de son royaume.

Christian Huy




Inquiétudes et angoisses (Luc 8.22-26)

La mer était calme à présent. Une brise légère soufflait dans les voiles du bateau. Les disciples s’étaient eux aussi calmés. André tenait la barre. Il avait remplacé Pierre qui était assis, enveloppé dans sa cape. Il avait l’air épuisé et perdu dans ses pensées. Il était trempé jusqu’aux os. Quelques autres s’affairaient pour vider l’eau qui restait d’eau dans le bateau…

Jésus s’était rendormi. Jacques se pencha sur l’eau, observant les reflets qui dansaient doucement sur les vagues. Il connaissait cette mer. Lui et Jean avaient passé l’essentiel de leur vie à la parcourir en long et en large. Son père était pêcheur. Tout comme la plupart de ses proches et de ses amis. Dans sa mémoire défilaient les visages de certains d’entre eux qui avaient fini noyés au cours de l’une de ces imprévisibles tempêtes si typique de la Galilée. Exactement comme celle qui les avait malmenés à peine une demi-heure plus tôt.

En marin expérimenté, Jacques ne paniquait pas facilement. Mais il savait reconnaître quand leurs vies étaient en danger. Cette tempête avait ouvert sa gueule avec la claire intention de tous les avaler pour les jeter au fond des abysses. Jacques avait vu la terreur dans les yeux de Jean quand celui-ci l’avait saisi en hurlant : « Il faut réveiller le Maître ! ».

Ils avaient avancé en trébuchant jusqu’à l’arrière du bateau. Comment Jésus pouvait-il ainsi continuer à dormir alors que les vagues secouaient le bateau dans tous les  sens ? C’était un mystère. Ils l’avaient réveillé en criant : « Maître, maître, nous allons mourir » (v. 24).

Jacques n’oubliera jamais le regard que Jésus avait posé sur eux à ce moment précis. Ses yeux étaient à la fois pleins de puissance et parfaitement sereins. Aucune trace de crainte. Repoussant la couverture, il se mit debout sur le pont arrière. Jacques eut alors peur de le voir projeté par-dessus bord et il tendit la mains pour le retenir juste au moment où Jésus s’écria d’une voix forte : « Silence ! Tais-toi ! » (Marc 4.39). À peine ces mots avaient franchi ses lèvres que le vent avait complètement disparu ! L’arrêt soudain de ce mugissement avait quelque chose de surnaturel. Les vagues s’étaient immédiatement calmées. Les disciples étaient restés coulés sur place, fixant incrédules la mer, puis le ciel, et s’interrogeant les uns les autres du regard.

L’attention de Jésus s’attarda un moment sur les falaises qui longeaient la rive occidentale. Puis son regard s’arrêta sur chaque disciple, et il leur demanda : « Où est votre foi ? ». Ses yeux avaient croisé ceux de Jacques quand il avait prononcé le mot « foi ». Maintenant, appuyé sur le bateau, Jacques ruminait cette question dans sa tête. « Où est votre foi ? »

Au départ, Jacques avait pris cette question comme un reproche. N’avait-il pas confiance en Dieu ? Bien sûr que si ! Et pourtant, la tempête avait montré que toute la confiance dont il pouvait faire preuve quand tout allait bien n’était finalement qu’une foi des beaux jours. Le vent avait tout emporté. Il se sentit repris et un profond sentiment d’humilité l’envahissait. Mais plus Jacques songeait à cette question, plus cela le tourmentait : « Où est votre foi ? ». Où ? Ma foi est dans ce que je vois. Ma foi est dans ce que je ressens.

Quand la tempête frappe, je crois ce que voient les yeux, je crois les sensations que ressent ma peau. Je crois aux forces violentes qui agitent le bateau comme une coquille de noix. Je crois les histoires que me racontait mon père. Je crois aux tragédies qui sont imprimés dans ma mémoire. Je crois à la puissance de la tempête, parce que les tempêtes tuent les hommes. Est-ce mal de croire en tout cela ?

Jusqu’à présent, ce n’était pour moi qu’une question de bon sens. Mais Jésus venait tout changer. Jacques regarda à nouveau Jésus qui dormait. Il ressemblait en tout point au Jésus qui dormait lorsque la tempête faisait rage. Mais au cœur de la tempête, qu’est-ce qui paraissait être plus puissant ? C’est ce que ses yeux pouvaient voir. Mais qu’est-ce qui en réalité était plus puissant ? D’un seul mot, Jésus avait fermé la gueule de cette tempête meurtrière. Jacques sentit à nouveau la crainte l’envahir. Mais c’était une autre crainte. Il se demanda : « Qui est donc cet homme ? » (v.25).

Alors qu’il fixait à nouveau ses regards sur la surface de l’eau, les mots du psalmiste lui vinrent à l’esprit : Oui, je sais que l’Éternel est grand, que notre Seigneur surpasse tous les dieux. Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans le ciel et sur la terre, dans les mers et dans tous les abîmes. (Psaume 135.5-6)

Ce récit que je viens de vous lire est inspiré des Évangiles. C’est un extrait d’un livre de méditation qui s’intitule « Où est ta foi » de Jon Bloom (avec quelques petites modifications).

L’auteur nous fait vivre les évènements du point de vue des disciples. Il est intéressant d’essayer de se mettre à la place d’un témoin oculaire. En imaginant la scène, certains détails du texte sont mis en évidence alors que si on lisait simplement le texte, on passerait probablement moins de temps sur les petits détails.

Avant d’aller plus loin, regardons le récit biblique et soyons attentifs aux détails. Souvent, on se concentre sur Jésus qui dort et sur la tempête apaisée, mais en fait, pratiquement tous les détails ont quelque chose à nous apprendre.

22 Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit: «Passons sur l’autre rive du lac.» Et ils partirent.
23 Pendant qu’ils naviguaient, Jésus s’endormit. Un tourbillon s’abattit sur le lac, la barque se remplissait d’eau et ils étaient en danger.
24 Ils s’approchèrent et le réveillèrent en disant: «Maître, maître, nous allons mourir.» Il se réveilla et menaça le vent et les flots. Ceux-ci s’apaisèrent et il y eut un calme plat.
25 Puis il leur dit: «Où est votre foi?» Saisis de frayeur et d’étonnement, ils se dirent les uns aux autres: «Qui est donc cet homme? Il donne des ordres même au vent et à l’eau, et ils lui obéissent!»
26 Ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée.

1. De quoi être inquiets

Les disciples avaient vraiment de quoi être inquiets. Voici ce que l’on vient de lire au verset 23 : « la barque se remplissait d’eau et ils étaient en danger ».

Ce ne sont pas les disciples qui le disent, c’est le narrateur, c’est une affirmation : les disciples étaient en danger ! Si vous étiez dans la barque vous seriez certainement en train de vous dire que vous n’avez plus que quelques instants à vivre.

Pourquoi ? Parce que l’on fait confiance en ce que l’on voit. Les disciples voyaient la tempête se déchainer, ils voyaient l’eau remplir le bateau. La suite logique, c’était la noyade. Si dans la vie on s’inquiète, c’est justement parce que l’on se fie à ce que l’on voit et à ce que l’on vit réellement. Prenons comme exemples quelques sujets d’inquiétudes.

L’avenir professionnel incertain. Beaucoup de travailleurs ont peur de perdre leur emploi, ces dernières années on parle beaucoup de crise, de chômage, de licenciements… Et l’avenir est probablement encore moins évident pour ceux qui n’ont pas de travail.

La maladie. Ceux qui sont en bonne santé n’y pensent pas souvent, mais quand on côtoie des personnes malades, cela peut parfois nous inquiéter. Beaucoup de maladies graves sont imprévisibles et peuvent toucher des personnes de tout âge, des jeunes comme des plus âgés.

La famille. Les parents sont souvent inquiets pour leurs enfants. Par ailleurs, beaucoup de familles connaissent des conflits et même des divisions, beaucoup de familles portent de lourds fardeaux.

Les études. Les jeunes d’aujourd’hui sont sous pression. Non seulement on leur dit qu’il n’y a pas de travail, mais en plus le système scolaire n’est pas toujours adapté.

L’affectif. On a besoin d’aimer et d’être aimé, mais les relations humaines sont compliquées…

L’avenir d’une Église. Quand la fréquentation d’une Église n’est pas à la hauteur de nos espérances ou quand il n’y a pas assez de moyens pour subvenir aux dépenses. C’est inquiétant.

Rassurez-vous, je ne veux pas vous démoraliser ! Je veux relever que si l’on ne fait confiance qu’à ce que l’on voit, alors on a de quoi déprimer. Si l’on regarde la vie avec un regard purement humain, alors la vie est angoissante.

Les disciples se sont inquiété parce qu’ils ont regardé leur situation avec un regard humain. Ils ont fait confiance en ce qu’ils voyaient. Mais Jésus nous invite à voir la vie autrement. Autrement dit, ne croyez pas que ce que vous voyez.

Les disciples ont vu les eaux en train de les engloutir, mais ils n’avaient pas pris en compte un autre paramètre. C’est que Jésus est plus puissant que tout. Jésus est plus puissant que n’importe quelle tempête. Tout ce que nous voyons est bien réel, mais Jésus peut retourner n’importe quelle situation de manière tout aussi réelle. Dans le bateau, les disciples avaient de quoi être inquiets, mais ils auraient pu dormir, parce que Jésus est plus puissant que n’importe quelle tempête.

2. Jésus est plus puissant que n’importe quelle tempête

Jésus dormait et cette situation devait leur paraître complètement incongru. Mais  il a dormi parce qu’il n’était pas inquiet. Il savait qu’il pouvait stopper la tempête. Ce récit nous invite à voir la vie autrement. Jésus peut changer les situations qui nous paraissent inchangeables. C’est une invitation à mettre notre foi en lui. Jésus a posé cette question aux disciples : « où est votre foi ? » Autrement dit : « Votre foi est-elle en ce que vous voyez ? Ou est-elle en moi ? »

Souvent, on résume les Évangile en disant que Jésus nous sauve de la mort et c’est vrai. La mort ne doit pas nous inquiéter. Si nous faisons confiance à Jésus, nous savons que nous ressusciterons et que nous irons au ciel. Mais l’Évangile ne concerne pas seulement le futur. Elle concerne aussi la vie présente. Elle concerne la journée d’aujourd’hui, elle concerne la nouvelle semaine qui arrive. Nous avons des sujets d’inquiétude, mais Jésus est capable de renverser n’importe quelle situation, faisons-lui confiance.

Pour terminer, j’aimerais attirer votre attention sur un détail qui a son importance.

Conclusion : passons sur l’autre rive

Verset 22 : 22 Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit: «Passons sur l’autre rive du lac.» Et ils partirent. Vous avez remarqué ? Jésus a dit aux disciples : « passons sur l’autre rive [du lac] ». Regardons maintenant le dernier verset, le verset 26 : 26 Ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée.

Jésus a dit : « passons sur l’autre rive » et c’est bien ce qui est arrivé, ils ont abordé sur l’autre rive.

Entre temps il y a eu des dangers, ils ont cru qu’ils allaient mourir, mais ils sont bien arrivés à destination, tout comme Jésus leur a annoncé.

Quoiqu’il arrive dans notre vie, si nous faisons route avec Jésus, alors nous arriverons à la destination qu’il a prévue. Nous pouvons traverser des dangers. Au cours de notre vie, des tas de choses peuvent nous inquiéter, nous effrayer et nous angoisser. Mais quand Jésus dit : passons sur l’autre rive, alors nous arriverons sur l’autre rive.

Quoiqu’il arrive dans notre vie, si nous faisons route avec Jésus, nous arriverons à la destination qu’il a prévue pour nous.

Christian Huy
(Sources : « Où est ta foi » de Jon Bloom)




Il nous invite à sa fête (Jean 2.1-11)

Avez-vous déjà passé des entretiens d’embauche ? On dit souvent que lors d’un entretien, il faut aller à l’essentiel et surtout faire bonne impression. Il paraît que les premières impressions que l’on donne sont très importantes.

C’est valable dans beaucoup de domaines. Par exemple, imaginez que vous êtes chanteur. Vous venez de sortir un album et vous êtes sur le point de faire votre première apparition en public. Chaque détail sera important : votre manière de vous habiller, votre langage corporel, vos paroles, etc. Toutes ces choses vont révéler un peu qui vous êtes et quel message vous voulez faire passer. Et même si vous n’accordez pas trop d’importance à toutes ces choses, cela véhicule de toute façon qui vous êtes. Chaque première impression montre un peu qui vous êtes.

Ici, j’aimerais qu’on s’intéresse au premier miracle de Jésus, à la première impression qu’il a donnée en tant que faiseur de miracles. Le premier signe miraculeux de Jésus inaugure en quelque sorte son ministère (c’est-à-dire son service pour Dieu). C’est presque comme sa carte de visite, c’est la première impression qu’il va donner à ses disciples et à tous ceux qui l’entourent. Contre toute attente, le premier miracle de Jésus ce n’est pas une guérison ni une délivrance de démon.

Son premier miracle a été de transformer de l’eau en vin. Il n’a pas simplement changé un verre d’eau en un verre de vin. Il a transformé 600 litres d’eau en 600 litres de vin. Dans le texte biblique, ce miracle n’est pas appelé miracle, il est appelé « signe », plus précisément « signe miraculeux ». Un signe a une signification. Qu’est-ce que Jésus a voulu signifier en changeant de l’eau en vin ?

Avant d’aller plus loin on peut commencer par lire le texte. Il se trouve dans l’Évangile selon Jean, au chapitre 2, les versets 1 à 11.

1 Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. 2 Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.»
4 Jésus lui répondit : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»
5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 6 Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.
7 Jésus leur dit: «Remplissez d’eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu’au bord. 8 «Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent. 9 L’organisateur du repas goûta l’eau changée en vin. Ne sachant pas d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient bien, il appela le marié
10 et lui dit: «Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent!» 11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes miraculeux que fit Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

[1. Jésus, le maître de la fête]

Le texte précise bien que c’était le premier signe miraculeux de Jésus en Galilée. Un signe est un symbole qui renvoie à autre chose. Jésus n’était pas obligé d’exercer sa puissance dans cette situation. Comme on l’a dit plus haut, personne n’était en danger. Pourquoi a-t-il choisi de manifester sa puissance divine pour la première fois pendant un mariage, en changeant l’eau en vin ?

Pour mieux comprendre ce récit, il faut savoir que le mariage était un moment très important dans la vie d’un couple, plus important que ce qu’il est aujourd’hui dans notre société. La société de l’époque mettait beaucoup d’accent sur la famille et la communauté. Aujourd’hui, on dit que l’on a réussi dans la vie si l’on a réalisé notre rêve personnel, si l’on est heureux. Par exemple : j’ai un bon travail, j’ai un bon compte épargne pour ma retraite et j’ai fondé une famille, je peux dire que j’ai réussi dans la vie.

Dans la culture de l’époque de Jésus, on disait que l’on avait réussi dans la vie quand on arrivait à pourvoir aux besoins de sa famille et quand on avait une bonne réputation dans la communauté, c’est-à-dire le village. Quelqu’un pouvait dire qu’il avait réussi dans la vie s’il était un bon époux, une bonne épouse, un bon fils ou une bonne fille, un bon père ou une bonne mère. Le but du mariage n’était pas le bonheur de deux conjoints, le but du mariage était de fonder une famille pour la souder et pour contribuer à l’éducation de la génération suivante. C’était aussi lors du mariage que les deux époux devenaient adultes.

Dans notre société, on devient adulte à l’âge de 18 ans. Dans la culture de Jésus, on devenait adulte quand on se mariait. Ainsi, la fête qui célébrait le mariage était très importante, car elle était l’union des deux époux mais aussi le passage à l’état d’adulte. Tout le village devait être invité parce que cette alliance entre deux personnes était une union publique qui se faisait devant la société et cela concernait toute la communauté. En plus, la fête durait une semaine et l’on devait faire honneur aux invités. C’est pour cela que le texte mentionne une quantité impressionnante d’eau transformée en vin. Au verset 6, on apprend qu’il s’agit de 6 jarres de 100 litres chacune, soit 600 litres de vin. C’est l’équivalent de 800 bouteilles de vin ! (Car nos bouteilles font 75 cl). Vous imaginez la pression et le travail pour les mariés, la famille des mariés et pour l’organisateur de la fête ?

Si dans une telle fête, on manquait de vin, c’était une catastrophe, c’était aussi la honte pour les familles des mariés et pour l’organisateur du mariage. Quand Jésus intervient pour changer l’eau en vin, il demande aux serviteurs d’apporter le vin non pas aux mariés, mais à l’organisateur de la fête dont le rôle était de veiller à ce que tout se déroule bien et qu’il ne manque de rien.

Lorsque Jésus transforme l’eau en vin, il veut nous faire comprendre que c’est lui le véritable maître de la fête !

Jésus est venu sur terre pour s’humilier, pour mourir sur la croix et pour ressusciter. Mais tout cela c’est un moyen de parvenir à une fin : la fête dans le ciel. La Bible parle du banquet final. Le but ultime de la venue de Jésus sur terre, ce sont les nouveaux cieux et la nouvelle terre. C’est la fin de toute souffrance, c’est la joie parfaite. C’est cela que Jésus est venu apporter. Le premier signe de Jésus renvoie à ce festin qu’il y aura dans le ciel. Entre-temps il y aura des souffrances, il y aura des larmes, il y aura de l’injustice, mais en transformant de l’eau en vin, (en) Jésus nous fait savoir qu’il est le maître de la fête et il est venu pour nous inviter à sa fête céleste. Il me semble que c’est le message que Jésus veut nous communiquer par ce signe miraculeux. Mais ce récit nous apprend encore autre chose.

[2. Jésus devait passer par la mort et la résurrection]

Jésus est le maître de la fête, mais avant les festivités, il doit passer par la mort et la résurrection. Regardez bien le dialogue entre Marie et Jésus. Il paraît très énigmatique. Relisons les versets 3, 4 et 5 :

3 Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont plus de vin.»
4 Jésus lui répondit : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»
5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 

Quel est le lien entre la remarque de Marie et la réponse de Jésus ?

Marie dit : ils n’ont plus de vin.
Et Jésus répond : «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.»

Tout d’abord, il ne faut pas s’étonner que Jésus appelle sa mère « femme ». Pour nous, cela a l’air très méprisant. Imaginez que j’appelle mon épouse : « femme, viens ici ! » Cela serait choquant ! Mais à l’époque de Jésus, appeler sa mère « femme », c’était une marque de respect. C’était  comme si Jésus disait : « ma chère mère ». Il lui demande : « ma chère mère, que me veux-tu ? »

En fait, la question de Jésus est difficile à traduire. Littéralement, en grec ancien, ça donne : « quoi toi et moi ? » On peut aussi traduire : « qu’y a-t-il entre toi et moi ? » Ou bien : « toi, que me veux-tu ? » Ou bien : « en quoi cela nous concerne-t-il toi et moi ? » Ou encore : « pourquoi tu m’impliques moi dans cette affaire ? »

J’ai l’impression que Jésus essaie de faire comprendre à sa mère qu’il veut prendre ses distances. Elle est sa mère terrestre, biologique mais, lui, doit surtout obéir à Dieu, son père céleste. Elle lui suggère de faire quelque chose pour aider les mariés à cause du manque de vin. Mais lui, il est sur terre pour une mission plus grande que cela, une mission que Dieu lui a confiée. Ensuite, Jésus dit dans le même verset 4 : « mon heure n’est pas encore venue ».

Dans l’Évangile selon Jean, Jésus parle plusieurs fois de son heure. Il s’agit du moment où il va manifester pleinement sa gloire par sa mort et par sa résurrection. Jésus va bien faire quelque chose, il s’apprête à faire un miracle, mais il fait comprendre à Marie qu’il ne le fait pas avant tout pour les mariés, il le fait pour obéir à Dieu, pour signifier qu’il est le Seigneur d’une fête encore plus grande. Quand il précise que ce n’est pas son heure, il fait comprendre à sa mère qu’il va bien y avoir un miracle, mais ce n’est pas à ce moment-là qu’il va manifester pleinement sa gloire. Jésus lui dit en quelque sorte : oui tu vas voir un miracle, mais mon heure n’est pas encore venue. Cela signifie que tôt ou tard, Jésus va devoir souffrir pour que la fête puisse avoir lieu.

[3. Jésus nous invite à lui faire confiance pour participer à sa fête]

Regardons maintenant la suite du dialogue. Remarquez que Marie et les serviteurs ont dû écouter Jésus et lui faire confiance pour que le miracle puisse se réaliser. Verset 5 (et suivants) :

5 Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’il vous dira.» 6 Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune une centaine de litres.
7 Jésus leur dit: «Remplissez d’eau ces jarres.» Et ils les remplirent jusqu’au bord. 8 «Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’organisateur du repas.» Et ils lui en apportèrent.

Au verset 7, les serviteurs font exactement ce que Jésus demande. Il faut savoir que les jarres destinées à la purification étaient des objets saints. Elles servaient à effectuer des rites religieux. C’était pour se laver avant de faire des sacrifices. Ce rite symbolisait que pour pouvoir s’approcher de Dieu, il faut être pur. Ces jarres ne devaient donc pas servir à autre chose, c’étaient des objets saints.

Quand Jésus leur a demandé de s’en servir, les serviteurs auraient dû refuser, mais ils l’ont écouté. Ces jarres symbolisent l’ancienne alliance, l’Ancien Testament, la loi. Jésus les utilise pour y transformer l’eau en vin. Il nous fait comprendre que l’ancienne alliance est remplacée par la grâce, la fête. Et pour entrer dans cette fête, ce ne sont pas les rites qui comptent, mais la confiance en lui. Pour terminer, on peut juste résumer ce que ce récit nous apprend :

Premièrement, Jésus est le maître de la fête.
Deuxièmement, avant la fête, Jésus devait passer par la mort et la résurrection.
Et troisièmement : Jésus nous invite à lui faire confiance pour participer à sa fête.

Ces derniers temps, nous avons fêté Noël et le Nouvel An. Mais Jésus nous appelle à une fête encore plus grande. En attendant, nous subissons encore des épreuves, la maladie, la mort et l’injustice. Mais Jésus est venu pour nous inviter à une joie sans fin. Écoutons-le et faisons-lui confiance.

Christian Huy
(Sources : Rencontres avec Jésus de Timothy Keller)