HABACUC – Chapitre 1 (2ème partie)

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Prédicateur : Christian Pradel

Date : dimanche 9 février 2020
Références : HABACUC 1 : 5 - 11

2ème Partie

INTRODUCTION

Quelques rappels

Nous avons vu la dernière fois que la Bible, comme le livre d’Habacuc, traite d’une certaine façon le problème de l’histoire. Cela signifie qu’elle nous permet de comprendre et de saisir que l’histoire de notre monde, qu’elle soit passée ou contemporaine, n’est pas une suite hasardeuse d’événements n’ayant aucun lien entre eux, ni aucun sens.

Au contraire, Dieu désire nous communiquer un état d’esprit et de compréhension lorsque nous sommes confrontés aux différents conflits auxquels notre société nous expose. Les trois chapitres vont nous convier à saisir le point de vue du Seigneur devant des situations paradoxales que nous pouvons rencontrer.

Habacuc, prophète de Dieu, vivait à une époque où les diverses situations rencontrées le troublaient et le laissaient perplexe. Il cherchait à réconcilier ce qu’il observait avec ce qu’il croyait.

Le prophète se sent concerné face aux événements qu’il voit défiler devant lui. Mais il a une chose qu’il ne comprend pas : Pourquoi Dieu permettait-il de telles choses et une telle décadence de la part d’un pays qui se réclame de lui et qui le nomme souvent ?

Après s’être plaint de ce que Dieu ne l’avait pas écouté ni exaucé, il reçut enfin une réponse, mais différente de ce qu’il attendait. Lisons les versets 5 à 11.

5. Jetez les yeux parmi les nations, regardez et soyez saisis d’étonnement, d’épouvante, car je vais faire à votre époque une œuvre que vous ne croiriez pas, si on la racontait.

6. Je vais faire surgir les Babyloniens. C’est un peuple impitoyable et impétueux qui traverse de vastes étendues de pays pour s’emparer de demeures qui ne sont pas à lui.

7. Il est terrible et redoutable, il est la source de son droit et de sa grandeur.

8. Ses chevaux sont plus rapides que les léopards, plus agiles que les loups du soir. Ses cavaliers se déploient, ses cavaliers arrivent de loin, ils volent comme l’aigle qui fond sur sa proie.

9. Tout ce peuple vient pour se livrer au pillage, le visage tendu vers l’avant, et il rassemble des prisonniers comme du sable.

10. Il se moque des rois, et les princes sont l’objet de se railleries. Il rit de toutes les forteresses : il amoncelle de la terre et il les prend.

11 Alors il change d’avis et poursuit sa marche, et il se rend coupable. Sa force à lui, voilà son dieu !

Aperçu des versets 5 à 11 du chapitre 1

Résumons ce passage en 20 secondes par le dessin animé qui suit.

Au chapitre 1, des versets 5 à 11, c’est la prédiction de Dieu ; Il révèle à Habacuc ce qu’il va faire. Il est en train de susciter les Chaldéens, une armée redoutable, terrible ennemi d’Israël, qui laissera ses traces de dévastation derrière lui.

Il décrit l’arrogance et l’orgueil de l’ennemi, qui attribuait son succès à son propre dieu et à sa propre grandeur.

La Réponse de Dieu (Ch1 : 5 à 11)

Dieu répond à la complainte d’Habacuc. Il a dû attendre, mais enfin la réponse arrive. Sachons, nous aussi, attendre les réponses de Dieu.

Révélation inattendue et inconcevable ! (v5 à 7)

Verset 5a : Dieu l’invite et avec lui tous ceux qui l’entourent, ceux qui ont entendu ou prononcé la même prière d’Habacuc, que ce soit dans le temple ou ailleurs. Il l’invite à jeter le regard sur l’histoire contemporaine des nations, c’est à dire à regarder attentivement et à contempler ce qui se passe.

Il est intéressant de noter que le verbe hébreu « regardez » possède une nuance que l’on ne devinerait pas à premier abord : regarder avec joie, avec intérêt et attentivement.

Il faut tenir compte de cette nuance, même si cela semble décalé. Regarde mais ne soit pas triste ! Regarde attentivement ce qui va se passer ! Etrange non ?

Il est renforcé par ce qui suit : « Soyez saisi d’étonnement, d’épouvante ! ». Ce passage peut être aussi traduit par « soyez stupéfaits, consternés ». Le verbe, en tout cas, traduit une très forte émotion.

J’ai pourtant réfléchi à ces deux impératifs « Regardez et soyez saisis d’étonnement, d’épouvante ». Ils cachent une leçon de vie que Dieu souhaiterait que nous comprenions, me semble-t-il et selon l’expérience que j’ai de mon Dieu. Une leçon de vie avec Dieu.

Je pressens là une attitude que Dieu voudrait que nous aillions alors que nous sommes face à quelque chose de troublant, d’angoissant et qui va toucher l’ensemble de la communauté, le pays tout entier. Il veut nous entrainer dans son regard. Il cherche à susciter une manière de voir différente de celle qui vient naturellement quand on est confronté à de telles situations.

Il attend de nous que nous regardions ce qu’il va faire avec attention, mêlée quelque part d’une certaine joie, probablement paisible, et qui adhère à son acte. Certes un acte terrible.

Cet acte à plusieurs visées : le châtiment mais aussi la correction, la transformation. Elle touche celui qui désobéit, mais aussi celui qui obéit.

« Mes frères, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves1, considérez-vous comme heureux. Car vous le savez : la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance. Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien. » (Jacques 1 : 2-4)

« …et vous avez oublié cette parole d’encouragement que Dieu vous adresse comme à des fils : Mon fils, ne prends pas à la légère la correction du Seigneur et ne te décourage pas lorsqu’il te reprend. Car le Seigneur corrige celui qu’il aime : il châtie tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Supportez vos souffrances : elles servent à vous corriger. C’est en fils que Dieu vous traite. Quel est le fils que son père ne corrige pas ? » (Hébreu 12 : 5-7).

Je nous laisse méditer à ce sujet…

Vous êtes troublés par l’absence de justice ; mais attendez, je vous convie (c’est Dieu qui parle) à fixer vos yeux sur un spectacle qui va vous secouer. Vous allez voir que vos soucis personnels vont sembler moins importants.

Dieu va apaiser les doutes et les questions sans réponses d’Habacuc non par une réflexion théorique, mais en attirant l’attention sur son œuvre. Comment s’y prend-il ?

Verset 5b à 7: On ressent comme un suspens dans ces passages. L’attente du prophète n’était­ elle pas suffisamment longue pour que Dieu continue à le faire patienter ?

« Une œuvre est faite de vos jours »

Dans ce passage, il n’y a pas de pronom personnel « je », il s’agit d’une forme passive. Le texte nous parle d’un metteur en scène qui n’est pas encore nommé, mais qui ne tardera pas à se présenter (verset 6).

Le spectacle dont nous verrons le déroulement n’est pas le fait du hasard ; il étonnera au point que nous douterons de son récit. Il faudrait le voir pour le croire. C’est pourquoi le prophète est invité à le suivre de ses propres yeux.

Vous savez, c’est un peu comme si vous étiez face à un documentaire, ou un journal télévisé et que vous assistiez à un événement qui va vous surprendre.

Il y a des choses auxquelles on a du mal à croire parce qu’elles nous semblent si improbables. A l’heure où Dieu lui transmet ce message, les chaldéens n’avaient lancé aucune campagne militaire contre Israël.

Imaginez un instant qu’un homme de Dieu vous annonce qu’une bande de terroriste va réussir à déstabiliser toute l’Amérique, voire le monde entier, en détruisant un à deux de leur symbole, vous auriez du mal à le croire, n’est-ce pas ? Surtout si cette annonce vous avait été faite en l’an 2000, voire les années précédentes.

Je me souviens quand le 11 septembre 2001, on assistait ébahi, interloqué, sans comprendre ce qui se passait, aux deux avions qui s’écrasèrent tragiquement sur les tours jumelles du World Trade Center.

Ensuite, on assiste impuissant aux deux tours qui s’écroulent. 2 973 personnes décédées. Et puis cette troisième tour, le bâtiment 7 du WCT, à côté des deux grandes tours, qui s’écroule elle aussi sans que curieusement il en soit fait vraiment mention à ce moment-là.

Cependant, en parallèle, Le vol 77 American Airlines, un vol intérieur de passagers qui est détourné par cinq terroristes d’Al-Qaïda. Ils font délibérément s’écraser l’avion contre le Pentagone à Washington, tuant 59 personnes à bord, et 125 personnes présentes dans la zone d’impact du bâtiment. Bref, on sent qu’il y a quelque chose qui va changer le monde dans les mois qui vont venir en regardant ce spectacle unique et angoissant.

Imaginez encore un instant qu’un homme de Dieu vous annonce que la Russie va mener une campagne contre l’Europe, vous aurez, là aussi, du mal à le croire, n’est-ce pas ? Nous ne pourrions pas le croire maintenant, même imaginer que cela puisse nous arriver. Et pourtant !

Mais en ce qui concerne le temps d’Habacuc, il y a quelque chose de plus dérangeant à ses yeux. Il s’agit d’une armée dont les manières militaires sont coriaces et, qui plus est, a un comportement plus violent et méchant qu’Israël n’avait à cette époque.

« C’est moi qui suscite les Chaldéens… » (6a)

Ça y est, là Dieu présente celui qui est l’auteur de ce malheur. C’est Dieu lui-même. Alors là c’est le comble du malheur ; non seulement il y a cet envahisseur qui est plus méchant qu’Israël, mais encore c’est Dieu qui les a appelés à venir détruire, à faire ce travail.

Et pourtant en écrivant cela, Habacuc nous rappelle que malgré le rôle éminent joué par les vedettes de l’histoire, Dieu agit personnellement dans l’histoire. Mais de quelle manière ?

Dieu, l’Eternel, nous fait les présentations. Il nous présente le peuple d’une Nation. Il est amer et désespéré le rendant sinistre et implacable. Il ne recule devant aucune cruauté. Il se précipite en avant, à l’assaut du monde. Tous ceux qui voudront lui résister perdront la vie.

« Il traverse de vastes étendues » (6b)

C’est une marche vers ces étendues. L’emploi en hébreu de ce mot « étendue », qu’on retrouve aussi dans les Psaumes, évoque la libération de l’homme. Et cette liberté, celle des Chaldéens, consistera à s’établir dans les habitations d’autrui.

Verset 7 : L’avance de l’armée Chaldéenne inspire une terreur sacrée. Voilà la présentation que Dieu fait à Habacuc. C’est un peuple fort et sûr de lui-même ; il refuse l’ordre universel établi par l’Eternel, il fixe son propre droit (jpvm) au détriment des autres.

Maintenant, et cela depuis des siècles, il y a une armée semblable qui ravagent des peuples. Sa force est dans l’invisibilité. Son nom est Virus. Il est un autre instrument de Dieu. Qui arrivent à accepter que cela vienne de Dieu sans être interpellé, troublé et choqué ?

Ainsi les versets 5 à 7 nous présentent l’armée Chaldéenne qui devient l’instrument de Dieu pour juger son peuple.

Qu’est-ce que ce texte (v5 à 7) veut-il nous communiquer ? Que peut-on dégager de ces passages comme enseignement de Dieu ?

Mes amis, rappelons-nous que Dieu est juste. Nous sommes son peuple, cependant si nous avons la stupide idée de marcher en ne tenant pas compte de Dieu, en ne voulant plus écouter sa Parole et ses sages instructions, que va-t-il se passer à la longue ?

Dieu ne nous promet pas sa gratitude, mais son châtiment viendra, c’est-à-dire cette intervention salutaire qui prend la forme d’une action qui nous corrige et qui ne nous plait pas. Ce châtiment viendra afin de produire un esprit différent que le Seigneur attend de nous, celui de l’obéissance et de l’amour envers notre Créateur.

J’ai lu une histoire d’Angleterre. Est-elle vrai ? Je l’ignore :

« La Reine Elisabeth donna au comte d’Essex une bague en témoignage de sa bienveillance.

– Quand tu seras en disgrâce lui dit-elle – envoie-moi cette bague ; en la voyant, je te pardonnerai et te rendrai mes faveurs –

Et bien, ce malheureux gentilhomme, envoya cette bague par un messager infidèle, qui ne la remit pas à la Reine, en sorte qu’il périt sur l’échafaud. »

Dieu a remis à chacun de ses enfants et à son peuple entier la bague de sa Parole et de ses promesses.

C’est comme s’il disait « Toutes les fois que tu seras dans la détresse ou dans l’affliction, montre-la moi et je te délivrerai. Toutes les fois où tu t’égareras, je te le ferai savoir, alors répond moi et change ta manière de te comporter, repens-toi. Envoi-moi la bague de mes promesses qui disent : je pardonne celui qui se repent de ses péchés et qui revient à moi. »

Faisons attention de bien garder cette bague que Dieu nous a donnée et de la lui présenter sous ses yeux. Le fidèle messager qui remplit bien son mandat c’est la prière réelle, ardente et véritable qui s’appuie sur la Parole de Dieu et qui consent tout ce qu’elle lui dit.

Lorsque vous fermez vos oreilles aux avertissements de Dieu, c’est comme si vous appeliez un messager infidèle. Lorsque vous essayez, comme les Israélites de l’époque d’Habacuc et même d’avant, de considérer comme invraisemblable ces avertissements, vous justifiant de toutes les façons possibles, vous êtes comme ce messager infidèle. Vous ne faites pas ce qui est important et qui peut vous sauvez la vie. Vous n’apportez pas la bague à la Reine, vous refusez les avertissements de Dieu qui veulent vous épargner bien des déboires.

Quitter la présence de Dieu en cherchant à faire selon notre bon vouloir, c’est ressembler au comte d’Essex qui s’adresse à la mauvaise personne. Mais pire encore ; c’est comme si vous aviez jeté loin de vous cette bague. Vous ne diriez pas que ce Comte d’Essex est un idiot de faire une chose pareille ? Pourtant il y a des chrétiens qui balancent loin d’eux les bontés de Dieu. Ainsi ils récolteront, s’ils persistent, l’opposition et le malheur. Pourquoi s’étonner des conséquences de nos actes et de nos entêtements ? Parce que nous oublions vite. Nous oublions et nous nous étonnons ensuite.

Si cela peut concerner l’individu, ce passage nous révèle qu’il concerne un pays dont les tendances spirituelles avaient changé de direction. Dieu n’était plus le seul à être adoré, Ils adoraient d’autres divinités. Ils attendaient des constellations des réponses au sujet de leur avenir, c’est cela l’astrologie. Dieu ne leur avait-il pas prévenu que faire cela, c’était s’exposer à un danger évident, celui des ténèbres et de Satan ? Ils le savaient mais avaient oublié. Ils avaient adopté une morale dégradée (adultère, prostitution, débauche, plaisirs de toutes sortes etc.) : elle n’est que le reflet du rejet de Dieu.

Quand on aime Dieu de tout son coeur de toute son âme et de toute sa force, l’énergie qui se déploie dans notre quotidien ne fait que mettre en valeur la vie de Dieu sous toutes ses formes dans nos vies, malgré nos imperfections. L’amour et la paisible vie qui se dégagent de nous n’ont plus besoin de ces artifices sans consistance que sont l’adultère, l’ivrognerie et les plaisirs sans freins à l’imagination débordante.

Reconsidérons notre pays, notre histoire, en rappelant certains événements du passé et soulevant ceux du présent :

N’y a-t-il pas eu des atrocités en France, n’avons-nous pas tué ceux qui parlaient de la part de Dieu ; les massacres contre les chrétiens (Huguenots, protestants, catholiques qui aimaient la Bible et le disaient).

L’incrédulité bat son rythme sans ménagement et s’investit comme étant l’évidence.

Un biologiste contemporain, Richard Dawkins a écrit un livre qui s’appelle « Pour en finir avec Dieu ». Il estime que l’hypothèse de Dieu doit être analysée avec les mêmes outils rationnels et le même scepticisme que n’importe quelle autre. Dawkins y soutient qu’un créateur surnaturel n’existe probablement pas et qualifie cette croyance en un dieu personnifié, de délire. Il définit ce délire comme une croyance fausse et persistante se maintenant face aux preuves qui la contredisent.

C’est un écrivain américain Robert M. Pirsig qui disait que « quand une personne souffre de délire, on appelle cela de la folie. Quand un grand nombre de personnes souffrent de délire, on appelle cela une religion »

D’un autre côté, vous avez un professeur de philosophie, Frédéric Guillaud, qui, sans rapport avec Dawkins, va tenter avec autant de force à démontrer rationnellement l’existence de Dieu. Dans son livre, « Dieu existe », il ne fera pas appel à des textes sacrés, ni à des révélations. C’est par le seul pouvoir de la raison, comme il le dit, qu’il cherchera à prouver, par la pensée, que Dieu existe. « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Vaste programme dans lequel il s’investit. Ce qu’il nomme être « la théologie naturelle ».

Bref, il y a des contradicteurs de Dieu, ceux qui cherchent à nier son existence, et quelques autres, qui ayant la foi ou pas, vont s’opposer à cela. Mais l’air de temps, en occident, semble plutôt rejeter l’existence de Dieu. Vous avez aussi les désordres moraux qui ont pris place dans notre société. Violence, sexualité à outrance, indifférence, sont notre lot quotidien. Nous entendons sans arrêt les affirmations qui rejettent l’existence de Dieu ou qu’il n’est pas bon. L’indifférence devant tous ceux qui sont exclus ou qui ne peuvent pas vivre normalement.

En revanche, nous voyons une recrudescence d’autres spiritualités, surtout celles qui donnent de l’espoir dans ce qui est bon dans l’homme. La spiritualité de la nature aussi. C’est difficile de faire la part des choses, d’y discerner le mélange de vérité et d’erreur qui y est distillé.

La Bible dit que Dieu nous apporte l’espérance d’une vie nouvelle ; nous avons un bon potentiel de vie en nous, mais le péché qui habite en nous n’a rien de bon et est irréparable. Qui veut croire cela ? Nous préférons au contraire rejeter l’idée du péché.

Je me souviens de cette personne qui disait quand j’affirmais que nous étions tous pécheurs : « Non, c’est faux, c’est une notion déséquilibrée qui ne fait qu’instaurer la culpabilité et enlever le côté positif de l’homme. »

A cela, je lui rétorquais que tant que nous refuserions la réalité du péché dans nos vies, il y aura toujours cette culpabilité en nous. Néanmoins, l’accepter, c’est instaurer la paix dans son coeur et la paix avec Dieu.

C’est la façon de concevoir notre vie qui fera de celle-ci un hameau de paix ou un temps de trouble. Vivre avec ou sans Dieu. C’est toujours revenir à ce choix. Chrétiens aussi, vivre avec Dieu ou non, c’est faire de notre vie un hameau de paix ou une période plus ou moins longue de trouble.

Qu’est-ce que Dieu a dû faire, face à tout cela ? Quelle intervention a-t-il dû mettre en place quand il regarde ce pays qui a invoqué le nom du Christ et qui maintenant le rejette ? Qu’elle a été notre « armée de Chaldéens » ? Peut-être est-ce justement cette recrudescence d’incrédulité et de vices qui la représentent ? Peut-être que toutes les conséquences qui en découlent sont toutes ces exclusions sociales, ces difficultés économiques ? Et pour aller plus loin encore, les malheurs mystérieux que sont les maladies de ce siècle ne sont-ils pas le reflet de la folie mystérieuse qu’est le mal et le rejet de Dieu ?

Que dire ? « Vous ne croiriez pas si on vous la racontait » (v5) … et oui nous avons du mal à croire ce qui nous dépasse, surtout si cela semble être une contradiction avec ce que nous pensons de Dieu.

La cavalcade de l’armée Chaldéenne (v8 à 11)

Israël n’a pas obéi à Dieu ; c’est à dire, qu’il a suivi ses propres penchants sans chercher à suivre la volonté de Dieu. Ils ont persévéré dans ce sens. Alors Dieu répond à leur folie par une autre folie qui semble démesurée pour Habacuc. Il n’est pas satisfait de ce que Dieu lui annonce. Nous le verrons une autre fois dans les versets 11 à 17 qui suivent notre texte d’aujourd’hui.

Habacuc est déjà surpris par ce que Dieu va faire, car il ne faut pas oublier que c’est Dieu qui envoie l’armée Chaldéenne. Dieu met bien l’accent sur le rôle que va jouer cette armée. Le prophète parle successivement de la rapidité et du mordant des chevaux, de la vitesse des attelages et de la discipline de l’armée. Elle réussit tous ses coups. Rien ne l’empêche d’avancer, elle est comme un raz-de-marée face auquel personne ne peut rien faire. Nous voyons cela dans les versets 8 à 9 :

Finalement, au verset 10, les Chaldéens ont conquis le pays. Habacuc met l’accent sur l’insolence du conquérant à l’égard des souverains de la terre. Cette insolence est méprisante.

Le verset 11 qui, faut le préciser, est un verset difficile à traduire, nous dévoile un autre aspect important qui caractérise ce peuple chaldéen.

Sa force est pour lui le moteur de sa réussite. Cette force est ainsi son dieu. La religion de l’époque permettait facilement d’associer la force à un dieu particulier.

« Alors il change d’avis et poursuit sa marche, et il se rend coupable. Sa force à lui, voilà son dieu ! ».

ou bien :

« Il est coupable, celui dont la force est à son Dieu »

Ce serait donc une réflexion du prophète commentant la révélation qu’il vient de transmettre à ses semblables : Au lieu d’honorer le Seigneur Dieu qui lui a donné la victoire, le chaldéen offre toute sa force (physique et morale) à son dieu. Il pense qu’il la tient de son dieu païen.

Comme ce verset est assez compliqué à éclaircir et à déchiffrer de l’hébreu, il peut aussi être traduit autrement, selon l’expression hébreux que l’on choisit selon le contexte (car en fait parfois vous avez un éventail de traductions possibles, même si ce n’est pas souvent le cas) :

« Alors, l’Esprit est passé et s’en est allé : Je veux donc exposer ma remontrance à mon Dieu »

Habacuc a reçu de l’Esprit de Dieu cette révélation. Il a communiqué le message de Dieu et maintenant, l’Esprit passe plus loin. La phase d’inspiration est terminée. Le prophète en revient à l’état normal de sa conscience. Il va réagir. Il ne comprend pas ce que Dieu veut faire et pourquoi. Ainsi, il va exposer sa remontrance à Dieu dans la suite du texte.

Voilà donc la réponse divine à la question d’Habacuc « Pourquoi permets-tu à la justice de s’effondrer ? ».

Dieu lui répond. Et voici sa réponse : « Tu n’es pas encore au bout de tes peines ; il y aura effectivement un nouvel ordre qui remplacera celui que tu juges injuste. Ce sera celui de la terreur et du sang. »

Nous assistons tous aux événements de l’histoire. Et avant d’avoir une réponse de Dieu qui pourrait nous rassurer, voilà que Dieu nous déstabilise.

Pourquoi donc ? C’est, je pense, afin que Dieu puisse facilement nous orienter vers une direction que nous n’aurions peut-être jamais choisie.

Cependant, avant d’en arriver là, Habacuc va répondre à Dieu. Cela sera sa deuxième complainte. On le verra la prochaine fois.

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